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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: le viol  (Lu 115657 fois)

24 novembre 2011 à 17:11:25
Réponse #350

g-dag


Nemesys, quand je parle d'un drame rarissime, je parle du viol et du meurtre de la semaine dernière, pas du viol en tant que tel.

En 2008, 1684 personnes ont été condamnées pour viol et 3482 pour atteintes sexuelles sur mineurs (c'est à dire relations sexuelles illicites sans contrainte, menace, violence ou surprise).

Il est vrai néanmoins que beaucoup de victimes ne portent pas plainte. Le chiffre noir est ainsi important. Mais comme par définition le nombre réel  est inconnu, on ne peut raisonner qu'à partir du connu. Ce que l'on sait toutefois c'est que le nombre de dénonciations augmente depuis le début des années 90.

Ce que je dis c'est que le risque d'agression sexuelle sur la voie publique est très faible. Qu'il faut certes prendre en compte sa réalité mais ne pas exagérer à outrance sa fréquence.

Que la préparation à l'évitement de ce type de victimisation doit prendre en compte ce fait : le viol est avant tout un crime de proximité relationnelle.
L'auteur d'un viol profite de sa proximité relationnelle avec la victime et de l'éventuelle fragilité psychologique, physique, sociale de celle-ci.

24 novembre 2011 à 17:25:59
Réponse #351

Patrick


Alors OK, ce qui vient de se passer constitue un drame. Mais il est d'autant plus marquant qu'il constitue un acte rarissime.
Faut-il avoir peur du risque d'être victime de viol ? NON.
Les statistiques, c'est bien mais ce n'est pas de la prévention. En plus c'est assez étrange mais j'ai au moins une demie douzaine d'exception, de l'exception de l'exception qui me reviennent en mémoire qui soient survenus à des gens que je connais ou connaissais dont deux dans la famille, trois connaissances et une camarade de collège.

Par ailleurs, je me demande même si cette pauvre petite, n'était pas l’exception, de l'exception, de l'exception, de l'exception en tombant pile dans la même classe qu'un réitérant mal évalué et orienté.

Alors certes la peur et la démagogie ne servent pas à grand chose mais la prévention si, même si le risque est faible, car on ne peut se permettre de traiter légèrement une vie.

24 novembre 2011 à 17:38:25
Réponse #352

nemesys


Nemesys, quand je parle d'un drame rarissime, je parle du viol et du meurtre de la semaine dernière, pas du viol en tant que tel.
ok..
par contre, pour le reste, comme dis plus haut, on ne raisonne que sur ce qui est connu...pas le reste !
et malheureusement, quand je lis:
Citation de: Wikipedia
Les statistiques du ministère de la Justice ne sont pas révélatrices de l'ampleur du phénomène, puisqu'elles ne prennent en compte que les viols faisant l'objet d'un procès sous cette qualification (il arrive aussi que la justice qualifie un viol, qui est un crime, comme délit d'« agression sexuelle » afin qu'il soit jugé en correctionnelle donc sans jury, et non devant les assises pour des raisons de coût et parce que la preuve est plus facile à apporter*. Or seul 1 viol sur 11 fait l'objet d'une plainte (ENVEFF).
et
Je me souviens il y a quelques semaines d'une discussion avec des amis lors de laquelle l'un d'eux défendait ce point de vue et exprimait l'idée que chacune des personnes présentes avait vraisemblablement dans son entourage connu deux ou trois personnes ayant subi ce genre d'agressions, sans que ceci ait forcément donné lieu à une plainte, encore moins à un procès... D'abord incrédule, je n'ai mis que quelques secondes à vérifier mentalement que pour ce qui était de mon entourage relativement proche, la statistique se vérifiait... Et pourtant ce n'est pas le genre d'information que l'on donne facilement, même à ses proches...
je ne pense pas qu'il soit "exagérer à outrance" le fait d'en parler ...

