Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Stages, sorties et aventures (récits ou projets) => Discussion démarrée par: soldmac le 26 novembre 2012 à 20:18:21

Titre: Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 20:18:21
Bonjour,

je profite des longues nuit d'hiver pour vous écrire quelques lignes sur une randonnée qui aurait pu mal finir.

Cet été et comme la plupart des étés depuis 12ans je suis aller passer quelques jours de repos au soleil sur une île grecque où ma famille possède une maison de vacance.

(http://img27.imageshack.us/img27/2456/s21rz.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/27/s21rz.jpg/)

J'ai déjà fait plusieurs fois le tour de l'île ainsi que les différentes activités "touristiques" (on ne peut pas vraiment dire qu'elle est connue pour son tourisme et tant mieux!) et je commence à tourner en rond : plage, bronzette, sieste, apéro, dodo ça parait "idyllique" pour certains mais pour d'autres (comme moi) c'est lassant.

Cela fait plusieurs années que je vois le sommet de l'île, différentes photos de chutes d'eau magnifiques perchées quelque part là haut et que je rêve en secret d'aller m'y promener.

Et cette année, enfin, je me suis décidé, avec Julie (ma copine), de monter pour avoir une vue d'ensemble de l'île.

C'est donc un matin, levé à 8h je prépare le sac, Julie "se prépare" et comme c'est une précieuse, au lieu de partir à 8h30 on démarre à 10h. Pour ce qui est de l'itinéraire, pas de carte de l'île, a vrai dire pas besoin, c'est pas compliqué il n'y a absolument aucuns chemins ni point de repère, et puis il suffit de faire un 180° et on est face à la montage.

On démarre, on sort du village et rapidement on arrive devant une petite forêt d'arbre qui font 2 à 4m en forme de buisson, assez rugueux mais pas très dense. C'est là qu'un grecque nous interpelle mais malheureusement je ne parle pas grecque  :-[ (honte à moi 12ans que je vais là bas et je baragouine que quelques mots). Finalement, je ne sais toujours pas ce qu'il me voulait mais si j'avais compris peut-être que ça m'aurait évité les ennuies qui vont suivre.

On passe vite la forêt où se baladent des κατσίκες (chèvres) pour arriver face à la montage, brute et aride. Des énormes pierriers la ceinture, obligé de passer au travers, avec beaucoup appréhension : est ce que les blocs sont stables, n'y a t'il pas de serpent caché dans les interstices des roches.

(http://img27.imageshack.us/img27/9383/s101d.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/27/s101d.jpg/)

On progrès, on cherche un chemin sûr, ça monte fort, on arrive devant un abrupte, on trouver un moyen de le passer, enfin la partie la plus dure est passée.

On s'arrête un moment à l'ombre, on mange un biscuit, on a déjà consommé beaucoup d'eau pour le peu de chemin parcouru. On observe le paysage, le terrain a changé, moins de bloque et plus de sol/végétation.

(http://img839.imageshack.us/img839/1653/s127d.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/839/s127d.jpg/)

Les heures passent, ça continu de monter (normal c'est une montagne :lol:), les heures passent, le soleil monte dans le ciel, il commence a faire chaud! A cette époque là (Juillet - Aout) la température à l'ombre est de 35 - 37°C mais sur la montage il n'y a pas d'ombre, en plus il y a de la roche partout qui emmagasine la chaleur il devait bien faire 40 - 45°C. On s'hydrate, on s'hydrate et on s’hydrate encore et l'eau diminue, diminue et diminue encore, c'est la que je commence à comprendre que ca sens le patté! Sans parler que Julie commence à fatiguer et qu'on ne vois toujours pas de "sommet", mais on décide de continuer.

On continu, Julie à vraiment chaud, moi ca va, je prend l'initiative (sans le dire à Julie) de limiter mon hydratation pour que qu'elle puisse s'hydrate correctement, je trempe un t-shirt et lui met sur la tête sinon elle va faire une insolation, et c'est un peu déçu qu'on décide de redescendre. Nous somme quand même monté à 1000m en démarrant à 450m et le sommet est à 1500m.

(http://img526.imageshack.us/img526/1655/s137.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/526/s137.jpg/)

C'est là que les vrais emmerdes commences. La monté avait été dure mais la descente allait être un enfer, Julie ayant sous estimé la randonnée et malgré mes multiples avertissements elle avait décidé de mettre des baskets, erreur fatale! Elle n'a fait que glissé (la fatigue n'aidant pas), certains passages obligé d'être à 4 pattes, c'était long et très dangereux.

La descente paraissait interminable, le soleil continuait de taper et on a fini par être à court d'eau!

Julie était KO, elle commençait à perdre les pédales et avoir certaines incohérences. Je l'ai donc rassuré en lui disant qu'on allait arriver, je l'ai soutenue moralement en l'encourageant mais aussi physiquement en la "portant" (elle s’appuyait sur moi pour pas tomber) tellement elle était épuisée.

On est arrivé à l’escarpement, je crois que c'est la partie où j'ai eu le plus peur pour Julie, pas moyen de trouver un passage, pas le choix on doit faire un peu "d'escalade" (coller contre une paroi, trouver les prises pour descendre sur quelques mètre), j'avais peur qu'elle tombe surtout dans son état de fatigue et d'incertitude.

Arrive le pierrier géant, je savais qu'on arrivait mais je commençais moi aussi à tourner de l’œil, mes jambes commençaient à trembler. Pour ce qui est de Julie, l'idée d'arriver, a switché son cerveau en mode "terminator". Plus question de savoir si le pierrier était stable, on la dévaler en quelques minutes à coup de grandes enjambées. Assez dangereux mais efficace.

Enfin, la petite forêt en vue et bientôt la maison. Une fois rentré je pense qu'on à bien bu 1L d'eau d'une traite. Nous avons tout de même marché 7h - 8h.

Les erreurs qui ont contribué à cette mésaventure :

- partir trop tard, ce qui nous à obligé de marcher pendant la période la plus chaude de la journée
- partir avec trop peu d'eau, 5L pour 2, la prochaine fois on partira avec 10L  
- partir sans couvre chef
- partir avec des baskets pour ce qui est de Julie
- ne pas vouloir faire demi-tour alors que je présentais le drame

Peut-être avez vous d'autres remarques, erreurs à soumettre.

Enfin on n'a quand même eu un magnifique point de vue sur la moitié de l'île :

(http://img600.imageshack.us/img600/8457/11851198bis01.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/600/11851198bis01.jpg/)

(http://img201.imageshack.us/img201/2802/1186119201.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/201/1186119201.jpg/)

Je pense recommencer la même rando mais en ayant apprit de nos erreurs. Julie à tout de même apprécié la rando (moi aussi), enfin la 1er partie mais elle préfère définitivement la plage :lol:.

J'ai put observer le comportement d'une personne dans une phase de "survie" si on peut dire. J'ai aussi apprit a gérer quelqu'un qui n'a plus toute sa tête ni toutes ses compétences physiques, c'est vraiment pas évident, il faut faire attention à soi mais aussi à l'autre! Pour le coup je sais pas si c'était mieux de partir à deux ou seul (sachant que seul, si jamais il y a un bug ben on est seul pour le régler).

Je voulais aussi insister sur le fait qu'il faut vraiment encourager, rassurer, soutenir son partenaire quand il a un moment de mou, j'ai vraiment ressenti que Julie se nourrissait de ça pour continuer.

En espérant que cela serve à d'autres.
Titre: Re : Randonné ou nous avons fini tout cuit
Posté par: greenman le 26 novembre 2012 à 20:26:02
salut

Oui il à l'air de faire chaud  ;D, pas pour moi du tout ça  ;#


Bon une précision, est-ce que Julie avait un chapeau?
Car au vue de ce que tu décris, je crois que non, et ça pour moi c'est une autre chose à penser, surtout là bas
Titre: Re : Re : Randonné ou nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 20:27:52
salut

Oui il à l'air de faire chaud  ;D, pas pour moi du tout ça  ;#


Bon une précision, est-ce que Julie avait un chapeau?
Car au vue de ce que tu décris, je crois que non, et ça pour moi c'est une autre chose à penser, surtout là bas

Non non pas de chapeau c'est pas dans non habitude, mais rapidement on a compris qu'il fallait en improviser un, c'est pour ca qu'on n'a mit un t-shirt mouillé qu'on n'a noué sur sa tête.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Magic Manu le 26 novembre 2012 à 20:34:12
Histoire intéressante! Content de savoir que cela s'est bien terminé!
C'est typiquement le genre d'aventure qui arrive en vacances, où on s'ennuit un peu, en regardant la montagne, depuis la plage, en se disant "tient, tient, et si je grimpais là haut"
Il m'était  arrivé exactement la même chose il y a 18 ans, à Hawaï. Obligé de faire demi tour: trop chaud, pas assez d'eau, partis trop tard!
Des fois, il est préférable de rester le cul sur le sable...!
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 26 novembre 2012 à 20:36:20
Merci Soldmac.
Encore une fois c'est le genre de fil où je ne vais pas répondre grand-chose pour commencer, parce que je trouve tu as bien fait ton analyse toi-même. Content de voir que la chance a été avec vous ;)
Mais je poste surtout pour te remercier explicitement de cette contribution réellement utile et honnête.

Quelques questions complémentaires quand-même :
- si la journée a été si éprouvante avec 5 litres, tu penses que ce sera mieux avec 10 ? ;)
- quand tu prendras ta revanche, tu partiras à quelle heure ?
- sur quel versant ? ;)
- les baskets étaient elles un problème parce qu'elles étaient des baskets, ou parce qu'elles étaient toutes lisses et mal adaptées aux pieds de Julie ?
- physiquement, étant étudiants en géol, je suppose que vous étiez à niveau ?
Titre: Re : Re : Re : Randonné ou nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 26 novembre 2012 à 20:39:14
Effectivement quand il y a plus de chemin tracé et de plus on se balade en plein cagnard au mois d’Août, ça devient ardu.
Zavez pas du rencontrer beaucoup d’autochtones ::), en fait ils vous prennent pour des cinglés.

Ben partir nettement plus tôt et prévoir largement plus de H2O, ça aide quand même. Ne pas sous-estimer la possibilité de se perdre et partir avec une personne qui est résistante dans sa tête ça aide pour la survie.

Moléson qui aime bien faire des balades au mois d’Août en Crète.


Moléson
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 26 novembre 2012 à 20:42:51
Petite suggestion pour éviter de faire le B...e typique sur nos montagnes ensoleillées* : ICI LE SOLEIL N'EST PAS TON AMI

- Prendre un chapeau avec rebord qui couvre sur 360°. Les meilleurs sont aérés, de couleur claire et on le dessous de la visière noir.
- Eviter les débardeurs et même les tshirts manche courte : on crame. Le second jour est un enfer avec les bretelles du sac.
- Préférer les chemises manches longues et de couleur claire, surtout celles qui ont un col remontant haut.
- Eviter absolument le short : le coup de soleil suintant au creux du genoux empêche de marcher. Celui sur les cuisses provoque une douleur exquise.
- Les pieds aussi prennent des coups de soleil (se méfier des nu pieds)
- Prendre beaucoup d'eau et même un peu plus.

La crème solaire peut suppléer un peu, mais rien ne remplace la protection offerte par les vêtements. La carnation claire et le début des vacances sont des facteurs aggravant.



Citer
Plus question de savoir si le pierrier était stable, on la dévaler en quelques minutes à coup de grandes enjambées. Assez dangereux mais efficace.
Murphy's était occupé : imagine la situation avec une cheville foulée empêchant de marcher....

 ;)

* il me semble avoir décelé nombre d'erreurs sur les photos...Un gros merci pour ton retex fort utile.

Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 20:52:26
Merci Soldmac.
Encore une fois c'est le genre de fil où je ne vais pas répondre grand-chose pour commencer, parce que je trouve tu as bien fait ton analyse toi-même. Content de voir que la chance a été avec vous ;)
Mais je poste surtout pour te remercier explicitement de cette contribution réellement utile et honnête.

Quelques questions complémentaires quand-même :
- si la journée a été si éprouvante avec 5 litres, tu penses que ce sera mieux avec 10 ? ;)
- quand tu prendras ta revanche, tu partiras à quelle heure ?
- sur quel versant ? ;)
- les baskets étaient elles un problème parce qu'elles étaient des baskets, ou parce qu'elles étaient toutes lisses et mal adaptées aux pieds de Julie ?
- physiquement, étant étudiants en géol, je suppose que vous étiez à niveau ?

Oui, je pense sincèrement que la journée aurait été moins éprouvante, surtout mentalement, savoir que tu n'as plus d'eau, qu'il te reste pas mal a marcher et qu'il fait très chaud ca peut faire paniquer (je pense que c'est ce qui est arrivé à Julie entre autre).

Je partirai nettement plus tot, le soleil se lève tot, il fait vite clair et puis les gens "là bas" travail plutôt le matin, pourquoi pas partir vers 6h.

Les baskets étaient adapté aux pieds de Julie mais le gros problème était la semelle totalement lisse, comme le sol était très sec et poussiéreux elle glissait très facilement. Pour ma part j'avais des chaussures type trail (pas exactement ca mais des chaussures basses) avec des semelles vibram et je peux dire que j'étais scotché au sol, j'avancais comme "une gazelle" (je sais pas si gazelle est le meilleur mots pour me qualifier  :lol:)


Julie est infirmière, relativement sportive (jusque cette année elle faisait 3 entrainements de basket semaine) pour ma part je suis étudiant en géoMorphologie (je t'excuse, la géomorpho est pas très connu face à la géologie mais c'est un peu similaire :) ), mais mise a part ca je suis sportif et aime la marche. J'avais confiance en le physique de Julie, elle aussi, et je sais pas si c'est son physique qui a fait défaut où plutôt le mentale. Maintenant, j’admets qu'on était peut-être pas parfaitement préparé aux conditions qu'on ne connait pas (surtout la chaleur).

Zavez pas du rencontrer beaucoup d’autochtones ::), en fait ils vous prennent pour des cinglés.

Il n'y a aucuns signes de vie là haut, quelques chèvres et encore! C'est tellement aride que personne ne s'y aventure. D'ailleurs, je pense que le paysan qu'on a croisé au matin a du nous dire qu'on était cinglé. Déjà que de faire un jogging au matin alors qu'on à une voiture c'est passé pour un cinglé à leur yeux alors aller se promener dans la montagne en plein été ...

Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 21:02:51
Petite suggestion pour éviter de faire le B...e typique sur nos montagnes ensoleillées* : ICI LE SOLEIL N'EST PAS TON AMI

- Prendre un chapeau avec rebord qui couvre sur 360°. Les meilleurs sont aérés, de couleur claire et on le dessous de la visière noir.
- Eviter les débardeurs et même les tshirts manche courte : on crame. Le second jour est un enfer avec les bretelles du sac.
- Préférer les chemises manches longues et de couleur claire, surtout celles qui ont un col remontant haut.
- Eviter absolument le short : le coup de soleil suintant au creux du genoux empêche de marcher. Celui sur les cuisses provoque une douleur exquise.
- Les pieds aussi prennent des coups de soleil (se méfier des nu pieds)
- Prendre beaucoup d'eau et même un peu plus.

La crème solaire peut suppléer un peu, mais rien ne remplace la protection offerte par les vêtements. La carnation claire et le début des vacances sont des facteurs aggravant.

Merci pour les conseils, j'avais un t-shirt (erreur) mais blanc encore heureux. Heureusement nous étions sur l'île depuis plusieurs jours et la peau était habitué au soleil (pas de coup de soleil). Mais la prochaine fois, chapeau et chemise tout en clair!

Murphy's était occupé : imagine la situation avec une cheville foulée empêchant de marcher....

Oui, je le savais en le faisant, mais on avait qu'une seule envie, rentrer au plus vite. Puis on était plus qu'à 20 - 30min de la maison, au pire si Julie s'était blessé soit je l'aurais aidé, soit j'aurais été chercher mon père. J'ai été nettement plus prudent quand on était encore au-dessus car la je savais que j'étais tout seul si il y avait une m*rde qui arrivait. Heureusement, rien n'est arrivé :)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 26 novembre 2012 à 21:28:52
Questions naïves :

(1) "différentes photos de chutes d'eau magnifiques perchées quelque part là haut" => pas moyen de repérer d'éventuels points d'eau en se basant sur la végétation (à moins qu'ils ne soient tous à sec en été) ? Reste le problème du traitement de l'eau (chèvres)...

(2) Une fois que vous aviez compris que le retour s'annonçait mal, n'était-il pas possible de temporiser quelques heures à l'ombre (cf. photo) en mode économique / sieste en attendant que le soleil baisse un peu (la nuit tombe progressivement à cette période de l'année) ? Est-ce "économique" au niveau de l'eau (pas d'effort + ombre), en tous cas çà limite les risques d'insolation et peut laisser le temps de se refaire une "santé".

(3) Pas de couverture de survie (qui peut également servir à se protéger du soleil) ?
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Vadil le 26 novembre 2012 à 21:43:30
Bonsoir,

Une autre question naïve:

( 4 ) Ni carte, ni portable?
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 21:47:21
Questions naïves :

(1) "différentes photos de chutes d'eau magnifiques perchées quelque part là haut" => pas moyen de repérer d'éventuels points d'eau en se basant sur la végétation (à moins qu'ils ne soient tous à sec en été) ? Reste le problème du traitement de l'eau (chèvres)...

J'ai essayé j'ai bien entendu de l'eau couler, mais c'était dans le canyon à plusieurs km de là.

(2) Une fois que vous aviez compris que le retour s'annonçait mal, n'était-il pas possible de temporiser quelques heures à l'ombre (cf. photo) en mode économique / sieste en attendant que le soleil baisse un peu (la nuit tombe progressivement à cette période de l'année) ? Est-ce "économique" au niveau de l'eau (pas d'effort + ombre), en tous cas çà limite les risques d'insolation et peut laisser le temps de se refaire une "santé".

J'y ai pensé, je sais pas pourquoi on ne l'a pas fait, peut-être peur que le soleil se couche et qu'on soit toujours dans la montagne.

(3) Pas de couverture de survie (qui peut également servir à se protéger du soleil) ?

Si, pas pensé à m'en servir.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 21:50:25
Bonsoir,

Une autre question naïve:

( 4 ) Ni carte, ni portable?

Pas de carte mais un portable avec GPS.

J'ai réussi à sonner à mon père lors de la monté mais est ce que le portable fonctionne encore plus haut et partout?! C'est un peu la crainte que j'avais, que je portable ne fonctionne pas partout dans la montagne.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 26 novembre 2012 à 21:51:04
Une vraie situation de survie, j'ai un peu vécu la même chose le weekend dernier sur mon canapé. Il faisait vraiment froid chez moi, je n'étais pas couvert, je pense que j'ai attrapé quelque chose. La prochaine fois je vais mieux prévoir mon équipement et y aller avec une grosse couverture en laine.


Ce n'est pas en cautionnant ce type de récit que le forum arrêtera de péricliter...
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: promeneur4d le 26 novembre 2012 à 22:10:21
jj: si ca t emmerde pourquoi tu lis?
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 26 novembre 2012 à 22:19:13
Est ce que le chemin de la montée est vraiment difficile? (c'est difficile à voir sur les photos, tu aurais le nom du sommet de cette île pour se rendre compte?)
Parce qu'au niveau des conditions climatique, ça ressemble pas mal à ce que des milliers de randonneurs ont chaque été sur le parcours du GR20. Par contre sans protection adéquate c'est sur que l'on peut morfler pas mal avec le soleil et la chaleur (j'ai dû calmer ma course sur la dernière étape vers Calenzana car je commençais à avoir des fourmillements sur le crâne, signe de trop chaud pour moi :D)
Je pense qu'avec un chapeau ou casquette+foulard pour protéger la nuque ça aurait pas mal arranger les choses au niveau de l'hyperthermie et de la déshydratation ;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeremy1271 le 26 novembre 2012 à 22:28:27
La pire erreur: pas de couvre-chef.
J'ai appris à mes dépends le paradoxe suivant: plus le soleil tape, plus il faut se couvrir.
Cette erreur m'a valu 3 jours d’hôpital militaire à Tahiti pour brulures.
Tu t'en es bien sorti, mais ça aurait pu être très grave, prends-en conscience et apprends de tes erreurs ;)

A+
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 22:35:57
Est ce que le chemin de la montée est vraiment difficile? (c'est difficile à voir sur les photos, tu aurais le nom du sommet de cette île pour se rendre compte?)
Parce qu'au niveau des conditions climatique, ça ressemble pas mal à ce que des milliers de randonneurs ont chaque été sur le parcours du GR20. Par contre sans protection adéquate c'est sur que l'on peut morfler pas mal avec le soleil et la chaleur (j'ai dû calmer ma course sur la dernière étape vers Calenzana car je commençais à avoir des fourmillements sur le crâne, signe de trop chaud pour moi :D)
Je pense qu'avec un chapeau ou casquette+foulard pour protéger la nuque ça aurait pas mal arranger les choses au niveau de l'hyperthermie et de la déshydratation ;)

600m de dénivelé sur 1.3km à vol d'oiseau environ (c'est très approximatif je viens de regarder ca avec google earth)

Je sais pas si c'est beaucoup ou pas, enfin ca montait quand même bien.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 26 novembre 2012 à 22:57:41
Merci Soldmac de ce partage.

Tout le monde n'a pas la chance de bien connaître, c'est-à-dire d'avoir expérimenté par soi-même,  certains pièges de l'été.

Je crois que le principal a été dit :  le soleil est l'ennemi.
Bien plus à mon sens que l'orage, parole d'un gamin d'Afrique.

Le coup de chaleur est un mal sournois!
Parole ...  ;#

Pour se protéger du soleil, un petit parapluie métallisé peut parfois être bien agréable.
Perso, je sors bien couvert, et je préfère de loin évoluer en montagne au dessus de 2.000 m où il fait bien moins chaud.

Potion magique de Bison en fond de sac :
 - canette de 500 ml boisson energisante
 - 125 g de LECSET*

Cela aide à remettre d'aplomb en cas d'urgence.
C'est une pure "réserve" dont je ne tiens pas compte pour estimer mes provisions d'eau et de nourriture à emporter, mais que je n'hésite pas à consommer en cas de besoin.

Procédure de "récupération" :
 - arret, si possible à l'ombre;
 - libération des chaussures;
 - vider la canette :  elle fera son effet dans moins d'une demi-heure;
 - siroter le tube :  effet immédiat sur le moral;
 - massage et soin des pieds.
Prêt à repartir :  chaussures et sac bien adjustés, + 500 kcals, +600 ml d'hydratation.
C'est la pèche retrouvée pendant une bonne heure.

* Lait Entier Concentré Sucré En Tube :D  
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 26 novembre 2012 à 23:09:11
600m de dénivelé sur 1.3km à vol d'oiseau environ (c'est très approximatif je viens de regarder ca avec google earth)

Je sais pas si c'est beaucoup ou pas, enfin ca montait quand même bien.

