Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: Patrick le 10 décembre 2011 à 14:14:45

Titre: Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 décembre 2011 à 14:14:45
J'habite une petite ville limitrophe d'Avignon, dans un lotissement typique des classes moyennes populaires. A 300 m un lotissement de logements sociaux, exclusivement des maisons, dont on ne peut absolument pas savoir extérieurement la différence avec les maisons des deux autres lotissements. Ma collaboratrice qui y habitait jusque récemment à du en partir il y a quelques mois du fait d'un insécurité grandissante dont les autre lotissement ont eu aussi à subir les effets.

Dans ce lotissement social, tous les jours, le matin de 11 à 13 heures un Range Rover dernier cri et toutes options et l'après-midi de 16h à 19h un coupé Opel TT. A bord de jeunes hommes de 20/25 ans et autours d'eux un ballet incessant d'autres jeunes en scooters, voitures de la résidence et d'ailleurs. Intrigué, j'ai échangé avec d'autres habitants de tous les lotissements et de nos échanges il apparaît que ces jeunes sont des dealers. J'ai plusieurs fois signalé les faits, d'abord par téléphone, puis ne me rendant à la brigade gendarmerie et enfant par courrier auprès du procureur de la République. Jamais aucun retour ni réponse. Le plus comique, c'est que la Police Municipale patrouille deux fois par jour dans les lotissements ainsi que la Gendarmerie et es véhicules passent à quelques mètres des occupants sans jamais le moindre contrôle.

Choqué, j'ai finit par prendre RDV avec le Cdt de la brigade de mon domicile qui m'explique que le réseau est identifié et sous contrôle et que je ne dois pas m'inquiéter.

Cette situation, on la retrouve à l'identique dans des cités et de nombreux autres points.

Toutefois, je n'arrive pas à comprendre la stratégie visant à laisser opérer les dealers de "proximité" pour ne s’intéresser qu'aux trafiquants "grossistes". En effet, il me semble qu'en traquant impitoyablement les détaillants en contacts avec la population nous pourrions mieux éviter l'insécurité vécue par le citoyen lambda et il me semble aussi que le trafic tendrait à diminuer mécaniquement faute de revendeurs.

Je me souviens de ma jeunesse ou la pègre marseillaise était reine, s'entretuait entre elle sans jamais de dommages collatéraux mais où le citoyen lambda ne subissait qu'une insécurité réellement marginale.

Je ne voudrais surtout pas déclencher de polémique politique avec les avantages comparés des uns et des autres et les promesses qui nous engageraient seuls. Pourtant nous sommes au sens étymologique en plein dans la "vie de la cité".

Je voudrais simplement l'avis des experts policiers et gendarmes spécialiste de police judiciaire et de sécurité urbaine pour comprendre comment dans un pays qui comptent un des plus fort ratio de force de police par habitant de tous les régimes démocratiques on n'arrive pas à endiguer un phénomène visible et qui pénalise directement les gens dans leur vie quotidienne.

Aussi, merci de ne pas pourrir le fil et de faire avancer la réflexion qui est sans doutes de ma part trop parcellaire.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 10 décembre 2011 à 14:26:01
Ma modeste expérience, il y a peu autour de la place Beaumarchais, lieu tranquille habité par de joyeux retraités de l'armée, donc tranquille façon caserne pour les vacances scolaires, des dealers ce sont installés et autre (voitures vistées, incendiées etc...) et bien je suis descendus de mon appart et j'ai établis un dialogue avec eux bouteille de whisky et plus à la main en leur disant, vous êtes sur cite, je vous observes et ne suit pas le seul, je connais toutes vos planques et si je vois que cela deviens un business local et bien je vais balancer et diriger les bleus comme un gps. Donc vous êtes sympa mais prévenus donc vous allez dealer ailleurs. Bon je sais, déplacer le problème n'est pas la solution, mais ils sont plus là. J'ai risqué de me prendre une corrrection (bien que j'étais armé comme un porte avion) mais les faits sont là, plus de dealers dans ma résidence. Malheureusement je n'ai pas la solution pour le reste du monde  ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VERDUG0 le 10 décembre 2011 à 15:26:49
Je suis de cite moi aussi, j'ai deja taffe dans un centre d'aide pour delinquants.

Patrick, je ne connais pas la taille de la cite a cote de chez toi, mais plus il y aura de petits dealers coffres, plus il y en aura pour les remplacer: augmentation des prix, ou des salaires selon le job.
En general les flics tentent de faire tomber les "gros bonnets" et si ils se mettaient a coffrer a tout bout de champs, y aurait plus de balances, et vu le systeme juridique, on se prend peu/rien pour une petite dose.
D'autant plus qu'ils coffreront JAMAIS tout le monde.

Si on coffre des fournisseurs, les autres auront la cote (la coke :)), les prix monteront, et ainsi de suite.


Sinon, vous parlez de dealers, mais ils dealent sur les lieux ou ils posent probleme? C'est les vendeurs ou les clients les problemes?
En general les dealers sont tranquilles sur le lieu de travail (en IDF, j'sais pas a quoi ressemblent les autres cites de France).

Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azertyf1202 le 10 décembre 2011 à 15:46:47
Bonjour,
Je ne suis ni un expert, et encore moins un policier ou un gendarme, mais je me permets pourtant d'apporter ma réponse.
Ayant vécu toute mon enfance à proximité d'une "cité" dans la banlieue lyonnaise, j'y ai constaté que les dealers en contact avec la population étaient en général intégrés à la population.
Des voitures incendiées, il y en a, bien sur. Des agressions liées aux trafics aussi. Loin de moi l'idée de défendre un seul instant ces individus.
Mais ces jeunes (Ceux que je voyais étaient assez jeunes, en général) vivaient ici avec leurs famille, leurs amis... Et étaient "connus" par les habitants. (Alors que la présence policière était nettement plus discrète.)

Un exemple : J'ai passé plusieurs années avec dans ma classe, des jeunes, qui après l'école ont fini par dealer. Même si je n'appréciais pas ce qu'ils faisait, je ne les aurait pas dénoncés, et je n'aurait pas aidé la police si elle les avait recherché. Pourquoi ? Pas parce que je trouvais un quelconque intérêt à leurs trafics. Mais tout simplement parce que je les "connaissais" mieux que je ne connaissais les policiers, parce qu'en les ayant côtoyé pendant plusieurs années, je finissais parfois par les trouver sympathique.

S'en prendre aux dealers de proximité est, à mon sens, plus que difficile.
Qui les dénoncerait ? Pas grand monde dans les cités où ils ont grandis.
Une fois arrêtés, que faire d'eux ? Ceux que je connaissaient n'étaient pas de "gros délinquants". La prison n'est peut-être donc pas la meilleure des solutions pour les stopper.
Vendre de la drogue permet de gagner facilement de grosses sommes. Même si on arrêtait tout les petits dealers d'un quartier (ce qui demanderait une organisation remarquable), d'autres candidats seraient aussitôt en lice pour la vente de ces produits. J'avais lu (Je sais plus où, mais je vais essayer de retrouver), que la plupart des dealers de proximité ne le restent que quelques années, avant d’être remplacés. Il y a toujours des candidats, vu les sommes proposées.

Trouver une solution n'est jamais facile, pour ce genre de problèmes. Surtout quand on voit la proportion de la population "intégrée" qui consomme ces produits. (Et qui achète donc à ces dealers de proximité.)

Florent
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 décembre 2011 à 16:02:00
Il paraît qu'ils viennent de cités vraiment craignos d'Avignon. Rien à voir avec le coin.

Effectivement, ils ne causent pas de problèmes eux-même. Les problèmes venants des consommateurs locaux.

Toutefois, je pense pas que la stratégie on arrête les gros et on identifie et contrôle plus ou moins les revendeur soit pertinente. Je vois les gamins baver d'envie devant leurs caisses, leur fringues alors qu'ils crachent sur celles de leurs parents qui bossent.

Ils me semble que quelques contrôles musclés et un examen détaillés de leurs revenus officiels et officieux casserait le mythe qu'ils représentent aux yeux de gamins.

Franchement, quand je vois les gendarmes passer et les jeunes se marrer, quel est donc cet exemple que nous voulons donner.

Quel message voulons nous donner à ces autres gamins du même endroit qui partent tôt le matin pour leur apprentissage ou le collège ?

Que voulons nous, à part creuser un peu plus le fossé entre les générations et les origines sociales ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VERDUG0 le 10 décembre 2011 à 16:18:46
Les dealers aussi travaillent.

En revanche si l'arrestation ne me semble pas etre la solution, les "controles muscles" ca fonctionne, surtout si ce sont les clients qui sont controlles: amendes, GAV, parents au post.
Y a de quoi decourager les clients.

Mais ca les flics le savent tres bien, alors pourquoi ils agissent "pas" ?
C'est un cas particulier...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: DominicLC le 10 décembre 2011 à 16:27:45
En même temps, raisonner un gosse là-dessus paraît très difficile..
Entre personnes responsables (ou formatées selon une idéologie considérée comme telle  ;# ) il est évident de se dire que ce n'est pas quelque chose d'intelligent que de baver sur des Hummer et l'Iphone 4S à 600$ gagné via du trafic illégal..

Mais dans la tête d'un gosse, le discours "responsable" de ses parents ne résonne pas du tout de la même façon.. De mon vécu, on n'a qu'une vision très réduite et approximative de l'avenir, du respect etc, on est plus intéressé par des gadgets comme les téléphones ou des fringues "hypes" que par le respect de ses propres principes (si tant est qu'on en a à cet age) (je parle des 10-18 ans en général).

Bien qu'ayant été bien éduqué, je pense, dans une situation dirons-nous confortable et stable, j'ai moi-même durant mes années collèges jouer au BG branleur en volant des trucs à l'étalage avec des potes etc pour se sentir puissant.. ça n'a pas beaucoup duré, et au final je me suis remis dans le "droit chemin" sans que mes parents n'aient jamais été au courant de tout ça.

Tout ça pour dire que dans la tête d'un gosse, faire des conneries n'a pas la même image que dans celle des adultes (évident) mais surtout qu'il peut faire plein de choses sans même que ceux-ci ne soient au courant, à moins de garder un oeil constant sur son rejeton et de lui prohiber une majeure partie de sa liberté, ce qui n'est pas forcément mieux..
Donc certains font fantasmer un temps sur ces kaïds pour une courte durée, d'autres vont s'y plonger complètement, en se coupant d'un avenir disons plus "prometteur".
Là ou va se faire la différence à mon avis, c'est sur l'éducation, de base, déjà reçue par l'enfant de la part de son entourage, et ensuite, de ne pas laisser un certain laxisme s'installer (on le laisse sortir jusqu'a 19, puis 20 puis 22h puis il finit par dormir tout les WE on ne sait trop ou etc..)

Après le milieu dans lequel va évoluer l'enfant doit beaucoup jouer, l'entourage ne se résumant pas qu'aux parents mais aux amis, à l'ambiance de l'école etc, j'ai eu la chance selon moi d'évoluer dans une petite ville de province, somme toute assez tranquille, mais serais-je ce que je suis aujourd'hui si j'avais vécu en HLM en périphérie de Paris dans des quartiers "chaud" ?

C'est un facteur également à prendre en compte quand on s'installe je pense.. Je n'ai pas d'enfant, mais pour rien au monde je ne voudrais les faire grandir en cité HLM, même si je me doute que beaucoup de ceux qui vivent en HLM ne le font par par choix, simplement parce que la situation peut beaucoup plus vite m'échapper et influencer plus ou moins bien mes hypothétiques rejetons..

ATTENTION! Mes remarques sont à prendre avec beaucoup de recul, je ne désigne pas les cités HLM comme "mauvaise" mais plutôt comme "pas à MON gout" ou comme "Ne convenant pas à ma conception d'un lieu apte à l'éducation de mes gosses" . Ce message ne contient aucune notion de vérité absolue ou quoique ce soit, seulement ma vision du problème basée sur mes expériences passées, merci de ne pas déraper et de prendre du recul là-dessus ;)
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 décembre 2011 à 16:30:59
Bien qu'ayant été bien éduqué, je pense, dans une situation dirons-nous confortable et stable, j'ai moi-même durant mes années collèges jouer au BG branleur en volant des trucs à l'étalage avec des potes etc pour se sentir puissant.. ça n'a pas beaucoup duré, et au final je me suis remis dans le "droit chemin" sans que mes parents n'aient jamais été au courant de tout ça.
Qu'est-ce qui a justement fait que tu t'es remis tout seul dans un autre chemin ?
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: F. le 10 décembre 2011 à 18:31:27
En IDF il y a deux ans, grande banlieue est, une collègue s'est fait fracasser sa voiture à 50 mètres du commissariat local.

Elle va porter plainte, et là on lui explique qu'il ya des témoins, que l'auteur est identifié, mais qu'ils ne feront rien, parce que c'est un des caïds du quartier, que s'ils vont l'interpeller, ça va tourner à l'émeute et donc qu'il est hors de question de sacrifier la tranquilité du coin pour de simples dégradations matérielles.

J'habitais le quartier à l'époque : beaucoup de dealers, mais à cette exception près, ils n'emmerdaient pas les habitants (je compte pour rien l'occupation des cages d'escaliers, mais les premières fois, ça fait drôle de débouler en plein milieu d'une transaction...). Les problèmes dont j'ai eu connaissance venaient presque toujours de la clientèle.

Donc peut-être que par chez toi, la politique locale est aussi de se dire qu'à tout prendre, la situation n'est pas plus mal que si elle était pire...

Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: DominicLC le 10 décembre 2011 à 18:36:38
Qu'est-ce qui a justement fait que tu t'es remis tout seul dans un autre chemin ?
Tu me poses une colle  ;D
Pour une raison ou pour une autre, j'imagine que je me suis rendu compte que jouer au branleur, ça n'avait rien de valorisant..


(PS:Pour mon avant dernier message, les cité HLM dont je parle sont considérées comme ayant les mêmes problèmes que tu rencontres, désolé pour l'amalgame douteux.)
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 décembre 2011 à 18:37:22
Elle va porter plainte, et là on lui explique qu'il ya des témoins, que l'auteur est identifié, mais qu'ils ne feront rien, parce que c'est un des caïds du quartier, que s'ils vont l'interpeller, ça va tourner à l'émeute et donc qu'il est hors de question de sacrifier la tranquilité du coin pour de simples dégradations matérielles.
Franchement déjà les dealers ne sont pas (du moins pas encore) du quartier et on est loin de la Courneuve pour ce qui est du risque d'émeute.
Titre: Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 décembre 2011 à 18:39:24
Tu me poses une colle  ;D
Pour une raison ou pour une autre, j'imagine que je me suis rendu compte que jouer au branleur, ça n'avait rien de valorisant..
Donc peut-être avais tu des exemples plus valorisant ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: b@s le 10 décembre 2011 à 18:44:24
ce qui me désole c'est que cette passivité fait le nid de tous les extrémismes ... j'ai le souvenir du père d'un copain, militant communiste convaincu, pas anti-jeunes, que son fils a du empêcher un jour de tirer au fusil sur un groupe de branleurs qui faisait la java sous ses fenêtres, alors qu'un jour avant il leur avait demandé gentiment d'aller faire du bizness plus loin car il travaillait en équipe du matin ...

après, je ne suis pas expert, mais dans la situation que décrit Patrick, je pense que je serai très méfiant et que ça me gonflerait bien >:(
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: DominicLC le 10 décembre 2011 à 18:55:26
Donc peut-être avais tu des exemples plus valorisant ?
Hum pas vraiment, plutôt un contre-exemple..
Enfin, tout ça pour dire que c'est sans doute normal pour un gamin de faire quelques conneries dans sa vie, sans doute moins de la part de ses parents de ne pas s'en préoccuper, et surtout d'être laxiste (Je pense que la difficulté d'être parent vient entre autre du fait de savoir gérer entre autorité abusive et laxisme complet, mais bon)

Un autre problème pour moi, je pense qu'on donne de nos jours beaucoup plus de libertés aux jeunes, trop même pour leur sens des responsabilités..
Après le problème de délinquance peut aussi venir du milieu culturel: un exemple, un peu trop général certes mais néanmoins flagrant à mes yeux:
En France, un adolescent de 16-17 ans se prenant une cuite à la Vodka par semaine et fumant du shit c'est devenu monnaie courante.
Lors d'un voyage au Canada vers Toronto, j'ai beaucoup côtoyé des jeunes de 17-18 ans. La majorité là-bas est à 21 ans avec ce que cela comporte: achat et consommation d'alcool etc..
Et bien la nette impression qui s'en est dégagée pour moi était que boire une bière là-bas à 17ans, c'était limite consommer de la drogue dure ici.. les jeunes que j'y ai côtoyés semblait bien plus responsable qu'ici.. Après c'est peut-être un peu abusif de généraliser de cette façon, j'ai croisé aussi pas mal d'abrutis majeurs s'amusant a tirer sur des TV ou des bouteilles de bière avec des fusils etc (devinez qui a du nettoyer leurs conneries..  ::) )

Mais bon, en général, je pense que c'est vraiment le conditionnement (et donc l'entourage, l'environnement du jeune) qui va déterminer ce qu'il deviendra.
Après je vous livre ces points de vue de mon statut de jeune évoluant parmi d'autres jeunes ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Solstice le 10 décembre 2011 à 19:28:59
En lisant les retours sur ce fil et en comparant avec ma propre expérience, j'ai l'impression que ce sont souvent les dealers n'étant pas originaires du quartier/de la ville qui posent le plus de problème et sont le plus visibles. Les locaux sont bien mieux "intégrés". Après tout, ça me semble logique : don't shit where you eat, mais pour les "nouveaux venus", il faut aussi s'imposer et faire parler de soi. Et il y a vraisemblablement le problème de l'éducation également, mais ça été souvent souligné, je vais pas y revenir.

