Bomby a bien résumé les choses, David aussi d'ailleurs.
Tout dépend du point de vue d'où l'on se place et ce que souhaite de faire ensuite.
Moi ce que j'essaie de faire passer c'est qu'il est difficile de parler du viol. On devrait parler des viols. Des auteurs et des victimes.
On ne peut pas dire que tous les viols se ressemblent, que les violeurs récidiveront et que les victimes seront toutes marquées à vie parce qu'on en peut pas le démontrer pour tous. Pour certains peut-être mais pas tous. On peut tracer des tendances cependant. C'est l'intérêt relatif, je dis bien relatif, des stats.
De plus, dans ces questions complexes, la simplicité peut vite tourner au simplisme.
Mise à part la qualification juridique des faits, et encore certaines circonstances aggravantes s'appliqueront et pas d'autres, il n'y a que peu de similitudes entre le père ou le frère incestueux, le conjoint violeur, le copain violeur, le coauteur d'un viol collectif, l'inconnu violeur.
Ce ne sont pas les mêmes constructions de personnalité, les mêmes environnements sociaux ou culturels, les mêmes conditions de passage à l'acte, les mêmes modalités matérielles et temporelles de consommation de l'infraction.
Donc on devrait à chaque fois avoir des sous-rubriques :
Ex :viol intrafamiliaux, viol conjugaux, viols par personnes connues ou amicales, viols collectifs, viols par personne peu connue ou inconnue.
C'est toute la limite des échelles actuarielles de dangerosité développées aux USA et au Canada, car au final, elles aboutissent à stigmatiser toujours les mêmes : les hommes de moins de trente ans sans emploi issus des minorités de couleur. La belle affaire.
Dans le même sens, on ne peut parler de la victime mais des victimes. Certaines sont en grande souffrance et d'autres beaucoup moins. Certains sont plus vulnérables que d'autres.
Je pense ainsi qu'il y a plusieurs modes de prévention et que ces modes sont fonctions du type de personnes visées.
Bref avant de faire de la prévention, il faut savoir auprès de qui on en fait.
Pour finir, pourquoi je n'aime pas le terme prédateur.
1) Le prédateur étymologiquement c'est celui qui pille violemment les biens d'autrui;
2) Le prédateur est aussi un type d'animal qui utilise la prédation pour se nourrir.
Prédation pour moi renvoie donc soit au monde de l'animalité, soit à un calcul logique de commission d'un acte.
Or, les auteurs de viols et de violence sont avant tout des êtres humains et non des animaux. Ce n'est pas parce qu'il font des actes horribles ou barbares qu'ils ne sont plus humains (heureusement pour les animaux d'ailleurs).
Ensuite, la plupart des passages à l'acte sont rarement régis par une logique coût/conséquence. Dans ces cas là, l'homo delinquantus n'est pas un homo economicus.
En matière de viol ou violence, il y a une dimension pulsionnelle très importante même dans les cas très graves de violeurs en série type Guy Georges, Patrice Allègre ou encore Pierrot le Fou. L'exception serait peut-être Michel Fourniret car il agissait de manière très logique et structurée même s'il en tenait une sacré couche.
Si on veux parler de calcul coût/bénéfice, alors il est plus pertinent d'évoquer le vol, l'escroquerie, l'abus de biens sociaux, la corruption, les trafics, etc.