Oui ça monte pas mal mais c'est pas non plus énorme, ça se fait en VTT des montées comme cela (en appuyant bien fort sure les pédales  ;#).
Après ça dépend du terrain, dans un pierrier on avance moins vite, sur les topos de GR on retient une vitesse de 300m/h mais sur un chemin balisé. Tu avais seulement les 5L d'eau sur le dos ou tu étais plus chargé que ça?
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 23:23:27
@ xackurush : L'eau, les biscuits et la trousse de secours :)

@ bison : merci pour le conseil :)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Tortue folle le 26 novembre 2012 à 23:37:56
L'eau, les biscuits et la trousse de secours :)

Salut Soldmac et merci pour le partage  :up:.
Pour ta "revanche" avec ce sommet, tu pourrais rajouter à cette liste un petit tarp histoire de te faire une pose à l'ombre en cas de moins bien.

Sinon, penses tu avoir la possibilité de planquer un ou deux litres d'eau dans la verte?
Tu déposes cette réserve de secours lors de l'ascension et l'utilises en redescendant.
Sachant que tu as ça de côté, cela permet de mieux gérer psychologiquement ce manque d'eau temporaire.

Bonne soirée.
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 26 novembre 2012 à 23:42:19
Salut Soldmac et merci pour le partage  :up:.
Pour ta "revanche" avec ce sommet, tu pourrais rajouter à cette liste un petit tarp histoire de te faire une pose à l'ombre en cas de moins bien.

Sinon, penses tu avoir la possibilité de planquer un ou deux litres d'eau dans la verte?
Tu déposes cette réserve de secours lors de l'ascension et l'utilises en redescendant.
Sachant que tu as ça de côté, cela permet de mieux gérer psychologiquement ce manque d'eau temporaire.

Bonne soirée.

Oui j'ai pensé au tarp, surtout pour passer une nuit et redescendre le lendemain. Mais faut que je réfléchisse encore à ca, car il y a pas bcp d'arbre donc pas évident de tendre une tarp, p-e une mini tente autoportant, enfin à méditer.

Sinon, oui je peux planquer de l'eau sans crainte, il y a personne mais le plus dure sera de le retrouver ^^
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Tortue folle le 26 novembre 2012 à 23:47:26
Bonne méditation donc  :D

Pour repérer ta planque d'eau, un bâton avec un tissu rouge pétant attaché dessus devrait être efficace.

Vu le dénivelé qu'il y a, tu devrais avoir de bonnes chances pour le repérer de loin... enfin je dis ça mais je n'ai jamais testé donc pas sur du coup  ;#
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 27 novembre 2012 à 08:58:02
Pour se protéger du soleil, un petit parapluie métallisé peut parfois être bien agréable.
+1

Sur montagne facile, c'est une excellente protection. Pas obligatoirement besoin d'un modèle métallisé, mais c'est mieux. Le bonheur c'est de s'assoir (parfois pierre très chaudes) et d'être à l'ombre sous le parapluie.

Citer
Une vraie situation de survie, j'ai un peu vécu la même chose le weekend dernier sur mon canapé. Il faisait vraiment froid chez moi, je n'étais pas couvert, je pense que j'ai attrapé quelque chose. La prochaine fois je vais mieux prévoir mon équipement et y aller avec une grosse couverture en laine.

JJ : l'objectif du forum n'est pas obligatoirement de parler de la situation "extrême" de type traversée solo de l'arctique. C'est aussi, et surtout, parler de la survie banale du type : "je crève sur la route, je me gare dans un endroit protégé, je met les warnings,  je met mon gilet avant de sortir par la porte de droite, je pose intelligemment mes deux triangles, j'ai une clef en croix efficace, et comme je me suis entrainé au préalalble je peux changer mon pneu en 5 minutes plutôt que de devoir lire le mode d'emploi durant 15 minutes... et la roue de secours est gonflée."

C'est moins glamour et spectaculaire, cela amène certainement moins de trafic : mais statistiquement cela sauve plus de gens dans la vraie vie.  ;) 
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 09:28:14
raaaaaaaaaaaaaaaaaah, moi qui rêve de retourner sur ces îles :salive: THE bonheur absolu pour moi d'y avoir été deux années avec ma compagne. En haut, tout là haut, la tête dans les nuages, les pieds sur les cailloux, le vent et la chaleur, le calme absolu, la terre des héros grecs...
 :love: :love: :love: :love: :love: :love: :love: :love: :love: :love: :love:

Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: DavidManise le 27 novembre 2012 à 10:43:41
Une vraie situation de survie, j'ai un peu vécu la même chose le weekend dernier sur mon canapé. Il faisait vraiment froid chez moi, je n'étais pas couvert, je pense que j'ai attrapé quelque chose. La prochaine fois je vais mieux prévoir mon équipement et y aller avec une grosse couverture en laine.


Ce n'est pas en cautionnant ce type de récit que le forum arrêtera de péricliter..

Ce genre de remarques désobligeantes et cassantes visant quelqu'un qui fait au moins un effort de récit et d'analyse est, et de loin, plus nuisible à l'esprit de ce forum que pas mal d'autres trucs.

Si t'es pas content, tu prends tes cliques, tes claques et tes réflexions de m*rde, et tu vas trouver le bonheur ailleur ;)

David
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 27 novembre 2012 à 11:13:56
JJ, t'as entendu parler de la pyramide de Bird & Germain ?
C'est un fondamental de la gestion du risque chez les gens qui prennent ça au sérieux dans leur boulot quotidien, sans impliquer leur égo dans des démonstrations de virilité sur internet.

De l'importance de la prise en compte des situations pénibles...
(Et tant-pis pour la faute d'orthographe sur l'image que j'ai trouvée ;D)

Là, l'histoire de Soldmac tombe clairement dans l'étage "near-miss" (et pas seulement parce que sa copine était près de lui... -->[])(http://emeetingplace.com/safetyblog/wp-content/uploads/2008/07/clip-image0016.jpg)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 11:21:23
Oui j'ai pensé au tarp, surtout pour passer une nuit et redescendre le lendemain. Mais faut que je réfléchisse encore à ca, car il y a pas bcp d'arbre donc pas évident de tendre une tarp, p-e une mini tente autoportant, enfin à méditer.

    Je pense que l'ajout d'une mini tente autoportante ne soit pas une bonne solution. J'aurais plutôt vu le contraire et alléger au maximum la charge emportée. Dans cette configuration de rando, on ne fait que monter (pente à 40% en moyenne d'après les indications de soldmac) du coup chaque gramme en plus abaisse considérablement la vitesse de progression en faisant consommer plus d'eau (un peu un cercle vicieux: plus lourd->on force plus->on va moins vite et on boit plus-> on doit porter plus). Pour ma part 2L d'eau sont amplement suffisant pour une telle distance-dénivelé avec des protections contre le soleil adéquates comme évoqués dans les différents messages précédents.
    Je pense que la résolution de cette situation difficile aurait pu être facilement résolue par une vitesse de progression plus rapide: bien sûr sans se mettre dans le rouge physiquement, ou en danger (mais ça on arrive facilement à voir lorsque l'on va trop vite en descente et que l'on ne contrôle plus rien  ;D ).

Edit: Pour alléger ton sac, il suffit de ne prendre que ce que tu as besoin éventuellement et virer le reste: exemple:
-une lampe frontale ou des anti-diarrhéiques ne te seront d'aucune utilité sur un si petit parcours à la journée.
-Par contre des compresses et de quoi improviser une atelle ça peut servir ;) mais ne rien prendre de trop lourd
-un cheich, bandana, casquette c'est indispensable.
-un sac de + de 1kg c'est beaucoup trop, un sac simple de - de 500g ou un 'camelbak' c'est beaucoup mieux.
-des bâtons de marche ça aide énormément sur des pentes raides, autant en montée qu'en descente (si marche)
-avant de partir, regarder sur une carte ou un site type geoportail les courbes de niveau, le dénivelé, la distance afin de pouvoir trouver un trajet correct et d'estimer le temps de trajet.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 27 novembre 2012 à 11:29:30
Xackurush, j'éviterais soigneusement d'être aussi péremptoire avant d'avoir vécu toi-même la situation ;) Ayant moi-même pas mal crapahuté dans des environnements à 45°C, et encore, pas aussi humides qu'une île méditerranéenne, je peux te dire que prendre 2 litres d'eau pour 2 pour 1000m de D+ à cette température c'est de la PURE connerie, et si la légèreté est importante, compter sur la vitesse c'est jouer à la roulette russe.

Par-contre, démarrer de nuit, à 4 heures du matin si l'ascension dure 3 ou 4 heures et que le soleil se lève à 6, ça aide beaucoup. Adapter sa vitesse pour ne pas surchauffer. Avoir les protections adéquates. Compter 750 millilitres d'eau par heure et par personne pour boire, et du rab. Gravir le versant nord. Ne pas compter sur des ressources de terrain, sur ces collines dénudées et sans espoir ni d'eau ni d'ombre.

Voilouze.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 27 novembre 2012 à 11:31:09
    Je pense que l'ajout d'une mini tente autoportante ne soit pas une bonne solution. J'aurais plutôt vu le contraire et alléger au maximum la charge emportée. Dans cette configuration de rando, on ne fait que monter (pente à 40% en moyenne d'après les indications de soldmac) du coup chaque gramme en plus abaisse considérablement la vitesse de progression en faisant consommer plus d'eau (un peu un cercle vicieux: plus lourd->on force plus->on va moins vite et on boit plus-> on doit porter plus). Pour ma part 2L d'eau sont amplement suffisant pour une telle distance-dénivelé avec des protections contre le soleil adéquates comme évoqués dans les différents messages précédents.
    Je pense que la résolution de cette situation difficile aurait pu être facilement résolue par une vitesse de progression plus rapide: bien sûr sans se mettre dans le rouge physiquement, ou en danger (mais ça on arrive facilement à voir lorsque l'on va trop vite en descente et que l'on ne contrôle plus rien  ;D ).


C'est un problème qui demande une réponse globale. Par exemple quelques points:

1. Selon la forme physique on va progresser plus ou moins vite et surtout (IMC, poids absolu, VO2Max) avec plus ou moins d'effort (rythme cardiaque)
2. Selon la forme physique on va plus ou moins se réguler thermiquement (le type entrainé transpire plus vite et mieux)
3. Selon l'équipement vestimentaire (y compris chaussures) on va plus ou moins avoir besoin de transpirer. Soit parce que c'est léger, soit parce que cela évite de s'échauffer (vêtement blanc, chapeau blanc, parapluie...) soit parce que cela régule mieux (lin, vêtement ample, vêtements techniques...)
4. Selon la nature du sac à dos on va plus ou moins transpirer et/ou se refroidir plus ou moins efficacement. Cela dépend de son poids mais aussi de sa conception (les airconfort de Deuter sont lourd mais ventilent très bien)
5. Selon les bonnes pratiques on a besoin de transporter plus ou moins d'eau ( partir à la fraîche, monter et éventuellement redescendre protégé si possible du soleil, partir super hydraté, mettre des glaçons dans la gourde, avoir de l'eau fraîche, se mouiller le chapeau, gérer son effort, planquer une gourde pour la descente, éviter de manger, encore plus manger trop salé ou trop ou protéiné...)
6.....


 ;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 11:31:46
Je me suis mal exprimé, je voulais dire 2L d'eau par personne.  ;#
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 27 novembre 2012 à 11:34:13
Je me suis mal exprimé, je voulais dire 2L d'eau par personne.  ;#

Pareil. Beaucoup trop peu. Sauf si tu es certain de faire ton aller-retour en deux ou trois heures grand max sans avoir transpiré à l'excès.

750 ml / h / pers, c'est le maximum absorbable par le tube digestif. Charge ensuite au bonhomme d'adapter l'horaire, l'itinéraire, l'équipement et le rythme, de manière à ne pas suer plus que ça, ce qui, dans cet environnement, est déjà un beau défi.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 11:34:18
Pour ma part 2L d'eau sont amplement suffisant pour une telle distance-dénivelé avec des protections contre le soleil adéquates comme évoqués dans les différents messages précédents.
Avis aux lecteurs débutants : attention à ne pas prendre ce chiffre comme une référence. Certains pourront avoir besoin d'1.5L, d'autres de 6L. Ca dépend du vent, de la fatigue, de la chaleur, de la nature du sol, de la vitesse etc.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 27 novembre 2012 à 11:55:56
....

Par-contre, démarrer de nuit, à 4 heures du matin si l'ascension dure 3 ou 4 heures et que le soleil se lève à 6, ça aide beaucoup. Adapter sa vitesse pour ne pas surchauffer. Avoir les protections adéquates. Compter 750 millilitres d'eau par heure et par personne pour boire, et du rab. Gravir le versant nord. Ne pas compter sur des ressources de terrain, sur ces collines dénudées et sans espoir ni d'eau ni d'ombre.

Voilouze.

Ouf du bon sens et quelqu'un qui ne fait pas du canapé ju-jitsu, entre les montées éclairs, le GPS et la ration d'eau limite.

Pour mettre les points sur les I:

Dans ces montagnes il n'y a pas d'itinéraire et la progression est très lente, rien à voir avec les 400-500m/heure sur un sentier des Pyrénées.

L'eau est primordiale carrément le seul élément assurant la survie dans ces coins. En avoir assez voir plus est le minimum. Pas seulement pour ne pas se déshydrater mais aussi pour ne pas paniquer en voyant que la réserve est à bout et qu'on ne sait pas ou on est.

Il est très facile de se perdre, il n'y pas de carte en règle général, donc le GPS ne sert à rien. Une boussole c'est un peu mieux avec une photo GMAP.

Partir tôt pour profiter de la fraicheur, voire marcher de nuit si c'est pleine lune.

Être couvert pour limiter les pertes d'eau.

Partir avec une personne qui assume dans les situations difficile et qui ne panique pas.

Dans région ou je vais souvent marcher en Crète, 2 touristes sont morts de soif (des jeunes) en suivant un simple canyon que je fais les doigt dans le nez en 45 minutes. Alors il ne faut vraiment pas sous estimer ce type de terrain
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 12:20:06
Dans région ou je vais souvent marcher en Crète, 2 touristes sont morts de soif (des jeunes) en suivant un simple canyon que je fais les doigt dans le nez en 45 minutes. Alors il ne faut vraiment pas sous estimer ce type de terrain
Gorges d'Aradena ?

+1 : notamment en Crète où j'ai fais quelques randos, ca peut vitre être un piège sans nom. Personne, pas de réseau... une cheville cassée peut vraiment être synonyme de mort si mal gérée. Pourtant, si tout va bien, c'est un plaisir simple et facile.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 12:59:28
Pareil. Beaucoup trop peu. Sauf si tu es certain de faire ton aller-retour en deux ou trois heures grand max sans avoir transpiré à l'excès.

750 ml / h / pers, c'est le maximum absorbable par le tube digestif. Charge ensuite au bonhomme d'adapter l'horaire, l'itinéraire, l'équipement et le rythme, de manière à ne pas suer plus que ça, ce qui, dans cet environnement, est déjà un beau défi.

C'est pour cela que j'avais mis 'pour ma part' ;) . Après je comprends bien que chacun est différent, mais c'était juste une piste pour sa prochaine tentative. Je ne pensais pas le mettre en danger par mes propos.

   Par contre pour la vitesse de progression, je ne pense pas que ce soit jouer à la roulette russe SI et seulement SI:
-on connait bien son corps, sa capacité à gérer l'effort et ses besoins en terme d'hydratation, d'alimentation,d'isolation (avec de la marge).
-on a étudié le terrain sur lequel on va randonner, soit par l'intermédiaire de topo, carte, discussions avec les locaux, mais ne pas prendre l'information pour vérité et encore se laisser de la marge.
-informer ses proches sur le trajet effectué et s'y tenir, ainsi que l'heure de retour prévue.

Après, que l'on soit sur une île grecque ou autre, si on se fait une cheville ou autre blessure on appliquera les mêmes moyens (communication, signalisation, soin,etc).
Une idée serait d'utiliser un talkie walkie pour communiquer avec tes proches si il y a une distance assez proche entre ta maison et le sommet et si l'espace est dégagé entre les deux (si le mobile ne passe pas ça peut être utile, soit pour les informer de ta progression, soit pour leur signaler un problème).


Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: costa le 27 novembre 2012 à 13:28:31
Salut.

Etant grec d'origine, j'y passais systématiquement mes vacances jusqu'à il y a 10 ans (depuis je bosse, donc, j'y vais carrément moins)..
-Une habitude que l'on m'a obligé à prendre est de ne pas progresser entre 12h et 16 ou 17h. Heures les plus chaudes, donc heures les plus dangereuses! Si on est obligé de tenir un certain itinéraire sur un certain laps de temps, faut partir tôt ou marcher tard le soir (après s'être reposé à l'ombre l'après-midi)! Dans les coins pas touristiques, donc fréquentés par des locaux, on ne voit personne à ces heures là. En été, les grecs qui ont des métiers difficiles bossent sur des horaires coupés. L'après-midi, ils font la sieste car trop chaud.
-Ensuite, on ne le répètera jamais assez je crois: faut prendre de la flotte et beaucoup put**n. A 35 40°, si on fait des efforts, c'est pas avec 2 litres qu'on aura assez. On est pas des Fremens qui recyclent l'eau dans leurs distilles (pour ceux qui connaissent DUNE), donc on va en perdre beaucoup. Faut penser règle de 3. Perso, je pars avec 4l d'eau quand je fais une sortie à la demi-journée là-bas, et même comme ça, je ne pisse pas forcément claire si j'ai maintenu un rythme soutenu.
Ca va peser lourd, mais ... règle de 3, donc, rien à foutre que ça pèse lourd. Pour les MULs, faut faire light sur autre chose, mais pas l'eau... ni sur le matos qui sert à la transporter (malheureusement vécu). Donc, sac ultra light, etc... ok mais comme dis plus haut, 2,5 litres par personne, là, pas d'acc du tout.
-Et... THE chapeau.

Ca, là-bas, on vous l'apprend dès que vous savez marcher...

Après, niveau gestion... ben là, je dois dire que c'est bien géré, t'as évité que la situation ne dégénère et t'as gardé la tête froide ... si on peut dire :D.

P.S. Pour anecdote  A 17 ans, région de Thrace, près de la frontière turque, j'ai pas respecté 2 de ces principes: je me suis paumé, la promenade de 2 heures s'est éternisé, et en plus, j'ai fait la connerie de marcher l'après-midi pour retrouver mon chemin. Un braconnier chasseur m'a retrouvé en train de marcher mais cerveau en mode grève, ramené chez mes grands parents, et j'ai fini à l'hosto pour 24 heures avec une perf... et à froid, avec les engueulades qui allaient avec.
Jeune et plein de force à l'époque, mais j'avais pas 50% des connaissances actuelles, j'ai paniqué, et j'aurais pu y rester.

A+
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 27 novembre 2012 à 13:30:19
Moleson, Costa, ite, missa est. :akhbar:

Xackurush, j'ai pu constater de visu tes qualités athlétiques et ton flegme, mais gare à l'excès de confiance ;) Et tu sais que ce n'est ni un timoré ni un ingénu qui te le dit.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: raphael le 27 novembre 2012 à 13:56:18
Sieur Karto, un peu d'explication sur ce joli graphe Bird & Germain ?
 :)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 27 novembre 2012 à 14:08:58
D'accord avec moleson sur tout - ou presque!

Mais je ne peux pas laisser passer ça :  :o
Citation de: Moleson
Il est très facile de se perdre, il n'y pas de carte en règle général, donc le GPS ne sert à rien. Une boussole c'est un peu mieux avec une photo GMAP.

Sans carte, sans boussole ... mais avec un GPS basique je te conduis au sommet de nuit en plein brouillard, et je reviens ensuite au parking pile poil là où j'ai laissé la voiture - toujours en visibilité 5 m.

Chiche?

En deux ou trois mots :

1. On peut prendre les coordonnées du sommet sur Google Earth, et donc créer un WP "sommet" dans n'importe quel GPS de rando. Dès ce moment, on saura toujours où est le sommet ... Je ne dis pas qu'il ne faudra pas "tâtonner"pour trouver la voie la moins pénible, mais on aura toujours l'information suivante, par exemple :  sommet à 700 m, dans tel azimut. Avec un GPS intégrant la boussole électronique, on aura une flèche qui dira : "c'est par là". En lisant l'altitude donnée par le GPS, on saura combien il reste encore à grimper.

On peut aussi examiner toutes les infos disponibles avant le départ et mémoriser quelques points par où, à priori, on souhaitera passer. Imprimer le tout, c'est mieux que rien. Mais cela, c'est juste pour plannifier au mieux la sortie.

2. Rien de plus facile que d'enregistrer le point de départ, et les points de passage remarquables en cours de route :  par exemple, le passage jugé le plus facile pour franchir la partie "raide", passage par lequel on souhaite bien évidemment revenir si tout se bouche.

Bref, en étant raisonnablement affuté, on enregistre en tant que tels les bons repères - ceux qui comptent - et on sait toujours où on est par rapport à ces points remarquables.

Si je sais où je suis par rapport à mon objectif, par rapport à mon départ, par rapport à tel ou tel repère enregistré en cours de route, j'ai du mal à me considérer comme "perdu" ...

3. Un GPS de rando enregistre  automatiquement (par défaut) la trace, càd le chemin effectivement parcouru. Avec un point de trace tous les 10 m, voire toutes les duex ou cinq secondes.

Sur une pente à 45° dénudée, les petits derniers donneront cela avec une précision de quelques mètres (typiquement :  2 à 5 m d'erreur quadratique moyenne en distance).

Il existe, suivant les modèles, différents modes de "bactracking" qui  permettent de revenir sur ses pas. C'est presque comme si on laissait derrière soi des petits cailloux blancs fluos ... Il suffit de faire demi tour et on repasse pratiquement par le même chemin.

Cette possibilité d'être guidé avec une précision suffisante pour revenir sur ses pas est un des aspects "sécurité" bien pratique du GPS.

Ceci dit, il y a intérêt, comme toujours, à avoir pratiqué la manoeuvre ...

Pour se perdre avec un GPS, il y a bien sur un moyen infaillible, et c'est quasiment le seul :  ne pas savoir s'en servir!

Autrement, je vois pas  ;#
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Ghjallone le 27 novembre 2012 à 14:11:21
Xackurush, j'éviterais soigneusement d'être aussi péremptoire avant d'avoir vécu toi-même la situation ;) Ayant moi-même pas mal crapahuté dans des environnements à 45°C, et encore, pas aussi humides qu'une île méditerranéenne, je peux te dire que prendre 2 litres d'eau pour 2 pour 1000m de D+ à cette température c'est de la PURE connerie, et si la légèreté est importante, compter sur la vitesse c'est jouer à la roulette russe.