Je n'ai pas l'expertise d'un policier ou un gendarme, mais à vrai dire plutôt celle de l'autre coté. Pour ce qui est du fait que la gendarmerie ne semble pas se bouger, je dirais que ça dépend de pleins de facteurs : la "politique" de la gendarmerie, de ses gendarmes au niveau individuels, mais il y a également le fait qu'ils attendent peut être le bon moment. du coté de chez moi par exemple, ils attendaient d'avoir chopé le bon mec pour faire tomber un réseau au (quasi) complet, du gros bonnet au petit dealer de proximité. Quand ils l'ont finalement eu, 26 arrestations en un week end dans plusieurs villes, alors qu'avant ils ne semblaient pas se bouger beaucoup. Bref ça peut également être une action dans le temps.

En espérant avoir fait avancer le shmilblick...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Leif le 10 décembre 2011 à 19:30:55
le probleme pat c'est que pour l'instant ta place du quartier que  tu décris ammene plus d'avantage que d’inconvénients.

quand le ratio s'inversera , ils partiront d'eux même.

la solutions a la black dragon, vous montez un club et vous occupez la place avec force et fracas, même les gens méchants n'aiment pas rentrer chez eux blessé.

une autre solution vous remplissez tous les vides qui ont permis a cette délinquance de s'incruster.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ** Serge ** le 10 décembre 2011 à 19:42:53
une autre solution vous remplissez tous les vides qui ont permis a cette délinquance de s'incruster.

Monsieur Leif. :akhbar:



Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: éclipse le 10 décembre 2011 à 19:54:34
Lesquels "vides", Leif et **Serge**, svp ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ** Serge ** le 10 décembre 2011 à 20:05:12
Beaucoup de ces ' vides ' sont évoqués ici :

http://www.iau-idf.fr/fileadmin/Etudes/etude_550/Jeunes_en_danger_et_delinquance..._avec_signets.pdf (http://www.iau-idf.fr/fileadmin/Etudes/etude_550/Jeunes_en_danger_et_delinquance..._avec_signets.pdf)

Document ( discutable ) pouvant être matière à débat.

Remplir les vides, pas simple. Surtout, il faut une volonté institutionnelle et sociétale de vouloir le faire.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Pix le 10 décembre 2011 à 20:29:34



Choqué, j'ai finit par prendre RDV avec le Cdt de la brigade de mon domicile qui m'explique que le réseau est identifié et sous contrôle et que je ne dois pas m'inquiéter.

Cette situation, on la retrouve à l'identique dans des cités et de nombreux autres points.

Toutefois, je n'arrive pas à comprendre la stratégie visant à laisser opérer les dealers de "proximité" pour ne s’intéresser qu'aux trafiquants "grossistes". En effet, il me semble qu'en traquant impitoyablement les détaillants en contacts avec la population nous pourrions mieux éviter l'insécurité vécue par le citoyen lambda et il me semble aussi que le trafic tendrait à diminuer mécaniquement faute de revendeurs.


Je ne voudrais surtout pas déclencher de polémique politique avec les avantages comparés des uns et des autres et les promesses qui nous engageraient seuls. Pourtant nous sommes au sens étymologique en plein dans la "vie de la cité".

Je voudrais simplement l'avis des experts policiers et gendarmes spécialiste de police judiciaire et de sécurité urbaine pour comprendre comment dans un pays qui comptent un des plus fort ratio de force de police par habitant de tous les régimes démocratiques on n'arrive pas à endiguer un phénomène visible et qui pénalise directement les gens dans leur vie quotidienne.

Aussi, merci de ne pas pourrir le fil et de faire avancer la réflexion qui est sans doutes de ma part trop parcellaire.

Bonjour ce que l'on appel acheter la paix sociale on laisse faire certaines choses pour ne pas a en subir d'autres.
Je donne deux petits exemples: Un Ami proche sort de l'école de police bien classé il choisi sa place une CDI (compagnie départemental d'intervention) en RP, je me souvient encore de sa joie. Arrivée en unité INTERDICTION de patrouiller dans les "cités".
Lorsque j'étais encore en Gendarmerie il y avait deux trois mini cités ou il nous était presque interdit de patrouiller, les fois ou nous avons décidé de le faire la voiture fut caillassée ou cela donnait lieu à une interpellation pour outrage et la réponse des supérieurs "QU'EST CE QUE VOUS FOUTIEZ LA-BAS".
Et dans mon nouveau travail j'en parle même pas car la s'est politique "protection de l'électorat".
Comment en est on arrivé là?
Pour ma part la suppression du service national y est pour beaucoup. J'étais jeune et peu être que je ne voyais pas ce genre de problèmes mais il me semble que grâce à ce service bcp de jeunes ont trouvé leur voie.
Les médias aussi, de ce coté pas besoin de développer si vous analysez un peu...
Cdlt
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: dolgan le 10 décembre 2011 à 22:32:19
la solutions a la black dragon, vous montez un club et vous occupez la place avec force et fracas, même les gens méchants n'aiment pas rentrer chez eux blessé.

 :(

je crois qu'il faut préciser là. parce que ça peut être compris comme une incitation à la violence.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 11 décembre 2011 à 00:35:04
Un bouquin sur le sujet: "The Corner, Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert".de David Simons & Ed Burns  Editeur: Florent Massot.
La situation à Baltimore n'est bien sur pas comparable à celle d'Avignon, mais ça donne quand même quelques pistes de réflexions. C'est pas optimiste du tout comme lecture par contre.
 
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Kito le 11 décembre 2011 à 01:26:07
Salut, un petit clin d'oeil aux connaisseurs :

http://www.youtube.com/watch?v=GOHkrZECnfs (http://www.youtube.com/watch?v=GOHkrZECnfs)

Pour avoir vécu en cité, et vivre aujourd'hui pas bien loin d'un quartier dit "sensible", pour fréquenter le tissu social et scolaire en place actuellement, ben oui, pas de quoi être optimiste.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ** Serge ** le 11 décembre 2011 à 02:13:47
Un bouquin sur le sujet: "The Corner, Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert".de David Simons & Ed Burns  Editeur: Florent Massot.
La situation à Baltimore n'est bien sur pas comparable à celle d'Avignon, mais ça donne quand même quelques pistes de réflexions. C'est pas optimiste du tout comme lecture par contre.
 

On peut également suivre le travail de ces deux auteurs, ex-policier ( Homicide) et journaliste ( chroniqueur judiciaire/policier ) de Baltimore, dans l'écriture des saisons d'une série US un peu passée inaperçue : The Wire.
Laquelle décrit la ville au-travers des prismes de la politique, des dealers, des dockers, des journalistes et des avocats/de la justice et des policiers.
Cette série a été unanimement saluée par la très haute teneur psychologique et anthropologique des scenari qui n'est pas sans rappeler le travail de Spike Lee fait sur Clockers.

http://en.wikipedia.org/wiki/The_Wire (http://en.wikipedia.org/wiki/The_Wire)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 11 décembre 2011 à 02:41:42
On est en train de saloper le post de Patrick, mais l'éloquent silence en public des spécialistes à propos des questions soulevées nous donne déjà une idée de la teneur des réponses probables...
Bref, en ce qui concerne David Simons & Ed Burns ils sont aussi à l'origine de la mini série totalement désespérée "The corner" qu'on peut trouver facilement par des moyens que le droit d'auteur réprouve (et oui, on prend pénalement plus de risques en pratiquant le P2P qu'en dealant dans la rue, c'est comme ça...).
Pour qu'en France le tableau soit complet, ils nous manque encore les gangs carcéraux, qui vident l'action de la justice de son objet et les gangs de motards, qui sont encore bien loin d'avoir donner toute la mesure de leur capacité à foutre le bordel.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Lorka-85 le 11 décembre 2011 à 03:08:44
je suis confronté aussi a ça, je vis en cité tranquille de 1500 habitants dans le Poitou Charente (jamais eu de voiture brulés, dégradation peu fréquentes, plutot classe moyenne et familles paisibles, a 1 km de la mer), et je vois de plus en plus d'audi, golf 4, voitures BMW, conduites par des gens de cités plus craignos des alentours (voir avec plaque d'un autre département) qui ne sont pas "couleurs" local (ce qui n'indique rien, cette donnée en elle seule bien sur.), mais avec habits très décontractés, démarche simiesque, langage fleuri, age 20-30 ans, etc. donc comme dit précedement, je pense qu'il faut tenter d'agir dés le début.

Je pense par exemple a de l'acide butyrique dans les hall ou dans les lieux de deal identifiés (3 gouttes et ça sent le vomit pendant 5 jours), prendre un max de photos /vidéo discrètement et identifié les chouf, les petits dealers, les voitures avec plaques des "gros bonnets", voir les clients, et faire un dossier photos préventif a envoyer aux forces de l'ordre.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: soyot le 11 décembre 2011 à 09:06:38
Un article qui mérite à mon avis d'être lu en totalité et qui présente la situation du point de vue d'un membre de la BAC.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/12/10/01016-20111210ARTFIG00005-dans-l-enfer-du-93-moi-flic-de-banlieue.php

J'en extrais le passage suivant qui peut offrir, parmi d'autres, un élément d'explication :

Paradoxalement, le trafic de stupéfiants canalise un peu certaines cités. Les gros dealers «tiennent» les jeunes et les exhortent à rester tranquilles pour ne pas attirer la police et, ainsi, «bosser tranquillement». Tout ce petit monde compose avec la drogue. Certes, ce commerce permet à certaines familles vivant en situation de grande pauvreté de sortir la tête de l'eau. Elles n'ont pas vraiment d'autres choix que le trafic. Mais cela n'excuse rien, c'est illégal et puni par la loi.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 10:00:39
une autre solution vous remplissez tous les vides qui ont permis a cette délinquance de s'incruster.
Très vrai: on a coutume de dire que "la nature a horreur du vide". Quand la justice n'occupe pas le terrain, quitte à s'imposer par la force aux récalcitrants, l'injustice se taille la part du lion.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 10:26:52
Tu veux dire qu'officiellement le citoyen est seul et doit se démerder et que les devoirs régaliens ne sont plus assumés qu'en apparence ?
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 10:34:36
Tu veux dire qu'officiellement le citoyen est seul et doit se démerder et que les devoirs régaliens ne sont plus assumés qu'en apparence ?
Non. C'est le simple constat, qui se vérifie dans l'histoire, que lorsqu'une société n'est plus capable de faire régner la justice et d'instaurer la paix sur son territoire, quelqu'un d'autre s'en charge... et ça se fait souvent dans la douleur.

Quand les forces de l'ordre constatent des transgressions manifestes et répétée de la loi sans avoir d'autre choix que de laisser faire (manque de moyens, manque de poids des sanctions, manque de dissuasion des sanction encourues, manque d'appui du pouvoir, que sais-je...), il faut s'attendre à ce que le pouvoir passe dans d'autres mains (les citoyens ou les voyous?), et ça se fera dans la douleur

Ça recoupe le sujet sur le nécessaire usage de la force brutale.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Le Barbu' le 11 décembre 2011 à 11:26:53
Quand je discute avec des personnes sur le parti pris de la Suisse de favoriser une politique de "milice", le peuple ayant devoir de police, j'entend souvent des réflexions du genre : "t'imagine si ton voisin te fait la morale, on va tous devenir délateur blabla..."


Mais ces personnes préfèrent surement autre chose, tiens d'ailleurs...


Comment vous appeller une situation ou des personnes subissent les agissements d'autres personnes tout en sachant que dénoncer cet état de fait leur porterait préjudice ?
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 11:38:23
Bonjour ce que l'on appel acheter la paix sociale on laisse faire certaines choses pour ne pas a en subir d'autres.
Ou alors, peut-être que tout simplement, la Brigade de recherche est sur leur dos, et donc que la Brigade territoriale à comme consigne de ne pas leur tomber dessus sauf extrème necessité.
Faire tomber un réseau même local prend à minima des mois, et souvent des années, et bien souvent l'enquête est dans les mains de la justice (information judiciaire) qui donne commission rogatoire aux Forces de l'Ordre.
Sur que c'est long surtout pour ceux qui subissent, mais bon la sécurité et la justice n'ont jamais été des priorité que dans les discours politique. Mais les faits sont là : les moyens financier, matériels, juridiques et humains des délinquants et criminels augmentent plus vite que ceux des Forces de l'Ordre et de la Justice (alors que parfois même ceux de ces derniers diminuent !)  

Cela n'enlève rien aux constatations (d'achat de la Paix sociale) que tu as faites, je les ai vérifiées aussi. Mais il faut faire le distingo entre la Police de VP, qui si elle leur tombe dessus, ne fera qu'une procédure pour usage de stup et ne fera qu'au mieux déplacer la situation, et la Police Judiciaire qui feras tomber le réseau, laissant un petit répit le temps qu'un autre reprennent le marché.

HS : A mon sens il n'y a qu'une seule politique qui pourrait avoir une réelle efficacité, c'est de faire baisser la demande : donc de s'en prendre très sévèrement aux usagés.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 11:41:32
Quand je discute avec des personnes sur le parti pris de la Suisse de favoriser une politique de "milice", le peuple ayant devoir de police, j'entend souvent des réflexions du genre : "t'imagine si ton voisin te fait la morale, on va tous devenir délateur blabla..."
Les allemands non plus n'hésitent pas, eux! En France, on peut être condamné pour "non-dénonciation de crime"... mais la psychose de la délation est assez française (personne n'étant, en bon gaulois, absolument blanc des 4 pattes) et est savamment entretenue par une certaine frange de la société qui a tout à gagner à ce qu'on ne s'intéresse pas à ses petites (ou grosses...) magouilles!

Citer
Comment vous appeller une situation ou des personnes subissent les agissements d'autres personnes tout en sachant que dénoncer cet état de fait leur porterait préjudice ?
La tyrannie...
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 11:42:46
HS : A mon sens il n'y a qu'une seule politique qui pourrait avoir une réelle efficacité, c'est de faire baisser la demande : donc de s'en prendre très sévèrement aux usagés.
Si on veut obtenir un résultat durable, çà passera par de l'éducation plus que par de la coercition ou de la rétorsion...
Titre: Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 11:49:17
Si on veut obtenir un résultat durable, çà passera par de l'éducation plus que par de la coercition ou de la rétorsion...
Bien sûr qu'il faut éduquer, sur mais "crier haut et fort" que ce n'est pas bien de se droguer sans que de réelles sanctions tombent lors des trangressions = pisser dans un violon.
C'est malheureusement notre politique pénale en ce moment en matière de stups. On envoie les Flics dans les écoles (alors que c'est la place d'un prof) faire la morale, et lorsque l'on attrappe quelq'un avec des stups, on lui refait une Nième leçon de morale asssortie de quelques scéance chez le médecin.
 
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: choco le 11 décembre 2011 à 12:07:29
Citer
En IDF il y a deux ans, grande banlieue est, une collègue s'est fait fracasser sa voiture à 50 mètres du commissariat local.

Elle va porter plainte, et là on lui explique qu'il ya des témoins, que l'auteur est identifié, mais qu'ils ne feront rien, parce que c'est un des caïds du quartier, que s'ils vont l'interpeller, ça va tourner à l'émeute et donc qu'il est hors de question de sacrifier la tranquilité du coin pour de simples dégradations matérielles

Citer
Paradoxalement, le trafic de stupéfiants canalise un peu certaines cités. Les gros dealers «tiennent» les jeunes et les exhortent à rester tranquilles pour ne pas attirer la police et, ainsi, «bosser tranquillement». Tout ce petit monde compose avec la drogue. Certes, ce commerce permet à certaines familles vivant en situation de grande pauvreté de sortir la tête de l'eau. Elles n'ont pas vraiment d'autres choix que le trafic. Mais cela n'excuse rien, c'est illégal et puni par la loi.

AMA le problème se situ à la base de notre système : politique / judiciaire / magistrature ...

Une fois sur un autre fil (éducation), j'avais noté que le serpent se mordait la queue et que bientôt il arrivait à sa propre nuque, on y est aussi ici, et en grande partie pour les mêmes raisons ...

Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 12:13:41
Bien sûr qu'il faut éduquer, sur mais "crier haut et fort" que ce n'est pas bien de se droguer sans que de réelles sanctions tombent lors des trangressions = pisser dans un violon.
C'est malheureusement notre politique pénale en ce moment en matière de stups. On envoie les Flics dans les écoles (alors que c'est la place d'un prof) faire la morale, et lorsque l'on attrappe quelq'un avec des stups, on lui refait une Nième leçon de morale asssortie de quelques scéance chez le médecin.
Même si, dans le fond, j'abonde dans ton sens, j'ai pu constater d'expérience que la peur de la sanction seule ne suffit pas pour rejeter la drogue.
Il faut convaincre les utilisateurs eux-même de la nocivité du produit pour que, de consommateurs potentiels, ils deviennent des opposants.
Je suis dans un milieu où la consommation d'alcool et de drogue sont plus que sévèrement réprimés et pourtant, ça jugule à peine le problème.

Ce n'est pas aux flics d'aller dans les écoles (sauf sur sollicitation, ce qui donne parfois d'assez bon résultats
mais ce n'est pas aux profs non plus de faire le boulot des parents! Le problème, c'est que les profs et parents actuels ont été des consommateurs dans leur jeunesse....
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ulysse le 11 décembre 2011 à 12:20:22
Pour retrouver le "droit chemin", etre en mesure d'etablir des relation de confiance avec son entourage est primordial. C'est moins évident de
transgresser quand on a conscience de l'importance d'un tissus social sain et soudé. Ca doit etre une question d'empathie. Pour le traffic de cannabis
la question de la transgression est pas évidente. Il s'agit d'une drogue douce plus ou moins culturelle dans certains pays et qui a du succes en
Europe occidentale. C'est pas pareil que piquer un sac à main, cambrioler ou braquer un commerce. La transgression est moins personnelle, les
effets deletaires de ce produit ne sont pas aussi spectaculaire que pour les autres ( y compris l'alcool ), et la degradation du tissus social
associée est egalement plus insidieuse que violente dans des endroit ou il faut avant tout avoir la culture de la demerde.
Il s'agit avant tout d'une economie parallelle, un bizness qui echappe au controle de l'etat, et que l'etat laisse peut etre proliferer pour garantir une paix sociale. C'est d'ailleurs peut etre le plus gros obstacle à la légalisation de ce produit.
Je sais pas si j'ai répondu à la question de Patrick ou si je suis totalement HS.
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 12:20:31
Le problème, c'est que les profs et parents actuels ont été des consommateurs dans leur jeunesse....
 :up:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 11 décembre 2011 à 12:30:10
Citer
Pour le traffic de cannabis la question de la transgression est pas évidente
On en est plus là, ce qui génère vraiment du fric et qui motive la majorité du deal de rue c'est la coke et l'héro. Je serais curieux de connaitre le chiffre d'affaire d'un point de vente comme celui que décrit Patrick par exemple.
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: choco le 11 décembre 2011 à 12:43:39
Citer
Le problème, c'est que les profs et parents actuels ont été des consommateurs dans leur jeunesse....