24 novembre 2011 à 17:41:40
Réponse #353

g-dag


Le statistique cela sert à analyser les situations pour en apprécier l'importance, la fréquence, les occurences, etc. Bref pour essayer de ce faire une petite idée de la réalité sociale de manière à mieux la comprendre pour agir si besoin. Mais ce n'est évidemment qu'un outil sachant en plus que cet outil doit être soumis à une appréciation critique (méthode employée, cohorte prise en compte, indépendance de l'organisme, etc.). Les enquêtes de victimisation sont aussi très utiles.
Et c'est un peu plus scientifique que le témoignage du mec qui connaît un mec qui connaît un mec qui a vu l'ours car le niveau de fiabilité du ouï-dire est assez précaire

S'agissant de la prévention, je pense que déjà que l'évolution de la condition féminine et la place sociales des enfants. L'obligation scolaire et  aussi d'ailleurs car on s'est aperçu que beaucoup de familles incestueuses étaient assez enfermée.

Il reste qu'il y a encore un peu de travail à faire d'explication auprès de jeune filles sur la disposition de leur corps et sur le fait d'éviter de se retrouver dans des situations à risque (accepter d'être raccompagnée par un inconnu dans sa voiture par ex.).



Il ne sert à

24 novembre 2011 à 18:15:41
Réponse #354

Patrick


Et c'est un peu plus scientifique que le témoignage du mec qui connaît un mec qui connaît un mec qui a vu l'ours car le niveau de fiabilité du ouï-dire est assez précaire.
Ben moi, j'ai vu deux trois ours et David, dans le genre grizzly régulièrement.  ;D

Mais :
  • mon ex femme coincée dans un ascenseur à 16h30 en plein après-midi.
  • une cousine frappée et commencée d'être violée sur un pont d ela Garonne à Toulouse
  • une camarade de collège violée par un surveillant d'internat qui s'est suicidée à 13 ans
  • une amie proche il y a peu
  • deux connaissances


Il reste qu'il y a encore un peu de travail à faire d'explication auprès de jeune filles sur la disposition de leur corps et sur le fait d'éviter de se retrouver dans des situations à risque (accepter d'être raccompagnée par un inconnu dans sa voiture par ex.).
Donc on est bien d'accord, on laisse la statistique et on fait de la prévention.

Et accessoirement, on arrête la tolérance coupables pour tous ses clips ineptes peuplées de femelles lascives obéissant au doigt et à l’œil au bon plaisir du mâle tout puissant.

24 novembre 2011 à 18:35:12
Réponse #355

g-dag


Mais nous avons tous à l'esprit des témoignages de personnes parfois très proches comme tu y fais références ou des affaires lues dans la presse, vues dans des tribunaux ou ailleurs. J'en ai aussi quelques floppées en réserve dont certaines pas piquées des hannetons point de vue sordide.
Mais il est difficile de se faire une idée à peu près objective d'une réalité à partir de témoignages éparses, parfois incomplets ou qui soulèvent chez nous une certaines sensibilité en fonction de notre histoire ou de notre personnalité.

Sur le fond je suis toujours ébahi par le culot et le cynisme de certains publicitaires ou réalisateur, qui sous prétexte de création artistique et à des fins commerciales, font une représentation du corps de la femme tel un simple objet sexuel. Il s'agit limite d'incitation.

Il en va de même pour certes parfum dont la dénomination rappelle certains produits stupéfiants alors que la prise d'alcool ou de stupéfiants réduit la vigilance de la victime notamment en matière sexuelle.

Mais ce qui me pose plus de question c'est le fait que certaines jeunes femmes s'aperçoivent après coup avoir été victimes d'un viol parce qu'on leur a expliqué que l'auteur n'avait pas le droit de les forcer à un acte sexuel. Parfois certaines répondent : "mais moi je croyais que l'amour c'était ça... qu'une épouse n'a pas le choix..."