Par-contre, démarrer de nuit, à 4 heures du matin si l'ascension dure 3 ou 4 heures et que le soleil se lève à 6, ça aide beaucoup. Adapter sa vitesse pour ne pas surchauffer. Avoir les protections adéquates. Compter 750 millilitres d'eau par heure et par personne pour boire, et du rab. Gravir le versant nord. Ne pas compter sur des ressources de terrain, sur ces collines dénudées et sans espoir ni d'eau ni d'ombre.

Voilouze.
je suis parfaitement d'accord, je prend 6 litres d'eau (juste pour moi) quand je fais de la montagne en été. enfin, 4 litres d'eau et 2 litres de boisson énergisante (sucres et minéraux, vous savez, ce truc en poudre gout Exomuc ;#)
bon, il fait peut etre moins chaud en Corse qu'en Crête, aussi...

je me suis aperçu que dans ces conditions, il valait mieux porter des chaussures montantes avec des chaussettes en laine épaisses, et des vêtements légers et longs. déja, ca évite les coups de soleil, et en évitant la lumiere directe, ca évite de recevoir trop de chaleur.
les chaussettes épaisses sont plus confortables, vu que de toute facon dans ces conditions on transpire énormément, ca évite les ampoules.
je préfere aussi manger léger: je prends des boites de salades et des fruits frais. c'est lourd du point de vue du poids,mais ca contient pas mal d'eau, et je trouve que ca se digère plus facilement.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 14:22:32
de toutes façons, essaye de manger une choucroute en plein été en Crète  :lol: naturellement, le corps souhaite du raisin, de la pastèque, de la feta, des tomates... et un peu de raki, peut être ::)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 27 novembre 2012 à 14:39:20
Sieur Karto, un peu d'explication sur ce joli graphe Bird & Germain ?

J'ai ouvert un fil dédié là : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,61279.msg473834.html#msg473834

C'est, si on l'approfondit, un sujet complexe. Je voulais juste en transmettre l'esprit ;)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 27 novembre 2012 à 14:44:37
.....
Cette possibilité d'être guidé avec une précision suffisante pour revenir sur ses pas est un des aspects "sécurité" bien pratique du GPS.

Ceci dit, il y a intérêt, comme toujours, à avoir pratiqué la manoeuvre ...

Pour se perdre avec un GPS, il y a bien sur un moyen infaillible, et c'est quasiment le seul :  ne pas savoir s'en servir!

Autrement, je vois pas  ;#

Si l'idée est de retrouver son point de départ t'as parfaitement raison. Mais c'est vrai que j'étais dans le mode du point A au point B que je pratique souvent en Crète.

Mea Culpa Maxima

Moléson
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: abbey le 27 novembre 2012 à 14:54:56
Salut Soldmac,super le coin,j'adore les paysages brulés par le soleil.

Pas grand chose à ajouter de plus que ce qui a été dit par les autres membres,pour ma part je marche souvent en corse ou du coté du desert de sonora,je pense que les températures et conditions  que tu as du rencontrer sont plus ou moins similaires,et par exemple cet été,j'ai fait avec mon amie (une julie aussi,tiens!) la traversée du desert des agriates;quelques points non négociables:

 *depart vers 5 heures du matin,quitte à commencer un peu à la frontale(et quel spectacle de voir le jour se lever...),en plus ça économise des forces et un peu d'eau sur les premieres heures
 *1litre d'eau par heure de marche prévue et par personne,un ziploc de fruits secs en tout genre
 *si possible,essayer de définir un itinéraire avec le soleil dans le dos,et pause de midi a 16 heures si le point a atteindre n'est pas atteint(étant de nature contemplative tous les deux,ça ne nous ennuie pas)
 Tout cela bien entendu,avec les choses nécessaires qui decoulent du bon sens ,bonnes chaussures,créme solaire,matériel adapté,bref,le grand classique

Cordialement

Guillaume
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 27 novembre 2012 à 15:12:32
Plutôt que de jouer à celui qui a la plus grosse (quantité d'eau), essayons d'objectiver les choses dans ce contexte précis :
   - dénivelé : départ = 450, demi-tour vers 1000m (~600m D+), sommet vers 1500m (~1000m D+)
   - en supposant qu'on progresse à 300m de D+ par heure (terrain accidenté et cheminement à vue)
   - temps A/R hors pauses : 4H jusqu'au demi-tour, 7H jusqu'au sommet
   - quantité d'eau emportée par personne : 2,5l
   - soit : 2,5l / 4h = 0,63l/h lors du demi-tour ou 2,5l / 7h = 0,36l/h

Sachant que le corps humain n'est pas capable d'assimiler plus de 0,7 à 1,0l/h d'eau pure (quelles que soient les conditions : cf. "moyenne" de 0,75l/h mentionnée par Karto) :
   - si l'eau était bien gérée depuis le départ, la situation n'était pas critique en buvant bien avant de partir : à 0,63l/h sur une journée çà reste raisonnable
   - en revanche la réserve était nettement insuffisante pour un A/R jusqu'au sommet pour quelqu'un ne sachant pas bien gérer la pénurie d'eau en plein effort

Libre à chacun d'estimer ensuite la réserve minimale de backup (plus backup du backup et backup du backup du backup à l'infini), mais en consommation maximale je n'ai jamais eu vraiment besoin de plus de 0,75l/h en pleine canicule avec un effort intensif (à vélo dans des cols : plus violent qu'à pieds en rando).

Sur des sorties ponctuelles d'une journée le surplus qui sera éliminé par les voies naturelles peut être considéré comme du "confort" (notamment pour les reins).

Comme mentionné, attention à ne pas tomber dans le cercle vicieux inverse : plus d'eau => plus lourd => plus d'efforts et plus lent => besoins en eau supérieurs.

La solution proposée de "caches d'eau" permettant de se délester en moyenne de la moitié du poids porté est également très efficace : je pratique couramment en trail solo en boucles ou A/R en enregistrant les WP sur le GPS (çà permet de retrouver facilement d'anciennes bouteilles inutilisée mais toujours scellées ;D).

(Également +1 avec bison sur l'utilité du GPS même sans carte ou cartographie : c'est largement rentabilisé pour les poids de 10cl d'eau.)


PS : Il m'est également arrivé de porter 8l d'eau, mais sur 2j dans le Grand Canyon en août et conformément aux recommandations officielles : 1 gallon / jour.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 27 novembre 2012 à 15:21:49

C'est des calculs qui fonctionnent mais...............

Les 300m/heure, tu oublie dans ce type de terrain. C'est entre tous ce que tu veux et en fait tu vois quand t'es sur place. C'est vraiment pas la même chose de marcher sur un sentier tracé et droit à travers la caillasse et le maquis.

Il faut aussi prévoir le backup, se perdre est vraiment ultra-facile, je ne parle même pas de la cheville en compote et le temps qu'il faut pour te retrouver. Dans ces coins en été il y a absolument personne.

Il ne faut pas oublier l'effet chimpanzé, la panique vient très, très vite quand il n'y a plus d'eau et que l'on ne sait pas ou on est cf le récit de Costa et ma propre expérience.

Bref je transporte toute l'eau que je peux transporter sans que se soit trop lourd, le MUL je m'en tape et les compte d'apothicaire aussi.
En volume c'est environ 5-8l sans problème, par contre je prends quasiment rien d'autre.

Moléson
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 15:32:46
je n'ai jamais eu vraiment besoin de plus de 0,75l/h en pleine canicule avec un effort intensif (à vélo dans des cols : plus violent qu'à pieds en rando).
Ou tu as une forme olympique, ou tu ne sais pas ce que peut être une montée sportive... genre tout droit direction le sommet...
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 16:07:44
Ou tu as une forme olympique, ou tu ne sais pas ce que peut être une montée sportive... genre tout droit direction le sommet...

Peu importe la difficulté de l'effort, on ne peut assimiler plus d'eau que 0,7L/h.
Même pour le marathon des sables, le ravitaillement en eau est de 7,5 L pour une durée max de 12H de course  (soit 0,625 L par heure) dans un environnement très dur. (source:http://www.darbaroud.com/fr/edition-2013/reglement.html (http://www.darbaroud.com/fr/edition-2013/reglement.html) Art. 16).
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: François le 27 novembre 2012 à 16:35:42
Peu importe la difficulté de l'effort, on ne peut assimiler plus d'eau que 0,7L/h.
Heureusement que tout le monde ne le sait pas :D
J'en ai vu, et je me suis vu aussi, absorber jusqu'à 2 litres d'eau à l'heure pendant 5 ou 6 heures consécutives. Si on n'avait pas été capables (question d'acclimatation, peut être) d'absorber et suer 2 l/h, on serai tombé d'un coup de chaleur au bout de 2 ou 3 heures.

Citer
Même pour le marathon des sables, le ravitaillement en eau est de 7,5 L pour une durée max de 12H de course  (soit 0,625 L par heure) dans un environnement très dur. (source:http://www.darbaroud.com/fr/edition-2013/reglement.html (http://www.darbaroud.com/fr/edition-2013/reglement.html) Art. 16).

Sérieusement, le marathon des sables, ce n'est pas un exemple extrême. Ce n'est pas un travail de force, pas à la saison chaude et pas à un endroit parmi les plus chauds.

Sur le fond, il faut être conscient que au dessus de 30-35 degrés, on ne peut plus compter sur le refroidissement par conduction pour évacuer la chaleur. C'est forcément par évaporation de la sueur que cela se fait. Et çà en fait de l'eau !
Pour chaque calorie dépensée en travail musculaire, il faut en évacuer 3 sous forme de chaleur. Plus le métabolisme de base. Plus la chaleur venant par conduction de l'air. Plus le rayonnement du soleil, de l'air, et du sol.
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 27 novembre 2012 à 16:36:11
Ou tu as une forme olympique, ou tu ne sais pas ce que peut être une montée sportive... genre tout droit direction le sommet...
Ni l'un, ni l'autre : p.ex. montée de cols raides à vélo en plein cagnard (+bitume noir) pendant plus d'1H à "fond" pour mon petit niveau (~= 90% FCmax : je suis masochiste et j'aime çà ;#).

L'effort à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée (quel que soit le terrain), le seul effort comparable serait de la course au cap droit dans la pente (mais en course d'orientation il est préférable de "moyenner" l'effort en trouvant le meilleur compromis pente / distance).

Les chiffres du Marathon des Sables correspondent également à ce qu'on peut trouver dans la littérature sur la physiologie humaine.

De plus la recommandation officielle d'environ 1 gallon (~4l) par jour pour des randonnées p.ex. au Grand Canyon (pas de points d'eau et véritable fournaise >40°C) ne sort pas du chapeau (recommandations destinées au grand public).

Selon le contexte on doit pouvoir atteindre ou légèrement dépasser 1l/h mais uniquement en état à fond aux heures les plus chaudes de la journée et en zone aride (voir également ultra de Bad Water) et avec un liquide isotonique (eau + additifs), donc une moyenne de 0,75l/h ou 0,63l/h sur la journée est tout à fait raisonnable en démarrant avec le "réservoir plein" (à ne pas répéter sur plusieurs jours pour les reins).

http://www.diet-sport-coach.com/pages/content/info-sante-dieteitqu/l-hydratation-du-sportif.html
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 27 novembre 2012 à 16:43:13
Heureusement que tout le monde ne le sait pas :D
J'en ai vu, et je me suis vu aussi, absorber jusqu'à 2 litres d'eau à l'heure pendant 5 ou 6 heures consécutives. Si on n'avait pas été capables (question d'acclimatation, peut être) d'absorber et suer 2 l/h, on serai tombé d'un coup de chaleur au bout de 2 ou 3 heures.

Sérieusement, le marathon des sables, ce n'est pas un exemple extrême. Ce n'est pas un travail de force, pas à la saison chaude et pas à un endroit parmi les plus chauds.

Sur le fond, il faut être conscient que au dessus de 30-35 degrés, on ne peut plus compter sur le refroidissement par conduction pour évacuer la chaleur. C'est forcément par évaporation de la sueur que cela se fait. Et çà en fait de l'eau !
Pour chaque calorie dépensée en travail musculaire, il faut en évacuer 3 sous forme de chaleur. Plus le métabolisme de base. Plus la chaleur venant par conduction de l'air. Plus le rayonnement du soleil, de l'air, et du sol.
Le problème n'est pas la quantité d'eau qui part en transpiration, mais bien la quantité d'eau que l'organisme est capable d'assimiler : en dépassant le débit maximum admissible le surplus termine immanquablement dans la nature par la voie naturelle ! ;)

Voir les explications dans le lien donné précédemment (notamment sur l'utilité d'une eau isotonique) : http://www.diet-sport-coach.com/pages/content/info-sante-dieteitqu/l-hydratation-du-sportif.html

A noter que la surhydration est également dangereuse :
Citer
LA SURHYDRATATION :
Attention au risque de surhydratation engendrant une hyponatrémie (baisse du taux de sodium dans le sang). Chaque année la surhydration provoque la mort de marathoniens...

Cela fait bien longtemps que l'on ne conseille plus aux coureurs de boire en très grande quantité
Des études publiées ces dernières années ont montré combien cette recommandation pouvait être dangereuses.
Une étude réalisée par l'expert en la matière (Tim Noakes) sur près de 500 coureurs ayant terminé le marathon de Boston 2002 a montré que 13% des coureurs présentaient une hyponatrémie à l'arrivée de l'épreuve. L'hyponatrémie est la baisse du taux de sodium dans le sang (<135 mmol/l). Elle peut provenir d'une fuite du sel contenu dans le corps (par transpiration…) mais surtout par un apport important d'eau. Quand la baisse du taux de sodium atteint des niveaux critiques, elle peut avoir des conséquences graves sur l'organisme (œdème cérébral…).
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: François le 27 novembre 2012 à 16:52:01
en dépassant le débit maximum admissible le surplus termine immanquablement dans la nature par la voie naturelle ! ;)
Je t'assure que non :D

Peut être une différence de fonctionnement entre un travailleur de force acclimaté et un sportif bien affûté.

Mais suis bien conscient qu'entre ce qui écrit par les experts et mon bête témoignage de terrain, il n'y a pas photo.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 17:05:55
Peu importe la difficulté de l'effort, on ne peut assimiler plus d'eau que 0,7L/h.
C'est quand même variable selon les individus.
Pour être précis, il s'agit de la quantité moyenne d'une vidange gastrique. Cela va dépendre aussi de la composition de l'eau, pure ou non. On peut accélérer le processus ou l'améliorer en rajoutant de la maltodextrine par exemple. Mais on ne fait pas de miracles pour autant.
Bref pour ceux que cela intéresse, un lien
http://www.chups.jussieu.fr/polys/dus/dusmedecinedusport/dunutrisport/dunsmelinhydratna/dunsmelinhydratna.pdf (http://www.chups.jussieu.fr/polys/dus/dusmedecinedusport/dunutrisport/dunsmelinhydratna/dunsmelinhydratna.pdf)

Trop boire = risque d'hyponatrémie

Edit: l'eau qui part directement par la vessie a peut être aussi un rôle dans le refroidissement du corps... ?

Attention à ne pas confondre la quantité moyenne sur une journée et la quantité sur 3 ou 4 heures par exemple.
Titre: Re : Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 27 novembre 2012 à 17:15:23
Comme je l'ai écrit auparavant on peut faire des compte d'apothicaire style 5 heures de marche prévu, donc 5x.75l = 3.75 l et youpie on a la recommandation pour le grand canyon.

Mais déjà l'homme moyen ça n'existe pas, pour l'un ça sera 2.5l et l'autre 5l.

D'autre part c'est travailler sur le fil du rasoir dans des conditions qui sont potentiellement mortelle, comme en témoigne chaque années des touristes qui meurent de soif dans des conditions comme décrite plus haut.

Alors si on aime le danger, le frisson de la déshydratation il y a qu'a partir sur le mode, je fais x m en y temps, et je consomme xl /h.
Ou on laisse tomber ce type de calcul, parce que on ne fait pas un marathon avec un encadrement, mais on se trouve seul dans un environnement hostile et on prévoit suffisamment pour faire face même si la m*rde heurte le ventilo.

Et si on est incapable de transporter 8Kg en plein cagnard sans s'écrouler, faut faire autre chose comme les mots croisé ou du macramé.

Citer
L'effort à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée (quel que soit le terrain), le seul effort comparable serait de la course au cap droit dans la pente (mais en course d'orientation il est préférable de "moyenner" l'effort en trouvant le meilleur compromis pente / distance).
C'est une affirmation complètement inepte. L'intensité de l'effort étant totalement indépendant du moyen employé pour faire l'effort. Quand la pompe est à 180/min c'est relativement égal si on se crève sur un col en vélo ou si monte très rapidement un  béquet. La seule différence est qu'en marche on utilise plus et d'autres groupes musculaires qu'en vélo. La majorité des personnes parvient à une intensité d'effort plus importante en marche/course qu'à vélo pour des raisons d'entrainement musculaire. Et des tests d'efforts j'en fait passer assez dans mon cabinet.



Moléson
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 17:28:43
3615 mylife : Et dire qu'à une époque, sur du sprint, mon cardio gueulait parce que je dépassais les 220 :) (bpm, pas km/h  ;#). Aujourd'hui, à fond, je suis à 170-180  grand max (10 ans de plus, 20cm de tour de cuisse en moins) :'(
A supprimer
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 27 novembre 2012 à 17:54:45
Comment voulez vous que des personnes possédant de l'expérience viennent sur le forum (ou restent) après avoir vu ce récit et vos réponses ?

Nous avons un type qui fait un récit complètement dramatique, exagéré à l'extreme où cela en devient risible tellement c'est grotesque et qui fait une "analyse" totalement à coté de la plaque.
Il faut arrêté de déconner, il y a 1000D+ à la sortie d'un village.

Ensuite nous avons des types qui soutiennent cela, vu de l'extérieur ils sont donc dans le même panier que le premier malgré que certaines infos soit pertinentes.

Un exemple, il y en aurait une dizaine d'autre à relever: le dénivelé qui fait débat plus haut.
A croire que personne n'est jamais aller en montagne ici. Il faudrait remettre les pieds sur terre: 300D+ c'est ce que fait n'importe quel pékin lambda aimant la rando. 500D+ est la moyenne d'une personne normal jeune un peu sportive, surtout sur ce type de distance extrêmement courte (vous faut il des exemples?).
Dans un autre registre Moleson a bien résumé également (remplacer 8kg, par gravir du D+):
Et si on est incapable de transporter 8Kg en plein cagnard sans s'écrouler, faut faire autre chose comme les mots croisé ou du macramé.

Le fait que cela soit hors sentier n'entre en rien dans le débat: c'est dans la majorité des cas un facteur facilitant (le pierrier qu'il traverse ici est facile, sinon il ne pourrait pas accélérer à la descente dedans) car dans un cas il permet d'aller tout droit: sur 1000D+ les cuisses chauffent un peu mais c'est entièrement possible.
Dans le deuxième cas, le fait qu'il n'y est pas de sentier permet de zigzaguer exactement comme on le souhaite: on maximise ainsi l'effort en rapport avec le D+, cela a pour effet d'augmenter le dénivelé à l'heure.
Très rare sont les sentiers qui permettent d'aller plus vite car au contraire ils divaguent.

Pour la chaleur, je pense avec bien expérimenté et côtoyé beaucoup de gens qui ont vécu cela sur de longue période (cf PCT en signature) et personne ne parle ni ne se comporte comme vous le conseillez.
Et aucun ne dramatise à ce point là le fait de se balader sous de forte chaleur (cette réflexion ne contredit pas les préoccupations de prévention des risques du forum, en passant c'est le theme de mes études).

Si t'es pas content, tu prends tes cliques, tes claques et tes réflexions de m*rde, et tu vas trouver le bonheur ailleur ;)

Evidemment, j'en suis bien conscient ne t'inquiète pas. Seulement je suis attaché à ce forum et trouve déplorable la pente sur lequel il est.
Encore ce weekend, ces mêmes constatations sont revenues entres membres de longue date.

L'exemple de Phill est intéressant, il contribue beaucoup sur RL avec du contenu de qualité. Il vient de débuter sa participation sur ce forum et l'accueil qu'il reçoit est plutôt surprenant. Aucune prise en compte de ces paroles ni de ses apports qui sont balayés d'un revers de main.
Va lui falloir une bonne dose d'empathie pour rester.

Bref, je n'ai aucun intérêt à perdre du temps à répondre ici mise à part pour essayer d'apporter une contribution à ce forum, certes, surement d'une façon abrupte et non adaptée.


Bon, maintenant il reste à voir en combien de temps ce message va être supprimé ou en combien de temps je vais me faire rembarrer.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: DavidManise le 27 novembre 2012 à 18:15:24
Bon, maintenant il reste à voir en combien de temps ce message va être supprimé ou en combien de temps je vais me faire rembarrer.

Pour le coup, tu fais largement plus constructif que le premier coup...  aucune envie de virer ton message.

Tu apportes des solutions concrètes.  On n'est juste pas d'accord sur le fait que la difficulté croît avec le dénivelé.  Ca n'a juste rien à voir.  On s'en bat les c*u!lles, du dénivelé.  Je me suis déjà retrouvé vraiment mal avec ZERO dénivelé...  

Bref.  Tu confonds le sport et la gestion du risque.  Deux choses différentes ;)

Quant au fait que "des membres de longue date" se parlent entre eux du fait que le forum va mal...  ben je m'en tape comme de ma première branlette.  Ceux qui ne sont pas contents peuvent :

1) produire du signal dans les sujets qui les intéressent au lieu de pleurnicher comme des fiottes mal baisées ;

2) aller se tirer sur la nouille sportivement ailleurs.

Franchement, c'est simple : make it good, love it or leave it.

David

David
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 27 novembre 2012 à 18:44:36
Citer
Pour la chaleur, je pense avec bien expérimenté et côtoyé beaucoup de gens qui ont vécu cela sur de longue période (cf PCT en signature) et personne ne parle ni ne se comporte comme vous le conseillez.

Jean Jacques, tu as parfaitement raison dans le contexte particulier que tu décris. Mais le récit fait ici, c'est un autre contexte.

Les gens qui font le PCT (allez voir le fabuleux retex de JJ sur RL) il y en a quelques milliers sur 7 milliards d'humains et sur les quelques milliards qui pourraient financièrement/légalement/physiquement potentiellement le faire. Ce sont donc des gens entrainés très motivés et assez spéciaux au final ceux qui font la PCT et traversent les déserts du sud américain avec quelques litres d'eau à chaque fois.

La "norme" pour les ballades en montagne c'est 300m D+ par heure. C'est en général ce qui est retenu pour chiffrer le temps des excursions sur les panneaux, le tout avec un "sac à la journée" qui est tout compris de 8kg. Soit entre 10 et 20% du poids des gens concernés. Et bien, là aussi on doit constater que cela ne se bouscule pas sur les chemins (quelques centaines de gens par jour dans les endroits fréquentés, cela fait très peu au final)

Les gens qui peuvent monter 1000m de D+ avec un sac sur le dos en allant tout droit....cela devient l'exception (pas parmi les membres de RL, parmi la population française). Peut être quelques dizaines de milliers, tout au plus quelques centaines de milliers sur 65 millions de Français.