Oui, sauf que la consomation n'était pas la même et n'avait pas le même sens.

Citer
Pour retrouver le "droit chemin", etre en mesure d'etablir des relation de confiance avec son entourage est primordial. C'est moins évident de
transgresser quand on a conscience de l'importance d'un tissus social sain et soudé.

Pas neccessairement, lieux communs, qui légitiment à tour de bras la délinquence des enfants de parents démissionaires, etc ...

Il faut surtout avoir conscience d'une chose qui leur fait souvent (tout le temps) defaut la causalité : mes actes : les conséquences : pour les autres et pour moi.



Citer
Ca doit etre une question d'empathie. Pour le traffic de cannabis
la question de la transgression est pas évidente. Il s'agit d'une drogue douce plus ou moins culturelle dans certains pays et qui a du succes en
Europe occidentale. C'est pas pareil que piquer un sac à main, cambrioler ou braquer un commerce. La transgression est moins personnelle, les
effets deletaires de ce produit ne sont pas aussi spectaculaire que pour les autres ( y compris l'alcool ), et la degradation du tissus social
associée est egalement plus insidieuse que violente dans des endroit ou il faut avant tout avoir la culture de la demerde.

Souvent il y a une interaction entre la vente de drogue, douce ou pas, et les cambriolages, braquages, etc ... car les second sont les moyens de financer le premier ...

Citer
Il s'agit avant tout d'une economie parallelle, un bizness qui echappe au controle de l'etat, et que l'etat laisse peut etre proliferer pour garantir une paix sociale. C'est d'ailleurs peut etre le plus gros obstacle à la légalisation de ce produit.

Il y a d'autres freins à la réglementation des stupéfiants, mais c'est une vrai bombe à retardement ...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 décembre 2011 à 12:53:33
Citation de: J.J ROUSSEAU
Du pacte social

Je suppose les hommes parvenus à ce point où les obstacles qui nuisent à leur conservation dans l’état de nature l’emportent, par leur résistance, sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. Alors cet état primitif ne peut plus subsister ; et le genre humain périrait s’il ne changeait de manière d’être.

Or, comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n’ont plus d’autre moyen, pour se conserver, que de former par agrégation une somme de forces qui puisse l’emporter sur la résistance, de les mettre en jeu par un seul mobile et de les faire agir de concert.

Cette somme de forces ne peut naître que du concours de plusieurs ; mais la force et la liberté de chaque homme étant les premiers instruments de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire et sans négliger les soins qu’il se doit ? Cette difficulté, ramenée à mon sujet, peut s’énoncer en ces termes :

« Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même, et reste aussi libre qu’auparavant. » Tel est le problème fondamental dont le Contrat social donne la solution.

Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l’acte, que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ; en sorte que, bien qu’elles n’aient peut-être jamais été formellement énoncées, elles sont partout les mêmes, partout tacitement admises et reconnues, jusqu’à ce que, le pacte social étant violé, chacun rentre alors dans ses premiers droits, et reprenne sa liberté naturelle, en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il y renonça.

Ces clauses, bien entendues, se réduisent toutes à une seule - savoir, l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté : car, premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous ; et la condition étant égale pour tous, nul n’a intérêt de la rendre onéreuse aux autres.

De plus, l’aliénation se faisant sans réserve, l’union est aussi parfaite qu’elle peut l’être, et nul associé n’a plus rien à réclamer : car, s’il restait quelques droits aux particuliers, comme il n’y aurait aucun supérieur commun qui pût prononcer entre eux et le public, chacun, étant en quelque point son propre juge, prétendrait bientôt l’être en tous ; l’état de nature subsisterait, et l’association deviendrait nécessairement tyrannique ou vaine.

Enfin, chacun se donnant à tous ne se donne à personne ; et comme il n’y a pas un associé sur lequel on n’acquière le même droit qu’on lui cède sur soi, on gagne l’équivalent de tout ce qu’on perd, et plus de force pour conserver ce qu’on a.

Si donc on écarte du pacte social ce qui n’est pas de son essence, on trouvera qu’il se réduit aux termes suivants : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout. »

A l’instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d’association produit un corps moral et collectif, composé d’autant de membres que l’assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. Cette personne publique, qui se forme ainsi par l’union de toutes les autres, prenait autrefois le nom de cité (a), et prend maintenant celui de république ou de corps politique, lequel est appelé par ses membres État quand il est passif, souverain quand il est actif, puissance en le comparant à ses semblables. À l’égard des associés, ils prennent collectivement le nom de peuple, et s’appellent en particulier citoyens, comme participant à l’autorité souveraine, et sujets, comme soumis aux lois de l’État. Mais ces termes se confondent souvent et se prennent l’un pour l’autre ; il suffit de les savoir distinguer quand ils sont employés dans toute leur précision
http://fr.wikisource.org/wiki/Rousseau_-_Du_contrat_social_%28texte_complet%29
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Djeep le 11 décembre 2011 à 13:35:37
Même si, dans le fond, j'abonde dans ton sens, j'ai pu constater d'expérience que la peur de la sanction seule ne suffit pas pour rejeter la drogue.
Il faut convaincre les utilisateurs eux-même de la nocivité du produit pour que, de consommateurs potentiels, ils deviennent des opposants.
Je suis dans un milieu où la consommation d'alcool et de drogue sont plus que sévèrement réprimés et pourtant, ça jugule à peine le problème.

Ce n'est pas aux flics d'aller dans les écoles (sauf sur sollicitation, ce qui donne parfois d'assez bon résultats
mais ce n'est pas aux profs non plus de faire le boulot des parents! Le problème, c'est que les profs et parents actuels ont été des consommateurs dans leur jeunesse....

BJR. Quelles sont les sources pour une telle affirmation ? Quel est le % rapporté à la population de la génération précédente ? HN
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 13:54:50
BJR. Quelles sont les sources pour une telle affirmation ? Quel est le % rapporté à la population de la génération précédente ? HN
Ce que j'ai pu constater c'est que, en moyenne (à + ou - 10% près), dans la génération des actuels trentenaires:
- 70% ont déjà fumé autre chose que du tabac
- 50% n'y voient pas de problème
- 30% fument encore occasionnellement (soirée, etc...)
- 10 à 15% fument régulièrement
Et on ne parle là que du cannabis.

Ces constations, je les ai faites:
- au lycée, dans les facs, écoles et autres lieux d'apprentissage et dans divers environnements professionnels
- dans toutes les catégories de population (milieu populaires, ouvrier, agricole, cadre, bourgeois, citadin, rural...)

Des discussions avec les plus anciens, je peux conclure que la génération des 40-50 ans était déjà bien concernée par ce phénomène.

ce que je retire de tout ça, c'est qu'à l'inverse de la génération des 70-80 ans, la consommation de drogue est maintenant considérée comme normale. C'est pour cette raison que je pense que la baisse de la consommation ne passera pas par la coercition mais par l'éducation et un nécessaire changement des mentalités.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Djeep le 11 décembre 2011 à 15:14:58
BJR. Merci pour ta réponse. OK c'est donc ton ressenti qui ne repose que sur ton impression  ;) De mon côté c'est très éloigné de ce que j'ai pu constater mais bien sur c'est loin d'être une généralité. Plutôt que de dire tous je dirais que certains  ::) HN
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 15:27:29
BJR. Merci pour ta réponse. OK c'est donc ton ressenti qui ne repose que sur ton impression  ;) De mon côté c'est très éloigné de ce que j'ai pu constater mais bien sur c'est loin d'être une généralité. Plutôt que de dire tous je dirais que certains  ::) HN
Pas tous, non... c'est la génération pour laquelle les proportions consommateur/non-consommateur se sont inversées... ce qui explique qu'il leur est difficile de ralentir ou de stopper un usage dont ils ont vécu les débuts.

De plus, et c'est la le coté de plus compliqué du problème: les jeunes actuels ont beaucoup de mal à concevoir qu'on leur interdise quelque-chose qu'ils ont vu pratiquer ou entendu raconter par leurs parents/profs/éducateurs (pas tous... mais une bonne partie)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 11 décembre 2011 à 15:47:04
Citer
les jeunes actuels ont beaucoup de mal à concevoir qu'on leur interdise quelque-chose
Quand la promotion du style de vie gangsta est faite à longueur de clips sur MTV c'est certain que ça aide pas. Parce que c'est même plus consommer qui est hype, c'est d'être un dealer et d'arborer tous les attributs de l'original gangster.
Conclusion: va falloir apprendre à vivre avec ça. 
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 15:49:17
Quand la promotion du style de vie gangsta est faite à longueur de clips sur MTV c'est certain que ça aide pas. Parce que c'est même plus consommer qui est hype, c'est d'être un dealer et d'arborer tous les attributs de l'original gangster.
Conclusion: va falloir apprendre à vivre avec ça.
A moins qu'un grand bouleversement sociétal ne vienne chambouler les stéréotypes... wait and see!
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Leif le 11 décembre 2011 à 15:51:30
Citer
A moins qu'un grand bouleversement sociétal ne vienne chambouler les stéréotypes... wait and see

or act ::)
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 17:02:44
or act ::)
Ce n'est qu'un ressentit personnel mais je pense que, sans rien avoir demandé, d'ici peu nous aurons largement de quoi nous occuper...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 17:29:39
Bien, à ce stade une petite synthèse :

Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 17:36:45
Bien, à ce stade une petite synthèse :
  • la sécurité de voie publique se heurte pour les fonctionnaires à des consignes hiérarchiques de paix sociales ;
  • mais ce peut-être aussi le fait d'enquêtes de PJ (j'avoue avoir un doute relatif au manque de discrétion dans ce qui n'est pas du tout un ghetto inexpugnable
  • occuper le terrain par les citoyens afin de créer du lien et une dynamique vertueuse proposant un contre exemple
la sécurité de voie publique se heurte pour les fonctionnaires
- à des consignes hiérarchiques de paix sociales
- au risque de commettre une irrégularité de procédure qui rendrait une action peu rentable, sinon inefficace... ou nuisible sur le plan médiatique.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 17:51:31
J'ai du mal à croire que tous les patrons, les directeurs départementaux, les gradés Gie et les préfets soient des couards dépourvus de tout sens du service à la communauté.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 17:56:35
J'ai du mal à croire que tous les patrons, les directeurs départementaux, les gradés Gie et les préfets soient des couards dépourvus de tout sens du service à la communauté.
Il n'est pas question ici de les taxer de couardise...
En revanche, lorsque un travail de longue haleine est mis à mal et balayé d'un revers de main par un avocat qui exploite une faille de la loi ou un anecdotique défaut de procédure (presque inévitable lorsqu'on travail à flux tendu et/ou dans l'urgence), il y a de quoi se lasser.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Leif le 11 décembre 2011 à 18:11:37
Citer
Ce n'est qu'un ressentit personnel mais je pense que, sans rien avoir demandé, d'ici peu nous aurons largement de quoi nous occuper...

ça doit etre ça, je crois que je n'ai et n'aimerai jamais subir.

Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 18:33:37
Si les commis de l'état renoncent, la nature ayant horreur du vide nous aurons immanquablement l'avènement de comportements autonomes de type milice. La justice et la police doivent être justes sinon la césure avec la société se creusera encore jusqu'à rompre.

Mettre une prune pour non respect d'un stop à un mec qui pleure pour ne plus voir de dealers dans son quartier, ça projette quoi comme exemple ? Ça dit le respect de la loi c'est pour toi, pas pour le dealer et moi qui suis payé avec tes impôts je peux choisir d'ignorer tes besoins de sécurité élémentaires.

En terme d'exemple citoyen, c'est très moyen.

Ensuite, je reviens sur un sujet souvent évoqué, les moyens. Or, des comparaisons avec les autres pays nous avons plus de représentants de l'ordre que tous les autres du bloc occidental. Comme on est certainement pas les plus mauvais, c'est quoi le problème l'organisation de chaque corps, le manque de collaboration entre les différents corps ?

L'autre fois un copain officier de PJ m'appelle pour l'aider à régulariser un dossier qui déconne entre la CPAM et la CAF et s'emporte sur le manque d'échange entre ces deux composantes. Tout en me décrivant par le menu la collaboration catastrophique entre eux et leurs collègues Gendarmes.

Est-ce un des maux Français que ce cloisonnement adminsitratif ? Est-ce que par exemple la fusion en Belgique Gendarmerie/Police a amélioré le fonctionnement ?
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: nicolas11 le 11 décembre 2011 à 18:41:11
Il n'est pas question ici de les taxer de couardise...
En revanche, lorsque un travail de longue haleine est mis à mal et balayé d'un revers de main par un avocat qui exploite une faille de la loi ou un anecdotique défaut de procédure (presque inévitable lorsqu'on travail à flux tendu et/ou dans l'urgence), il y a de quoi se lasser.

Dans ce genre la quoi... :glare:

http://www.lepost.fr/article/2010/11/30/2323746_des-fouilles-de-halls-illegales-l-incomprehension-des-policiers-et-du-parquet-de-bobigny.html

Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 18:45:52
Si les commis de l'état renoncent, la nature ayant horreur du vide nous aurons immanquablement l'avènement de comportements autonomes de type milice. La justice et la police doivent être justes sinon la césure avec la société se creusera encore jusqu'à rompre.
C'est exactement ce que j'ai dit plus haut... si l'état démissionne, quelqu'un d'autre se chargera du boulot... mais ça ne se fera ni dans la finesse ni dans la douceur.

Citer
Mettre une prune pour non respect d'un stop à un mec qui pleure pour ne plus voir de dealers dans son quartier, ça projette quoi comme exemple ? Ça dit le respect de la loi c'est pour toi, pas pour le dealer et moi qui suis payé avec tes impôts je peux choisir d'ignorer tes besoins de sécurité élémentaires.

En terme d'exemple citoyen, c'est très moyen.
Le problème, c'est qu'on a mis dans la tête du citoyen moyen que le respect de la loi était la seule règle absolue. On se souvient de la sortie d'un juge après l'affaire d'Outreau: "plutôt 50 criminel libres qu'un innocent en prison"
Ne vaudrait-il pas mieux le risque d'une erreur judiciaire plutôt que le risque de chaos?

Citer
Ensuite, je reviens sur un sujet souvent évoqué, les moyens. Or, des comparaisons avec les autres pays nous avons plus de représentants de l'ordre que tous les autres du bloc occidental. Comme on est certainement pas les plus mauvais, c'est quoi le problème l'organisation de chaque corps, le manque de collaboration entre les différents corps ?

L'autre fois un copain officier de PJ m'appelle pour l'aider à régulariser un dossier qui déc*nne entre la CPAM et la CAF et s'emporte sur le manque d'échange entre ces deux composantes. Tout en me décrivant par le menu la collaboration catastrophique entre eux et leurs collègues Gendarmes.

Est-ce un des maux Français que ce cloisonnement adminsitratif ? Est-ce que par exemple la fusion en Belgique Gendarmerie/Police a amélioré le fonctionnement ?
C'est un comportement très français qui se constate dans toutes les institutions: chacun veut à toute force prouver l'utilité de son service pour conserver ses effectifs et surtout les postes à responsabilité!
Fusionner les service pour gagner en efficacité, ça veut dire moins de chefs pour le même résultat... CQFD!
Titre: Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 18:48:50
Dans ce genre la quoi... :glare:
http://www.lepost.fr/article/2010/11/30/2323746_des-fouilles-de-halls-illegales-l-incomprehension-des-policiers-et-du-parquet-de-bobigny.html
C'est exactement ça: quand le diktat de la loi prend le pas sur le bon sens commun!!! :ninja:
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 19:11:26
Ce n'est qu'une décision en première instance. C'est surprenant, et ça donne un drôle de signal aux trafiquants, mais ça ne tiendra probablement pas en appel.

Rien de moins sur, si ils ont justifié leur fouille par l'ordre écrit du Proc : et bien tout par à la poubelle, car c'est illégal.
Il y a peu de chance que la réquise permanente des bailleurs sociaux arrivant à postériori, même si elle légitime leur acte, la référence qui est sur le PV est fausse, donc l'acte est nul et comme il s'agit du départ de l'enquête, tout va à la corbeille.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 19:17:50
C'est quoi le problème des vices de procédures, un défaut de formation et/où une procédure devenue trop complexe pour être applicable sur le terrain ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 19:26:48
Une procédure est devenue trop complexe à coup sur. Même les magistrats dont la formation est enorme, avec le temps du prendre plus de recul que les Flic sur le terrain ou pressé par le délais de l'enquête de flagrance, arrivent à s'y perdre.
Et toutes cette complexité n'est pas au bénéfice des victimes, mes bien des auteur présumés.
La formation, des flics n'a jamais été aussi pointue, si bien que l'on a des nouvelles recrues qui ressemblent à des premiers de la classe, alors pour aller s'imposer dans les quartiers c'est un peu juste.  Car une fois devant les voyoux, c'est pas les diplomes qui aident, mais ils servent à postériori pour savoir se justifier.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 19:30:27
Il semblerait que le gros problème des procédures, c'est l'accumulation d'obligations mises en places successivement, mais sans prendre la peine d'abroger les précédentes ou, au moins, de remettre tout à plat pour concevoir une procédure globale homogène et logique.
Alors forcément, faut pas s'étonner que les juges s'y perdent et que les avocats soient riches!!!!
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: g-dag le 11 décembre 2011 à 19:31:12
Patrick, c'est les deux pour plusieurs raisons principales :
1) Hausse du nombre d'OPJ suite à la réforme des carrières ;
2) Evolution très rapide du code de procédure pénale ;
3) Politique du chiffre ayant parfois pour conséquence d'un peu bâcler le dossier ;
4) Difficulté pour les parquetiers du service de traitement direct de contrôler attentivement la masse de procédures qui lui arrive

Reste que le régime des enquêtes de police et des nullités de procédure est déjà très favorable à la police judiciaire. Il n'est donc pas inconcevable d'en annuler l'action lorsque celle-ci s'affranchit des règles procédurales.