Cette absence de maîtrise de son propre corps, ce défaut du savoir que son corps ne sont pas à la disposition d'autrui sont assez déstabilisants.
Alors, prévenir... c'est compliqué. Les actions de sensibilisation par l'éducation nationale sont certes utiles mais parfois d'un effet relatif surtout si le discours est moralisateur.
Et ces actions ne touchent pas les personnes déscolarisées donc plus fragiles

24 novembre 2011 à 20:55:33
Réponse #356

gurkhan


Le statistique cela sert à analyser les situations pour en apprécier l'importance, la fréquence, les occurences, etc. Bref pour essayer de ce faire une petite idée de la réalité sociale de manière à mieux la comprendre pour agir si besoin. Mais ce n'est évidemment qu'un outil sachant en plus que cet outil doit être soumis à une appréciation critique (méthode employée, cohorte prise en compte, indépendance de l'organisme, etc.). Les enquêtes de victimisation sont aussi très utiles.
Et c'est un peu plus scientifique que le témoignage du mec qui connaît un mec qui connaît un mec qui a vu l'ours car le niveau de fiabilité du ouï-dire est assez précaire



le problème des statistiques en matière de délinquance c'est qu'elles sont pour la plupart faussées par ceux qui les fournissent, de plus réduire les faits à des statistiques c'est nier la réalité humaine qu'il y a derrière. la grande majorité des infractions sexuelles ne sont pas dénoncées et quand elles le sont parfois non poursuivies ou requalifiées.
sur le terrain nous constatons une augmentation des affaires et sur les 10 affaires de viol que j'ai vu passé ces derniers mois, dans 7 cas la victime a rencontré fortuitement son ou ses agresseurs et les a suivi soit parcequ'ils lui avaient dérobés son portable soit parcequ'elle était intéressée par l'un d'entre eux .
"donner largement sans rien attendre en retour" GHC CONCEPT tous droits réservés             

24 novembre 2011 à 23:25:22
Réponse #357

Patrick


 :up:
Mais nous avons tous à l'esprit des témoignages de personnes parfois très proches comme tu y fais références ou des affaires lues dans la presse, vues dans des tribunaux ou ailleurs. J'en ai aussi quelques floppées en réserve dont certaines pas piquées des hannetons point de vue sordide.
Mais il est difficile de se faire une idée à peu près objective d'une réalité à partir de témoignages éparses, parfois incomplets ou qui soulèvent chez nous une certaines sensibilité en fonction de notre histoire ou de notre personnalité.

Sur le fond je suis toujours ébahi par le culot et le cynisme de certains publicitaires ou réalisateur, qui sous prétexte de création artistique et à des fins commerciales, font une représentation du corps de la femme tel un simple objet sexuel. Il s'agit limite d'incitation.

Il en va de même pour certes parfum dont la dénomination rappelle certains produits stupéfiants alors que la prise d'alcool ou de stupéfiants réduit la vigilance de la victime notamment en matière sexuelle.

Mais ce qui me pose plus de question c'est le fait que certaines jeunes femmes s'aperçoivent après coup avoir été victimes d'un viol parce qu'on leur a expliqué que l'auteur n'avait pas le droit de les forcer à un acte sexuel. Parfois certaines répondent : "mais moi je croyais que l'amour c'était ça... qu'une épouse n'a pas le choix..."

Cette absence de maîtrise de son propre corps, ce défaut du savoir que son corps ne sont pas à la disposition d'autrui sont assez déstabilisants.
Alors, prévenir... c'est compliqué. Les actions de sensibilisation par l'éducation nationale sont certes utiles mais parfois d'un effet relatif surtout si le discours est moralisateur.
Et ces actions ne touchent pas les personnes déscolarisées donc plus fragiles
Education, éducation et éducation et moins de complicité.