Bref : Ce forum s'adresse au plus large public possible, à Monsieur et Madame Michou. A ces gens qui regardent les exploits sportifs à la TV, passent leurs vacances avec FRAM sur une île grec et se disent : "Chéri, demain on va aller regarder la mer de là haut la montagne ne fait que 1km même si ça monte un peu". Et Monsieur Michou c'est déjà beau s'il part avec une demi bouteille d'Evian dans la main et Madame Michou elle prend un tshirt très décolleté et un short parce que "il va faire chaud" et qu'elle ne veut pas avoir un bronzage agricole quand elle rentrera au pays.

Là, je parle d'expérience : j'ai déjà "secouru" (la base de la pyramide est très large heureusement) pas mal de gens en montagne et j'ai aussi traité par le passé quelques "coups de chaleur" hypothermies et hyponatrémies sur le terrain en attendant de les évacuer.

Voilà faut remettre dans le contexte.  ;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: VieuxMora le 27 novembre 2012 à 18:57:17
Je plussoie l'ami Kilbith, d'autant plus que ce sont ces Monsieur et Madame Michou qui alimentent malheureusement 80% des rubriques faits divers.
Ce qui, par effet d'entraînement principe de précaution + sécuritaire, amène les administrations à tous niveaux et toutes activités, à réglementer de plus en plus et pourrir la vie de ceux qui veulent pratiquer un peu de nature.
Quand je vois tout ce qu'il était possible d'organiser il y a encore 20 ou 30 ans sans crainte de se retrouver assigné au tribunal pour une entorse, je crois qu'il est inutile d'alimenter la machine à prise de risques inconscients sur ce forum.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 27 novembre 2012 à 19:03:07
Je plussoie l'ami Kilbith, d'autant plus que ce sont ces Monsieur et Madame Michou qui alimentent malheureusement 80% des rubriques faits divers.
Ce qui, par effet d'entraînement principe de précaution + sécuritaire, amène les administrations à tous niveaux et toutes activités, à réglementer de plus en plus et pourrir la vie de ceux qui veulent pratiquer un peu de nature.
Quand je vois tout ce qu'il était possible d'organiser il y a encore 20 ou 30 ans sans crainte de se retrouver assigné au tribunal pour une entorse, je crois qu'il est inutile d'alimenter la machine à prise de risques inconscients sur ce forum.

Oui...Mais pour autant c'est vrai que je trouve parfois que l'on dramatise quelque peu les choses. Je me souviens d'un long fil il y a quelques années où un forumeur demandait des conseils pour faire des "ballades en montagne" à l'occasion de ses prochaines vacances en famille.

A la fin des conseils, il était équipé pour une expédition pour l'Everest, la fin du réseau GPS+Glonass, il avait de quoi soigner les rescapés du Biafra, il transportait l'équipement de filtration d'une station moyenne de la Générale des Eaux et avait envisagé l'hypothèse d'une chute inopinée de Météorite de type "fin du Jurassique". Pas certain qu'il soit allé bien loin avec tout ce barda et certain qu'il n'a pas eu beaucoup de plaisir. Le risque c'est que pour sa seconde randonnée il parte avec seulement les mains dans les poches.

De la mesure en toute chose... ;)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 27 novembre 2012 à 19:07:54
Bonsoir,

C'est donc un matin, levé à 8h je prépare le sac, Julie "se prépare" et comme c'est une précieuse, au lieu de partir à 8h30 on démarre à 10h. Pour ce qui est de l'itinéraire, pas de carte de l'île, a vrai dire pas besoin, c'est pas compliqué il n'y a absolument aucuns chemins ni point de repère, et puis il suffit de faire un 180° et on est face à la montage.


Ceci est ce qui m'interpelle le plus... tu sembles par le choix  de tes mots indiquer un manque de préparation... ou tu vas ? Quand t'y vas ?
Étant moi aussi un fervent de la rando découverte... je me retrouve aussi parfois dans plus dur que je ne pense. En revanche, règle d'or que j'applique : Si montagne - je prépare absolument la cartographie / la météo / et mon équipement.... seul. Si accompagné, nous contrôlons la préparation de l'autre.

Je suis aussi dubitatif sur l'eau et la protection corporelle. Nous ne nous connaissons pas, et chacun à des besoins physiologiques différents... cependant par temps PLUS que chaud, Plein SOLEIL et en moyenne montagne qui se termine par de la haute montagne... j'aurai 150% d'eau habituelle et de quoi me protéger du soleil et des intempéries (vent... ici... la pluie.... )... un peu comme quand je prépare un bivouac... je ramasse le bois, et quand je me dis c'est bon, j'en ai assez (ou le dis le collègue de ramassage)... j'en ajoute une moitié en plus en backup....

Le reste... tu l'analyses toi même OU tu ne donnes pas assez d'infos sur ton équipement et outils de premiers secours.

La préparation...

Amicalement

C'est sans honte que j’admets m'être planté.

Je pense pas tellement que ca soit un manque de préparation, je connais bien l'île, je connaissais le climat, j'avais emporté de quoi boire et manger, personnellement j'étais équipé correctement (pour ce qui est de Julie, ben elle ma certifié que ses chaussures c'était ok, même si j'en doutais, mais bon il faut aussi savoir laisser le choix aux gens d'autant plus quand c'est ton conjoins). Ma grosse erreur c'est de ne pas avoir évalué correctement la "difficulté" de la randonnée, pas tellement physiquement, mais le fait d'avoir une personne avec soit et donc marcher à sa vitesse, avoir l'eau qui diminue plus vite que quand on est tout seul parce que évidement le camarade de marche ne s'hydrate pas de la même façon, le fait que la chaleur n'ait pas le même effet sur son organisme que sur le mien.

Si j'étais parti seul avec les 5L (voir moins) je serai monté et redescendu dans la journée.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kam le 27 novembre 2012 à 19:08:03
Jean Jacques, même si je ne l'ai jamais rencontré (mais ça viendra un jour :)), c'est quelqu'un que j'apprécie (connu sur RL) justement pour sa grande gu**** et le côté "je mets les pieds dans le plat". Mais on s'en fout du copinage.

Par contre, il y a deux choses qui me "dérangent" dans ce sujet. D'une part, comme dans d'autres sujets par ailleurs, le chiage sur la MUL sans que personne ne dise rien alors que franchement, je ne vois pas que ça vient faire là. Mais limite, c'est anecdotique.

D'autre part, le truc que personne n'a souligné, c'est ce petit échange:

Citation de: Phil
Pas de couverture de survie (qui peut également servir à se protéger du soleil) ?

Citation de: soldmac
Si, pas pensé à m'en servir.

NB: tout ce que je vais dire là n'a vraiment pas pour but de te jeter la pierre, soldmac, c'est juste pour essayer de tirer un enseignement de ta mésaventure.

Bref, il y avait je pense deux soucis: d'une part un manque de connaissances / compétences sur le terrain, et d'autre part une méconnaissance du matos que l'on emporte. Avoir une couverture de survie et ne pas savoir ou penser à s'en servir revient pour moi à me pas en avoir du tout.

C'est la morale que je retiens surtout de cette histoire. Du matos dont on sait pas se servir ne sert à rien. C'est très con à dire, mais il faut croire qu'un certain nombre de personnes l'oublient. Donc non, un kit de survie, un EDC, un BOB ou je ne sais quoi ne va pas vous sauver les miches. Votre cerveau le fera, éventuellement aidé de ce que vous trimbalez dans votre sac.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: VieuxMora le 27 novembre 2012 à 19:09:54
@ Kilbith
Dramatiser Non, mais prendre le temps d'utiliser ce que l'on a entre les oreilles Oui.
Parfois incompatible avec la culture zapping pulsionnelle.   ;)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 19:13:32
La "norme" pour les ballades en montagne c'est 300m D+ par heure. C'est en général ce qui est retenu pour chiffrer le temps des excursions sur les panneaux, le tout avec un "sac à la journée" qui est tout compris de 8kg. Soit entre 10 et 20% du poids des gens concernés. Et bien, là aussi on doit constater que cela ne se bouscule pas sur les chemins (quelques centaines de gens par jour dans les endroits fréquentés, cela fait très peu au final)

Justement dans le cas présent, on est en présence de soldmac qui est sportif et pratique la randonnée. Sa copine fait 3 entraînements de basket par semaine, donc elle a due développer son endurance lors de ceux-ci. Donc 300m d+/h c'est facile pour des personnes comme eux surtout sans charge (à part les 5L d'eau qui ont diminués au fur et à mesure de la rando). C'est surtout sur ce point là que je me pose la question. Est ce le seul fait de la chaleur qui vous a ralenti comme cela (avec le manque de protection déjà évoqué plus haut) ? Ou alors le terrain est vraiment difficile (escalade, pierrier)?

Je précise que ce n'est pas pour être péremptoire ( ;) ), c'est pour comprendre et ne pas me retrouver dans une telle situation moi aussi un jour.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 27 novembre 2012 à 19:18:33
@ Kam : pour moi la couverture de survie est plutôt pour maintenir/augmenter la température corporelle et pas tellement la diminuer. Je connais mon matos mais je ne connais pas toutes les utilisations dérivés. Mais peut-être que la couverture de survie est régulièrement utilisée pour ce protéger du soleil et la tu m'auras appris quelques choses d'utiles pour l'avenir ;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 27 novembre 2012 à 19:23:12
Justement dans le cas présent, on est en présence de soldmac qui est sportif et pratique la randonnée. Sa copine fait 3 entraînements de basket par semaine, donc elle a due développer son endurance lors de ceux-ci. Donc 300m d+/h c'est facile pour des personnes comme eux surtout sans charge (à part les 5L d'eau qui ont diminués au fur et à mesure de la rando). C'est surtout sur ce point là que je me pose la question. Est ce le seul fait de la chaleur qui vous a ralenti comme cela (avec le manque de protection déjà évoqué plus haut) ? Ou alors le terrain est vraiment difficile (escalade, pierrier)?

Je précise que ce n'est pas pour être péremptoire ( ;) ), c'est pour comprendre et ne pas me retrouver dans une telle situation moi aussi un jour.

Il resterait à vérifier l'exacte état de forme : plein de gens se disent "sportifs" ou plutôt ont été sportif, mais c'est un peu comme la réputation : c'est facile à perdre et difficile à acquérir la forme, il suffit de quelques semaines de non pratiques (je ne parle pas pour Soldmac et Julie, ma réponse est générale).

Après il faut tenir compte des faits : pas mal de gens boivent juste un café lors du petit déjeuner (diurétique) et pas mal de gens boivent peu avant une randonnée (peur de faire pipi à la vue de tous)..si on part relativement déshydraté (pensez à une nuit chaude ou avec la clim) : la déshydratation arrive vite. Ses effet sont délétères sur la performance et le jugement, avant même qu'on la ressente.

Mais là je spécule.  ::)

Citer
@ Kam : pour moi la couverture de survie est plutôt pour maintenir/augmenter la température corporelle et pas tellement la diminuer. Je connais mon matos mais je ne connais pas toutes les utilisations dérivés. Mais peut-être que la couverture de survie est régulièrement utilisée pour ce protéger du soleil et la tu m'auras appris quelques choses d'utiles pour l'avenir
Il suffit de la retourner (face brillante vers le soleil) ET de la tenir éloignée de soi (bâton ou piquet) un peu comme un tarp pour ventiler. En revanche je crois que ce n'est pas une très bonne protection contre les UV.
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 27 novembre 2012 à 19:24:40
C'est sans honte que j’admets m'être planté.

Je pense pas tellement que ca soit un manque de préparation, je connais bien l'île, je connaissais le climat, j'avais emporté de quoi boire et manger, personnellement j'étais équipé correctement (pour ce qui est de Julie, ben elle ma certifié que ses chaussures c'était ok, même si j'en doutais, mais bon il faut aussi savoir laisser le choix aux gens d'autant plus quand c'est ton conjoins). Ma grosse erreur c'est de ne pas avoir évalué correctement la "difficulté" de la randonnée, pas tellement physiquement, mais le fait d'avoir une personne avec soit et donc marcher à sa vitesse, avoir l'eau qui diminue plus vite que quand on est tout seul parce que évidement le camarade de marche ne s'hydrate pas de la même façon, le fait que la chaleur n'ait pas le même effet sur son organisme que sur le mien.

Si j'étais parti seul avec les 5L (voir moins) je serai monté et redescendu dans la journée.

Merci pour ce message, ça nous permet de comprendre le problème à la base.
En fait le problème vient surtout de la difficulté de la rando par rapport à l'habitude de ta copine à randonner sur des chemins cassants.
C'est très difficile d'estimer le niveau d'une randonnée pour une personne autre que soi. Encore, quand le chemin est tracé et sans difficulté, ce n'est pas un problème pour quelqu'un de sportif la plupart du temps. Mais dès que ça devient cassant, c'est "l'habitude" qui prime sur les performances physiques et la vitesse chute beaucoup. En plus avec un équipement pas adapté c'est la cata (baskets pas adaptées ou manque d'habitude d'utilisation de celles-ci en montagne).
Je sais pas si tu as souvent l'habitude de randonner avec ta copine, mais je te conseille de bien préparer les rando si elle est novice pour éviter de la dégoûter (problème déjà vécu plusieurs fois, j'avais mal anticiper le parcours et la difficulté, même avec topo  ;#).
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: VieuxMora le 27 novembre 2012 à 19:25:22
Le terrain.

Chaque terrain a ses particularités et la "lecture du terrain", c'est à dire estimer à vue où et comment cela passe, est une compétence qui se travaille avec l'expérience, mais qui n'est pas toujours transposable.
Exemples vécus:

-Montée sur le Mont Ararat: deux pas en avant, un pas en arrière dans des pierriers de roches volcaniques légères, pas perçu avec l'expérience d'un terrain alpin.
-Des passages en névés ou glaciers dans l'Indouh kouch: les passages entre les pénitents de glace compliquent  la progression.
- L'adhérence des roches est aussi source de grandes surprise, du papier de verre gros grain de certains calcaires qui permet presque de marcher au plafond, aux basaltes géométriques mais glissants et déversés

Un simple pierrier, selon qu'il est ancien et stabilisé permet de cavaler de roche en roche, ou bien instable sauf en format ballast ou la descente contrôlée est possible, nécessite de prendre du temps et de la fatigue.

Donc (re)connaître le terrain et ses particularités avant de se lancer est une bonne assurance.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Maximil le 27 novembre 2012 à 19:49:53
Kam : Tout d'abord, je ne vois où RL a été critiqué sans rien dire ?

Citer
risible tellement c'est grotesque
. Tout le monde n'est pas ultra sportif. Mais je comprends bien où est le risque pour avoir fait sensiblement la même chose cette année avec Mijour. En Crete, sur le mont Psiloritis (2454m), nous sommes montés de 0 à 510 m par la route, puis jusqu'à 1400m en moto par du chemin typique de Crete. Puis on a laissé la moto et nous sommes montés en ligne droite direction sommet 1000D+ un peu plus loin.
Nous n'avons pas fini à 400m du sommet car Mijour était trop naze.

Ce que je peux t'en dire : y'a pire, clairement. Mais le terrain est du genre bordélique. Et ca peut vite devenir quelque chose de particulièrement dangereux, surtout pour quelqu'un de non préparé. A la montée certes, mais surtout à la descente.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 27 novembre 2012 à 20:06:13
Oulà... çà s'emballe par ici : j'avais commencé une autre réponse mais je la garde sous le coude n'ayant pas trouvé de sources assez rapidement vu le gros coup d'accélerateur... ;) !

Il suffit de la retourner (face brillante vers le soleil) ET de la tenir éloignée de soi (bâton ou piquet) un peu comme un tarp pour ventiler. En revanche je crois que ce n'est pas une très bonne protection contre les UV.
Concernant la couverture de survie ma question était faussement naïve ! ;D

Elle protège apparemment relativement mal des UV (coups de soleil), mais renvoie 90% des IR (chaleur) : assez efficace pour limiter la cuisson à cœur avec un soleil grec qui cogne directement (mais pas suffisant pour éviter un rôtissage superficiel). ;)

Dans un tel cas j'aurais essayé d'improviser une sorte de capuche + cape suffisamment large pour ventiler mais protégeant la tête, la nuque, les épaules et les bras tout en continuant à marcher à rythme tranquille (protection plus efficace avec le soleil de dos que de face).
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 27 novembre 2012 à 20:48:56
Tout va très vite sur ce fil!
J'ai bien une demi-douzaine de points qui m'inspireraient un bon développement.

Mais les différentes interventions de Jean-Jacques me restent sur la patate.

Rien que la dernière :
Citation de: Jean-Jacques
Comment voulez vous que des personnes possédant de l'expérience viennent sur le forum (ou restent) après avoir vu ce récit et vos réponses ?

Je suppose que Jean-Jacques considère que les sportifs de haut niveau, les traillers "performants", les HRPistes, les GR20-istes et autres émules de Kilian Jornet ... sont des personnes "possédant de l'expérience".

Que nenni ... Ils ont des capacités physiques, une excellente technique, parfois du génie ... mais tout cela ne fait pas une expérience. L'expérience, c'est autre chose.

En particulier, l'expérience se construit sur l'aptitude à tirer leçon de ses propres erreurs et de celles des autres.

Si les erreurs de Soldmac n'intéressent pas - ou n'intéressent plus - Jean-Jacques et certains anciens  c'est que ceux-ci n'ont pas encore compris que les erreurs des débutants sont celles qui tuent aussi les personnes hautement compétentes performantes. Parole ...

D'ailleurs, les gens hautement performants sont en général très mal "équipés" pour analyser vraiment les erreurs "évidentes".

Pas si évidentes que cela pour moi, les erreurs de Soldmac ...
 - Pourquoi avoir pris trop peu d'eau?
 - Pourquoi avoir laissé Julie partir sans chapeau?
 - Pourquoi ne pas avoir pensé à la couverture de survie comme moyen de protection contre le soleil?

Et encore trois "pourquoi" intéressants :

 - Pourquoi Julie, après avoir été "mal" dans la descente, s'est sentie pousser des ailes dans le pierrier?
 - Pourquoi le récit de Soldmac apparaît-il comme "dramatique"?
 - Pourquoi Kam sent-il que la MUL-attitude est visée?

Même si Soldmac me fournissait des réponses toutes simples, je continuerais à penser que les vraies réponses sont complexes. Si on ne répond pas à ces pourquoi, si on ne trouve pas la réponse, si on n'imagine pas les réponses possibles ... alors on ne gagne effectivement rien à lire ce récit.

Mais si on fait un travail d'analyse sérieux, on en vient à trouver, parmi les causes premières, des "circonstances" qui ont pu - qui pourraient encore - nous pousser nous aussi à la faute dans un autre contexte.

Ainsi, en réfléchissant bien à tous ces "pourquoi", en trouvant nos propres réponses et en les partageant sereinement, nous aurons un peu fait avancer notre capital "expérience".

Bien plus qu'en lisant le récit (par ailleurs captivant) des exploits magnifiques de Jean-Jacques en Amérique.

Bref, moi qui ne suis pas vraiment "expérimenté" en rando (ni en matière de vécu ni du côté des performances) j'ai trouvé ce fil infiniment plus instructif que beaucoup d'autres récits.

Et il y a encore du grain à moudre ...

Merci à Soldmac pour l'occasion qu'il nous offre de réfléchir ...
Et ... félicitation à lui pour avoir su prendre la bonne décision en faisant demi-tour à temps, pour avoir su soutenir sa copine au moral et au physique. On n'insistera jamais assez là dessus .

PS :  comme David ...
Vécu un début de coup de chaleur avec zéro dénivelé et zéro km ... juste en continuant à travailler sur un moteur alors que les autres allaient prendre deux heures de repos en début d'après-midi ...
(N'Djaména, 1977 ... le temps passe vite!)
Au total, au lieu de gagner une heure, j'ai perdu une demi journée!
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 27 novembre 2012 à 21:40:09
On n'est juste pas d'accord sur le fait que la difficulté croît avec le dénivelé.  Ca n'a juste rien à voir.  On s'en bat les c*u!lles, du dénivelé.  Je me suis déjà retrouvé vraiment mal avec ZERO dénivelé...

Le D+ n'était cité qu'à titre d'exemple mais en effet il ne faut pas se focaliser dessus (dans l'idée de ne pas tomber dans le "si ce n'est pas de la montagne, je n'ai pas à être vigilant").
Par contre je pense que c'est un élément important à prendre en compte (fatigue plus importante, difficulté de la descente en elle même, difficulté différente qu'à la montée, nécessité de s'adapter, facteur psychologique (je vois la descente et j'ai l'air d'être très loin de mon point de départ)).

Bref : Ce forum s'adresse au plus large public possible, à Monsieur et Madame Michou.

Je plussoie l'ami Kilbith, d'autant plus que ce sont ces Monsieur et Madame Michou qui alimentent malheureusement 80% des rubriques faits divers.

Il est vrai qu'à force de fréquenter des gens ayant un type de pratique particulier (même si le niveau diffère), on a tendance à les oublier ;)
Je ne pense pas que ces personnes soient vraiment fréquentes sur ce forum mais c'est un point important. Je m'en servirai pour modérer un de mes prochains commentaires.


Quelques pistes déjà abordées par d'autres dans le contexte de Soldmac et de sa copine, jeunes et relativement sportifs pour l'ascension d'un sommet proche:

-Boire pas mal avant de partir, cela retarde la soif et permet d'entamer ces réserves que bien plus tard. Ou à minima, partir avec une quantité plus importante que ce que l'on souhaite transporter et boire la différence la première demi-heure.

-Ne pas se surcharger en eau à outrance au risque de tomber dans la spirale déjà mentionnée par Phill: plus de fatigue, j'avance moins vite, je bois plus.

-Si l'objectif est de faire le sommet, on va au sommet sans perdre trop de temps à la montée. On se reposera au sommet. Conseil à prendre avec des pincettes évidement, savoir faire demi-tour est primordial, aussi important que d'évaluer ses capacités et de la personne à ses cotés.

-Pour une personne en bonne santé être en légère déshydratation n'est pas un gros problème: l'idée est d'économiser l'eau à la montée. Si le sommet est fait, on a pas mal de flotte pour fêter cela et suffisamment pour redescendre sereinement: on compense la déshydratation et on est mieux en état pour effectuer la descente, partie la plus accidentogène. On note également un stress moindre au niveau de l'eau vu que l'on se retrouve "large" pour descendre.

-Pas de secret avec les pierriers: plus tu en fais plus tu es à l'aise, plus tu es à même de reconnaitre les chiants, des faciles et les passages à l'intérieur qui facilite la progression.