Pour en revenir à la question de l'organisation de la lutte contre le trafic de stup, celle-ci a subit un certain nombre d'évolution.

1) La lutte contre les gros réseaux est le fait en priorité des services spécialisés en stup (brigade des stup au sein des sûretés urbaines au niveau départemental, SR/SRPJ/GIR au niveau régional ou interégional, Service nationale des douanes judiciaire et OCTRIS au niveau national voire international). Les services de sécurité publiques sont très rapidement mis de côté.

2) Le nombre d'instruction préparatoire a chuté au profit des enquêtes préliminaires avec prise de décision sur l'orientation de la procédure entre le parquet et la PJ en fonction notamment de la nature des produits et de leur quantité.

3) Baisse du nombre de procès spécifique impliquants de gros réseaux car très chronophage en temps pour des magistrats dont le nombre évolue peu (cour d'assises spéciales et tribunal correctionnel en formation collégiale)

4) La politique de résultat des services a eu pour résultat de privilégier en partie les interpellations pour usage ou détention au détriment des gros réseaux.

Et oui, ça prend de remonter un filière avec un seul bâtonnet dans le rapport d'activité alors qu'il y a autant de bâtonnet que de GAV pour détention. Mais ce n'est pas le plus productif en terme d'efficacité.

5) Dans le même temps, les trafiquant ont procédé à une analyse fine de leur marché et de leur clientèle et ont mis en place des politiques d'approvisionnement et de commerce assez efficace.
Ex. orientation vers l'ouest de la France et le monde rural en raison de la saturation du marché parisien.

6) Bonne politique tarifaire (baisse de prix) et maintien de la rentabilité du trafic en raison de la hausse des quantités importées (50/60 euros le gramme de cocaïne et 10 celui de shit).

7) Maintien d'une forte demande.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 19:32:23
La formation, des flics n'a jamais été aussi pointue, si bien que l'on a des nouvelles recrues qui ressemblent à des premiers de la classe, alors pour aller s'imposer dans les quartiers c'est un peu juste.  Car une fois devant les voyoux, c'est pas les diplomes qui aident, mais ils servent à postériori pour savoir se justifier.
Il n'est pas interdit à un cerveau d'avoir des tripes et du sang froid, de même qu'il n'est pas interdit à un vieux grognard d'avoir lui aussi un cerveau et beaucoup d'expérience. Il y a beaucoup de pays où on ne peut accéder en concours externe aux fonctions d'officier de police. Il me semble que c'est pas mal. Mais en France on a la culture du diplôme et des concours.
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 19:40:47
Il n'est pas interdit à un cerveau d'avoir des tripes et du sang froid, de même qu'il n'est pas interdit à un vieux grognard d'avoir lui aussi un cerveau et beaucoup d'expérience. Il y a beaucoup de pays où on ne peut accéder en concours externe aux fonctions d'officier de police. Il me semble que c'est pas mal. Mais en France on a la culture du diplôme et des concours.
Je vais nuancer quelque peu...
Il ne servirait à rien d'avoir un vieux grognard efficace sur le terrain qui, malgré sa bonne volonté, réduirait l'efficacité du travail par des fautes de procédure (qu'on aime ou pas la procédure, elle est là et il faut bien faire avec)
De plus, pour avoir travaillé 3 ans avec des allemands et des espagnols, je suis convaincu que, s'il est bon de regarder comment ils travaillent et d'en tirer des leçons, les différences culturelles font que ce qui fonctionne chez eux ne fonctionnera pas forcément voire sera contre-productif chez nous! Et le "recrutement direct" de jeunes sur des postes à responsabilité est typiquement une originalité française qui doit être conservée.
Enfin, je trouverais beaucoup plus efficace et profitable de binômer un jeune "premier de la classe" et un ancien grognard... mais ce n'est que mon avis  :-[
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Moleson le 11 décembre 2011 à 19:47:32
C'est quoi le problème des vices de procédures, un défaut de formation et/où une procédure devenue trop complexe pour être applicable sur le terrain ?
Le problème n'est pas là, mais dans une évolution de notre société dans son ensemble.
A lire les réponses le problème est le trafic de drogue par exemple, ou le fait de s'assurer une certaine tranquillité en laissant nager les petits poissons ou l’application du code pénal, ou autre excuse.
Et c'est pathognomonique, que quasiment qu'une minorité se rende compte que des valeurs fondamentales de notre démocratie sont bafouée.

Le trafic de drogue a toujours existé et va toujours exister tant qu'il existe une demande. La criminalité aussi. C'est pas le problème.

C'est le fait que notre société dans son ensemble a décidé d'accepter un certain niveau de petite criminalité, pourquoi ? je ne sais pas. Mais le fait est là.

Il y a environ 10 ans en Suisse, une scène ouverte de la drogue s'est constituée au Letten et Platzspitz. Pour prendre des proportions hallucinantes.
(http://1.bp.blogspot.com/_dmDHh7gwpa4/SdSfis20SQI/AAAAAAAABr8/0mAWo8ATyuU/s800/AAAA.jpg)

Les dealers étaient devenu extrêmement agressif et la situation intenable.
A un moment donné il y a eu quelques tirs efficace sur des dealers à la GP11 et (raison non médiatisée, car très politiquement inacceptable) cette scène ouverte à été fermée très rapidement.
On a d'ailleurs curieusement jamais retrouvé les tireurs....

Pour dire qu'à un certain moment on a effectivement l'apparition de milice ou de justiciers qui opèrent complètement en dehors des lois.

Le problème est qu'avant les politiques ne vont pas bouger, sauf si peut-être leur réélection est compromise.

Donc il y a pas de solution hormis de déménager ou soi même verser du côté obscur, ce qui n'est pas non plus une solution.

Une chose est certaine, la petite criminalité, appelle une plus grande et un remplacement du monopole de la violence de l'état par quelque chose de nettement moins agréable.

Moléson
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 décembre 2011 à 20:14:09
Bien, on va donc partir du postulat imparfait mais significatif que la demande de substances permettant de s'affranchir d'une réalité anxiogène et du manque de perspectives est en constante évolution et même généralisation à des clientèles non forcément exposées jusque là (employés, cadres moyens, fonctionnaires des classes B et C, parents, etc...).

On peut donc agir sur trois leviers :

Sinon, je ne vois pas.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Grandhoub le 11 décembre 2011 à 20:28:17
On peut donc agir sur trois leviers :
  • améliorer les perspectives d'avenir (mais là on est pas rendu)
  • donner néanmoins du sens à un projet collectif, même limité et local
  • mettre en place un système de répression réellement dissuasif parce qu'appliqué dans les faits

En somme : un baton bien dur & une carotte vraiement appétissante.   :doubleup:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: dkjm le 11 décembre 2011 à 22:22:41
C'est bizarre que personne n'est pensé à fermer ce fil extrêmement politique... ici on y critique les forces de l'ordre, là on dit que les dealers ne sont pas du coins, ailleurs on dit que la justice ne fait pas son travail et que la procédure est trop complexe.


Peut-être tout simplement que si l'on donnait à la justice de faire son boulot (plus de moyens = plus de prisons = plus de juges = plus de policier = une meilleurs formation = affaires résolus plus vite et plus efficacement = plus de prévention) sans rajouter une loi à chaque fois qu'on a un événement tragique les choses évolueraient plus positivement. De même si les médias et les politiques arrêtaient d'attaquer constamment le système juridique Français et ceux qui sont là pour l'appliquer mais pointaient leurs manque évident de moyen, les choses évolueraient et on ne se contenteraient pas d'attraper les gros poissons au bout de X années, on pourraient enquêter plus vite et mener un action de proximité qui est quasiment inexistante aujourd'hui (hormis pour aller porter plainte, je n'ai jamais parlé à un policier/gendarme de ma vie, ni en sortant de l'école/collège/lycée/fac, ni dans la rue).

Bref, je pense que c'est simplement une question de manque de moyen.

Si ce post est trop politique, n'hésitez pas à l'effacer.

PS : je ne nie pas que certains parents ont leurs part de responsabilité, mais ce n'était pas la question de Patrick que je cite :
Citer
Je voudrais simplement l'avis des experts policiers et gendarmes spécialiste de police judiciaire et de sécurité urbaine pour comprendre comment dans un pays qui comptent un des plus fort ratio de force de police par habitant de tous les régimes démocratiques on n'arrive pas à endiguer un phénomène visible et qui pénalise directement les gens dans leur vie quotidienne.

PS2 : Où le chiffre du Ratio a-t-il été obtenu ?
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ulysse le 11 décembre 2011 à 22:28:34
Bien, on va donc partir du postulat imparfait mais significatif que la demande de substances permettant de s'affranchir d'une réalité anxiogène et du manque de perspectives est en constante évolution et même généralisation à des clientèles non forcément exposées jusque là (employés, cadres moyens, fonctionnaires des classes B et C, parents, etc...).

On peut donc agir sur trois leviers :
  • améliorer les perspectives d'avenir (mais là on est pas rendu)
  • donner néanmoins du sens à un projet collectif, même limité et local
  • mettre en place un système de répression réellement dissuasif parce qu'appliqué dans les faits

Sinon, je ne vois pas.
c'est pas mal résumé. Le trafic de stup a valeur d'exemple dans cette discussion mais si on appliques ces principes au monde du travail et aux relations de voisinage tout devient un peu plus confortable.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VieuxMora le 11 décembre 2011 à 22:35:22
@ jnavier

Ce fil est suivi d'un oeil attentif...

Il a évolué de " A qui est-ce la faute? " vers une mise en lumière de la complexité de la situation.

Des synthèses ont été faites.

Tant que les informations apportées sont argumentées et sourcées, que les contributeurs échangent calmement, et que de tout cela puisse sortir des analyses réalistes permettant à chacun de mieux comprendre ses possibilités d'action et leurs limites dans son environnement, donc du signal, il reste ouvert.




Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: azur le 11 décembre 2011 à 22:42:51
Peut-être tout simplement que si l'on donnait à la justice de faire son boulot (plus de moyens = plus de prisons = plus de juges = plus de policier = une meilleurs formation = affaires résolus plus vite et plus efficacement = plus de prévention) sans rajouter une loi à chaque fois qu'on a un événement tragique les choses évolueraient plus positivement. De même si les médias et les politiques arrêtaient d'attaquer constamment le système juridique Français et ceux qui sont là pour l'appliquer mais pointaient leurs manque évident de moyen, les choses évolueraient et on ne se contenteraient pas d'attraper les gros poissons au bout de X années, on pourraient enquêter plus vite et mener un action de proximité qui est quasiment inexistante aujourd'hui (hormis pour aller porter plainte, je n'ai jamais parlé à un policier/gendarme de ma vie, ni en sortant de l'école/collège/lycée/fac, ni dans la rue).

Bref, je pense que c'est simplement une question de manque de moyen.
Utiliser le terme "moyen" peut induire une confusion car les moyens financiers ou matériels sont déjà relativement conséquent... et en rajouter ne changera pas grand chose si, derrière, les moyens moraux et l'arsenal législatifs sont bloquants... en fait, ce qui ressort de ta démonstration, c'est surtout une question de manque de volonté!  :up:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VERDUG0 le 12 décembre 2011 à 18:39:18
Vous parlez regulierement de milice; Un groupe de citoyens qui souhaiteraient voir cette delinquance de promiximite cesser.

Vous pensez que ca peut marcher? Dans un coin comme celui de Patrick par exemple...
Y a t il des exemples en France, ou dans des pays a la meme ambiance, ou ca a fonctionne?
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Moleson le 12 décembre 2011 à 18:46:16
Vous parlez regulierement de milice; Un groupe de citoyens qui souhaiteraient voir cette delinquance de promiximite cesser.

Vous pensez que ca peut marcher? Dans un coin comme celui de Patrick par exemple...
Y a t il des exemples en France, ou dans des pays a la meme ambiance, ou ca a fonctionne?
Le gros problème des milices (pas au sens Suisse), c'est qu'elles opèrent en dehors du cadre juridique habituel. Le résultat est en règle générale des abus rapides et finalement un glissement vers la criminalité pure et dur. En fait ils vont chasser les criminels local et les remplacer.

Dans l'exemple Suisse, l'exécution sommaire de dealer ne fait pas partie de notre code pénal...

Moléson
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: DavidManise le 12 décembre 2011 à 18:50:30
Vous parlez regulierement de milice; Un groupe de citoyens qui souhaiteraient voir cette delinquance de promiximite cesser.

:o

La milice au sens Suisse, c'est le citoyen soldat.  C'est une institution de l'Etat.  RIEN a voir avec le concept de bande armée qui fait la loi dans les quartiers, etc.

Pour le coup, carton rouge.  Si ton but est d'organiser une milice, tu t'es trompé de forum.

David
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 12 décembre 2011 à 19:13:42
Vous parlez regulierement de milice; Un groupe de citoyens qui souhaiteraient voir cette delinquance de promiximite cesser.

Vous pensez que ca peut marcher? Dans un coin comme celui de Patrick par exemple...
Y a t il des exemples en France, ou dans des pays a la meme ambiance, ou ca a fonctionne?
Non, clairement et mille fois non en France. Chaque fois qu'un truc comme ça voit le jour le taux de testostérone et d'alcoolémie est inversement proportionnel au QI et le groupe sensé protéger commence à imposer des règles et à sélectionner des profils de préférence à la peau mate et à l'accent développé.

En Angleterre, il y les correspondants de quartier qui ont un talky sur une fréquence police et qui informent en patrouillant à trois avec un gilet jaune fluo. Ce sont souvent des retraités d'ailleurs.

Aux states et au Canada on avait vu l’avènement d'une association militante qui patrouillait sans arme avec tee-shirt et béret rouge principalement dans le métro new_yorkais où ils sont nés, les gardian angels.
http://www.guardianangels.org/chapters.php

141 représentations maintenant aux states et dans beaucoup de pays.

Il paraît qu'ils sont efficaces mais pas mal d'histoires moins lisses aussi.

En même temps on a aussi les grands frères dans les cités aussi.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: DavidManise le 12 décembre 2011 à 19:19:58
Les anges du métro, à Montréal, ça jouait dur par moments...

David
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: flocondavoine le 12 décembre 2011 à 19:20:50
Le gouvernement a à son actif une nouveauté : les voisins vigilants.
L'efficacité reste à prouver.
Le principe est simple, créer un réseau de voisins qui se tiennent au courant en cas de doute-problème. En soit rien de bien nouveau.
Si ce n'est un référent à contacter qui est censé trier si oui ou non il est opportun de prendre contact avec les forces de l'ordre (au cas ou le "voisin vigilant" de base ne l'aurait pas fait), et la question d'une rémunération possible pour ces "collaborateurs occasionnels du service public"...

Sans adhérer à cette nouvelle création et ses modalités, une initiative locale pourrait consister à simplement s'entendre avec ses voisins, s'échanger les numéros afin de pouvoir entrer en contact en cas de question-alerte, appeler les forces de l'ordre en cas de doute-problème.
Cela pourrait-il amener à créer du lien ? Amener à faire baisser les atteintes aux biens ? Amener une réaction plus rapide des services de police et/ou des voisins, notamment en cas d'atteinte aux personnes ? Amener à constituer un "groupe de pression" apte à faire bouger mairie, services de police, préfecture ?
Yo no se
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Pix le 12 décembre 2011 à 19:21:06

En même temps on a aussi les grands frères dans les cités aussi.


Tu parles des médiateurs urbains?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: elgringo1 le 12 décembre 2011 à 20:27:26
Concernant les guardian angels, je me rappelle qu'ils avaient essayé de s'implanter dans le métro parisien au milieu des années 80.
Si mes souvenirs d'ado de l'époque sont bons, l'accueil avait été plutôt mitigé. Il me semble qu'ils ont dû rester une semaine.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 12 décembre 2011 à 20:29:19
Tu parles des médiateurs urbains?
Oui.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 12 décembre 2011 à 20:51:29
Y a t il des exemples en France, ou dans des pays a la meme ambiance, ou ca a fonctionne?
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/12/01016-20090812ARTFIG00224-une-bande-de-l-essonne-seme-le-trouble-a-royan-.php
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 12 décembre 2011 à 20:55:47
Oui.

Oui les grands frères font un sacré bon boulot, mais malheureusement ils peuvent pas être partout. Ce sont d'excellents pare feu et je pense qu'il faudrait leur donner plus de moyens car ils vivent au coeur du problème et désamorce souvent des situations merdiques à souhait  :up:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sharky le 12 décembre 2011 à 21:28:39


Attention à ne pas confondre les médiateurs urbains qui ne font de la prévention spécialisé et sont donc des professionnels avec "les grands frères" où le concept est beaucoup plus flou et parfois laisser à désirer sur le "recrutement" si vous voyez ce que je veux dire...

Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Pix le 12 décembre 2011 à 22:03:42
Quelles sont les obligations de la commune  pour le recrutement des médiateurs? Comment, par qui, pourquoi, sont ils recrutés? La municipalité peut elle recruter qui elle veut pour la mettre au poste de médiateur urbain? 
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VERDUG0 le 13 décembre 2011 à 05:09:56
Quelles sont les obligations de la commune  pour le recrutement des médiateurs? Comment, par qui, pourquoi, sont ils recrutés? La municipalité peut elle recruter qui elle veut pour la mettre au poste de médiateur urbain? 

J'ai pose ta question a mon boss, je copierai sa reponse ici meme.