26 novembre 2011 à 01:37:41
Réponse #358

Rosetta


Cette gosse est morte à quelques km de chez moi.
Dans ce bois-là, je suis souvent allée chercher des champignons. Dans ce bois-là je me suis promenée avec mon fils.
Dans ce bois-là je vais avoir du mal à retourner chercher des gyromitres au printemps. Je sais que lui n'y sera plus, mais elle oui.
J'ai zappé la télé, je n'avais pas besoin, et je ne pouvais plus.... trop c'est trop. La télé elle était dans les rues de mon village, à la recherche d'infos de cancans, au lieu de faire un vrai sujet sur la prévention, sur l'anticipation du risque de passage à l'acte violent, sur les moyens de se prémunir afin de ne pas en être la victime... j'avais envie de gerber sur la camionnette de BFM.
Le vendredi matin, je suis passée à la mairie pour une connerie, on m'a donné un avis de recherche afin que je l'affiche sur la devanture de mon cabinet, je ne pouvais m'empêcher de penser que ça ou les hélicos et les caméras thermiques ne serviraient à rien (soit elle s'était barrée loin, soit elle n'était plus en vie... sans manteau, dans les bois quand il gèle...), mais je l'ai affiché quand même...

Je ne suis pas morte, mais j'avais 13 ans aussi quand ça m'est arrivé. Un "pote" de la bande au camping.
Et je n'ai pas porté plainte. Je ne l'ai même jamais dit à mes parents. J'ai commencé à pouvoir dire le mot "viol" il y a quelques années, non pas parce que je ne savais pas qu'il n'avait pas le droit de faire ça, mais parce que je REFUSAIS inconsciemment cette idée je crois. Aujourd'hui mon frère le sait. Mon ex-mari aussi. Vous. Ce n'est pas quelque chose sur lequel on a envie de s'étendre auprès de personnes proches, ni même avec soi d'ailleurs. J'en parle juste pour répondre à certains de vos questionnements et parce que je crois que de toutes ces histoires, il serait temps qu'on en tire quelque enseignement pouvant être utiles à d'autres.

Je crois que je vois très bien pourquoi les chiffres sont sous-évalués.
1 : Peur de dire : je n'étais pas censée suivre ce mec au milieu de la nuit alors que tout le monde me croyait dans ma tente, j'avais en plus été piquée la veille avec de la bière j'avais donc déjà épuisé mon quota de jockers, dans ma petite tête de gamine je ne devais donc rien dire car j'allais me faire défoncer par mes parents (problème de violence à la maison aussi, entre mes parents, je ne voulais pas déclencher la crise suivante).
2 : Peur de dire bis : comment dire ça ? Quels mots ?
3 : Culpabilité : j'étais vaguement amoureuse, il était gentil mielleux au début, j'ai dû faire un truc qu'il fallait pas ou alors comme je ne me suis pas défendue pendant il a pensé que le Non c'était pas un vrai non (et pourtant... je ne me suis juste pas défendue parce que je ne comprenais rien de ce qu'il m'arrivait, j'étais sidérée, absente à moi-même, niée, dans une bulle, même pas une chose, je n'existais plus, je n'avais même plus mal, je ne pouvais plus parler, ou pleurer, j'étais absolument vide... et au fond je savais très bien ce qu'il faisait...)
4 : Honte : comment ai-je pu croire un instant que ce mec vachement beau et vachement plus âgé pouvait s'intéresser à moi juste pour parler ?
5 : Lucidité oscillante : "BFPMG (bien fait pour ma gueule"), "assume ta connerie"," pourtant non il a frappé et utilisé la force il savait ce qu'il faisait et il n'avait pas le droit de me faire ça", "je suis vraiment trop c*nne"...

Le tout se résume par : ambivalence et indicible

On cache ses bleus, on laisse les mots là où ils sont, on tâche d'oublier ce regard qui fût ami et l'instant où il bascula vers une violence narquoise.
On demeure marqué, même quand on travaille dessus. J'ai mis les gens à l'épreuve longtemps, les mecs, pour voir si la violence allait se déclencher, je pensais qu'elle finirait toujours par se déclencher, je voulais qu'elle sorte à un moment où je m'y attendrais parce que je l'aurais provoquée, je voulais les sonder jusqu'au fond pour aller explorer leurs noirs recoins... (enfin c'est ce que j'interprète a posteriori de mon comportement pendant l'adolescence et un peu après, sur le moment je crois que j'avais si bien enfoui que je vivais dans le déni).