-Le risque avec les serpents dans un pierrier est vraiment limité vu le vacarme que l'on fait en marchand dedans. Tu aura plus de risque en lisière de pierrier par exemple ou sur un chemin bien tassé.

-Comme je l'ai mentionné plus haut, en cas de forte pente il faut zigzaguer. Avec l'habitude on les "prévisualisent" et on sais de quelles tailles les faire et à quelles inclinaisons pour maximiser le rapport entre fatigue et D+/h.
Il est également possible d'avancer tout droit en s'aidant de bâton (exemple ici avec 1500D+: http://www.youtube.com/watch?v=20tLEL5VE00&lr=1  (J19 HRP)).

-Les baskets ne paraissent pas vraiment être en cause. Une semelle lisse va offrir plus de surface de contact et ainsi améliorer l'accroche. En théorie bien sur mais juste histoire de dire qu'il ne faut pas tout mettre sur la paire de chaussure. Aurait-elle été plus en forme avec 1kg sous chaque pied ?

-Au niveau de l'eau, vu de chez moi bien installé, vous aviez suffisamment pour atteindre ce sommet: seul sa gestion ainsi que la gestion de l'ascension sont à remettre en cause (cf conseil au dessus). Augmenter ta quantité d'eau va simplement te permettre d'amortir tes erreurs: pas de les éviter.

-Toujours concernant la gestion de l'eau en milieu aride, j'ai fait un retour assez exhaustif ici: http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?pid=276259#p276259
Par contre il s'agit de RL, donc d'un cadre particulier avec des contraintes particulières.

Ensuite rien ne remplacera la pratique. Cela ne dérangera surement pas un membre de t'amener sur quelques sommets cet été (moi le premier ;) ).
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 27 novembre 2012 à 22:09:37
Merci JeanJacques pour ses conseils avisés :)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 27 novembre 2012 à 22:21:05
Merci JeanJacques pour ses conseils avisés :)

Je ne sais pas si ils sont avisés mais ils correspondent à mon vécu de la chose. Ensuite c'est à toi de trouver ce qu'il te convient en multipliant ce type d'expérience :)

Peut être ne vas tu pas supporter de boire beaucoup en une fois.
Peut être que ton corps réagit mal quand il n'est pas hyper hyper bien hydraté
Peut être préfères-tu flâner à la montée.
Peut être que ta copine a un bien meilleur feeling avec des chaussures un peu moins souple.
Etc ;)
Titre: Transactions piégées ?
Posté par: HUMAIN-Méhari le 27 novembre 2012 à 22:33:24
C'est donc un matin, levé à 8h je prépare le sac, Julie "se prépare" et comme c'est une précieuse, au lieu de partir à 8h30 on démarre à 10h.
... On s'hydrate, on s'hydrate et on s’hydrate encore et l'eau diminue, diminue et diminue encore, c'est la que je commence à comprendre que ca sens le patté! Sans parler que Julie commence à fatiguer et qu'on ne vois toujours pas de "sommet", mais on décide de continuer.

On continue, Julie à vraiment chaud, moi ca va, je prend l'initiative (sans le dire à Julie) de limiter mon hydratation pour que qu'elle puisse s'hydrate correctement, je trempe un t-shirt et lui met sur la tête sinon elle va faire une insolation, et c'est un peu déçus qu'on décide de redescendre. Nous somme quand même montés à 1000m en démarrant à 450m et le sommet est à 1500m.

Mes interventions sont assez répétitives, à un point qui peut faire sourire.
Ce qui me frappe là, c'est que la décision du demi-tour est tardive.
La première phrase citée, signale aussi que l'autorité du chef de cordée n'est pas établie, et que les membres du couple ont encore leurs "marques" en dispute.
Départ trop tardif, demi-tour trop tardif, cela fait penser à des transactions piégées dans l'équipe, où "tenir son rang" serait un impératif non négligeable, discret, mais hélas dangereux.

Questions transactions piégées dans un jeune couple, j'ai eu aussi ma part, par exemple j'ai blémi quand je me suis aperçu que de ruses sournoises en ruses obstinées, ma jeune compagne aboutissait à nous faire stationner en plein couloir d'avalanche, et à heure bien peu recommandable.

Savoir faire demi-tour à temps... J'ai eu la chance d'avoir formellement l'autorité de chef d'escadre, quand je l'avais imposé à mes trois côtres. Il faut définir l'autorité formelle en dernier recours dans une équipe, un jour ce sera une question de vie ou de mort.


Quant aux pieds en pareil cas, j'aurais choisi des sandales, à condition qu'elles soient indéchirables. Mais je le dis à distance, donc on peut négliger.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Nävis le 27 novembre 2012 à 23:27:05
Quand c'est évident que cela va être dur, les risques ne sont pas cachés. On a une chance de se méfier.

C'est justement dans ces situations qui semblaient simples au départ que se cachent "les risques".
Du coup, il y a plein de bonnes choses dans ce fil.

Lu à travers la lorgnette de ma petite expérience de chose fragile (situations vécues par moi-même ou par des connaissances), j'ai envie d'évoquer un aspect supplémentaire.
Vous me semblez tous des "durs à cuire", au propre comme au figuré. Vous pouvez donc discuter dénivelé, litres de boissons pour s'hydrater, qualité des chaussures, chapeau, semelles pour pierriers, etc.
Mais certaines personnes peuvent ne pas supporter la chaleur, et dès que l'effort demandé dépasse les capacités de la personne dans l'ambiance chaude, tout geste devient quasi un calvaire. Même avec un équipement adapté et une endurance en conditions normales. Avancer, se concentrer, poser un pied devant l'autre devient difficile.
La digestion peut s'en retrouver perturbée (= l'hydratation n'est plus théorique, en dl/min, ou dl/1000m, mais arrive à quasi nulle!). Toute action de lutte contre la chaleur peut être alors trop tardive. On peut éventuellement empêcher que la température monte plus, mais cela ne permet pas toujours de la descendre.
Cette élément peut aussi contribuer à transformer une situation simple au départ, en un vrai risque (pas toujours connu des intéressés, ni compris des accompagnants, donc pas toujours envisagé).


Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: lambda le 27 novembre 2012 à 23:56:28
Salut. :)

...c'est la que je commence à comprendre que ca sens le patté! Sans parler que Julie commence à fatiguer et qu'on ne vois toujours pas de "sommet", mais on décide de continuer.
...

Tout d'abord, Soldmac, merci a toi pour ce retour de vecu partage avec nous, ca a permis d'ouvrir un sacre bon fil.  :love: :doubleup:

Peu de chose a rajouter, d'autant plus que les environnements chauds comme ce que tu nous presentse ici, sont loin d'etre mon violon d'ingre.

2 ou 3 petites choses quand meme:

- bravo pour ton moral et le soin et soutien apporte a ta compagne: sans cet etat d'esprit, avec des conditons memes plus faciles, ca aurait pu se passer plus mal.

Un truc essentiel qui a ete loupe, c'est ce passage cite plus haut: le fait d'insister en connaissance de cause. On est tous titille par cette envie d'aller plus loin, alors que quelque part il ne faudrait pas. C'est juste une bonne chose d essayer de passer outre et de se dire que la crapahute en elle meme est aussi importante, au moins, que le fait d'atteindre le sommet...
En ce sens, je trouve pas mal d'envisager avant le depart, un ou 2 plan B ou C pour pouvoir se raccrocher a un but plus accessible, moins risque, mais toujours sympa a atteindre et qui te satisfasse quand meme, meme si c'est pas le plan A que tu avais prevu au demarrage.... typiquement, plutot que de grimper au sommet, faire le tou ou une partie du tour dudit sommet, pas loin de la vallee/village...

- Autre point qui concerne l'usage de ta couverture de survie...

On en a deja cause a l'occasion de vive voix  ;), mais considerer le matos que tu as non pas comme une entite dediee a un usage unique parce qu'il est concue (et indique comme tel...) pour cet usage, mais plutot comme une matiere premiere ou un systeme presentant des caracteristiques physiques generiques, c'est un truc qui vaut le coup d'etre developpe par la pratique, les essais de coins de jardin ou d'etabli....
ec ici: Ta couverture de survie, c'est pas une couverture de survie:
c'est juste une surface en mylar ou plastique aluminise/dore qui est : etanche, coupe bien le vent, reflechi les IR et partiellement les UV, reflechi plein pot la lumiere visible, fait du bruit, est super legere, peut conduire l'electricite en surface, peut aussi se comporter de condensateur, etc...
En connaissant ces caracteristiques, tu vas simplement tenter de t'en servir pour resoudre un probleme du moment: ici, commencer a assurer ta survie et celle de ta compagne en te protegeant du rayonnement solaire avec.

C'est toujours dans l'idee de faire craquer les boites mentales (dixit Karto) dans lesquelles on s'enferme plus ou moins inconsciemment de facon malheureusement assez frequente...

Un autre truc enonce dans ce fil: a savoir planquer une reserve d'eau a l aller... Ca me laisse mitige... a savoir que surtout dans le cadre montagnard, pour peu que le relief qu'on envisage est un peu ''terra incognitae'', le truc c'est que ce qui est faisable a la montee peut simplement devenir impraticable a la descente pour x raisons: trop raide a la descente, mais aussi pepin en cours de route qui oblige a envisager une autre issue, paumage aussi... du coup on a la un risque non negligeable de se retrouver avec une reserve de flotte inaccessible et qu'on aurait finalement aime avoir sur soi maintenant...
Dans la mesure ou je suis conscient de mes capacites de portage et qu'elles restent simplement raisonnables avec un peu de marge de surete (porter bien moins lourd que ce que j'estime lourd... je sais pas comment le dire, mon francais fout le camp...  :-[ ), je prefere ne pas me separer de mes ressources en cours de randos: en plus, pour la flotte, ca ne peut que (malheureusement dans un sens evident) s'alleger...

Mais bon hein, je raisonne de facon tout sauf pointue et specialisee...  :-[

Pensee a voix haute....

m'en vais prendre mes cachets  ;D

a+,
Lambda
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 28 novembre 2012 à 10:01:10
Vous me semblez tous des "durs à cuire", au propre comme au figuré. Vous pouvez donc discuter dénivelé, litres de boissons pour s'hydrater, qualité des chaussures, chapeau, semelles pour pierriers, etc.
Mais certaines personnes peuvent ne pas supporter la chaleur, et dès que l'effort demandé dépasse les capacités de la personne dans l'ambiance chaude, tout geste devient quasi un calvaire. Même avec un équipement adapté et une endurance en conditions normales. Avancer, se concentrer, poser un pied devant l'autre devient difficile.
La digestion peut s'en retrouver perturbée (= l'hydratation n'est plus théorique, en dl/min, ou dl/1000m, mais arrive à quasi nulle!).

Tu as bien raison de pointer sur les dysfonctionnements physiologiques occasionnés par la chaleur. Mais il ne faudrait pas seulement s'intéresser aux dysfonctionnement visibles sur le moment. La philosophie du "Même Pas Mal" ou du "No Pain No Gain" ont des effets parfois insoupçonnés à moyen et long terme.

Quelques lectures récentes semblent indiquer que de très fortes activités physiques peuvent entrainer des dysfonctionnement organiques récurrents.
- On a déjà pointé les problèmes de fixation du fer qui se produisent chez les adeptes des sports d'impact (on pense en premier au joggeurs et marathoniens) sans que l'on sache vraiment les causes.
- Il semble bien que l'effort répété lèse la muqueuse intestinale, particulièrement si l'on manque d'hydratation. Les conséquences sur le long terme sont importantes car il y aurait un impact sur la flore commensale, la perméabilité membranaire et partant sur les défenses immunitaires.
- A plus court terme on relève chez de nombreux athlètes des saignements intestinaux et autres problèmes digestifs qui montrent que les choses se passent mal.
- On sait aussi que le manque d'hydratation est propice aux développement de syndromes inflammatoires comme les tendinites. Celles-ci peuvent devenir chroniques.

La vie c'est long, plus qu'on ne l'imagine à 20 ans. Ce message n'a pas pour but d'inciter à mener une vie en "pantoufle", d'une part je serai mal placé (je totalise une dizaine de fractures diverses) d'autre part l'activité physique est un facteur ++ de longévité et de qualité de cette longévité.

Mais, je connais trop de personnes de 40 ans qui sont d'ex-sportifs et qui payent quotidiennement les erreurs du passé. C'est même souvent un bon indicateur du niveau sportif d'un type de 20 ans, 20 ans après, les "longs démarrages matinaux". Or à 40 ans, statistiquement ils doivent encore fonctionner au moins autant de temps.

AMHA, pour être (vraiment) libre, il faut pouvoir faire des choix "éclairés".   ;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 28 novembre 2012 à 13:11:29
Il y a quand même sur ce fil une tendance assez lourde au "pissing contest" ou savoir qui a la plus grosse.

Je suis allé voir les conseils de Jeanjacques concernant la gestion de l'eau sur RL.
 http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?pid=276259#p276259

Ce qui en ressort, c'est un être d'exception avec un mental et un physique exceptionnel. 2l de flotte en plein cagnard pour 40km de marche, sur 24 jours environ 65km effort/jour etc.

Le problème c'est une information totalement inutile, une anomalie physiologique, il de ne doit pas y avoir plus de 1°/°° de la population qui fonctionne de cette manière. De même les personnes qui tiennent 1 heure à 90% de leur FCMT et autre exploits.
Les avions de chasse en lycra moule-burne multicolore qui me dépassent occasionnellement sur des sentiers de montagne ne me concernent pas. J'ai pas l'âge, ni le physique, ni l'envie de les suivre. Quoique pour l’anecdote j'en récupéré un ce printemps sur un névé, accroché à un buisson ne pouvant ni en avant ni en arrière. ;D
 Et en celà je fonctionne comme la grande majorité de la population.

Si on parle d'une moyenne de 300 de D+, c'est que ça correspond à ce que une personne normale avec un physique normal et une charge normale fait.
Si des milliers et des milliers de km de sentiers en montagne tracé par habitude depuis des siècles ne montent pas en droite ligne, c'est qu'il y a une raison et pas que nos ancêtres étaient tous des fiottes.

Bref l'idée c'est de comprendre ce qui c'est passé avec soldmac et sa copine et fournir éventuellement des solutions et pas de partir dans des délires d'exploits extrêmes.

L'histoire est quand même on ne peut plus banale. Deux personnes physiquement en ordre, partent pour une petite balade sur une île grecque.
Le problème est que l'environnement sur une montagne sauvage en Grèce au milieux de l'été n'a strictement rien à voir avec le même parcours sur un sentier balisé dans les alpes Françaises ou Suisse à la même époque.

Et en fait il s'agit d'un problème de gestion de la chaleur et l'apport en eau ainsi que de connaissance du terrain.
Si chaque année des vacancier en bonne santé physique meurent de soif dans des coins qui à priori sont pas très difficile dans les montagnes grecques, c'est pas parce que il y a une concentration en fiotte exceptionnelle en Grèce à cette époque der l'année, mais parce que le terrain est vraiment difficile et traître.

Petite vue d'une crique en Crète près de Palekastro, crique ou on abouti au bout d'un canyon depuis le village de Hochliakes.

(http://imageshack.us/a/img231/74/hochlakies1.jpg)

A trois famille on a dormi la nuit sur place, avec un feu de la bouffe et du vin. Une soirée horrible  ;D

Le lendemain j'avais prévu de rejoindre Palekastro par les montagnes en partant avec ma fille et une amie. Tous de très bon marcheurs, plutôt le style gorane. Le reste de la bande repartait par le canyon en prenait la voiture.

Départ à 7 heures, 3 bouteilles de 1.5l de H20 en réserve.

Le parcours sur google earth:

(http://imageshack.us/a/img24/3665/hochlakies.jpg)

Donc rien de bien méchant, 6km en ligne droite, environ 600m de dénivelé au total soit 12 km effort, normalement plié en 90-120 minutes.
La réalité 4 heures de marche avant de sauter dans la mer et toute l'eau épuisée.
C'était pas dangereux, il y avait pas vraiment moyen de se perdre, quoique c'est pas facile de s'orienter. Mais ça montre qu'entre la théorie et la pratique il y a parfois une sacré fossé.

Moléson


 

Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 28 novembre 2012 à 13:35:49
Le problème c'est une information totalement inutile, une anomalie physiologique, il de ne doit pas y avoir plus de 1°/°° de la population qui fonctionne de cette manière. De même les personnes qui tiennent 1 heure à 90% de leur FCMT et autre exploits.
Les avions de chasse en lycra moule-burne multicolore qui me dépassent occasionnellement sur des sentiers de montagne ne me concernent pas. J'ai pas l'âge, ni le physique, ni l'envie de les suivre. Quoique pour l’anecdote j'en récupéré un ce printemps sur un névé, accroché à un buisson ne pouvant ni en avant ni en arrière. ;D
 Et en celà je fonctionne comme la grande majorité de la population.

Sauf que les personnes que tu cites passent beaucoup plus de temps dans la nature qu'une personne lambda de part leurs activités ou leurs loisirs. Et les avions lycra moule-burne (:D aussi appelés collant-pipette) sont autant à même d'être en situation de survie que le randonneur lambda, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas envisager aussi cette situation et trouver des solutions adaptées à chaque pratique.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Lemuel le 28 novembre 2012 à 14:00:45
Salut !


-Si l'objectif est de faire le sommet, on va au sommet sans perdre trop de temps à la montée. On se reposera au sommet.

-L'idée est d'économiser l'eau à la montée.


Ces deux phrases me semblent contradictoires. Pour moi, économiser de l'eau, c'est limiter les pertes hydriques. C'est à dire ne pas se fatiguer, ne pas booster le rythme pour transpirer le moins possible, et, quelque part, ne pas avoir spécialement à se reposer au sommet.

Quand tu parles d'économiser l'eau, j'ai bien compris que tu parlais de "se retenir de boire". Mais il y a quand même un truc à nuancer.
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 28 novembre 2012 à 14:36:45
Il y a quand même sur ce fil une tendance assez lourde au "pissing contest" ou savoir qui a la plus grosse.

Je suis allé voir les conseils de Jeanjacques concernant la gestion de l'eau sur RL.
 http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?pid=276259#p276259

Ce qui en ressort, c'est un être d'exception avec un mental et un physique exceptionnel. 2l de flotte en plein cagnard pour 40km de marche, sur 24 jours environ 65km effort/jour etc.

Le problème c'est une information totalement inutile, une anomalie physiologique, il de ne doit pas y avoir plus de 1°/°° de la population qui fonctionne de cette manière. De même les personnes qui tiennent 1 heure à 90% de leur FCMT et autre exploits.

Effectivement, je ne peux pas trop contrer ce genre d'argument, mais je ne pense pas que mes propos soit, de fait, à rejeter dans leur globalité.
Dans mes deux dernières réponses sur ce fil j'ai essayé de modérer ce facteur que tu évoques en prenant en compte son point de vue et en essayant de lui donner des pistes qu'il peut essayer d'explorer. Et justement en insistant sur son ressenti personnel et le besoin de trouver ce qu'il lui convient le mieux.

Par exemple, pour reprendre le stockage de l'eau, l'idée en soi est bonne, mais comme je l'ai dit plus haut, cela va simplement limité la casse de mauvaise pratique. Si je dispose de plein d'eau, je n'ai pas besoin d'y faire attention, je n'ai pas besoin d'apprendre les pratiques qui me permettent de l'économiser, je n'ai pas à écouter mon corps, je n'ai pas à adapter mes vêtements vu que je peux m'asperger abondamment, je n'ai pas à vérifier ni à connaitre ma consommation d'eau par heure, je n'ai pas à réfléchir à l'adaptation bonhomme / terrain, etc.

Cependant, il est certain que prendre une tonne d'eau va éviter tout ce questionnement et permettre de sauver Mr Michou. Donc dans le cadre de ce forum, je comprend bien que c'est ce conseil qui soit donné et je n'ai rien à dire la dessus ;)

Je propose juste une façon de faire un peu plus complexe qui me parait plus adaptée au cas de Soldmac et plus généralement au randonneur averti qui souhaite aller plus loin que ce qui est donné comme information au couple Michou :)

Pour moi, économiser de l'eau, c'est limiter les pertes hydriques. C'est à dire ne pas se fatiguer, ne pas booster le rythme pour transpirer le moins possible, et, quelque part, ne pas avoir spécialement à se reposer au sommet.

Oui effectivement, en climat tempéré on pourrait penser ainsi, mais là tu as le soleil qui tape, le facteur temps est donc important à prendre en compte. Quoique tu fasses, à 40°C tu vas transpirer, il serait intéressant de mesurer la différence de perte entre marche douce et marche soutenue, mais je ne pense pas que la différence soit énorme.
Dans la limite de ses capacités physiques donc, il peut être intéressant d'accélérer un peu le rythme ou à minima de ne pas multiplier/allonger les pauses (ce qu'à fait Soldmac) afin de minimiser l'exposition et au final la consommation en eau.

Quand tu parles d'économiser l'eau, j'ai bien compris que tu parlais de "se retenir de boire". Mais il y a quand même un truc à nuancer.

Non justement, il ne s'agit pas de se retenir de boire, mais de faire en sorte de boire différemment: plus de petite gorgée, garder l'eau dans la bouche, savoir reconnaitre le moment où c'est réellement nécessaire, etc.


Edit: rajout des phrases contenant "Michou".
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Lemuel le 28 novembre 2012 à 14:45:24
On parle donc bien de "ne pas gaspiller".

Je chipotte mais quand j'entend "Economiser", j'ai l'impression que ça sussure "rationner" ou "ne pas rejoindre ses besoins hydriques si ca passe". Et ça, je ne cautionne pas. La déshydratation des disques intervertébraux se produit avant la sensation de soif.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Pouçot le 28 novembre 2012 à 14:46:30
Peut-être, Jean-Jacques, que tu devrais essayer de penser un tant soit peu aux lecteurs "silencieux"... au moins autant qu'aux participants du forum qui ne sont ni sportifs, ni bouffeurs de [inclure ici le mot adéquat] ... [etc]

En ce qui me concerne, et malgré toutes tes pincettes rhétoriques, j'ai cessé de te lire à ce moment là :

[...] je n'ai pas à écouter mon corps [...]

 :)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: jeanjacques le 28 novembre 2012 à 15:00:36
On parle donc bien de "ne pas gaspiller".

Je chipotte mais quand j'entend "Economiser", j'ai l'impression que ça sussure "rationner" ou "ne pas rejoindre ses besoins hydriques si ca passe". Et ça, je ne cautionne pas. La déshydratation des disques intervertébraux se produit avant la sensation de soif.

Cela fait bien de sortir des termes qui font peurs, mais quelle est l'utilité ? Surtout sans complément d'information ?
Nous parlons là de quelques heures avec une hydratation qui n'est pas absente mais limitée (comprendre non optimale, ce qui arrive à 90% des gens au quotidien): pas de quoi en arrivé à une lombalgie et si c'est le cas quelle est la probabilité ?