Les voisins vigilants, j'ai vu que ca arrivait en France dans un court reportage sur le sujet.
Concretement, c'etait un village a forte population de retraites, ou des voleurs venaient faire leurs courses dans les maisons, et ce tres regulierement.
Les habitants ont donc commences a surveiller les environs directs depuis leur jardin et a noter(plaque d'immat)/ interpeller tout inconnu.
Ils etaient regulierement en contact avec la police, et cette attitude a fait quasi stopper les vols.
Bon c'etait un reportage hein, mais sans violence, des retraites on reussit a faire arreter une tres grosse partie des vols dans leur voisinage.

Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 13 décembre 2011 à 07:34:39

Attention à ne pas confondre les médiateurs urbains qui ne font de la prévention spécialisé et sont donc des professionnels avec "les grands frères" où le concept est beaucoup plus flou et parfois laisser à désirer sur le "recrutement" si vous voyez ce que je veux dire...



+1 !

On a d'ailleurs voir après certains zevenements de banlieue certains de ces grands frère sur le banc des accusés ! Parfois aussi on se retrouve avec des prédicateurs pour une religion X ou Y qui font du prosélytisme subventionné par la mairie...

Attention donc à ne pas faire confiance à des caïds locaux qui jouent sur les deux tableaux, le calme oui mais à quel prix ?
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sharky le 13 décembre 2011 à 07:37:28
Attention donc à ne pas faire confiance à des caïds locaux qui jouent sur les deux tableaux, le calme oui mais à quel prix ?

C'est ce que je voulais dire, certains qui étaient sur le quartier où je bossais monter au braquo le WE ::)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Leif le 13 décembre 2011 à 13:26:09
et oui mais on leur a dit travailler plus pour gagner plus, donc pas de pause le week end ;#
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: gurkhan le 13 décembre 2011 à 19:41:38

Les voisins vigilants, j'ai vu que ca arrivait en France dans un court reportage sur le sujet.
Concretement, c'etait un village a forte population de retraites, ou des voleurs venaient faire leurs courses dans les maisons, et ce tres regulierement.
Les habitants ont donc commences a surveiller les environs directs depuis leur jardin et a noter(plaque d'immat)/ interpeller tout inconnu.
Ils etaient regulierement en contact avec la police, et cette attitude a fait quasi stopper les vols.
Bon c'etait un reportage hein, mais sans violence, des retraites on reussit a faire arreter une tres grosse partie des vols dans leur voisinage.


c'est un programme de la police nationale qui a été initié avant l'été en partenariat avec les polices municipales
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: g-dag le 14 décembre 2011 à 22:37:17
Ce sont aussi des dispositifs qui parfois sont prévus dans les contrats locaux de sécurité en plus des correspondants de quartiers.

De temps à autre des petites astuces permettent d'obtenir de bon résultats.
C'est l'exemple d'une grande ville de l'Ouest de la France, confrontée à de trop nombreux feu de poubelles empoisonnant la vie d'un quartier, celle des pompiers et celle des éboueurs. Et bien, il a été décidé d'enterrer les poubelles.
Depuis, plus d'incendie de poubelles.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Sieg le 15 décembre 2011 à 13:01:27
 Salut,

 J'ai lu quelque part dans le post le principe de la carotte appétissante et du bâton bien dur. C'est en effet évident qu'il faille jouer aujourd'hui sur plusieurs tableaux. A la fois une institution juridique et policière extrêmement ferme qui par exemple ne laisse pas de réels délinquants impuni, même mineurs, et qui ne laisse passer aucun manque de respect. De l'autre (et c'est l'axe de loin le plus importants sinon le premier engrange des dépenses colossales et se révèle inefficace) une profonde restructuration de l'environnement entourant le délinquant/futur délinquant. Car c'est bien une combinaison de cet environnement sociale à la fois proche (milieu de vie) et englobant (société) qui détermine le passage ou non dans la délinquance. Donc comme il a été dit,nécessité de remplir à nouveau les vides laissé par la collectivité, la morale, l'état, la république.

  On peut prendre le cas de New York qui a vu sa criminalité fortement baisser dans les 90's ( pourtant vous vous souvenez tous des 80's, "beat it" de MJ c'etait pas des tendres...) une bonne synthèse tiré de Wiki qui détail la politique mise en place :
 
Citation de: wikipedia
Ces résultats sont la conséquence de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont la politique de « tolérance zéro », la baisse du chômage, la réhabilitation des quartiers du nord de Manhattan (par exemple de Harlem), de l'intégration des minorités ethniques dans les forces de l'ordre, ou encore d'un travail concerté des diverses institutions municipales, en particulier des écoles. Le sentiment d'insécurité a baissé et il est tout à fait possible de se promener sans crainte dans tous les quartiers de Manhattan. Il est seulement conseillé aux touristes d'être plus vigilants la nuit et d'éviter certains lieux tels que Central Park.

 Voilà pour la criminalité en général. Sinon pour le cas de Patrick étant donné que l'objectif n'est pas de faire baisser la criminalité ( ou du moins le deal ) dans le pays mais dans son quartier je pense que le regroupement soudé d'un nombre important de riverains ça pourrait le faire. On peut appeler ça milice, groupe de surveillance, "Guardiens de la rue Dupont" ou encore Amicale Laïque des Ramasseurs De Feuilles Mortes, ce qui compte c'est de représenter un groupe important et représentatif. La police ne va vraissemblablement rien faire. Changer leur environnement social ( perspective d'avenir projet commun ) n'aurait que peu d'effets parce que si j'ai bien compris ils viennent d'un autre quartier ( ? ). Etant donné que les dealers bossent et aiment le faire tranquilement ils préfèreront surement aller faire ça ailleurs plutôt que de se friter avec un quartier entier, ce qui aura pour effet d'obliger les forces de l'ordre à intervenir très rapidement ( bien plus qu'en cas de règlement de compte entre dealer au centre d'un quartier chaud). Par contre bonne chance pour mobiliser la populace  ;#.

 
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: john76 le 05 janvier 2012 à 22:35:34
salut patrick!

j'ai lu bcp de choses sur ce sujet mais etonnement pas grand chose de la part des personnes que tu interogés prioritairement (agents des forces de l'ordre) ?...

l'idée de truc style "milice citoyenne" et autre truc du genre tu oublis tout de suite parce que :
- 1) tu ne trouvera sans aucuns doute personne pret a le faire (ou a la rigueur 2 ou 3 personnes si tu a de la chance)
- 2) la police tolere les dealers mais ne tolérera pas la formation d'un groupe d'auto defense et va vous ficher direct et s'il se passe quelque chose c'est vous qui allez avoir des problemes.
- 3) faire ca c'est le meilleurs moyen de vous faire repérer par les dealers et de subir des représailles individuellement.


il peut etre judicieux de créer un comité de quartier lois 1901 et de faire une petition et du lobbying aupres des politiques locaux et parallelement d'essayer de médiatiser ce qui se passe, contacter les journaux, radios et chaines locales. presentez leur ca comme un bon sujet bien racolleur pour les allecher et leur donner envie de faire une sujet dessus (quitte a en rajouter un peu pour les faire baver).
en mediatisant votre situation les politiques vont sauter sur l'occasion pour se faire mousser et parler d'eux ce qui peut generer un changement de strategie de la part des autorité due au pression politiques.

recapitulatif :

-1) ne pas monter de milice pour faire des ronds de surveillance et ne tenter aucunes action violente en public ni quoi que ce soit qui pourrait attirer l'attentions des forces de l'ordre ou des dealers sur vous.
-2) créer un comité de quartier lois 1901
-3) faire signer une pétition en veillant a ne pas vous faire reperer ou faire deperer les signataires par les dealers pour éviter les représailles.
-4) contacter les medias et leur "vendre le sujet", si ce n'est pas racoleur il y a peu de chance qu'ils s'y interessent.
-5) faire du lobbying aupres des politiques locaux (laisser entendre que les habitants du quartier serons sans doute tres reconnaissant électoralement envers le "courageux politiciens" qui leurs apportera son soutiens, cela n'a pas a etre suivi d'actes c'est juste de la strategie), (evitez absolument l'extreme droite qui vous décrédibilisera et fera passer votre comité pour un nid de fascistes, ce n'est pas un jugement moral mais une analyse purement strategique).

ensuite esperer que les medias et les politiques mordrons a l’hameçon et que cela provoquera un changement dans la strategie des forces de l'ordre.
 
si rien ne se passe et que la situation s'aggrave au point que tu considère qu'il faut agir cout que cout, alors cela relevé d'autres méthodes que je ne peu pas exposer ici.

si tu veut en parler contact moi en message privé.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 05 janvier 2012 à 23:24:21
Tiens j'ai vu mes loustics ce soir, joints, coca noyé dans le whisky, ils ont insisté pour que je trinque avec eux, les petits cons, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère  ;# Un godet et j'avais la tête qui tourne. Bonne année, 2 / 3 connerie sur la pluie et le beau temps et voilà  ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: leballer le 06 janvier 2012 à 09:20:55
Tiens j'ai vu mes loustics ce soir, joints, coca noyé dans le whisky, ils ont insisté pour que je trinque avec eux, les petits cons, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère  ;# Un godet et j'avais la tête qui tourne. Bonne année, 2 / 3 connerie sur la pluie et le beau temps et voilà  ;)

 :up: :up: :up:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 06 janvier 2012 à 09:31:43
Juste une question Calou après force whisky coca, joints et éventuellement quelques amphé, ils sont toujours aussi cool tes loustics ?

Bon j'ai essayé de tisser des liens, comme nous en avons discuté. J'ai déposé dans les 175 boites aux lettes le postulat et le besoin de créer une asso de quartier. Trois mails. Je suis allé voir chacun et résultat :
- les gitans sédentarisés emmerdent les gaggios et pisssent à la raie des affricains et maghrebins ;
- les maghrebins de 3ème générations méprisent ceux de 1ère et 2ème génération ;
- tous se méfient des gaulois qui, de toutes façons ne veulent rien faire avec eux.

En Off, tous déplorent mais préfèrent la fermer car les acheteurs sont leurs gamins même si tous jurent que les acheterus viennent d'ailleurs.

Je suis intervenu personnellement pour ramener chez lui un ado de 16 ans qui était en plein deal, avec promesse de causer à son père si je le revoyais trainer avec ces racailles. Deux plombes dans un troquet avc lui pour causer : zéro projets, zéro envie, zéro confiance en rien.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sanguinarius le 06 janvier 2012 à 10:00:37
Bonjour,

Je vais apporter ma petite pierre a l’édifice du a ma propre experience :)
Plus sur la question global du probleme, j'ai vecu dans une cité et roulé ma bosse dans un lieu ou la police n'osait pas venir (sauf avec une unité d'intervention et rare exception), ca se regle a coup de tire d'arme automatique, de jet de projectile (caillou, four, frigo ...) bref tout ce qui passe par la main.

Concernant ce marché sous terrain (pas tant que ca en faite) la police ferme plus ou moins les yeux, un flic ca s'achete, ca se menace, ca a une famille et ca joue pas avec les memes regles du jeu.
Souvent il se passe une pseudo entente avec les flics du coins "vous nous laissez bosser tranquille et on fait pas trop de degat", faut savoir que ce marché beaucoup de famille en vive indirectement, le môme de 15-16 ans qui paye les factures de ses parents et la bouffe a la maison c'est pas avec de la magie :)

Une cité c'est bien plus organisé qu'on le crois et a tout les niveau, quand une personne tombe y'en a 10 derrieres qui attendais la place, pareille pour les tetes de reseaux effectivement le territoire vas rester libre aller 3 semaines grand max mais juste derriere tu vas avoir un autre reseau qui vas prendre la releve.

Apres en general les dealers hormis les aller retour ca fou pas trop trop le bordel c'est plus les clients au final qui foute la m*rde (ils sont rarement sur les lieux de vente pour consommer car se font vite viré).

Pour moi en tant que concitoyens a l'heure actuelle il n'y a pas de vrai solution pour endiguer ca surtout qu'on voit de plus en plus de roumain, turc prendre le marché et ils sont plutot sans pitié.

Apres patrick pour ton probleme tout depend de ton quartier si c'est une zone pavillonnaire annexé recement la pour faire changer le truc ca devrait pas trop poser de soucis, par contre si tu vie dans un quartier avec des tours et des barres a gogo plus ou moins un vrai coupe gorge la c'est une autre affaire.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Vincent le 06 janvier 2012 à 11:36:48
Salut Patrick,

Tu vois c'est a cause d'une situation assez proche de celle ci que j'ai du demenager (on en avit parle au tel  si tu te souviens...)

Alors au niveau poloitique locale : ben le maire hormis,me faire un magnifique discours de politique politicienne (quand je lui ai dit ca ne lui a pas plut ^^) et rejeter la faute sur ses predecesseurs et en remontant jusqu'au annes 70 (ok dans son discours il a soigneusement evite 14 ans, mais bon je ne develloperais pas, pas de politique ici) ben est reste campe sur ses positions.

La police : a force de les voir et de demander leur interventions lors de gros coups durs (effraction, violence) on sent bien qu'ils adorerait agir mais que ca bloque plus haut (sous pref, pref...) et sont particulierement degoutes de voir que leurs efforts sont balayes par la justice (derniere affaire en date, effraction dans le batiment dont mon epouse etait responsable, 6 interpellations, saisie d'armes (6eme cat.) et de stup (shit) : liberes 3 heures apres... Et selon le brigadier : vous auriez du voir dans quel etat il m'ont mis les cellules...)

Conclusion : demenagement, mutation de mon epouse... Voila, il est plus simple de gerer les choses comme ca que d'essayer d'enrayer cette delinquence... A ce jour, pour eux le probleme est regle ! Bien sur la delinquence est toujours presente mais plus personne pour se plaindre... Je ne vois plus les problemes donc il n'y a plus de problemes... Triste constat.

Alors au niveau voisinnage, ben tu as pu constater que pas grand monde ne bouge par peur ou intimidation, peur de represailles... Je ne leur jette pas la pierre, je peux le comprendre meme si je n'adhere pas mais vivre dans ces conditions est tres destabilisant. Suite a diverses degradations, a un moment mon epouse et moi nous etions obliges de nous relayer pour dormir afin que l'on puisse etre tranquille au cas ou...

Monter une assoc de quartier : ca sera super mal vu des autorites (les memes qui ne font rien au niveau politique) et si les fdo recoivent l'ordre de vous mettre des batons dans les roues, ils seront obliges de le faire... Sans compter que ce genre de groupe draine pas mal de "merdes"

Quand a essayer de faire ami ami avec eux... Ben par devant ca peut bien se passer mais dit toi que des qu'ils le pourront ils te baiseront (voiture brulee, intimidation envers tes gosses, ta femme etc...)

Alors quant aux solutions ben pas super grand choses soit fermer ta gueule et ne rien voir soit demenager... Oui je sais le constat est triste mais c'est ainsi.

Courage, je connait et ait vecu ce que tu ressent et je sais au combien c'est frustrant de se sentir impuissant en face de tels agissement.

20100
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Le Barbu' le 06 janvier 2012 à 12:01:06
Faut partir a Moléson pour pas finir en Gruyère !  ;#


Non sérieusement, est ce que la Suisse offre une sensation de sécurité supérieur a la France ?


Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: BULLYSSON le 06 janvier 2012 à 12:01:52
Selon le Maire de la Ville où j'ai grandi (val de marne), propos tenus en privé devant un membre de ma famille : "Le deal est un mal nécessaire, sans cette économie parallèle les quartiers exploseraient ! On laisse couler tant que ça ne cause pas trop de troubles..."

Perso il me semble bien que cette délinquance sert les intérêts de nos politiques, pourquoi ?

Elle permet de montrer du doigt une population (les pauvres, voir les arabes et les noirs pauvres, double effet kiss cool..) comme étant la cause du "mal être français". Pendant que nos cons-citoyens s'indignent devant TF1, ils oublient de s'indigner contre le foutage de g...... ambiant de nos gouvernement successifs et de leur formidable incapacité à traiter efficacement les questions de chômage, ficalité, ré-industrialisation, etc... alors le thème principal d'une campagne électorale devient tout naturellement l'Insécurité... On promet la plus forte répression contre les méchants jeunes qu'on appellent encore "immigrés" alors que français de 2ème, 3ème voir 4ème générations... L'épouventail qui cache la forêt. On construira des prisons (Bouygues construction se frotte les mains), on achétera de la vidéo surveillance (il serait interressant de savoir à qui appartient l'entreprise qui fournit majoritairement les communes de droite et de gauche), etc... Combien coûterait un véritable soutient scolaire dès la primaire pour les élèves les plus turbulents ?

Elle permet un apport de revenu non négligeable qui rend "supportable" la vie dans certains quartiers, payer son loyer, manger correctement jusqu'au 30 du mois...

Elle permet aussi, et c'est là qu'est le vice, à certains caïds de rouler en grosse voiture allemande, de s'habiller en Armani et donc à ces mêmes politiques d'expliquer que cette délinquance n'est qu'une délinquance de confort, et donc de conforter le bon travailleur français dans sa haine du méchant barbus en basket qui fait parti de la France qui se lève tard et qui travaille moins pour gagner plus...

Le tout répression ne marche pas... la solution est ailleurs. Chaque société à la délinquance qu'elle mérite. Sur ce je vais bosser, à plus tard.

Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 06 janvier 2012 à 12:40:57
Juste une question Calou après force whisky coca, joints et éventuellement quelques amphé, ils sont toujours aussi cool tes loustics ?

Et bien quand ils sont partis (comme je dis dans un de mes messages le problème à peut être été déplacé), j'en sais rien, mais chez moi avant il y a eu 3 bagnoles brulées, maintenant 0, les carreaux des portes d'entrées cassés, luminaires arrachés, poubelles public arrachées, vitrine commerce (pharmacie) explosée, les mecs qui chiaient dans les coins,tags, ben y en a plus. L'escalier qui mène au parking en bas de chez moi est leur point de ralliement, il y reste 2 à 3 h pour discuter, maintenant qu'ils ont compris qu'en foutant plus le bordel ils seraient peinard et bien c'est plus le bordel. Sauf leur déchets de MC D* et bouteille vide qu'ils laissent traîner.

 ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: n.iko le 06 janvier 2012 à 15:53:50
Citer
Non sérieusement, est ce que la Suisse offre une sensation de sécurité supérieur a la France ?