Aujourd'hui je vais bien, je ne vous raconte pas ça pour déclencher de la pitié. J'ai encore du mal à faire confiance, je sais qu'un "ami" peut potentiellement cacher un monstre au fond. Mais au moins, je le SAIS, j'en ai conscience. Je ne fais plus de choses aussi stupides. Je n'ai qu'un seul regret : n'avoir pu dire à temps. Il a pu recommencer avec d'autres...

Je voudrais qu'on puisse réfléchir ensemble à la manière dont on peut instiller cette idée dans la tête de nos filles, de nos soeurs, amies, dans la tête des femmes tout court... Je voudrais qu'on puisse faire ce que les journalistes ne font pas pendant qu'ils cancanent : un vrai recueil d'outils pour une vraie prévention. Et notamment : peut-on identifier/lister des indices chez une personne de possible passage à l'acte violent ultérieur ou immédiat ? Tout le monde a-t-il ce potentiel en lui ou est-ce réservé à certaines structures de personnalité? Comment savoir si mon mari/mon meilleur pote/mon voisin/mon collègue de bureau n'a pas en lui ce truc qui fera qu'un jour il risque d'exploser ?
Je ne suis pas en train de vous dire qu'il faut regarder tout le monde avec suspicion et entrer dans la paranoïa, mais je crois sincèrement qu'on peut repérer des comportements et des signes. Les psys, ils nous les expliquent toujours après les drames ces "signes avant coureurs" c'est quand même trop con qu'on ne les voient pas avant. Faire un sujet à parte entière (j'y réfléchis, pour moi-même j'ai déjà commencé à lister ce que j'ai pu observer, et me documenter) ? Il y en a un déjà peut-être ici ?

a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

26 novembre 2011 à 08:54:03
Réponse #359

sharky



Merci pour ce témoignage.

Il rejoint complètement ceux que je recueille régulièrement dans un cadre professionnel.
Ma conclusion, après avoir accompagner des victimes depuis 10 ans, c'est qu'il faut aborder cette question avec les (nos) enfants clairement et surtout leur donner assez de donner confiance en eux pour ne pas subir . J'entends pas là qu'ils puissent se dire à un moment "je ne mérite pas çà" et pouvoir agir en conséquence parce qu'ils savent qu'ils peuvent se défendre.

Je remets encore une fois au jour le lien vers le site de l'association "Patouch" qui mène des actions de préventions dans les écoles suisses. C'est à mon avis de loin ce qui se fait de mieux, un vrai cours de protection perso pour enfants, checker le site il y a quelques docs en accès libre.
Je me sers de leur méthodo dans un cadre pro quand je "sens" un enfant ou un ado qui pourrait être victime d'un prédateur.

http://www.patouch.ch/
« Modifié: 26 novembre 2011 à 09:02:04 par sharky »
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

26 novembre 2011 à 11:36:41
Réponse #360

g-dag


Oui merci pour ce témoignage et sa sincérité.
Tu dis beaucoup de chose sur la difficulté à parler, sur l'ambivalence ressentie.
Tu es parfaitement dans le vrai.
Toute cela rend plus difficile le passage à l'action judiciaire et les efforts de résilience personnelle sachant que les deux n'ont pas les mêmes objectifs et enjeux ni la même temporalité.

Il y a quelques jours je participais à une journée dans un centre de ressources sur les auteurs de violences sexuelles et quelques temps auparavant c'était avec une association d'aide aux victimes. Dans quelques jours, j''ai une intervention pour parler inceste auprès de professionnels.

Et toujours on retrouve en plus de la souffrance, de la culpabilité, du déni (de ce qu'on a fait ou de ce qu'on a subit) cette complexité de mettre des mots sur les choses comme aurait dit Foucault.
On le voit aussi lorsqu'il faut apporter des conseils aux victimes, les aider dans leur démarches, rédiger leur plainte. Nommer c'est dur.