Peut-être, Jean-Jacques, que tu devrais essayer de penser un tant soit peu aux lecteurs "silencieux"... au moins autant qu'aux participants du forum qui ne sont ni sportifs, ni bouffeurs de [inclure ici le mot adéquat] ... [etc]

Les phrases avec "Michou" dans le post au dessus répondent à ton questionnement.

En ce qui me concerne, et malgré toutes tes pincettes rhétoriques, j'ai cessé de te lire à ce moment là :

Je te croyais au dessus de ce genre de pratique Poucot ;) Tu sors une phrase de son contexte, tu retires le ton d'humour qui l'entourait et tu omets sa raison d'être. Et cela est servit en guise d'argument.
A part créer du bruit et rendre ce fil inutile car remplie de joute verbale, je ne vois pas où est l'utilité.

Bon, fin de mes interventions, je pense avoir suffisamment argumenté. Le reste ne sera que du bruit à moins que des questions précises soient posées.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 28 novembre 2012 à 15:08:11
T'façons entre les messages d'athlètes JJ-style et les messages de brossage de bonne conscience destinés à une hypothétique Madame Michou que par ailleurs je ne connais pas (bonjour, si vous nous lisez), on n'a pas vu tellement de réponses concrètement adaptées à Soldmac et à sa situation précise. Un peu de Moleson par ci, un peu de Costa par là, une pincée de Kilbith et de Phil67 au début, le reste c'était quand-même beaucoup de vent.
Je me pose beaucoup de questions sur les motivations des posteurs en général depuis quelques temps. Ca vaut le coup d'en parler dans un coin du forum je pense.
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Lemuel le 28 novembre 2012 à 15:27:53
On n'a pas vu tellement de réponses concrètement adaptées à Soldmac et à sa situation précise.

En même temps il y en a eu, il en manque ?
La vocation du fil, à part la demande de réponse, ça reste du "pour info", non ?

Merci toutefois de me rappeler pourquoi je ne poste presque plus. J'étais sur le point de me remettre à un certain laisser aller.
En tout bienveillance et sans smiley, hein.

Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: lambda le 28 novembre 2012 à 15:30:16
On fait ce qu'on peut, mon brave M'sieur, on fait ce qu'on peut.... Des fois, c'est juste que c'est la petite forme, sans s'en rendre compte...  :-[ :-\ :-[
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Karto le 28 novembre 2012 à 15:40:38
Lemuel je passe en MP, avec bienveillance et smileys ;)
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Kilbith le 28 novembre 2012 à 17:09:01
T'façons entre les messages d'athlètes JJ-style et les messages de brossage de bonne conscience destinés à une hypothétique Madame Michou que par ailleurs je ne connais pas (bonjour, si vous nous lisez), on n'a pas vu tellement de réponses concrètement adaptées à Soldmac et à sa situation précise.

En effet, implicitement Soldmac pose la question du leadership, de la surprotection, de la croyance au leader immortel...et on (j'ai) surtout répondu en terme de pratique et de matériel : la psychologie, surtout praticopratique c'est autrement plus difficile.
 :)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 28 novembre 2012 à 17:28:00
Citation de: Jean-Jacques
[..] mais là tu as le soleil qui tape, le facteur temps est donc important à prendre en compte. Quoique tu fasses, à 40°C tu vas transpirer, il serait intéressant de mesurer la différence de perte entre marche douce et marche soutenue, mais je ne pense pas que la différence soit énorme.
Dans la limite de ses capacités physiques donc, il peut être intéressant d'accélérer un peu le rythme ou à minima de ne pas multiplier/allonger les pauses (ce qu'à fait Soldmac) afin de minimiser l'exposition et au final la consommation en eau.

En lisant cela, j'ai tout de suite été tenté de mettre le problème en équation.
Pas difficile, mais hélas plein de paramètres restent inconnus pour "chiffrer" de manière absolue.

Le premier de ces paramètres concerne la perte au repos :  transpiration pour rester à 37° alors que la température extérieure est à 40-45°.

La consommation horaire d'eau de refroidissement est logiquement proportionnelle à la "surchauffe" de l'air ambiant. Ce sera en fait très variable suivant d'autres facteurs physiques et physiologiques :

 - suivant les "protections", en particulier en cas de frappe directe du soleil ;

 - suivant les individus (surface à refroidir, notamment);

  - mais, aussi, pour un individu donné,  suivant humidité de l'air et la ventilation.

S'il fait humide et peu ventilé au niveau de la peau, la transpiration sera moins efficace, on transpirera plus plus pour le même refroidissement. Cela peut expliquer le fait qu'en désert "sec" (cas habituel), on transpire moins (à température égale), donc on a moins besoin d'eau.

Un peu paradoxal mais c'est pour cela que cela vaut la peine de le souligner ...
Peut-être JJ apparaîtra-t-il moins "surhomme" en prenant cela en considération?  ;)
En tous cas, il serait dangereux, pour JJ, d'extrapoler son expérience du désert à un contexte de climat chaud et humide.

Pour chiffrer de manière relative, c'est finalement facile et cela pourra choquer plus d'un. Amis MULS, accrochez vous!

Il y a l'équation du temps, de la consommation en fonction de la vitesse de progression, et en fonction de la charge transportée. C'est simplissime, même sans formule!

Le supplément (par rapport au repos) de la consommation horaire en fonction de l'allure "rapide" ou non de la marche normale, il doit y avoir des études là-dessus, du moins au niveau des sportifs. En première approximation, cela doit être à peu près proportionnel à la puissance fournie pour marcher, pour grimper.

En réalité il doit y avoir un rythme, une allure où les muscles et l'organisme en général ont un rendement optimal puissance fournie/puissance consommée. Pour information, ce rendement serait de l'ordre de 25%. Bref il y a environ 75% de puissance consommée qui est gaspillée en chaleur, et il faut se refroidir en fonction de cette chaleur dégagée par le métabolisme. Là encore un athlète affuté peut améliorer son rendement de différentes manières, mais il gagnera difficilement 5%.

Supposons que chacun, athlète ou promeneur du dimanche, connaisse son meilleur rythme à l'effort  et qu'il se "cale" sur la fréquence cardiaque correspondante.
Comme en règle générale un optimum de rendement s'étale sur une certaine plage d'effort, on peut fonctionner un peu plus dur ou un peu moins dur sans que ce rendement ne varie d'une manière significative.

Je vais un peu plus vite, je consomme pratiquement la même chose au total, et je reste moins longtemps exposé à la chaleur :  je suis gagnant. De combien? Inchiffrable, vu les inconnues relatives à la transpiration "à l'arrêt". "Mathématiquement", si je pouvais "exploser" mon effort, foncer à la vitesse de la lumière sans compromettre mon rendement, le plus vite serait tout simplement le mieux.

Je suis cependant limité par :
 - ma "puissance maximum continue"
 - la détérioration du rendement en dehors de ma plage de fonctionnement idéal
 - le risque de désydratation si j'ai besoin de plus d'eau que je ne peux en absorber, même si j'en dispose dans mon sac.
On peut imaginer que par l'entraînement, ces limites peuvent être repoussées plus ou moins loin.

Mais ... il y a un point de vue qui reste à explorer :

Comprendre et estimer la "surconsommation" due au poids.

Là, ce n'est pas trop difficile, en particulier en montée :  l'effort à produire est proportionnel au poids à vaincre. Là, encore, on voit qu'il n'y a pas beaucoup de marge, pour un individu donné. Si on compare un individu de 70kg chargé "léger" à 3,5 kg et un autre chargé relativement lourd (pour une sortie à la journée) à 7 kg, la différence est de 5%. Parce que c'est le poids total qui est à prendre en compte!

Si il veut rester à son rythme optimal, le marcheur "lourd" - celui qui est en surpoids de 5 % - doit simplement ralentir de 5%. Et donc marcher 5% plus longtemps, en consommant chaque heure la même quantité d'eau et la même quantité de calories)

Il aura donc besoin de 5% d'eau en plus pour atteindre son objectif en restant correctement hydraté.

Bref, on va dire que si JJ avait pris 6 litres d'eau au lieu de deux lors de ses étapes désertiques, il lui aurait suffit de réduire son allure de 5 % pour rester "bien" sans même entamer son eau supplémentaire. Et, pour la même fatigue, la même consommation d'eau et de calories en fin de journée, il aurait parcouru 57 km au lieu de 60 dans le même temps.

MAIS, il aurait peut-être pu mieux s'hydrater avec ces quatres litres supplémentaires et en fin de compte, et aller jusqu'à 70 voire 80 KM?

Qui le sait? Il faudra le recommencer ce PCT, en remettant peut-être en question cette quête prioritaire du poids minimal ...  ;)

En clair,

1. JJ a raison sur ce point :  Faut pas traînailler quand il fait vraiment chaud.

2. Les lois de la physique disent que l'on peut s'alourdir raisonnablement de quelques % sans compromettre la performance, sans être obligé pour cela de se traîner.

On ne gagne donc pas grand chose dans le timing à s'alléger d'un ou deux kilos d'eau, on ne perd rien grand chose en prenant un ou deux litres en plus ...
________________________________

Cela vaut-il la peine de calculer son eau au plus juste? NON

Bien se connaître, reconnaître le contexte, progresser à un rythme optimal, s'hydrater confortablement en conséquence ... c'est BIEN.

Et prendre une réserve raisonnable, un extra "au cas où", c'est globalement une pratique très recommandable.

Parole de survivor des airs.

Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Lemuel le 28 novembre 2012 à 17:37:54


Je vais un peu plus vite, je consomme pratiquement la même chose au total, et je reste moins longtemps exposé à la chaleur :  je suis gagnant. De combien? Inchiffrable, vu les inconnues relatives à la transpiration "à l'arrêt".


Est ce qu'il n'y a pas des "paliers" ?
Du style au de là de 50 % de mon VO2 max je transpire non pas 1% de plus qu'à 49% mais 50 x plus (je caricature…) à prendre en compte ?
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 28 novembre 2012 à 17:45:55
C'est juste de connaître, pour chacun, la fonction rendement = fonction de l'effort.
Mais là ... je pense que l'on ne dispose guère d'informations réellement bien établies.

Ce n'est déjà pas évident de trouver l'info à propos du rendement moyen approximatif citée plus haut (25%, à peu près comme un moteur thermique ordinaire).
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: philippe12 le 28 novembre 2012 à 18:33:04
Bonjour a toutes et a tous

@Bison
ca deviens sientific
1) energie depend de la vitesse au ²
2) en survie voir article de david :akhbar:, ce qui compte c'est l’irrigation et la température du CERVEAU - donc ne pas hésiter a se mettre la tète non couverte :down: en bas ou dans le sable ;# -
3) 3l d'eau et tu bois ton urine , tu te rechargera aussi en mineraux-  - ca c'est de la survie   :doubleup:

@Soldmack
merci pour ce post lumineux   :bienmal: elle est sympa ta douce
nota: les basket ne sont pas un probleme si elle regarde ou elle mets les pieds.. apprend lui la marche pied nu.. en grece c'est assez courant
rex - en 12et 16h .. en crete , nous faisons la sieste et admirions le paysage sous notre tarp  :love:. ( une couverture de survie c'est pas mal non plus).

amicalement
Titre: Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 28 novembre 2012 à 18:59:23
Sauf que les personnes que tu cites passent beaucoup plus de temps dans la nature qu'une personne lambda de part leurs activités ou leurs loisirs. Et les avions lycra moule-burne (:D aussi appelés collant-pipette) sont autant à même d'être en situation de survie que le randonneur lambda, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas envisager aussi cette situation et trouver des solutions adaptées à chaque pratique.

Je vois pas le rapport avec le sujet.

C'est pas comment survivre ou fonctionner en mode extrême, ce qui est un autre sujet, mais comment ne pas crever bêtement en allant se balader avec sa douce moitié en vacance.

Si quelqu'un veut ouvrir un topic comment faire l'Everest sans oxygène en slip de bain, ben ça restera un sujet un peu spécial.


Effectivement, je ne peux pas trop contrer ce genre d'argument, mais je ne pense pas que mes propos soit, de fait, à rejeter dans leur globalité.
Dans mes deux dernières réponses sur ce fil j'ai essayé de modérer ce facteur que tu évoques en prenant en compte son point de vue et en essayant de lui donner des pistes qu'il peut essayer d'explorer. Et justement en insistant sur son ressenti personnel et le besoin de trouver ce qu'il lui convient le mieux.

Par exemple, pour reprendre le stockage de l'eau, l'idée en soi est bonne, mais comme je l'ai dit plus haut, cela va simplement limité la casse de mauvaise pratique. Si je dispose de plein d'eau, je n'ai pas besoin d'y faire attention, je n'ai pas besoin d'apprendre les pratiques qui me permettent de l'économiser, je n'ai pas à écouter mon corps, je n'ai pas à adapter mes vêtements vu que je peux m'asperger abondamment, je n'ai pas à vérifier ni à connaitre ma consommation d'eau par heure, je n'ai pas à réfléchir à l'adaptation bonhomme / terrain, etc.

Cependant, il est certain que prendre une tonne d'eau va éviter tout ce questionnement et permettre de sauver Mr Michou. Donc dans le cadre de ce forum, je comprend bien que c'est ce conseil qui soit donné et je n'ai rien à dire la dessus ;)
Il y a une nuance assez important entre une tonne d'eau, 2l pour 40km et 5-8l

Citer
Je propose juste une façon de faire un peu plus complexe qui me parait plus adaptée au cas de Soldmac et plus généralement au randonneur averti qui souhaite aller plus loin que ce qui est donné comme information au couple Michou :)
T'es juste 15 étapes trop loin.
La base et elle à été donnée, elle est en fait ultra simple:
- Se couvrir
- Eviter les grosses chaleurs (tôt ou tard dans la journée)
- Connaître le terrain
- Avoir un backup, dans le cas concret de la flotte.

Ce que tu propose avec la méthode dromadaire, c'est comment être encore plus performant quand on est déjà très performant, sauf que cela ne répond pas à la question du randonneur occasionnel.

Concrètement si tu envoie le couple Soldmac faire 40km dans les montagne de Crète en Aout avec ta méthode il vont juste crever, je ne suis pas sur que se soit très pertinent.

N'oublie pas ce que tu fais, c'est d'utiliser un corps et un physique nettement au-dessus de la moyenne et de encore poursser dans les retranchements. D'ou l'idée de stocker l'eau dans le ventre et marcher très vite pour limiter le facteur temps.
Mais avec ta méthode tu ne peux pas assurer le moindre pépin, c'est un choix, mais pas recommandable pour la majorité des personnes. Tu te perds ou tu fais un foulure légère, tu vas juste mourir, s'il fait assez chaud.

Au contraire si je dis on doit pouvoir porter 5-8l d'eau, ce que je veux dire en réalité, si on est pas capable de boucler sa ceinture de sécurité il ne faut pas partir.
Et pratiquement si on reste à des allures normale, que l'on porte 3-5 ou Kg, la différence en terme de performance est négligeable. Tout change effectivement si on veut pousser son corps dans ses retranchements, là effectivement +-3 Kg va faire la différence.

Citer
Oui effectivement, en climat tempéré on pourrait penser ainsi, mais là tu as le soleil qui tape, le facteur temps est donc important à prendre en compte. Quoique tu fasses, à 40°C tu vas transpirer, il serait intéressant de mesurer la différence de perte entre marche douce et marche soutenue, mais je ne pense pas que la différence soit énorme.
Dans la limite de ses capacités physiques donc, il peut être intéressant d'accélérer un peu le rythme ou à minima de ne pas multiplier/allonger les pauses (ce qu'à fait Soldmac) afin de minimiser l'exposition et au final la consommation en eau.
Tu es trop dans ton trip compétitif. Si tu est bien couvert et que tu ne fais pas un effort intense, c'est pas +-10-20% en temps de marche qui change quoique ce soit en terme de consommation de H2O


Citer
Non justement, il ne s'agit pas de se retenir de boire, mais de faire en sorte de boire différemment: plus de petite gorgée, garder l'eau dans la bouche, savoir reconnaitre le moment où c'est réellement nécessaire, etc.


Edit: rajout des phrases contenant "Michou".
Bof... Tant que ça ne ressort pas sous forme de diarrhée, c'est assimilé par le corps. Par contre on peut boire trop et effectivement pisser ce qui est superflus pour garder une homéostasie.
Ceci dit, il ne m'est jamais arrivé de pisser trop clair quand je marche et qu'il fait chaud. En fait j'ai toujours un déficit hydrique, quoique je boive.

Moléson
Titre: Re : Re : Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: xackurush le 28 novembre 2012 à 19:36:33
Je vois pas le rapport avec le sujet.

C'est pas comment survivre ou fonctionner en mode extrême, ce qui est un autre sujet, mais comment ne pas crever bêtement en allant se balader avec sa douce moitié en vacance.

Si quelqu'un veut ouvrir un topic comment faire l'Everest sans oxygène en slip de bain, ben ça restera un sujet un peu spécial.

Le rapport c'est que soldmac parle de refaire le sommet, a priori seul. Sachant que la cause du problème du manque d'eau lors de sa première tentative était la vitesse de déplacement trop basse par rapport à ce qu'il avait prévu. Si la vitesse de déplacement avait été bien estimée au départ par rapport au terrain, jamais on aurait vu le post de soldmac sur le forum car il serait rentré peut être fatigué physiquement, peut être avec une petite soif, mais pas en déshydratation, ni sans début d'insolation. Prendre 10L d'eau lors de sa deuxième tentative n'est je pense pas la bonne solution.(Edit: sauf si après estimation de la durée de la rando il a besoin de tant d'eau que ça)
On essaie de lui donner des conseils pour arriver au terme de sa prochaine tentative sans encombre.

Je pense qu'on peut rajouter en tête de ta liste de base ultra simple (qui je trouve, résume très bien les différents conseils):

-se connaître: dans le sens connaître ses capacités suivant la météo, le terrain, sa tolérance à une légère déshydratation, le déplacement sur terrain pentu, cassant, difficile, etc...

Sans ça, on peut faire toute les prévisions possibles, prendre 20L d'eau, avoir un équipement très adapté à la météo et au terrain mais se planter car on aura seulement surestimé ses capacités.

   C'est dans ce sens là que jeanjacques donne ses conseils, des astuces sur la conso d'eau en environnement chaud qui ont marchés pour lui lors de son PCT. D'ailleurs il explique dans son récit qu'il a toujours un backup d'eau sur lui, et qu'il étudie la quantité d'eau à emporter suivant la distance à parcourir et le terrain. Je pense que c'est bien plus dans l'esprit du forum que la méthode de se charger à bloc sans même savoir ce que l'on va dépenser et quand on va pouvoir se ravitailler. Si on se plante à ce moment là ça fait mal, l'effet chimpanzé arrive vite. Si jeanjacques doit diminuer sa vitesse de déplacement, il a à peu près toutes les cartes en main pour gérer au mieux sa situation délicate, et pouvoir éviter qu'elle devienne situation de survie. Après soldmac se dit sportif et aimant la marche, donc on peut supposer qu'il a connaissance de ses capacités(par l'expérience de sa pratique). Donc on peut lui donner des conseils perso et lui va les tester ou non suivant son envie dans des situations non dangereuses.

Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 28 novembre 2012 à 23:01:50
Citer
donc on peut lui donner des conseils perso

C'est tellement complexe, tellement "personnel" que justement donner un "conseil" basé sur un vécu individuel à quelqu'un que l'on ne connaît pas, pour un contexte que l'on ne connaît pas nécessairement avec précision, cela me paraît un poil téméraire.

Donner un vécu - en spécifiant bien le contexte, ok.
Donner des informations fiables, donner le moyen de comprendre tout ce qui est en jeu ... c'est encore mieux.
__________________________________________

Soldmac, je crois que c'est plutôt l'habitude de la rando en forêt ardennaise que la rando sous le cagnard.

Il ne pouvait pas à l'avance connaître ses capacités à affronter ce genre de difficulté, et encore moins les capacités de sa compagne. Par ailleurs, personne ne peut vraiment se mettre à sa place.

Il ne pouvait pas à l'avance réaliser vraiment la fournaise dans laquelle il allait évoluer. Ni prévoir le méchant pierrier, ni la partie raide à franchir. Une "première", sans carte, hors sentier, sans l'expérience de trips similaires ... cela restera toujours une première.

Il ne pouvait pas savoir à l'avance si l'atmosphère serait sèche ou humide à mi hauteur.

Pour donner un conseil pertinent, il faudrait que le conseilleur ait l'expérience du climat et du type de montagne en question. Non, ce n'est pas nécessairement comparable au GR20 ...

Devant tant d'inconnues, pourquoi est-il parti avec trop peu d'eau? (Parce que même en progressant bien, deux litres et demi par personne, cela me paraît un peu juste pour le trip envisagé - voir plus haut les différents calculs de consommation moyenne recommandée.)

Je vois trois explications/hypothèses, en gros :

1. Connaissance insuffisante du contexte (mais une petite appréhension quand même, que je perçois à travers son récit)

2. Connaissance insuffisante du problème de la déshydratation - mais prise de conscience rapide pas longtemps après le départ, que cela ne le ferait pas (début de rationnement au profit de sa compagne). J'ai l'impression que Soldmac n'était pas très à l'aise avec cette quantité d'eau, dès le départ, comme il n'était pas très à l'aise avec le départ tardif.

3. "Influence" de la philosophie MUL, en ce sens qu'à force de lire tout les avantages  que l'on est sensé retirer d'un allègement, on hésiterait à jouer la sécurité (Soldmac est aussi chez les MULs depuis deux ans). Certains finiraient par culpabiliser à porter un peu trop - d'où le coup de gueule de Moleson. Il faut bien le dire, les conseils des MULs vont toujours dans le sens de l'allègement. Exactement comme si la légèreté était la clé ultime de tous les problèmes.

Il est riche, ce fil ...

On n'aura jamais autant parlé de l'hydratation, de l'insolation et du coup de chaleur. Bien que l'on soit tous (?) familier avec la règles des "trois" il y a encore bien des choses à développer ...

Et on a à peine effleuré les questions de leadership, de prise de décision en groupe, de l'effet du stress sur le moral (ou l'inverse) et les manifestations de la "gethomeitis" ... Sujets super intéresssants, mais super délicats à traiter ici.




 
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: soldmac le 28 novembre 2012 à 23:21:06
Soldmac, je crois que c'est plutôt l'habitude de la rando en forêt ardennaise que la rando sous le cagnard.

Il ne pouvait pas à l'avance connaître ses capacités à affronter ce genre de difficulté, et encore moins les capacités de sa compagne. Par ailleurs, personne ne peut vraiment se mettre à sa place.