Une sensation de sécurité ou une sécurité effective ?  ;)

Sérieusement je ne sais pas, apparemment certains cantons ont de gros problèmes de sécurité en ce moment.

En revanche ce qui est sûr, c'est que la Suisse, c'est beaucoup plus "poli". (pas dans le sens "lisse").

Un peu comme dans les pays Scandinaves, en Allemagne, etc...

E.g. dans le tramway genevois, pas de controle de tickets, mais la majorité voyage en règle.
Idem pour les journaux en libre service, etc...



Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: lelo le 06 janvier 2012 à 16:06:20
... En revanche ce qui est sûr, c'est que la Suisse, c'est beaucoup plus "poli". (pas dans le sens "lisse").
...
En effet, les quelques Suisses que je connais sont pour sûr très polis mais absolument pas lisses !!!
C'est ça que j'apprécie !!!   ;#
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: john76 le 06 janvier 2012 à 19:42:09
je partage l'avis de bullysson mais je ne vais pas me risquer a developper car je risque de me faire bannir du forum.
vu que j'ai deja le red dot entre les deux yeux...  :-\

puisque on m'a fait clairement comprendre que je ne doit "emmètre que du signal" et ne pas discuter ou donner des point du vue personnel donc je reposte ce que j'ai dis sur mon post precedent qui selon moi est du "signal", proposition concrète pour résoudre une situation.


Commentaires malvenus

Citer
-1) ne pas monter de milice pour faire des ronds de surveillance et ne tenter aucunes action violente en public ni quoi que ce soit qui pourrait attirer l'attentions des forces de l'ordre ou des dealers sur vous.
-2) créer un comité de quartier lois 1901
-3) faire signer une pétition en veillant a ne pas vous faire reperer ou faire deperer les signataires par les dealers pour éviter les représailles.
-4) contacter les medias et leur "vendre le sujet", si ce n'est pas racoleur il y a peu de chance qu'ils s'y interessent.
-5) faire du lobbying aupres des politiques locaux (laisser entendre que les habitants du quartier serons sans doute tres reconnaissant électoralement envers le "courageux politiciens" qui leurs apportera son soutiens, cela n'a pas a etre suivi d'actes c'est juste de la stratégie), (evitez absolument l'extreme droite qui vous décrédibilisera et fera passer votre comité pour un nid de fascistes, ce n'est pas un jugement moral mais une analyse purement stratégique).

ensuite esperer que les medias et les politiques mordrons a l’hameçon et que cela provoquera un changement dans la strategie des forces de l'ordre.

Répéter le même message, ce n'est pas du signal.

Modéré par Bison.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: BULLYSSON le 07 janvier 2012 à 00:43:44
En France, les gens chouinent, cherchent des responsables mais ils ne se regardent pas souvent... Je ne dis pas que les délinquants ne sont pas condamnables, ou qu'ils sont excusables, je dis juste qu'il faut comprendre le pourquoi... et que c'est souvent un peu plus complexe qu'on ne veut bien le dire ou le croire... Si les choses se passent ainsi, c'est que tous les ingrédients pour que les choses se passent ainsi sont réunis, rien de plus... Faudrait juste ne pas voir qu'une partie de l'iceberg... Et c'est valable aussi pour mon post qui ne représente qu'une infime partie de l'analyse...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Heimdall le 07 janvier 2012 à 16:46:58
Ce que je vois de ma fenêtre (eu sens littéral du terme)... Mon quartier évolue en mal, de plus en plus de mauvais comportement, le quartier devient dégueulasse, et de plus en plus un sentiment d'insécurité!
Les pouvoirs publics tolèrent ça, oui, je le sais, pour éviter les émeutes, pour plein de bonnes raisons sans doute valables pour eux, mais pas pour nous!
Le deal permet de vivre et de faire vivre une famille, je le sais aussi, mais jusque quand? Jusqu'au moment où l'on se fait descendre pour une histoire de shit?
Alors, oui, je vais déménager, ne pouvant pas résoudre le problème (j'ai essayé, mais je suis gavé maintenant), je m'en éloigne, pas d'autre choix...

Et je conseille à tous  les tenants d'une milice de lire "Le Pouvoir des Innocents", ça les fera sans doute changer d'avis.

Par contre, ce que je crains de plus en plus, c'est ça:

(http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/10/The-Punisher-Marvel.jpg)

Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 07 janvier 2012 à 19:01:35
Moi je peux déménager et certains autres aussi, mais qu'en est il des plus vieux avec de faibles retraites ou de ceux plus jeunes qui n'en ont pas les moyens. Sont ils donc condamnés à subir ça ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Vincent le 07 janvier 2012 à 19:15:14
J'en ai bien peur... Malheusement...
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Heimdall le 07 janvier 2012 à 19:37:55
Moi je peux déménager et certains autres aussi, mais qu'en est il des plus vieux avec de faibles retraites ou de ceux plus jeunes qui n'en ont pas les moyens. Sont ils donc condamnés à subir ça ?

Tout à fait, le problème est bel et bien là. Mais outre le fait de pouvoir ou non déménager, c'est aussi le principe de devoir se retirer d'un endroit à cause de certains. Un très nette minorité connue et reconnue par une grande majorité. C'est bien ici que je me dis qu'il y a problème d'éducation et d'occupation du terrain (social, politique, économique...)
Ce problème est aggravé par ce que j'appelle la "pornographie économique" en effet, nous évoluons dans un monde où le paraitre est devenu plus important que l'être et les nouveaux modéles ne sont pas des intellectuels ou des travailleurs qui ont su se construire à force de travail, mais des gens bling bling et arrivistes...

Tout ça me pousse à croire que notre société va forcément imploser, et en même en cours de désagrégation... Les Mayas ont raison, je pense que 2012 verront la fin d'un cycle... ;)
Plus sérieusement, des mouvements sociaux sont en train de se mettre en place et nous nous dirigeons vers une révolution sociale, qui, je l'espère se fera de manière pacifiste!
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: john76 le 07 janvier 2012 à 23:44:30
je ne pense vraiment pas que lecycle civilisationnel dans lequel nous vivons actuellement soit proche de sa fin (a l'echelle de temps humain s’entend!).
il y a énormément de pays ou la siuation est largement pire que nous et ou rien ne bouge réellement (qlqs emeutes, qlqs mouvements sociaux mais rien de serieux qui puisse aporter un changement radical), regardez le bresil, les USA, l'argentine, l’Afrique du sud, l'indonesie, etc.
dans c'est pays la misere et la délinquance sont omniprésentes et le systeme gere tout a fait correctement cela dans l'ensemble.
et il devient evident que ce schema va touché l'europe car cela a deja commencé en Angleterre et en Grece ...
il est inutile de prendre l'exemple du printemps arabe pour illustrer un supposé debut de changement parce que tout cela est une fumisterie orchestré par les services secrets occidentaux, USA et Angleterre en tete, vous ne me croyez pas? vous croirez peut etre d'avantage eric denecé fondateur et directeur du cf2r (centre francais de recherche sur le renseignement, http://www.cf2r.org/fr/biographie-eric-denece.php (http://www.cf2r.org/fr/biographie-eric-denece.php)).
voici ce qu'il en dit : (http://www.theatrum-belli.com/archive/2011/06/07/les-revolutions-arabes-ne-sont-que-des-coups-d-etat-militai.html (http://www.theatrum-belli.com/archive/2011/06/07/les-revolutions-arabes-ne-sont-que-des-coups-d-etat-militai.html)).

donc selon ma grille de lecture aucuns changement majeur n'aura lieu dans le monde et encore moins en france  dans les années qui viennent (je ne m'en rejouie pas  :( ).

mon analyse (que je ne presente pas comme parole d’évangile) est que nous nous dirigeons vers une globalisation du modèle etats-uniens ou bresilien avec une quasi disparition de la classe moyenne, un généralisation de la précarité et le d'une légère augmentation et fort d'un fort enrichissement de la petite et grande bourgeoisie, d'une diminution net de la qualité des soins, de l'enseignement et des couvertures sociale publique.
une précarisation maximum des salarié (generant une montée en fleche de la criminalité et de l'insecurité), un renforcement de la repression et une diminution de la prevention.
ceux qui ont les moyen acheterons leur securité en vivant dans des residences surveillées et les autres devrons vivre dans l’insécurité social, économique et physique...

nous sommes ici pour apporter une reflexion pragmatique sur les moyens de survivre donc nous devons prendre en compte les potentialités statistique ainsi que d’envisager le pire afin de trouver des moyens d'y faire face le cas échéant.

donc si nous voulons trouver comment nous devrons gerer l'insecurité lié a la délinquance de proximité il faut analyser ce qui se passe dans les pays qui ressemblent a ce vers quoi nous nous dirigeons.

pour revenir au cas present, la situation n'en ai pas encore a un stade aussi extreme, les méthodes que j'ai préconisées précédemment peuvent avoir un réel impact sur l'evolution de cette situation.
 
 
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Lorka-85 le 08 janvier 2012 à 03:31:13
quand on parle du mexique, rio, afrique du sud, et ses pires quartiers et fripouilles au monde, j'ai le sentiment (peu être a tord) qu'on "exagère" et que cela concerne moins de 10 % des habitants de ces pays, ultra localisé, etc, et que tous est fait pour que ca reste localisé comme ça et que le "peuple" ne voient jamais cela dans leurs rue autre qu'a leurs tv, je me trompe ? effet ultra grossissant (mais reel bien sur) ?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Bison le 08 janvier 2012 à 09:12:37
[moderation]
Discussion sous haute surveillance - attention aux dérappages vers la politique fiction.
Merci de rester dans la ligne du problème précis posé par Patrick.
[/modération]
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Camaro le 08 janvier 2012 à 23:33:30
[modération]
Les p'tits loups, suite à l'avertissements de Bison, je viens d'effacer une dizaine de messages, pour cause de mastubation pseudo-intellectuelle et manque d'ouverture.
Les messages suivants qui seront dans la même veine subiront le même sort.
Lachez vos écouteurs et allez prendre l'air frais, mes amis, ça fait un bien fou  ;)
[/modération]
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 08 janvier 2012 à 23:55:18
On en revient donc à l'interrogation de départ:
Comment on arrive à créer ça:
Citer
une dynamique vertueuse proposant un contre exemple
quand l'exemple de réussite sociale partagée par les ados qui trempent dans le biz c'est Tony Montana?
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: MuleSkinner le 09 janvier 2012 à 01:18:35
Citer
une dynamique vertueuse proposant un contre exemple

Salut, juste une réflexion en passant, certains avancent le chiffre de 6 millions de consommateurs de cannabis en France, ce qui fait une personne sur dix ; perso je trouve que si c'est vrai ça fait beaucoup ; après on peut débattre de qui est le plus coupable, celui qui vend ou celui qui consomme, mais concrètement, si 10% de la population est directement complice du bizness, faut pas s'étonner que ça prolifère.
Un peu de la même façon que les téléspéctateurs d'émissions débiles sont directement responsables de l'affligeante stupidité desdites émissions. Autour de moi plein de gens fustigent ces trucs ridicules, que leurs gamins regardent, etc, mais aucun n'a franchi le pas de se débarrasser de sa télé, ce qui est pourtant l'action prioritaire à entreprendre.
Sur ce point comme sur tant d'autres l'hypocrisie de la société est décourageante @+

ps si mon message dérange n'hésitez pas à le virer, merci.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sanguinarius le 09 janvier 2012 à 01:31:41
On en revient donc à l'interrogation de départ:
Comment on arrive à créer ça:quand l'exemple de réussite sociale partagée par les ados qui trempent dans le biz c'est Tony Montana?

Quid des gens qui ont comme modele steve jobs ?

Faut arreter de jeter la faute sur du "virtuel", on se dit pas dans les cité jvais devenir Tony Montana, le trafic c'est de l'argent facile pour peut de risque (ou peut de risque visible), fut une epoque ou j'ai connu des gens qui gagné au moins 3000€ par semaine a rien faire hormis donner quelques ordres.

C'est la facilité de la chose par rapport a la vie "normal" qui fait que. Je peut te dire que quand tu gagnes ca et que le jour ou tu arretes tu dois te priver, bosser chez mac do pour un salaire de m**rde c'est ca qui est le plus dur, tu t'es habitué a un train de vie a une certaine facilité.

Donc la je prend l'exemple de quelqu'un qui gagné bien sa vie avec ca mais meme a plus petite échelle c'est bien plus simple de trafiqué plutot que d'aller bosser au mac do et tout ca c'est pas a cause de la télé (pas la cause principal du moins).

C'est un marché toléré par les autorités, elles viennent de temps en temps faire un ptit coup d'eclats pour faire genre mais rien de plus, en france face a la justice ya plusieur cas, la personne qui vient de la cité qui a des aides, associations, assistante social et tout le tintouins que les flics et la justice laisse tranquille car " il a pas eu une vie facile, mere absente, quartier pourris ..." , il y a les "riches" qui avec leur argent ont les moyens de se defendre dignement et qui represente un certain poids dans la societé, et entre deux les plus emmerdé c'est la "classe moyenne" la les directives sont tout autre ainsi que les pressions exercés et la differente est flagrante quand l'on passe soit meme d'une classe a une autre :)

A+
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 09 janvier 2012 à 02:10:10
Citer
Faut arreter de jeter la faute sur du "virtuel"
C'est pas l'objet de l'interrogation, simplement je suis d'accord avec une des conclusions de Patrick, à savoir proposer un contre exemple positif. Sauf que j'arrive pas à imaginer quel contre exemple proposer qui serait suffisamment attractif et crédible au biz et à toute l'image qu'il véhicule, en plus des facilités matérielles qu'il offre.
Citer
tout ca c'est pas a cause de la télé
J'ai l'impression d'un dialogue de sourds... On se réveille pas un beau matin en se disant "tiens, je vais dealer de la cocaïne". Si on se retrouve là dedans c'est bien qu'on a intégré un système de valeurs différent de celui communément partagé permettant de passer outre un certains nombre d'interdits. Et ce système de valeur différent pour qu'il existe il faut bien que des gens en fasse la promotion et que d'autres s'y reconnaissent et l'intègre.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VERDUG0 le 09 janvier 2012 à 07:22:09
Le bon exemple aura du mal a venir de l'exterieur.
Il suscitera de la jalousie. Il augmentera les differences banlieusard/non banlieusard.

Par contre a l'interieur meme des banlieusards, quand y en a qui s'en sortent BIEN avec un travail legal, et que d'un autre cote t'as des potes qui partent 2 ans au trou, ca fait forcement reflechir, et certain basculent dans la tranquilite, un taf reglo.
J'en ai vu plusieurs se repentir grace a l'islam aussi. Ou a leur parent, le sport. Les centres qui s'occuppent des jeunes, ca "marche" pas trop mal, ca en eloigne definitivement une petite partie, et ca diminute un peu les conneries d une autre partie. Par contre c'est lent, ca coute de l'argent, et c'est pas forcement adapte  un petit village d'ardeche.

Le mieux, ce serait de pouvoir apporter d'autres options.
Des activites sportives avec un prof authoritaire, qui saura s'y prendre avec des racailles.
De l'argent facile (ca marche tres bien ca). Quand y a un demmenagement a faire, des travax manuels: Allez les voir, vous leur proposez 50E par jour, ca marche bien.


Entretenir une relation comme le fait Gros Calou ( :up:)est la meilleure piste pour commencer a se faire ecouter.
Si ils lui ont propose quoique ce soit et de passer un peu de temps avec eux, c'est pas pour rien.

A mon avis (et je connais que l'IDF) a part ca, pas grand chose a faire.


Patrick: je t'vais MP pour pas que le post se barre en cacahuete, apparremment j'ai eu le nez fin pour une fois.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sanguinarius le 09 janvier 2012 à 09:03:21
J'ai l'impression d'un dialogue de sourds... On se réveille pas un beau matin en se disant "tiens, je vais dealer de la cocaïne". Si on se retrouve là dedans c'est bien qu'on a intégré un système de valeurs différent de celui communément partagé permettant de passer outre un certains nombre d'interdits. Et ce système de valeur différent pour qu'il existe il faut bien que des gens en fasse la promotion et que d'autres s'y reconnaissent et l'intègre.

Oui et non :) quand tu grandis avec ca autour de toi tu ne connais rien d'autre une cité c'est comme un pays au final avec ses us et coutumes ;)

Pour le contre exemple la police de proximité fonctionnais pas trop mal ca detender les rapports on va dire ah certe on faisait des foots avec et autre pour le publique ils ont l'impression qu'ils s'amusaient mais en fait c'est une etape necessaire pour creer des "liens".

Les SAM, les maisons de quartier et autre truc ca fonctionne plus ou moins aussi sauf qu'encore une fois c'est des structures dont l'etat c'est desinteresser, l'etat prefere construire un petit parc tout beau parceque c'est plus visuel pour montrer au media et 6 mois apres le parc est dans une sale etat plus personne ne s'y interesse ya pas de suivi rien.

Un truc qui a fonctionner plutot pas trop mal dans certain quartier c'est la destruction des grosses tour et des gros block pour des logements plus moderne, moins austere et moins coupe gorge, on a vus l'impact au coeur du quartier changé en bien.

Il n'y a pas UNE solution mais plus un ensemble de pratique a mettre ou remettre en place.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: dsp le 09 janvier 2012 à 15:05:11
 J'apporte quelques trucs pour les personnes que ça peut intéresser.

Cela vient de mon parcours et, s'adressent surtout aux personnes qui habitent en cité HLM.