Pour répondre à toute cette difficulté, certaines proposent de mettre en place auprès d'enfants et d'adolescents un discours accessible et accompagnant sur la notion de développement sexuel pour dépasser les deux extrêmes dans lequel nous sommes souvent : le silence ou l'hyper exposition sexuelle :
http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/11/25/Violence-sexuelle-des-mineurs

28 novembre 2011 à 13:27:04
Réponse #361

Patrick


Ah ben c'est pas de bol, pourtant les statistiques lui étaient favorables ....................................................................  :closedeyes:

28 novembre 2011 à 21:44:38
Réponse #362

sharky


désolé...j'pige pas....

Il faut lire les pages précédentes pour comprendre l'allusion  ;)
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

28 novembre 2011 à 21:59:15
Réponse #363

Patrick


désolé...j'pige pas....
Ça veut dire qu'il y a sur ce forum plein de gens bien intentionnés qui nous abreuvent de "c'est pas si chaud en France comparé à" et des "pourtant les statistiques nous disent que nous avons très peu de chance de".

J'imagine que ça ne soulage pas pour autant cette dame, ni la famille d'Agnès, ni notre courageuse frangine qui a osé nous livrer un témoignage histoire que ça ne soit plus "l'homme qui à vu l'homme qui a vu....." comme il a été dit.

29 novembre 2011 à 09:20:10
Réponse #364

g-dag


Patrick, je ne suis ni bien intentionné, ni rien d'autre d'ailleurs.

Je suis un professionnel spécialisé dans ces questions qui entend faire partager des infos que peu ici possèdent (parce que wikipedia ça va bien deux minutes).
Certaines sont tirées de recherches statistiques avec évidemment toutes les lacunes de cet outils.
D'autre infos sont tirés de recherches expertales (psychiatrique, psychologique, sociologiques).
D'autres encore d'observations de terrain auprès de praticiens (magistrats, policiers, avocats),
D'autre enfin de mon expérience pratique personnelle.

Je pense donc avoir une toute petite légitimité sur ce point et n'ai ni leçon d'humanité, ni de réalisme à recevoir.
Des victimes d'infraction et des auteurs, je pense en avoir approché de plus près que beaucoup ici.

Mais si tu veux te contenter de compter les faits divers et les drames les plus sordides en France sans essayer de comprendre, d'en tirer des enseignements critiques et utiles sur les questions de passage à l'acte et de victimisations alors tant pis pour toi.
Si tu veux en rester à la simple expression de ta compassion vis-à-vis des victimes tu peux.
C'est déjà pas mal.
Mais ton raisonnement risque de tomber un tout petit peu court et passer à compter de la complexité de ces situations.
Le monde n'est pas fait que d'innocentes victimes et horribles prédateurs (j'ai horreur de ce dernier mot).



29 novembre 2011 à 09:28:08
Réponse #365

Leif


Citer
Le monde n'est pas fait que d'innocentes victimes et horribles prédateurs (j'ai horreur de ce dernier mot).

est ce que tu crois que tu pourrais développer dans un autre fil pourquoi une personne comme toi, avec autant de connaissance et d'approche de la violence ordinaire tu consideres que predateur n'est pas le bon mot.

s'il te plait :)

29 novembre 2011 à 10:15:45
Réponse #366

DavidManise


G-dag,

Je ne pense pas que Patrick te visait spécifiquement dans son message.  En tout cas, perso je ne vois pas pourquoi on devrait te viser en quoi que ce soit.  Il corrigera au besoin, mais je pense qu'il voulait surtout dire que les statistiques sont une chose dont il faut se méfier, parce qu'on a tendance à ne pas tenir compte des risques ayant une faible probabilité de se produire, et à tout simplement faire comme si ça n'existait pas.  C'est d'ailleurs un biais bien connu quand on fait de l'analyse de risques un peu régulièrement.  Le "ouah ça n'arrivera pas" est trop souvent issu de la flemme ou de la négligence...  et on s'appuie sur des stats comme ça pour se conforter dans l'idée que le risque est assez minime pour qu'on le néglige.