Il ne pouvait pas à l'avance réaliser vraiment la fournaise dans laquelle il allait évoluer. Ni prévoir le méchant pierrier, ni la partie raide à franchir. Une "première", sans carte, hors sentier, sans l'expérience de trips similaires ... cela restera toujours une première.

Il ne pouvait pas savoir à l'avance si l'atmosphère serait sèche ou humide à mi hauteur.

Parfaitement, je suis plutôt rando ardennaise et n'avais jamais réellement fait de rando en montage et par tel chaleur (j'ai déjà fait les 2 séparément mais pas les 2 en même temps)

Je vois trois explications/hypothèses, en gros :

1. Connaissance insuffisante du contexte (mais une petite appréhension quand même, que je perçois à travers son récit)

2. Connaissance insuffisante du problème de la déshydratation - mais prise de conscience rapide pas longtemps après le départ, que cela ne le ferait pas (début de rationnement au profit de sa compagne). J'ai l'impression que Soldmac n'était pas très à l'aise avec cette quantité d'eau, dès le départ, comme il n'était pas très à l'aise avec le départ tardif.

3. "Influence" de la philosophie MUL, en ce sens qu'à force de lire tout les avantages  que l'on est sensé retirer d'un allègement, on hésiterait à jouer la sécurité (Soldmac est aussi chez les MULs depuis deux ans). Certains finiraient par culpabiliser à porter un peu trop - d'où le coup de gueule de Moleson. Il faut bien le dire, les conseils des MULs vont toujours dans le sens de l'allègement. Exactement comme si la légèreté était la clé ultime de tous les problèmes.

Un peu du vrai dans tout, je ne connaissais pas le contexte, mais sans aller voir impossible de savoir (enfin, si discuter avec les locaux mais impossible je parle pas le grecque couramment et l'anglais la bas c'est inconnu).

Jamais eu de problème d'hydratation et de déshydratation dans le contexte dans lequel j'évolue d'habitude, généralement suffit de se pencher "pour ramasser" de l'eau.

Je train chez les MUL pcq il y a du bon partout et quand on peut s'alleger en gardant le même niveau de sureté autant le faire, mais je ne suis pas addict du MUL cependant, je me suis dit pour une fois :"partir léger, c'est qu'une journée, on évite de s’embarrasser de trop de kit de survie".

Et on a à peine effleuré les questions de leadership, de prise de décision en groupe, de l'effet du stress sur le moral (ou l'inverse) et les manifestations de la "gethomeitis" ...

Ouai, ca serai intéressant d'en parler un jour :)

Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 29 novembre 2012 à 02:32:38
Bon, je me suis volontairement abstenu pendant au moins 24H pour ne pas relancer au risque de partir en HS et ne pas jeter de l'eau ;) huile sur le feu...

(Désolé Moleson si je réponds prioritairement à tes messages : ils sont tout à fait pertinents, mais il y a visiblement une incompréhension persistante depuis le départ qui entretient inutilement un malentendu.)

Bref je transporte toute l'eau que je peux transporter sans que se soit trop lourd, le MUL je m'en tape et les compte d'apothicaire aussi.
Nulle part je n'ai dit que mes calculs d’apothicaires MUL étaient une recommandation valable pour tout le monde : l'idée de départ était d'objectiver autant que possible la criticité réelle de la mésaventure de Soldmac sachant qu'il n'ont pas de profil de couch-potatoes (cf. mon message (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,61267.msg473848.html#msg473848)).

En reprenant le raisonnement : dans ce cas précis ils ont su faire demi-tour juste à temps pour ne pas se mettre en danger de déshydratation grave, mais s'ils avaient poursuivi jusqu'au sommet ils auraient effectivement trop joué avec les limites.

Ils n'ont pas eu de pépins à la descente : tant mieux, l'histoire se termine bien.

Et s'ils avaient eu un souci : on rentre totalement dans le domaine de la spéculation vu qu'on ne connait pas l'heure de retour, la vitesse de progression à la descente, la quantité d'eau restante, la végétation dans la descente, ... (on peut inventer des scénarios à l'infini, mais sans moi).

En résumé pour l'eau : c'est pas bien, faut pas jouer à çà... blablabla... mangez 5 fruits et légumes par jour, fumer tue, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, un train peut en cacher un autre...
=> Ils se sont loupés sur l'estimation pour le sommet mais ont géré la situation correctement.

En revanche d'autres erreurs déjà mentionnées ont largement contribué à la pénurie en eau : habillement inadapté (se baser sur les tenues des locaux pour ne pas trop se louper), horaires inadaptés (idem), mauvaise estimation de la durée de la rando, couverture de survie qui est restée dans le sac...

L'argument de JeanJacques est donc totalement pertinent : "Augmenter ta quantité d'eau va simplement te permettre d'amortir tes erreurs: pas de les éviter."


Et si on est incapable de transporter 8Kg en plein cagnard sans s'écrouler, faut faire autre chose comme les mots croisé ou du macramé.
Pourquoi ouvrir une discussion sur le sujet alors qu'il existe une réponse aussi simple, universelle et définitive ?

Pourtant certains n'aiment ni le macramé, ni les mots croisés, ne peuvent pas toujours emporter 8l/j/personne mais sortent tout de même en plein cagnard (et sont pourtant encore en vie) :
   - p.ex. ils ne peuvent pas se permettre de courir avec 8kg (+ matos) sur le dos sans risquer de se blesser
   - p.ex. ils ne peuvent pas emporter raisonnablement 16kg de flotte sur 2 jours sans ravitaillement
   - ...

Évidemment ces personnes sont censées se connaître et s'informer sur le sujet avant de partir et vont réfléchir globalement à la meilleure stratégie (tenue adaptée, gestion de l'effort, horaires de repos, marche nocturne...).


[HS]

L'effort à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée (quel que soit le terrain), le seul effort comparable serait de la course au cap droit dans la pente (mais en course d'orientation il est préférable de "moyenner" l'effort en trouvant le meilleur compromis pente / distance).
C'est une affirmation complètement inepte. L'intensité de l'effort étant totalement indépendant du moyen employé pour faire l'effort. Quand la pompe est à 180/min c'est relativement égal si on se crève sur un col en vélo ou si monte très rapidement un  béquet. La seule différence est qu'en marche on utilise plus et d'autres groupes musculaires qu'en vélo. La majorité des personnes parvient à une intensité d'effort plus importante en marche/course qu'à vélo pour des raisons d'entrainement musculaire. Et des tests d'efforts j'en fait passer assez dans mon cabinet.
Relis bien ma phrase dans le contexte du message : il y peut-être une petite ambiguïté (rédaction rapide du message), mais son sens dans le message d'origine n'est pas celui que tu lui prête !
J'aurais plutôt du écrire : "Mon "effort-maximum" à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée...", mais à part çà il n'y a rien à changer car même M. Super-Randonneur 1°/°° :lol: (JeanJacques) ne tourne pas à 90% de FCmax, seul un trailer (et non randonneur) peut éventuellement tourner à ce régime.

Pour pinailler encore un peu, le cycliste peut monter un peu plus haut sur la durée que le trailer sur le terrain (et non en labo ou sur ergomètre) :
   - ma FCmax (mesurée au cardio sur 1 an) est supérieure d'environ 5bpm en trail qu'à vélo (FCmax réellement atteignable qui varie selon l'activité en fonction de l'adaptation musculaire)
   - à vélo de route je suis en mesure de choisir précisément mon rythme indépendamment du relief grâce aux développements
   - à pieds en trail (càd hors route plate), je dois m'adapter en permanence au relief et au sol
   - selon la pente en montée je serais limité tantôt par mes cuisses (avec de la marge au niveau cardio), tantôt par le cardio (avec de la marge dans les jambes)
   - au final la courbe du cardio à vélo est beaucoup plus régulière qu'en trail avec du coup une FCmoy plus élevée alors que je suis à fond dans les 2 cas
Le phénomène est également connu des triathlètes dont la FC monte moins à pieds bien qu'il s'agisse de la dernière épreuve (malgré la dérive cardiaque sur la durée de l'épreuve qui devrait faire plus monter le cardio).

Donc au niveau hydratation ce maximum à vélo permet d'estimer valablement ma consommation personnelle maximale à conditions équivalentes (sauf qu'il y a encore 2 petites variables qui viennent compliquer les choses mais çà reste négligeable : chaleur du bitume noir, mais refroidissement éolien un peu meilleur grâce à la vitesse horizontale légèrement supérieure dans les montées à vélo).

[/HS]


Il y a quand même sur ce fil une tendance assez lourde au "pissing contest" ou savoir qui a la plus grosse.
Et une tendance assez lourde au bashing en lisant les messages en diagonale et en essayant de décrédibiliser l'interlocuteur d'une phrase laconique mais non argumentée. (Mais il y a d'autres adeptes du MUL-bashing ou sportif-bashing facile dans ce sujet.)


Citer
Le problème c'est une information totalement inutile, une anomalie physiologique, il de ne doit pas y avoir plus de 1°/°° de la population qui fonctionne de cette manière. De même les personnes qui tiennent 1 heure à 90% de leur FCMT et autre exploits.
Je ne vois pas en quoi tenir environ 90% de la FCmax sur environ 1H relève de l'exploit : quasiment tous les coureurs de semi-marathon en font autant quel que soit le niveau (donc sur 1H30 ou plus), idem pour les triathlètes en courte distance, les cyclistes en contre la montre ou cols, les rameurs, etc, etc... Paradoxalement plus on est affuté, plus on doit forcer pour monter dans les tours : 90% de FCmax sur 1H sans plus de détails ne permet donc pas de juger de l'état de forme.

Je ne pensais pas que les sportifs en bonne condition physique (mais pas nécessairement compétiteurs ou super affutés) ne représentent qu'1°/°° de la population ! Visiblement tous les gens que je connais (échantillon non représentatif) avec un niveau très largement supérieur au mien doivent être des extra-terrestres ? :blink:
Dans ces conditions pas étonnant que des rapports suggèrent à la Sécurité Sociale de subventionner les activités sportives plutôt que les cachets que l'on surconsomme déjà allègrement en France.


Citer
Si des milliers et des milliers de km de sentiers en montagne tracé par habitude depuis des siècles ne montent pas en droite ligne, c'est qu'il y a une raison et pas que nos ancêtres étaient tous des fiottes.
Excellente remarque qui mériterait d'être creusée : une grande partie des sentiers sont hérités des sentiers muletiers et des colporteurs de vallées en vallées.

Pourtant ces 2 cas ne sont pas non plus représentatifs du randonneur actuel :
   - la physiologie de la mule est différente de l'humain : avec 4 pattes et une charge lourde sur le dos il me semble plus difficile de descendre un sentier raide qu'avec 2 jambes et une charge modérée (+ bâtons optionnels)
   - idem pour le colporteur dont la charge est plus proche du sherpa d'expédition que du randonneur moyen

Pour m'être amusé à comparer de nombreuse traces cardio-GPS en fonction des sentiers dans mon coin (je sais : c'est une occupation qui intéresse moins d'1°/°° des gens), mon meilleur rendement dénivelé / effort pur en montée se situe dans les portions les plus raides des sentiers. De la même façon mes meilleurs dénivelés par heure se situaient sur le GR R1/R2 de la Réunion où les pentes moyennes des sentiers sont largement supérieures aux sentiers métropolitains (relief plus tourmenté).


Il y a une nuance assez important entre une tonne d'eau, 2l pour 40km et 5-8l
T'es juste 15 étapes trop loin.
La base et elle à été donnée, elle est en fait ultra simple:
- Se couvrir
- Eviter les grosses chaleurs (tôt ou tard dans la journée)
- Connaître le terrain
- Avoir un backup, dans le cas concret de la flotte.
Personne n'a dit le contraire et tu vas voir par la suite qu'il s'agit d'une polémique stérile et que JJ n'est pas le super-héros-MUL-de-la-mort-qui-tue sur le plan de l'hydratation (désolé JJ je vais casser le mythe ;)).

Citer
Ce que tu propose avec la méthode dromadaire, c'est comment être encore plus performant quand on est déjà très performant, sauf que cela ne répond pas à la question du randonneur occasionnel.
Il propose juste une solution de bon sens élémentaire à la portée de la famille Michu en vacances et qui pourrait leur éviter des déconvenues, mais qui semble révolutionnaire et apparemment hautement subversive ici : boire autant que possible avant de partir :o (ce que Soldmac ne mentionne pas dans son récit) et à chaque point d'eau !

(Mes réserves sur ce point sur RL portaient plus sur l'inconfort gastrique à l'effort avec l'estomac rempli comme une outre qui "glougloute" en courant, mais selon JJ inexistant en marchant.)


Citer
Et pratiquement si on reste à des allures normale, que l'on porte 3-5 ou Kg, la différence en terme de performance est négligeable. Tout change effectivement si on veut pousser son corps dans ses retranchements, là effectivement +-3 Kg va faire la différence.
Tu es trop dans ton trip compétitif. Si tu est bien couvert et que tu ne fais pas un effort intense, c'est pas +-10-20% en temps de marche qui change quoique ce soit en terme de consommation de H2O.
Bien que chaque gramme du sac de JJ ait été optimisé, il ne mentionne nulle part la charge totale portée. Or il embarquait à chaque fois plusieurs jours d'autonomie en nourriture qui représentait la majorité du poids : rajouter 5kg n'est donc pas "si" négligeable. Passé les 15-20% du poids du porteur on compense par hyperventilation et augmentation de la fréquence cardiaque non linéaires : cf. étude de Véronique Billat (L'entraînement en pleine nature pp101-102 (http://books.google.fr/books?id=JMVJ7BZ2BvAC&pg=PT111&lpg=PT111&dq=v%C3%A9ronique+billat+charge+sac&source=bl&ots=8qd2cCsG47&sig=oaCDbD9w-7cF5hOXzpB8be1in70&hl=fr&sa=X&ei=xgmiUI63DJS0hAf3qID4Bg&ved=0CCgQ6AEwAQ)).
Citer
Une charge supérieure à 15%-20% du poids de corps entraîne, à vitesse égale, une augmentation de la consommation d'oxygène qui devient disproportionnée. Vous êtes obligés de ralentir bien au-delà de 15% de votre vitesse de déplacement. Par exemple pour 20% de charge, votre vitesse ne sera pas réduite de 20% mais de 30%-35% (Robertson et al., 1982).
(...)
En outre, plus longue sera la marche, plus le coût énergétique additionnel d'une charge se fera sentir (Patton et al., 1991). Un sac lourd coûte au plan énergétique de plus en plus cher au fil des heures de marche : +10%-16% pour 12km de marche entre 4 et 5,8km/h avec des charges de 31,5kg et 49,4kg  soit 40% et 60% du poids du coprs. (...) Cependant cet accroissement du coût énergétique avec le temps n'apparaît que pour des charges qui sont supérieures à 30% du poids du corps (Epstein et al., 1988). Les pauses fréquentes sont nécessaires pour de telles charges afin d'éviter cet effet-temps délétère sur le coût énergétique de la marche.
(...)
Il y a donc un effet-temps mais également un effet-vitesse sur accroissement du coût énergétique pour des charges supérieures à 15% du poids de corps.
Lorsqu'on est proche de ce seuil des 15-20% (variable selon les individus : un commando de marine entraîné va réagir différemment qu'un MUL qui chasse les grammes depuis des années) la question du "surpoids" de l'eau n'est plus négligeable (mais on sort du domaine strict de la randonnée à la journée).


Citer
Par contre on peut boire trop et effectivement pisser ce qui est superflus pour garder une homéostasie.
Ceci dit, il ne m'est jamais arrivé de pisser trop clair quand je marche et qu'il fait chaud. En fait j'ai toujours un déficit hydrique, quoique je boive.
CQFD : merci ! :doubleup:
Passé la quantité maximale admissible par l'organisme le surplus ne sert plus à grand-chose à part arroser les plantes.
(On peut se permettre sur une journée de pisser moins que d'habitude tant que çà n'est pas répété trop fréquemment : les reins n'apprécient pas à long terme. Reste à voir la remarque judicieuse de Maximil : "l'eau qui part directement par la vessie a peut être aussi un rôle dans le refroidissement du corps... ?").

On retombe donc au point de départ : connaître approximativement sa capacité maximale d’absorption, estimer la quantité d'eau en conséquence (avec une marge de sécurité) et doser l'effort en conséquence. En situation extrême il est de toutes façons impossible de compenser les pertes hydrique en "temps-réel" : on refait les niveaux avant et après l'effort.

Pour autant on ne se met pas en danger imminent de mort en gérant intelligemment sa "sous-hydratation" :
Citer
1° Effets de la déshydratation sur le poids  et ses effets sur la performance:

Le pourcentage Effets sur la performance Perte pondérable
De 0 à 2%          Baisse de l’endurance         près de 1,4 kg
De 2 à 4 %         Baisse de la puissance         près de 1,4 à 2,7 kg
De 4 à 6 %         Début de surchauffe             près de 2,7 à 4,5 kg
Plus de 6%        Coup de chaleur                   plus de 4,5 kg.

2°Conséquence sur l’organisme et la performance en général.

Niveau de déshydratation  Durée de l’exercice    Les  effets
- Mineur                               1 heure                        Pas d’effet mesurable
- Impression de soif             De 2 à 3 hres              Soif, inconfort, perte d’endurance
- Baisse de performance      De 3 à 4 hres              Malaise, perte de la puissance, baisse de la vigilance et de la dextérité
- Crampe de chaleur            De 4 à 5 hres              Crampes, mal de tête, sensation de très grand malaise.
- Épuisement                        De 5 à 6 hres              Sensation de fatigue extrême
- Coup de chaleur                7 hres et plus            Effondrement, inconscience.



J'ai gardé le meilleur pour la fin de cette trop longue tartine !

Pour éviter les pinaillages sur les considérations "sportives" (qui semblent hérisser certains) : http://www.didac.ehu.es/antropo/18/18-8/Lefevre.pdf (pp. 90-91)
Citer
Economie métabolique touarègue

En effet ce sont des coeurs d'athlètes qui habitent les Touaregs: malgré les sollicitations des
efforts physiques et thermorégulateurs, leurs fréquences cardiaques sont maintenues à un rythme
assez normal (76/minute) et régulier, même aux heures les plus chaudes de la journée (Lambert,
1968). La thermorégulation est chez ces nomades le meilleur révélateur de leur hyper adaptation :
confrontés chaque jour à des écarts de température au sol de 60°, ainsi qu'à cette
évapotranspiration diurne et nocturne que nous avons citée, leur sudation reste étonnamment
faible (2 à 3 litres/jour) et évacue peu de sel alors qu'un Européen transplanté au Sahara perd 6 à 7
litres par jour de sueur dont la concentration en sel atteint 7 gr/1 (équivalent de son propre plasma
sanguin). La réduction de la diurèse à 500 cc par jour et la baisse de la température centrale à tout
moment complètent cette image de «camelisation» parfois utilisée pour stigmatiser un
métabolisme si original.

En conséquence la perte et le besoin en eau et sel sont très réduits, les vêtements larges et
drapés qui permettent également la ventilation du corps et les voiles, améliorent aussi ce
processus d’économie (Fig. 4).
Les Touaregs peuvent être actifs avec 3 litres d'eau ou de lait et seulement 2 grammes de
Clna par jour là où un Européen boit 10 à 12 litres et doit trouver 7 grs de sel dans ses aliments
(ou prendre des dragées de sel).


JeanJacques a écrit sur RL :
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J'ai passé des journées à 8, 10L d'eau consommée mais ramenée au temps de marche cela fait une consommation de 500 à 600ml/h.

Donc non seulement JJ (qui fait partie de l'élite de la crème des sportifs de pointe représentant moins d'1 pour 1000 de la population mondiale) retombe sur des chiffres similaires à l'européen moyen mais en plus il est battu à plate couture par M. Djibril El Michou touareg ménager de moins de 50 ans pouvant se contenter de 3l par jour tout en étant actif dans les mêmes conditions !

=> Peace and love : l'élite sportive à 600ml/h ne diffère quasiment pas du vulgum pecus européen en comparaison d'un touareg ! 8)

Désolé JJ pour la révélation de la triste vérité qui se cache derrière le mythe ! ;)




AMHA, pour être (vraiment) libre, il faut pouvoir faire des choix "éclairés".   ;)
:doubleup:
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: fredlafouine le 29 novembre 2012 à 07:36:59
Il faut bien le dire, les conseils des MULs vont toujours dans le sens de l'allègement.

T'as pas l'impression de déformer un tout petit peu la réalité là? :)

C'est marrant, je lis souvent sur RL des conseils du type :
-"Houla ton sac de couchage n'est pas du tout assez performant, il va te falloir d'avantage de duvet"
-"Tes sardines titane sont peut-être légères, mais insuffisantes pour les points d'accroche importants de ton abri. Mieux vaut pour ces points des sardines en aluminium certe plus lourdes mais qui offrent une plus grande surface".
-"Tu ne prends pas de pantalon de pluie? Tu sais il va certainement pas mal pleuvoir là où tu vas".
-"Ouais ces pelles à neiges en composite, c'est quand-même beaucoup moins costaud qu'une bonne pelle en alu".
-"A ta place je prendrais en plus une platypus 2 litres, ça facilite quand-même vachement la logistique."
-"Pas de réchaud? Bin moi à ta place, pour un trip en Islande, je pense que manger chaud une fois de temps en temps est primordial".
-"Ouais ces vestes imper/respi 2 couches, c'est peut-être plus léger mais c'est beaucoup moins solide qu'une trois couches. Pour ton trip au long cours je choisirais plutôt une 3 couches".
-"Juste des gants en soie, arf tu vas te cailler les mains. Moi je prendrais en plus une petite paire de gants polaire".
-"Quand-même, une bonne grosse popote l'hiver c'est ultra pratique. A ta place je prendrais 1l (voir 1.2l) plutôt que 750 ml, tu vas te faire chier avec ça".
-"Non mais je pense qu'il te faut un matelas plus sérieux (R-value plus forte), t'as un gros duvet mais un petite mousse toute fine, ce n'est pas homogène."
-"Moi je prendrais une casquette en plus, c'est vraiment pratique pour se protéger le visage (soleil et pluie)".
-"Tu ne prends pas de bonnet? Avec un quilt, pas de protection pour le crâne..."
-"Avec une petite tarp comme ça, tu ne prends pas de sursac?"

Etc etc etc.

;)
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: François le 29 novembre 2012 à 08:22:56
La découverte de la marche ultra légère peut être enthousiasmante, certes. Il ne faut pas perdre tout bon sens pour autant.
Quand je lis qu'il aurait suffit que soldmac porte un litre d'eau de moins pour sa compagne ai moins soif, quand je vois conseiller d'emporter le moins d'eau possible pour se balader en été dans les montagnes grecques, ou dire à des gens qui ont vécu et travaillé des années dans le désert ce qu'ils peuvent faire ou pas,  je me dis que cela ne sert pas vraiment la réputation de la MUL.
Je suis bien placé pour savoir que lorsqu'il fait très chaud, l'eau est vitale. Que ce soit en partie pour rattraper des erreurs, cela ne fait que renforcer son utilité. Parce que des erreurs, tout le monde en fait un jour ou l'autre. Il vaut mieux prendre ses dispositions pour que les premières ne soient pas mortelles, si on veut pouvoir en apprendre quelque chose. Logiquement, quand on arrive en vue du but, on doit avoir encore de l'eau en réserve. On peut faire autrement dans un souci de performance, ou dans un environnement sécurisé, mais pas dans la vie normale.