- Identifier les mecs qui pèsent dans le quartier, ceux qui sont le plus respecter (les grands, les entraineurs sportifs, par exemple). Si vous pouvez établir un contact cordial avec eux, ça vous mettras à l'écart des petits, qui oseront pas s'en prendre à vous

- Connaitre le terrain et les personnes qui l'occupent, on peut traverser une rue où rentrer dans un bloc sans se faire enmerder mais être dépouillé 200m plus loin car ce n'est pas la même équipe qui tient l'endroit. (Valable d'avantage dans les grandes cités)

- Être attentif à la vie du quartier, en cas d'interpellation dans la journée par exemple, rentrer la voiture dans le garage, où allez la garer en ville (quitte à prendre le bus le matin pour aller la chercher, ça évite de se la faire cramer)

- Marchez vers l'extérieur du trottoir (côté voiture garer) pour pas se faire surprendre à un croisement

- Ne jamais se mêler des embrouilles de communauté (même si on peut avoir l'impression que ça va nous faire des potes)

- La cité, c'est un peu genre de ville dans la ville, donc essayez de faire en sorte qu'on vous voie le plus possible, si y a un marché allez-y, pareil pour le kebab/épicerie, a force comme vous fassiez partie du décor on vous remarque moins, si des asso' ou des structures cherchent des bénévoles pour par exemple monter une scène pour un spectacle, proposez-vous.

- Pour les parents : inscrivez vos enfants au atelier/animation/sport de la structure du quartier, elle propose souvent des choix divers et beaucoup moins chers que des asso en centre-ville, ça vous permet de tisser des liens avec les gens du quartier et a vos enfants de se faire des amis qui vont faciliter leur intégration et leur éviter des enmerdes.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 09 janvier 2012 à 15:13:41
Ce que tu proposes DSP est logique et salutaire. Toutefois, le sujet du fil n'st pas comment protéger son cul dans ces circonstances mais comment socialement et collectivement faire évoluer les choses.

Là honnètement, je n'ai peut-être pas bon caractère mais concrètement j'ai pas envie d'acheter ma tranquilité en faisant des pipes (certes symboliques) à une bande de trous du cul. D'autant que si j'ai retenu une leçon c'est qu'à fuir un problème il finit par te rattraper, tôt ou tard.

Par contre, j'ai envie de comprendre les mécanismes de cette situation, ne serait-ce que pour espérer les inverser ou les contre carrer.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 09 janvier 2012 à 15:54:41
Quelques idées sont peut être exploitables ici: http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/phenomenes-criminels/gangs-de-rue.html
La situation québécoise est certes différentes mais des points communs existent. Des différences aussi, comme malheureusement le fait qu'on préfère en général nier purement et simplement le phénomène des gangs en France(d'ailleurs si après la controverse à propos du gangsta rap on pouvait éviter une autre controverse sur l’appellation "gang"...).
Un autre site sur le sujet: http://les7duquebec.com/2009/09/26/genese-des-gangs-de-rue/
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Sieg le 09 janvier 2012 à 17:08:40
Ce que tu proposes DSP est logique et salutaire. Toutefois, le sujet du fil n'st pas comment protéger son cul dans ces circonstances mais comment socialement et collectivement faire évoluer les choses.


 Bah déjà faire en sorte qu'un collectif qui a envie de faire évoluer les choses existe ( au niveau de la population entière j'entends ). Ensuite que ce collectif vote pour les dirigeants qui veulent réellement solutionner le problème et pas seulement être dans la démagogie. Parce que problème des banlieue est un truc qui s'est construit au fil des décénies par un empilement d'éléments divers  propices au développement d'une situation super pourrie. Honnêtement seul une force de frappe comme l'état peut solutionner la question parce qu'il y a un processus de déconstruction/reconstruction énorme a entamer.

 Nous on peut que s'efforcer de réfléchir à la question, être de plus en plus éclairé sur les vrai causes de tout ça, et ensuite essayer de propager la bonne parole ( c'est une image évidemment ). Le vote associé à un esprit éclairé c'est ce qui permettra de prendre ce genre de problème à bras le corps. Ou alors s'en remettre au destin et au hasard ( Patrick c'est pour toi   ;) ) et attendre que les gouvernants placent enfin leurs yeux en face des vrais trous ou changent. Excusez moi, mais impossible de ne pas aborder la question politique sans se voiler la face.

 Tellement de choses à dire sur un problème qui bouffe la vie de millions de gens. Hélas pour les étudiants, début janvier le temps devient une ressource a utiliser avec parcimonie !!  
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 09 janvier 2012 à 17:21:37
Je n'ai ni la prétention ni l'illusion d'aller mobiliser les foules. Par contre, au niveau de ma commune je compte bien créer une structure qui cassera tellement les c*u!lles du Maire et qui pourra suffisemment faire de bruit à l'approche des élections qu'il daignera soulever son gros coude si pesant sous lequel il a enterré les habitants du coin.

Et pour ceux qui seraient tenté par les extrêmes, les deux communes qui me posent le plus de porblèmes professionels de sécurité sont celles pilotées par des anciens du FN ayant un discours très "ferme".
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Sieg le 09 janvier 2012 à 17:50:25
 Oui dans ton cas c'est la seule chose à faire. Et tu as d'ailleurs raison de brandir la menace électoral. La corrélation potentiel électoral/politiques mises en place n'est plus à démontré.

 Mais j'avais cru comprendre que la mobilisation des riverains avait pas donné de résultats positifs ?  

 En tout cas c'est une bonne piste de réflexion je trouve. Si tu continus dans cette voie là j'aimerais bien savoir quelles vont être les suites, beaucoup d'enseignements à en tirer...
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: dsp le 09 janvier 2012 à 18:08:32
Citer
Je n'ai ni la prétention ni l'illusion d'aller mobiliser les foules. Par contre, au niveau de ma commune je compte bien créer une structure qui cassera tellement les c*u!lles du Maire et qui pourra suffisemment faire de bruit à l'approche des élections qu'il daignera soulever son gros coude si pesant sous lequel il a enterré les habitants du coin..

Si vous êtes plusieurs a partager ce point de vue, vous pourriez vous réunir sous une association loi 1901 ou rejoindre le comité de quartier et tenter de vous faire connaitre par les médias locaux, certains comité de quartier ont pus devenir une réelle force politique et faire du changement dans leur milieu.
Attention quand même au profiteur qui peuvent utiliser ses associations comme tremplin dans leur carrière.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: BULLYSSON le 10 janvier 2012 à 09:55:14
Pourquoi devient on délinquant multi récidiviste ?


Pour devenir "quelqu'un", se sentir "important", les caïds de banlieue font peur, on les craint, et la peur peut être interprétée comme une forme de respect... respect qu'on pense que l'on aurait jamais dans une filière professionnelle "classique", sans qualification...

Pour ne pas "courber le dos" et donner du "oui patron" comme l'on fait les parents, plus envie de mourir à petit feu à l'usine ou de passer le balai pour le smic même après 20 ans de bons et loyaux services... Plus envie de servir non plus celui que l'on voit comme le profiteur, celui qui cherche à t'exploiter en t'expliquant dans le même temps qu'il est bien gentil de te donner du travail...

Parcequ'on a à tord ou à raison l'impression que quand on a de l'argent, on est respecté. On voit ce que tu as pas ce que tu es...

Parceque la réputation de dur et l'argent donne plus de charme auprès des petites bourges et des nanas les plus en vue du quartier...

Parceque faire partie d'une bande, c'est se trouver une seconde famille sur qui on peut compter plus que sur n'importe qui d'autre...

Parceque l'école est vécu comme une souffrance, soit que l'on n'a pas pris goût à l'effort (voir ses parents trimer, s'abîmer la santé et le moral pour rester pauvre, ça fait pas envie), soit que les conditions de vie à la maison ne sont idéales pour étudier (promiscuité, langue parlée différente, parent violent, alcoolique, famille monoparentale etc..)

Parcequ'on se pense incapable de faire autre chose, les exemples de réussite (ou de ce qu'on pense être la réussite, gros 4x4 allemand par ex) sont sportifs, rappeurs ou.. dealeurs et braqueurs...

Parecqu'on cherche la reconnaissance, être reconnu comme un grand braqueur, un gros caïd... Comme celui qui est bon dans ce qu'il fait... les exemples de gangsters célèbres font rêver comme un zidane peut le faire...



Si on veut agir, il faut s'attaquer aux raisons du mal, à ses motivations... Donner du respect et de l'attention à toutes les actions positives, récompenser et reconnaître... Ne jamais jouer les paternalistes ou les donneurs de leçon... MONTRER L'EXEMPLE... mon avis à deux balles


A+
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 10 janvier 2012 à 11:03:37
Pourquoi devient on délinquant multi récidiviste ?


Pour devenir "quelqu'un", se sentir "important", les caïds de banlieue font peur, on les craint, et la peur peut être interprétée comme une forme de respect... respect qu'on pense que l'on aurait jamais dans une filière professionnelle "classique", sans qualification...

Pour ne pas "courber le dos" et donner du "oui patron" comme l'on fait les parents, plus envie de mourir à petit feu à l'usine ou de passer le balai pour le smic même après 20 ans de bons et loyaux services... Plus envie de servir non plus celui que l'on voit comme le profiteur, celui qui cherche à t'exploiter en t'expliquant dans le même temps qu'il est bien gentil de te donner du travail...

Parcequ'on a à tord ou à raison l'impression que quand on a de l'argent, on est respecté. On voit ce que tu as pas ce que tu es...

Parceque la réputation de dur et l'argent donne plus de charme auprès des petites bourges et des nanas les plus en vue du quartier...

Parceque faire partie d'une bande, c'est se trouver une seconde famille sur qui on peut compter plus que sur n'importe qui d'autre...

Parceque l'école est vécu comme une souffrance, soit que l'on n'a pas pris goût à l'effort (voir ses parents trimer, s'abîmer la santé et le moral pour rester pauvre, ça fait pas envie), soit que les conditions de vie à la maison ne sont idéales pour étudier (promiscuité, langue parlée différente, parent violent, alcoolique, famille monoparentale etc..)

Parcequ'on se pense incapable de faire autre chose, les exemples de réussite (ou de ce qu'on pense être la réussite, gros 4x4 allemand par ex) sont sportifs, rappeurs ou.. dealeurs et braqueurs...

Parecqu'on cherche la reconnaissance, être reconnu comme un grand braqueur, un gros caïd... Comme celui qui est bon dans ce qu'il fait... les exemples de gangsters célèbres font rêver comme un zidane peut le faire...



Si on veut agir, il faut s'attaquer aux raisons du mal, à ses motivations... Donner du respect et de l'attention à toutes les actions positives, récompenser et reconnaître... Ne jamais jouer les paternalistes ou les donneurs de leçon... MONTRER L'EXEMPLE... mon avis à deux balles


A+
Tu parles à raison d'exemplarité et effectivement ces comportements ne sont pas spontanés mais le reflet des "valeurs" de notre société.

Quand j'étais jeune mon père pourtant issu d'un milieu plus que populaire a pu s'élever et changer sa condition à force de travail acharné, avec peud e qualification et il était respecté pour cela. aujour'dhui j'aurai probablement l'exemple de quelqu'un qui ne peut modifier son sort et qui est à la limite du mépris.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 10 janvier 2012 à 21:22:36
Parceque l'école est vécu comme une souffrance, soit que l'on n'a pas pris goût à l'effort (voir ses parents trimer, s'abîmer la santé et le moral pour rester pauvre, ça fait pas envie), soit que les conditions de vie à la maison ne sont idéales pour étudier (promiscuité, langue parlée différente, parent violent, alcoolique, famille monoparentale etc..)

Ou parce qu'on est une feignasse fini, qui à un poil dans la main tellement maousse qu'il peut servir de béquille car on ne VEUT pas prendre gout à l'effort ou qu'on est con ET méchant, malgré le fait que les parents fassent tout ce qu'ils peuvent (et clairement, tout ce qu'ils peuvent c'est Byzance par rapport à ce que pouvait avoir un gamin du même age après guerre...).

Certains n'ont malheureusement pas d'excuse et sont néfastes par choix !   ;) (heureusement, ce n'est pas la majorité)


"On ne peut absoudre celui qui ne se repent pas" autrement formulé : on ne peut pas sauver tout le monde !
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 janvier 2012 à 07:56:50
Franchement Thanos, les cas que tu suggèrent sont une infinie minorité. Moi je crois beaucoup à la valeur de l'exemple. Exemplarité de la société et des corps constitués et celle des parents et référents adultes.

Moi quand je lis les politiques s'attaquer à l'absentéisme et détenir pour autant des records d'absence à l'assemblée nationales et autres assemblées électives, je me marre. Idem pour l’honnêteté avec un scandale politico judiciaire par jour. Idem pour le respect, idem pour............toutes ses valeurs dont on tance la perte par les autres.

La nature a horreur du vide et les comble, à sa façon.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 12:46:44
Biensûr Patrick ! L'exemplarité et l'émulation sont hyper importante et leur disparition est un des stigmates les plus graves de la perte des valeurs dans notre société.

Mais il ne faut pas oublier qu'un délinquant a forcemment fait le choix à un moment de sa vie de passer de l'autre côté de la ligne. Je ne dis pas que le choix est nécessairement fait de gaité de cœur, mais il a eu le choix...

Il ne faut pas perdre de vue le libre arbitre !

Qu'est ce qui fait que les membres de ce forum aient décidé de rester du côté des "bons" ? Alors qu'ils n'ont pas tous grandi dans des milieux aisés ? Voir même alors qu'ils ont peut etre eu à un moment de leur vie des ennuis avec la justice ?

Peut être parce qu'ils ont eu de bons exemples, certes, mais surtout parce qu'ils ont fini par en faire le choix.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 janvier 2012 à 13:03:41
Qu'est ce qui fait que les membres de ce forum aient décidé de rester du côté des "bons" ? Alors qu'ils n'ont pas tous grandi dans des milieux aisés ? Voir même alors qu'ils ont peut etre eu à un moment de leur vie des ennuis avec la justice ?

Peut être parce qu'ils ont eu de bons exemples, certes, mais surtout parce qu'ils ont fini par en faire le choix.
Je suis désolé de te décevoir, mais si je connais de nombreux membres de ce forum je ne peux pas garantir qu'il n'y ai pami nous aucun pédophiles, aucun mari violent, ni personne qui arrondit ses fins de mois en vendant des amphés ou de la coke ou encoe quelqu'un qui n'ait pas déjà lardé quelqu'un sans y être obligé.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 13:13:59
Tu vois très bien ce que je veux dire et tu joues sur les mots ;)
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 janvier 2012 à 13:52:02
Tu vois très bien ce que je veux dire et tu joues sur les mots ;)
Oui, je vois mais je ne suis simplement pas d'accord.

Honnètement aujourd'hui le gamin des cités qui se lève à 4h du mat pour aller faire son aprentissage Boulangerie en RER, il mérite la légion d'honneur.

Je ne dédouane personne de sa responsabilité ni de ses choix. Mais quand toute la journée on te matraque avec des licenciements de gens qui se crevaient le cul depuis 30 piges, que sans pognon tu es une m*rde et que même en faisant des études tu rejoindra ton paternel sur les bancs de la salle d'attente de pôle emploi, ça n'incline pas à la sainteté.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 14:20:00
Chacun son avis hein et heureusement ! Mais le fait est que même dans une fraterie certains franchissent la ligne jaune et d'autre non.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 11 janvier 2012 à 18:58:24
Un choix éclairé impliquerait qu'on se fasse une idée exacte et très précise du milieu qu'on veut intégrer et de l'activité qu'on se projette d'exercer.
Or c'est très rarement le cas d'après ce que je peux constater.
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Kilbith le 11 janvier 2012 à 19:07:57
Quand j'étais jeune mon père pourtant issu d'un milieu plus que populaire a pu s'élever et changer sa condition à force de travail acharné, avec peud e qualification et il était respecté pour cela. aujour'dhui j'aurai probablement l'exemple de quelqu'un qui ne peut modifier son sort et qui est à la limite du mépris.

C'est encore largement le cas, n'en déplaise aux médias. Attention aux arbres qui cachent la forêt.

Je peux témoigner qu'un jeune peut encore à force de travail et de ténacité, ni plus ni moins qu'avant, s'élever socialement. Y compris s'il est d'origine modeste, y compris si ses parents s'expriment mal en français. En revanche, il faut certainement comme par le passé d'ailleurs, le concours de parents honnêtes (pas seulement vis à vis des lois).

C'est un met délicieux, et pas si rare que cela, de s'entendre dire : "mon premier salaire est supérieur à celui de mes parents."

 :) ;)
Titre: Re : Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 19:14:13
Un choix éclairé impliquerait qu'on se fasse une idée exacte et très précise du milieu qu'on veut intégrer et de l'activité qu'on se projette d'exercer.
Or c'est très rarement le cas d'après ce que je peux constater.

Mais la c'est même pas une question de milieux !
C'est une question de légalité/illégalité diantre de pipe en bois !!!  :blink:

J'irai même plus loin, une histoire de valeur morale !!

On ne décide pas de monter au braquo, de faire de VFQ ou du vol violence comme on décide de son choix de filière au lycée tout de même !
Dans le cas inverse ça dénoterai franchement d'un comportement asocial et anti-républicain... 

Je peux témoigner qu'un jeune peut encore à force de travail et de ténacité, ni plus ni moins qu'avant, s'élever socialement. Y compris s'il est d'origine modeste, y compris si ses parents s'expriment mal en français. En revanche, il faut des parents honnêtes (pas seulement vis à vis des lois).

Exactement, avec un peu de moelle, de bonne volonté, en prenant un peu plus sur soi plutôt que de compter sur les autre en pleurant comment la société elle veut pas nous insérer, on en retire forcement du bon.

On sait que l’ascenseur social est panne depuis un petit moment et qu'il faut donc se résigner a prendre les escaliers ! Alors il faut avoir le réflexe de compter sur soi et non plus sur la communauté pour s’élever et se transcender.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Leif le 11 janvier 2012 à 19:22:15
Citer
On sait que l’ascenseur social est panne depuis un petit moment et qu'il faut donc se résigner a prendre les escaliers

oui mais tout le monde ne part pas du meme etage donc pour beaucoup la sensation de monter n'est pas trop fatiguante alors que ceux qui parte du rdc arrive au 15 etage ils font la gueule et si en plus il y a un clampin qui vient faire son malin car comme il est tout frais en arrivant du 10.

faudrait voir a pas pousser :)
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 19:29:39
oui mais tout le monde ne part pas du meme etage donc pour beaucoup la sensation de monter n'est pas trop fatiguante alors que ceux qui parte du rdc arrive au 15 etage ils font la gueule et si en plus il y a un clampin qui vient faire son malin car comme il est tout frais en arrivant du 10.