Pat, j'ai bon ? 

Allez ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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29 novembre 2011 à 10:38:37
Réponse #367

Oim



Ce sujet est préoccupant, et il mérite peut-être mieux que des discussions sur qui a le plus d'autorité pour évaluer la probabilité de l'événement ?
Concernant les statistiques, j'ai l'habitude de dire que si ça a une chance sur un million d'arriver, quand ça t'arrive c'est 100% pour ta g*ule !

Je souscris complétement à la proposition suivante :

Je voudrais qu'on puisse réfléchir ensemble à la manière dont on peut instiller cette idée dans la tête de nos filles, de nos soeurs, amies, dans la tête des femmes tout court... Je voudrais qu'on puisse faire ce que les journalistes ne font pas pendant qu'ils cancanent : un vrai recueil d'outils pour une vraie prévention. Et notamment : peut-on identifier/lister des indices chez une personne de possible passage à l'acte violent ultérieur ou immédiat ? Tout le monde a-t-il ce potentiel en lui ou est-ce réservé à certaines structures de personnalité? Comment savoir si mon mari/mon meilleur pote/mon voisin/mon collègue de bureau n'a pas en lui ce truc qui fera qu'un jour il risque d'exploser ?
Je ne suis pas en train de vous dire qu'il faut regarder tout le monde avec suspicion et entrer dans la paranoïa, mais je crois sincèrement qu'on peut repérer des comportements et des signes. Les psys, ils nous les expliquent toujours après les drames ces "signes avant coureurs" c'est quand même trop con qu'on ne les voient pas avant. Faire un sujet à parte entière (j'y réfléchis, pour moi-même j'ai déjà commencé à lister ce que j'ai pu observer, et me documenter) ? Il y en a un déjà peut-être ici ?


Voilà du concret, de l'utile qui servirait à préserver des vies, car un viol doit être un handicap pour aborder la suite de sa vie qui est au moins, sinon plus important, que de s'être fait casser des dents dans un bar ou geler des orteils lors d'un bivouac.

Peut-être faudrait-il en effet faire un sujet dédié pour recenser les éléments qui permettent de penser qu'il y a un doute sur les intentions ou les attitudes d'une personne. Sachant qu'ici comme ailleurs, quand il y a un doute c'est qu'il n'y en a pas....

Oim (qui a des filles et aimerait pouvoir les avertir sur ce danger face auquel il se sent bien démuni...)
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

29 novembre 2011 à 11:04:01
Réponse #368

nemesys


Amha, c'est mission impossible car trop de paramètre peuvent varier, et on risque d'arriver à des généralisations stéréotypées...

29 novembre 2011 à 11:19:16
Réponse #369

Oim


C'est vrai que les stéréotypes sont simplificateurs....
Par exemple :
Un bar sombre remplis mâles imbibés d'alcool, tous d'une autre couleur de peau que la votre, peut être un endroit très sympa où l'on va passer un bon moment.
Une ruelle sans éclairage avec des personnes assises par terre et d'autre qui "tiennent les murs" peut aussi être un très beau décor pour faire des photos avec son dernier reflex numérique.
etc...

C'est sur que de lister des comportements ou des attitudes peut être trop généralisateur, créer des catégories et empêcher de profiter de rencontres humainement enrichissantes.
Néammoins limiter les risques c'est bien aussi, si on est capables de les identifier.
Et on réservera les rencontres originales pour les fois où en sera en groupe où dans un environnement sur.

Je n'ai que que peu de connaissance de ce sujet mais je suis preneur de toute info sur les éléments d'identification du risque.
Quite à suggérer à mes proches de prendre trop de précautions plutôt que pas assez.