Cela n'empêche pas de chercher à optimiser le reste, mais l'eau c'est sacré, et ce ne sont pas les touaregs qui me contrediront.
Titre: Prises de décisions en couple...
Posté par: HUMAIN-Méhari le 29 novembre 2012 à 09:27:56
Et on a à peine effleuré les questions de leadership, de prise de décision en groupe, de l'effet du stress sur le moral (ou l'inverse) et les manifestations de la "gethomeitis" ... Sujets super intéresssants, mais super délicats à traiter ici.

Justement, je ressens comme souhaitable que ce récit à une voix devienne récit à deux voix, que ladite Julie participe au debriefing partagé de ce qui m'apparaît comme quelques erreurs de jugement partagées.
Mon voeu devient de plus en plus utopique à mesure que la bataille devient plus technique.

Déjà que ce ne sont pas toutes les équipes ni tous les couples, loin s'en faut, où chacun est de taille à réexaminer une erreur passée et sa propre participation à l'erreur...

Le débat n'est pas encore clos chez les thérapeutes des familles : certains, notamment parmi les pionniers américains, exigeaient la présence de tous les membres au moins de la famille nucléaire, voire de la partie significative et dominante de la famille élargie, et tenaient fermement à ce cadre. D'autres plus souples, évitent cette bataille liminaire, acceptent de ne travailler qu'avec la personne demandeuse, le temps qu'il y faudra pour que la demande évolue. Ce fut le rôle joué (et bien joué du reste) par Gérard Jugnot dans le film "Oui mais" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Oui,_mais...)).

Et ici, seul "Soldmac" est visiblement demandeur du debriefing.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: VieuxMora le 29 novembre 2012 à 09:49:10
Bonjour Méhari,

Je crois que si un debriefing d'une telle situation est utile, un forum public n'est pas forcément le meilleur lieu pour le "médiatiser".

Un thérapeute respecte les résistances. Et ne peut apporter que face à une demande. En aucun cas imposer la sienne.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: bloodyfrog le 29 novembre 2012 à 09:59:33
+1 avec VM.

Citer
un forum public n'est pas forcément le meilleur lieu pour le "médiatiser"

Encore moins sur ce fil qui respire la testostérone mal gérée...
Si la compagne de Soldmac ne nous prends pas déjà pour des fous, ce sera chose faite à la lecture des psys de comptoirs/coaches de canapés qui ne manqueront pas de se manifester sur ce fil.

Manu. :huh:
Titre: Re : Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Phil67 le 29 novembre 2012 à 10:32:21
Quand je lis qu'il aurait suffit que soldmac porte un litre d'eau de moins pour sa compagne ai moins soif, quand je vois conseiller d'emporter le moins d'eau possible pour se balader en été dans les montagnes grecques,
Devrais-je consulter d'urgence un ophtalmo ?
Aurais-je loupé des messages supprimés dans l'intervalle ?
Pourrais-tu citer les messages auxquels tu fais allusion ?
(Le seul que j'ai vu faisait mention d'une estimation personnelle en mode plus trail que rando.)


ou dire à des gens qui ont vécu et travaillé des années dans le désert ce qu'ils peuvent faire ou pas,  je me dis que cela ne sert pas vraiment la réputation de la MUL.
Comme diraient les américains YMMV (http://jargonf.org/wiki/YMMV) : personne n'a contesté que la vidange gastrique (limitant la quantité utile d'eau absorbée) est variable entre un grizzly de 2m00 / 130kg, une crevette de 1m75 / 65kg ou une femme d'1m60 / 45kg ! ;#
Mais d'un côté il faudrait emballer chaque phrase de moult précautions oratoires dignes d'un mode d'emploi US pour micro-ondes, alors que d'un autre côté il suffit de dire "si machin (qui pourrait être une ado sportive en période de croissance) n'arrive pas à porter au moins 8kg de flotte (en plus du reste), autant se mettre au macramé" sans plus d'indications ?


Je suis bien placé pour savoir que lorsqu'il fait très chaud, l'eau est vitale. Que ce soit en partie pour rattraper des erreurs, cela ne fait que renforcer son utilité. Parce que des erreurs, tout le monde en fait un jour ou l'autre. Il vaut mieux prendre ses dispositions pour que les premières ne soient pas mortelles, si on veut pouvoir en apprendre quelque chose. Logiquement, quand on arrive en vue du but, on doit avoir encore de l'eau en réserve. On peut faire autrement dans un souci de performance, ou dans un environnement sécurisé, mais pas dans la vie normale.

Cela n'empêche pas de chercher à optimiser le reste, mais l'eau c'est sacré, et ce ne sont pas les touaregs qui me contrediront.
Finalement on dit à peu près tous la même chose ! :love:
Nos "grilles de lectures" sont différentes mais les conclusions convergent globalement dès qu'on creuse un peu. Malheureusement on (je ne m'exclue pas) a ici plus tendance à nous focaliser sur nos différences d'approches que sur le fond du problème...
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Bison le 29 novembre 2012 à 11:05:38
Parole de modo :  aussi longtemps que l'on reste sincère* et courtois**, il est - justement - très instructif de comparer les différentes approches et de les voir plus ou moins converger. Ou même diverger ...

C'est mieux que de rester cantonné dans une seule philosophie, dans un seul "politiquement correct" - politiquement correct au niveau du thème du forum, de sa philosophie et de la pensée généralement considérée comme "correcte".

*Sincère :  apporter du signal vrai, une information non déformée; extraire une citation hors du contexte n'est pas "sincère". Honnest, diraient les anglophones.

**Courtois :  respectueux des individus et des groupes.

Bon, personne n'est parfait, il nous arrive à tous de fauter, et le style est de toute façon plus rude par ici que sur le forum ami ...
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: François le 29 novembre 2012 à 12:49:16
J'ai été très sincèrement étonné (pour rester courtois :) ) par certains conseils que j'ai lu dans ce fil, ou cru lire, ou mal compris. Je souhaite juste qu'il n'y ai pas un mal comprenant de mon genre qui suive ces conseils et le paye cher.
Rien contre une démarche d'allégement, je suis plutôt pour même, mais ce n'est pas un principe intangible et il y a des fois où ce n'est pas adapté.
Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Moleson le 29 novembre 2012 à 12:52:35
Juste pour commencer je ne fait pas du MUL Bashing, c'est un peu différent.

Et c'est intéressant ton passage sur les Touaregs, car il y a plus de 25 ans quand j'étais encore beau et fort  :lol: j'ai justement fait la traversée du sahara aller retour en moto 125cm3 en 3 mois.


Citer
Economie métabolique touarègue

En effet ce sont des coeurs d'athlètes qui habitent les Touaregs: malgré les sollicitations des
efforts physiques et thermorégulateurs, leurs fréquences cardiaques sont maintenues à un rythme
assez normal (76/minute) et régulier, même aux heures les plus chaudes de la journée (Lambert,
1968). La thermorégulation est chez ces nomades le meilleur révélateur de leur hyper adaptation :
confrontés chaque jour à des écarts de température au sol de 60°, ainsi qu'à cette
évapotranspiration diurne et nocturne que nous avons citée, leur sudation reste étonnamment
faible (2 à 3 litres/jour) et évacue peu de sel alors qu'un Européen transplanté au Sahara perd 6 à 7
litres par jour de sueur dont la concentration en sel atteint 7 gr/1 (équivalent de son propre plasma
sanguin). La réduction de la diurèse à 500 cc par jour et la baisse de la température centrale à tout
moment complètent cette image de «camelisation» parfois utilisée pour stigmatiser un
métabolisme si original.
En conséquence la perte et le besoin en eau et sel sont très réduits, les vêtements larges et
drapés qui permettent également la ventilation du corps et les voiles, améliorent aussi ce
processus d’économie (Fig. 4).
Les Touaregs peuvent être actifs avec 3 litres d'eau ou de lait et seulement 2 grammes de
Clna par jour là où un Européen boit 10 à 12 litres et doit trouver 7 grs de sel dans ses aliments
(ou prendre des dragées de sel).

Et tu sais quoi notre consommation d'eau était exactement de 4l/j et pourtant, faire de la moto dans le sable et la caillasse c'est assez sportif. La raison?
En partant en février sur l'Atlas, les températures étaient hivernale, donc équipement hivernal avec pull en laine, veste en coton huilé et sous-vêtement chaud type collant sous les pantalons. Et finalement au cours du déplacement vers le sud, aucun de nous n'a perçus la nécessité de s'alléger et de toute façon le soir et la nuit il fait froid dans le désert. Arrivé à Agadez au Niger on est resté 1 semaine dans la ville et bien sur on a allégé nettement notre accoutrement, résultat 10l d'H2O par jour :o

Idem pour le sel. Notre alimentation s'était dattes + poudre de lait (Le NaCl est quasiment inexistant dans ce type de nourriture), sur des mois. Résultat j'ai du une seule fois prendre environ 4 cuillerées à soupe de sel, car je commençais à présenter de net signe d'hyponatrémie.  Donc là aussi manifestement la perte en sel était très limitée.

Et puis je n'ai jamais vu un Touareg courir, ni même marcher d'un pas pressé et pourtant en a vu surgir a pied de nulle part au milieux de nulle part. Ils marchent à un rythme normal et ne vont même pas accélérer quand ils te voient et veulent te dire bonjour, tatcher un moment et boire un thé. Tu attends tranquillement que le petit point de l'horizon se transforme en être humain marchant tranquillement. La notion de temps et distance telle que nous la connaissons leur est totalement étranger. Quand tu demande à quelle distance XY est, tu reçois comme réponse près, loin, très loin. En km ils n’ont aucune idée en jour de marche non plus.
Bref on est à des années lumières de l’Européen calculateur qui mets en balance les km, les minutes, le calories et autres chiffre.
Personnellement je me sens nettement plus proche de la manière Touareg que de la manière compétitive.


En fait outre une adaptation du corps humain sur la durée aux conditions climatiques locale et la sélection génétique, l'habillement joue un rôle critique dans la limitation de perte d'eau, nettement plus important que les adaptations du corps.

Quand on donne des conseils à des personnes dans un thème touchant la gestion des situations critique, j'aime bien invoquer le principe de Pareto.

Environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes


Dans le cas présent, partir plus tôt, couvrir la tête et la peau nue et adapter l'itinéraire à ses capacités physique, fait déjà ces 80%. On ajoute un backup dans ce cas de l'eau qui permet survivre sereinement un bug non prévu.

Ça sa s’applique à tout le monde, il n'y a pas besoin de connaître les spécificités individuelles.

Si on veut gratter dans les 20% restant on commence à travailler dans les marges et sans filet et de plus on va plus en plus se spécialiser dans un certain type physiologique et d'effort en devenant de plus en plus pointu. Je pense que la spécialisation c'est pour les insectes  ;D

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1° Effets de la déshydratation sur le poids  et ses effets sur la performance:

Le pourcentage Effets sur la performance Perte pondérable
De 0 à 2%          Baisse de l’endurance         près de 1,4 kg
De 2 à 4 %         Baisse de la puissance         près de 1,4 à 2,7 kg
De 4 à 6 %         Début de surchauffe             près de 2,7 à 4,5 kg
Plus de 6%        Coup de chaleur                   plus de 4,5 kg.

2°Conséquence sur l’organisme et la performance en général.

Niveau de déshydratation  Durée de l’exercice    Les  effets
- Mineur                               1 heure                        Pas d’effet mesurable
- Impression de soif             De 2 à 3 hres              Soif, inconfort, perte d’endurance
- Baisse de performance      De 3 à 4 hres              Malaise, perte de la puissance, baisse de la vigilance et de la dextérité
- Crampe de chaleur            De 4 à 5 hres              Crampes, mal de tête, sensation de très grand malaise.
- Épuisement                        De 5 à 6 hres              Sensation de fatigue extrême
- Coup de chaleur                7 hres et plus            Effondrement, inconscience.
Le premier point est que de toute façon lors d'une journée chaude ou l'on effectue un effort conséquent on va finir en fin de journée avec un déficit hydrique, je n'ai jamais vu quelqu'un pisser plus clair en fin de journée qu'au départ.

Le deuxième point est qu'habituellement on cherche à limiter l'effet de la déshydrations et non chercher le point de déshydratation ou on fonctionne encore. C'est de nouveau partir dans un esprit compétitif et travailler dans les marges sans filet.

Et en ce qui concerne l'idée d'aller plus vite pour limiter la perte en H2O, c'est quand même un peu anti-physiologique. Grosso-merdo la consommation calorique est de 0.8 Kcal/Kg/km à la marche normale et 1.2 Kcal/Kg/km à la course. L'augmentation de 50% de la consommation de Cal s'explique par la moindre effectivité de la course par rapport à la marche normale. Celle-ci se traduit par des pertes due aux frottement qui eux induisent une production de chaleur.
Donc plus on va vite plus on produit de chaleur qu'il faut évacuer. Si je n'ai jamais vu un Touareg accélérer ni courir s'est que sans lire des livres de physiologie il le sait par expérience.
Petite histoire personnelle sur le sujet. Il y a 4 ans je faisais de la peau de phoque sur un trajet de D+ 1'600m. Pour une raison d'égo stupide et mal placé, j'ai essayé de suivre un groupe de Lycra Moule-Burne, genre 80'000m de dénivelé + dans la saison pour se préparer à la patrouille des glaciers. J'ai a peu près tenu le rythme (enfin je les voyais encore ;#). Arrivé en haut, j'étais sur les rotules, la descente un enfer dans une neige cartonnée à souhait. J'avais 2l sur moi, ce qui me suffit habituellement largement pour ce genre de parcours en hiver.
Arrivé en bas à la voiture, j'avais l'impression de mourir de soif et me suis précipité dans le prochain bistrot et j'ai avalé 2 l de thé froid. Arrivé à la maison je me suis pesé il manquait encore 2Kg. Donc au total j'avais perdu 6l sur le parcours ou habituellement j'utilise 2l et un déficit maximum de 4l, soit 4.7% de mon poids. Je ne suis pas mort, par contre la nuit j'ai eu des crampes dans les jambes absolument abominable et il a fallu 3 j pour me remettre complètement.
C'est certain que je ne répéterais plus ce genre de connerie et je fais bouffer mon bâton de ski au prochain qui me suggère d'accélérer pour épargner de l'eau.


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Bien que chaque gramme du sac de JJ ait été optimisé, il ne mentionne nulle part la charge totale portée. Or il embarquait à chaque fois plusieurs jours d'autonomie en nourriture qui représentait la majorité du poids : rajouter 5kg n'est donc pas "si" négligeable. Passé les 15-20% du poids du porteur on compense par hyperventilation et augmentation de la fréquence cardiaque non linéaires : cf. étude de Véronique Billat (L'entraînement en pleine nature pp101-102).

Lorsqu'on est proche de ce seuil des 15-20% (variable selon les individus : un commando de marine entraîné va réagir différemment qu'un MUL qui chasse les grammes depuis des années) la question du "surpoids" de l'eau n'est plus négligeable (mais on sort du domaine strict de la randonnée à la journée).
Mais c'est juste pas le sujet. Le sujet c'est une marche en Grèce à la journée en été avec du dénivelé dans un terrain difficile. Donc de toute façon à part la flotte t'as quasiment rien à prendre et tu vas même avec 8l de flotte être confortable.
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Relis bien ma phrase dans le contexte du message : il y peut-être une petite ambiguïté (rédaction rapide du message), mais son sens dans le message d'origine n'est pas celui que tu lui prête !
J'aurais plutôt du écrire : "Mon "effort-maximum" à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée...", mais à part çà il n'y a rien à changer car même M. Super-Randonneur 1°/°° lol (JeanJacques) ne tourne pas à 90% de FCmax, seul un trailer (et non randonneur) peut éventuellement tourner à ce régime.

Pour pinailler encore un peu, le cycliste peut monter un peu plus haut sur la durée que le trailer sur le terrain (et non en labo ou sur ergomètre) :
   - ma FCmax (mesurée au cardio sur 1 an) est supérieure d'environ 5bpm en trail qu'à vélo (FCmax réellement atteignable qui varie selon l'activité en fonction de l'adaptation musculaire)
   - à vélo de route je suis en mesure de choisir précisément mon rythme indépendamment du relief grâce aux développements
   - à pieds en trail (càd hors route plate), je dois m'adapter en permanence au relief et au sol
   - selon la pente en montée je serais limité tantôt par mes cuisses (avec de la marge au niveau cardio), tantôt par le cardio (avec de la marge dans les jambes)
   - au final la courbe du cardio à vélo est beaucoup plus régulière qu'en trail avec du coup une FCmoy plus élevée alors que je suis à fond dans les 2 cas
Le phénomène est également connu des triathlètes dont la FC monte moins à pieds bien qu'il s'agisse de la dernière épreuve (malgré la dérive cardiaque sur la durée de l'épreuve qui devrait faire plus monter le cardio).

Donc au niveau hydratation ce maximum à vélo permet d'estimer valablement ma consommation personnelle maximale à conditions équivalentes (sauf qu'il y a encore 2 petites variables qui viennent compliquer les choses mais çà reste négligeable : chaleur du bitume noir, mais refroidissement éolien un peu meilleur grâce à la vitesse horizontale légèrement supérieure dans les montées à vélo).
Je dois faire faire en tant que cardiologue au minimum 5 tests d'effort par jour et ceci depuis 20 ans. J'ai donc une idée assez complète sur les capacités respectives de Monsieur et Madame Michou (pour peu qu'ils existent). De facto 95% des gens, donc sauf quelques cycliste compétitif atteignent une VO2max nettement supérieure et également und FCMT supérieure sur tapis roulant que sur cycloergomètre.

Ni le triathlète, ni le marathonien et ni toi ne sont représentatif de la population normale.
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Je ne vois pas en quoi tenir environ 90% de la FCmax sur environ 1H relève de l'exploit : quasiment tous les coureurs de semi-marathon en font autant quel que soit le niveau (donc sur 1H30 ou plus), idem pour les triathlètes en courte distance, les cyclistes en contre la montre ou cols, les rameurs, etc, etc... Paradoxalement plus on est affuté, plus on doit forcer pour monter dans les tours : 90% de FCmax sur 1H sans plus de détails ne permet donc pas de juger de l'état de forme.

Je ne pensais pas que les sportifs en bonne condition physique (mais pas nécessairement compétiteurs ou super affutés) ne représentent qu'1°/°° de la population ! Visiblement tous les gens que je connais (échantillon non représentatif) avec un niveau très largement supérieur au mien doivent être des extra-terrestres ? blink
Dans ces conditions pas étonnant que des rapports suggèrent à la Sécurité Sociale de subventionner les activités sportives plutôt que les cachets que l'on surconsomme déjà allègrement en France.

Je crois effectivement que tu vis dans un monde parallèle. La réalité de tout les jours est complètement différente et ni un triathlète, ni un marathonien ou un cycliste qui fait dans la compétition amateur sont représentatifs de la population.

Et pour l’aparté. S'il est certain qu'une activité motrice soutenue régulière réglerais le problème du déficit de la sécurité sociale, le sport n'est pas pour autant la panacée. On a de plus en plus d'études qui montrent que le sport intensif est mauvais pour la santé. La course à plus de 30-40 km/sem ou à une vitesse de plus 12 km/h (typiquement le marathonien qui veut le faire en 3.5heures) entraine une surmortalité qui est équivalente à ceux qui font du sport sur leur canapé, une bière à la main en regardant la télé.
Même sans études, ça fait un moment que je suis des sportifs amateurs de haut niveau. La majorité heurte un mur vers 60-65 ans ou subitement les problèmes de santé s'accumulent voire il font des morts subites inexpliquées.


Il y a un sujet qui n'a pas été abordé c'est celui de la compagne de Sodmac.
Car c'est une chose de se gérer seul, s'en est une autre de gérer l'effet chimpanzé d'une ou plusieurs autres personnes. Ma femme à un peu tendance de passer en mode chimpanzé dans des situations loin d'être dramatique, la raison est le côté mère qui fait qu'en présence des enfants son seuil de tolérance s'abaisse nettement. Et j'ai eu exactement la même situation que Soldmac en Crète en randonnée de famille au mois d’Août ou objectivement ont avais franchement des réserve en terme de capacité physique mais ou les réserves de flottes commençaient à être un peu juste. Je garanti que c'est pas facile à gérer et que la méthode la plus efficace que j'ai trouvé, c'est d'une part limiter ses ambitions et d'autre part embarquer un backup de flotte supplémentaire qui assure la paix des ménages  ;#

Moléson

Titre: Re : Randonnée où nous avons fini tout cuit
Posté par: Cleric le 10 décembre 2012 à 21:41:41
Amis du soir,... bonsoir

Sur ce fil, on en a beaucoup parlé mais on n'a, je pense, pas cité son nom (ou bien cela m'a t il échappé), je veux parler de l'acclimatation.

L'adaptation progressive aux efforts sous de fortes chaleurs et/ ou en altitude fait la différence entre un effort qui se passe bien et un autre qui se termine beaucoup moins bien.

En ce qui concerne la chaleur, l'acclimatation donne des résultats spectaculaires en termes  d'efficience de la régulation thermique (pertes hydriques et minérales limitées tout en la t° du corps de manière optimale)

J'évoque ici également  les changements d'altitude car dans les îles de la Méditerranée, sans trop y prendre garde on passe rapidement de 0m à2500m (risque majeur : cumulez ça avec une plongée  la veille et vous entendrez le chant des sirènes au beau milieu de vos deux oreilles) Bref,  en ce qui concerne l'altitude, le corps compense par un mécanisme bien connu des sportifs adaptes des stages en altitude: l'augmentation de la proportion  globules rouges dans le sang.

Sans adaptation progressive de l'organisme à ces deux conditions que sont la chaleur et l'altitude, tout un chacun (ultra-trailer ou Mame Michose) risquent de se planter royalement en plein effort. Je connais des coureurs de plaine ultra affûtés qui ont tenu moins de 5hr de course sur l'UTMB uniquement parce qu'ils sont passés de 150 m d'altitude à 3-4000m en moins de 12h (merci la bagnole  ;D ) et qu'ils se sont lancés dans un effort de dingue directement.
Il existe des exemples similaires en ce qui concerne les brusques écarts de t°.

En un mot comme en 100: ne présumez pas de vos capacités. Doucement au début et pas trop vite sur la fin.

A part cela: enjoy  8)