Moi il y a des (stéréo)types de personnes que j'évite systématiquement, peut-être à tord ?
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

29 novembre 2011 à 12:07:47
Réponse #370

éclipse


Oim,
pour ne reprendre que les 2 exemples que tu donnes, je dirais simplement :
don't do stupid things, in stupid places, with stupid guys.

C'est à dire l'un des fondamentaux de la self protection, viol ou pas.

… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

29 novembre 2011 à 12:19:13
Réponse #371

Oim


Je suis d'accord avec la règle des 3 stupids.

Le problème c'est qu'en matière de viol je pense qu'il est plus difficile pour un oeil non averti de reconnaitre les "stupid guys".
Ce type de "prédateurs" pouvant masquer ses intentions sous un abord mielleux ou amical.

D'ou l'intéret de critères pour avertir sur des conduites ou des attitudes...les "signes avant-coureurs" pour se mettre à courir.
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

29 novembre 2011 à 12:44:10
Réponse #372

éclipse


D'ou l'intéret de critères pour avertir sur des conduites ou des attitudes...
... celles du prédateur potentiel.

Par exemple le type qui offre des bonbons à une fillette à la sortie de l'école ?
Je crains que la liste des (soit disant) signes avant coureurs puisse tendre à l'infini (on a pas fini de les énumérer ; et au final on ne sort plus de chez soi), mais que le prédateur retors, manipulateur, brutal, y échappe.

edit : j'ai eu une amie dont la mère a répété, durant toute son enfance, qu'il fallait qu'elle se méfie des hommes "trop souriants".
Cette mise en garde n'a pas empéchée mon amie de se faire violer, à répétition, par un membre de sa propre famille. Et la maman n'en n'a jamais rien su.

Pour l'instant je crois d'avantage à une forme d'éducation de type :
- ne pas accepter un bonbon d'un inconnu
- ni un verre (déjà rempli) en discothèque de la part d'un inconnu.
- garder "un oeil" sur son verre en boite de nuit
- etc

Ce ne sont là que des exemples d'une attitude personnelle (principes) qui ne cherche pas à deviner ce que peuvent ^^etre les intentions de l'autre (souvent aléatoires à déterminer).

« Modifié: 29 novembre 2011 à 13:01:49 par éclipse »
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

29 novembre 2011 à 17:22:55
Réponse #373

Patrick


G-dag,Je ne pense pas que Patrick te visait spécifiquement dans son message.  Pat, j'ai bon ? 
Si, si je vise expressement et intentionnellement g-dag et Bison qui ont développé le volet statistique et je reprends leurs expressions mot pour mot. g-dag est sans doutes un grand professionnel dont on peut apprecier ici régulièrement les avis, notament juridique pour lequel je lui reconnais cette légitimé à laquelle il s'arcboute. Tout comme moi je m'estime légitime faisant depuis près de trente ans d el'analyse de risque et de la prévention et depuis 20 du rafistolage opétrationnel auprès de victimes de violence.

Et moi le mot "prédateur" s'il me fait hurler c'est parce que surtout c'est mal de dire ça dans une société évoluée et que tout de même ce sont des êtres humains et patati et patata. Dans le cas d'Agnès, un mec qui achète de l'essence plusieurs jours avant tu appelles ça comment ? Et dehors, parmi nos parents, les professionnels auxquels nous avons à faire et nos voisins, des prédateurs qui sommeilent jusqu'au passage à l'acte il y en a.

Pas de quoi déclencher une psychose, et certainement pas de quoi ameuteur les foules pour émarger chez neuneuil et walkyrie  :bheurk: ni même être dupe des agitations politiques de certains mais de quoi, néenmoins dire la vérité aux gens sans fard.

29 novembre 2011 à 17:31:22
Réponse #374

** Serge **



don't do stupid things, in stupid places, with stupid guys.


Don't do stupid things, in stupid places, with stupid people.

Malheureusement, les femmes ne sont pas exonérées de la faculté d'être également potentiellement stupides.
Guys = gars.
People = gens.

 ;)
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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