Ah ben ça, malheureusement, ça a toujours été...  :(

Comme dirait la poète : "la vie c'est pas juste et à la fin on meurt"

Citation de: Coluche
Dieu a dit : il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, il y aura des hommes noirs et il y aura des hommes blancs... Et tous seront égaux ; mais ça sera pas facile tous les jours... Et il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux ce sera très dur !
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 11 janvier 2012 à 19:30:41
oui mais tout le monde ne part pas du meme etage donc pour beaucoup la sensation de monter n'est pas trop fatiguante alors que ceux qui parte du rdc arrive au 15 etage ils font la gueule et si en plus il y a un clampin qui vient faire son malin car comme il est tout frais en arrivant du 10.

faudrait voir a pas pousser :)

 :doubleup:

Remplir les vides, allez discuter, faire comprendre, c'est ça la proximité, maintenant il y a comme pour beaucoup, des citadelles imprenables. Moi j'ai "" réussi, parce-que derrière il y avait pas de gros deals, aucun marché etc... Juste un point de rdv qui est resté un point de rdv, mais plus calme. Ce n'est pas avec la population de retraité de l'armée qu'ils vont explosé leur chiffre d'affaire de revente de came. Par contre il sont tranquille pour faire leur brainstorming et se dévisser la tronche. En fait cela est devenu leur ligne de conduite, on est sage comme des images, par contre ailleurs ????
La grande borne, les Tarterrets, Grand vaux etc... Là je n'avais aucune chance  ;)
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 19:39:17
Citation de: Coluche
Mais c'est pas lui qu'a dit : " Y en a qui bosseront huit heures par jour et d'autres qui se baisseront pour les ramasser, puisque ceux qui bossent sont assez bêtes pour se laisser faire !"
C'est pas lui, c'est un gros mec barbu qu'est arrivé plus tard et qui voulait bouffer dans sa gamelle.

 ;)

:doubleup:

Remplir les vides, allez discuter, faire comprendre, c'est ça la proximité, maintenant il y a comme pour beaucoup, des citadelles imprenables. Moi j'ai "" réussi, parce-que derrière il y avait pas de gros deals, aucun marché etc... Juste un point de rdv qui est resté un point de rdv, mais plus calme. Ce n'est pas avec la population de retraité de l'armée qu'ils vont explosé leur chiffre d'affaire de revente de came. Par contre il sont tranquille pour faire leur brainstorming et se dévisser la tronche. En fait cela est devenu leur ligne de conduite, on est sage comme des images, par contre ailleurs ????
La grande borne, les Tarterrets, Grand vaux etc... Là je n'avais aucune chance  ;)

Des consommateurs et dealeur occasionnels plutôt que des pro donc ?!
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: ** Serge ** le 11 janvier 2012 à 19:48:51
Une réaction intéressante de l'acteur Richard Dreyfuss sur un plateau télévisé.

Gommez tout ce qui concerne la nation américaine du discours pour obtenir quelque chose de clair, logique, simple, évident et ayant du bon sens.

On dépasse le cadre politique pour entrer de plein pied dans le cadre philosophique.

http://www.youtube.com/v/JodajZV0itM?
Titre: Re : Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 11 janvier 2012 à 19:55:16
Des consommateurs et dealeur occasionnels plutôt que des pro donc ?!

Même pas ! Rien qu'une réunion de djeun's, maintenant ce qu'ils prévoient et se monte comme plan, je sais pas. Comme je disais plus haut, j'ai certainement déplacé le problème, les clients doivent peut-être faire 20 kils pour leurs achats, mais rien ne distille sur mon cite  ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: BULLYSSON le 11 janvier 2012 à 20:03:34
Le discours du "si ils sont comme ça c'est de leur faute, il ne reste qu'à punir pour qu'il comprenne", ce discours traduit dans les actes NE MARCHE PAS, la seule répression ne marche pas, continuer à armer les policiers avec des fusils à pompe et vous aurez en face des lance-roquettes. Durcissez le ton et vous aurez la même réponse en face. Des jeunes qui se moquent de mourrir ou de prendre 10 ans de prison c'est de moins en moins rare... Soit on change la méthode soit on va droit dans le mur... comme aujourd'hui.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 20:19:12
Le discours du "si ils sont comme ça c'est de leur faute, il ne reste qu'à punir pour qu'il comprenne", ce discours traduit dans les actes NE MARCHE PAS, la seule répression ne marche pas, continuer à armer les policiers avec des fusils à pompe et vous aurez en face des lance-roquettes. Durcissez le ton et vous aurez la même réponse en face.

Il ne me semble pas que quelqu'un ai dit cela dans la discussion.

Mais comme le dit Patrick très justement, il faut renverser la vapeur question exemplarité. Et effectivement les ouvriers qui en chient devraient être décoré et porté en exemple plutôt que que certains sportifs moralement pourri ou autres chanteurs de variété ringarde...  :(

Citer
Des jeunes qui se moquent de mourrir ou de prendre 10 ans de prison c'est de moins en moins rare... Soit on change la méthode soit on va droit dans le mur... comme aujourd'hui.

C’était redevenu rare durant les 30 glorieuses mais c'est pas neuf ! La vrai question c'est pourquoi (oui hein je prends des risques en disant ça  ;#)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 11 janvier 2012 à 20:19:50
Le but de mon post n'est pas de faire une analyse sociologique ou politique même si comprendre le pourquoi des situations est utile. Mon propos se situe dans le comment agir au niveau local, comment contribuer à changer des choses concrètement.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Gros Calou le 11 janvier 2012 à 20:23:18
Moi je suis persuadé, vu mon humble expérience que régler le problème au niveau local est déplacé le problème. Maintenant je me trompe certainement, la prochaine fois que je croise mes loustics, je vais leur poser la question. Ils me font suffisamment confiance pour me faire une entrevue vérité  ;)

De plus j'ai la possibilité de la faire avec témoins  ;)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Thanos le 11 janvier 2012 à 20:31:39
Peut être faut il des actions locales à l’échelle nationale ?!   :blink:
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: BULLYSSON le 11 janvier 2012 à 22:04:28
Sans un changement dans la manière de faire de la politique, sans un contrôle plus sévère du contenu des émissions de télévision, sans un accès visible des minorités à des postes à responsabilité sans passer par des quotas mais au mérite, comme tout le monde, sans une restructructuration du système scolaire (moins d'élèves par classe, plus de soutient scolaire, moins d'heure de cours, plus d'activités extra scolaires UTILES, plus de place pour les initiatives et la responsabilisation des élèves), sans plus de dialogue et d'activités inter-générationnelles, inter-culturelles et inter-religieuses, sans une mixité sociale dans le logement, sans une redéfinition de la politique judiciaire et carcéral, bref sans volonté d'agir sur les causes plus que sur les effets... On en sortira pas. Bref préparer vos pack déménagement ou battez-vous !

Thanos, si tu dis que certains sont voyous exclusivement par choix, comment penses leurs éviter de nuire sinon par la punition ? Je n'ai pas dû bien comprendre... Les vrais gangsters on ne les calme pas... mais on peut éviter d'en avoir 10 pour cent plutôt que 1 pour mille comme ça a pû être le cas par le passé... En les sauvant eux tu te sauves toi même, au du moins ta tranquilité.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: kanarwc le 12 janvier 2012 à 00:00:23
JP Le Goff pose un regard et des réflexions intéressantes :
http://www.marianne2.fr/J-P-Le-Goff-ultraviolence-en-finir-avec-l-angelisme-educatif_a193575.html

et pour creuser un peu plus :

Violences et déstructuration anthropologique
http://www.politique-autrement.org/spip.php?rubrique53

Violences dans les banlieues : regarder la réalité en face
http://www.politique-autrement.org/spip.php?rubrique44
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 12 janvier 2012 à 04:55:19
Citer
On ne décide pas de monter au braquo, de faire de VFQ ou du vol violence comme on décide de son choix de filière au lycée tout de même !
Tu parles là d'actes ponctuels, moi je te parle de la décision d'adopter un style de vie anti social basée sur des activités criminelles liées au trafic de stupéfiant au sein d'un groupe plus ou moins organisé (un gang de rue quoi).
Les ados (enfin parfois on commence même plus jeune) qui font ça, le font, en général, en s'illusionnant sur la réalité de la voie qu'il ont plus ou moins consciemment choisie, illusion confortée par une certaine mode véhiculée notamment par un certain style musical faisant l'apologie du style de vie menée par les membres des gangs.
On peut aussi noter que parfois y'a même pas à proprement parler de décision consciente, on naît au milieu de ça, la normalité c'est donc de dealer. C'est quand même encore rare en France, mais ça arrive.
De plus il peut exister une stratégie consciente de recrutement basée sur la séduction: argent facile, valorisation du statut d'appartenance etc... voire basé sur la menace ou le harcèlement.
En outre on entre en général dans ce milieu (les bandes organisées de dealers) quand on est jeune, voire très jeune, c'est à dire influençable. Il suffit d'un environnement social pourri pour que la question du "choix" conscient ne se pose pas aussi clairement qu'à un adulte qui mesurera plus facilement la portée et les conséquences de ses décisions et des actes qui vont en découler.
Dernier truc: il ne s'agit pas d'excuser, de minimiser, d'accuser ou de désigner qui est coupable ou innocent, juste d'essayer de comprendre le phénomène.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: VieuxMora le 12 janvier 2012 à 08:31:05
Pour comprendre le phénomène, avec un peu de recul, il existe un livre incontournable datant de ...1963 traduction d'une étude américaine de 1958 sur les gangs de jeunes Américains: Les bandes d'adolescents par Bloch et Niederhoffer, éditions Payot.

http://www.amazon.fr/Bloch-Niederhoffer-Bandes-dadolescents-Élisabeth/dp/B0014R252E

Ce bouquin est très facile à trouver d'occase, de 1 à 8 € selon les sites.

Les phénomènes que nous observons en France ne sont pas nouveaux, c'est leur fréquence et croissance qui pose problème.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: sanguinarius le 12 janvier 2012 à 10:26:05
Hello

Je pense qu'il faut resituer le debat on parle de délinquance de proximité (petit trafic et autre ...) ou de "grand banditisme" (gros trafic, arme, stup, braquage) un truc bien organiser planifier quasi militairement.

Comme le titre indique délinquance de proximité on vas rester la dessus, faut savoir qu'au quartier tu as rien d'autre a foutre hormis te faire voir et trainer c'est l'ambiance du quartier qui veut ca et c'est comme ca, tu nés la dedans.
On est dans un etat d'esprit specifique ou j'ai envie de dire rien ne compte et on ne pense pas au consequence de nos actes a proprement parlé, tu te fait chié avec des potes et "tiens si on aller taper l'epicerie" souvent a petite echelle ca se decide sur un coup de tete plus ou moins rapide, ya pas de reflection sur "si on se fait chopper on vas payer plus chere que ce qu'on vas gagner".

mrmagoo je suis plus ou moins d'accord avec toi (pas sur tout ca serais trop facile :p ) j'ai envie de dire qu'a cette echelle ya pas vraiment de gang ya surtout une bande de pote de quartier (ou pas) qui se disent bah pourquoi pas, why not. Le biz fait partie integrante du quartier (encore plus quand on vient d'un des plus grand port de france) les choses tombé du camion ca fait vivre des familles entieres, ya des solutions alternatives mise en place par l'etat ? Quand t'as pas d'etude car faut le dire l'education dans les "zep" c'est pas ca du a une ambiance generale aussi :) donc pas d'etude, pas de diplome, cataloguer quand tu dis que tu viens de tel quartier ... bref le moyen le plus facile c'est de taper dans l'illegal, ca represente des milliers de jeune ou moins jeune qui brassent des centaines ou quelsque millier d'euros, ramené a l'individu ca fait pas des sommes astronomique.

On veut parler de delinquance ? faut aussi regarder a tout les niveaux :) et au niveau des gens qui sont censé etre des modeles pour la france ( Les politiques je vous salue)

Citer
De plus il peut exister une stratégie consciente de recrutement basée sur la séduction: argent facile, valorisation du statut d'appartenance etc... voire basé sur la menace ou le harcèlement.

C'est plutot tres rare ce genre de chose :) tu ne recrutes pas ou peux de personne non fiable
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Sieg le 12 janvier 2012 à 10:29:50
JP Le Goff pose un regard et des réflexions intéressantes :
http://www.marianne2.fr/J-P-Le-Goff-ultraviolence-en-finir-avec-l-angelisme-educatif_a193575.html


 Le Goff est un bon mais quand même vachement orienté dans son étude, ça frôle souvent la recherche idéologique ( j'en sais quelque chose je l'ai lu la semaine dernière pour un dossier sur les mobilisations des jeunes justement ). Moi je trouve pas forcément ça mauvais, mais ça doit être signalé.

Pour le reste je vais pas reprendre les propos de Bullysson et Magoo qui ont parfaitement résumé. Juste étoffer quelques points.

 Quand j'étais plus jeune je considérais les wesh comme des purs dégénérés, des mecs ( et des nanas ) dépourvus de toute réflexion, engoncés dans une imbécilité de tous les instants et qui en plus cassaient les c*u!lles, vraiment de la raclure de bidet. Puis au fil du temps ( et assez indépendement de cette question ) je me suis rendu compte que ce que j'étais devenu était en grande partie du à la façon dont j'avais été construit par mon environnement. Mes parents surtout, mais aussi mes potes et leurs parents, l'école, la ville, qui continuaient ce qui se construisait chez moi. A ce moment là et en repensant aux cailles, j'ai compris que les chances que ces mecs me ressemble compte tenu de leur environnement relevait bien plus de l'exception que de la norme. C'est aussi ce que je reproche à Le Goff, il englobe tous les jeunes dans le même paquet alors qu'entre moi et mes potes et des mecs d'un quartier y a un monde entier qui nous sépare. On peut pas être appréhendé de la même façon. Je passais y a pas longtemps dans un quartier près de Parilly, pas un ghetto coupe gorge hein, juste pas mal de HLM. Je suis passé devant l'école primaire qui était au coeur du quartier. Bah m*rde, comment tu veux que les gamins soient bien intégrés dans le reste de la société quand le seul truc qu'ils voient jusqu'à 10 11 ans c'est leur tour, et leur camarades de classe qui viennent tous du même milieu et sont à 90% arabes et musulmans (pas pour pointer leur origine comme cause mais le fait de n'être confronté qu'à leur culture propre qui n'est du reste pas celle du reste de la société). Y a un moment t'auras beau pointer l'angélisme de gauche, ou les dérive de la valeur respect, si l'ensemble de la structure environnementale s'érige comme une invitation de tous les instants à aller dans la mauvaise direction, y a de grande chance pour que ce soit elle qui gagne à la fin.

    Néanmoins, je pense qu'il y a aussi une culture banlieue qui est née dans des quartiers vraiment pourris et s'est exportée dans d'autres zone et chez une population beaucoup plus inséré (ou du moins avec la possibilité de le faire). Donc on se retrouve avec des ados qui sont dans un cadre environnemental qui si il n'est peut être pas le meilleur du mondes est vraiment loin d'être le pire et qui vont adopter le comportement des mecs des quartier "originels". Ca m'avait fortement frappé quand une fois dans le bus j'avais surpris une discussion entre deux wesh ( une jeune fille et un jeune homme pour être exact ). La fille soutenait au garçon que c'était dur pour elle parce qu'elle habitait Chaponost ( banlieue résidentielle pépère de l'ouest Lyonnais ) et que donc ça le faisait pas quand elle arrivait dans un groupe, pas crédible. Donc elle préférait dire qu'elle habitait un coin plus pourris comme la Saulaie ou Le Golf afin d'être considérée comme légitime dans le groupe. On est donc à un âge où faire parti du ghetto est pas vu comme un handicap mais comme une marque de prestige ( plus le quartier est pourri plus le prestige monte ). Faut pas en tirer des lois hein, je dis pas ça, mais c'est quelque chose qui est somme toute assez visible et qui pose question par rapport au reste.

Donc....
Le but de mon post n'est pas de faire une analyse sociologique ou politique même si comprendre le pourquoi des situations est utile. Mon propos se situe dans le comment agir au niveau local, comment contribuer à changer des choses concrètement.


 Comme déjà dit, amha la seule solution qui peut s'avérer efficace pour régler le problème localement c'est d'organiser un maximum de gens pour imposer le problème comme devant être rapidement résolu. Mais évidement le plus dur c'est de mobiliser des gens, ce que tu as déjà commencé à essayer de faire. Peut être qu'on pourrait réfléchir à Comment mobiliser rapidement et efficacement une population locale en vue de la résolution d'un problème? On sait que sa survie dépends dans beaucoups de cas de notre population voisine alors... :)

 Mais  ce problème serieux, grave, et vital de la délinquance française doit et devrait toujours être  appréhendé dans l'ensemble de ses dimensions, parce que justement il n'existe pas de solutions permettant d'agir concrètement, rapidement, et si j'ose dire simplement, au niveau local tant le problème est complexe et tentaculaire. N'en déplaise à certains.

 
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Patrick le 12 janvier 2012 à 11:10:43
Ça bouge un peu, de trois on est passé à 18 familles, de toutes origines.

C'est pas évident mais on commence à se renifler un peu le cul sans montrer les dents. Je crois que tous les parents dignes de ce nom et peu importe la langue, la religion ou le niveau d'étude ne tiennent pas à ce que leurs gamins tournent mal, même s'ils sont plus ou moins déterministes. Du coup rencontrer d'autres gens qui ont les mêmes problèmes qu'eux les rassurent et leur donne un peu l'envie de faire.

On va voir si on avance encore.
Titre: Re : Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Sieg le 12 janvier 2012 à 21:14:51
Ça bouge un peu, de trois on est passé à 18 familles, de toutes origines.

C'est pas évident mais on commence à se renifler un peu le cul sans montrer les dents. Je crois que tous les parents dignes de ce nom et peu importe la langue, la religion ou le niveau d'étude ne tiennent pas à ce que leurs gamins tournent mal, même s'ils sont plus ou moins déterministes. Du coup rencontrer d'autres gens qui ont les mêmes problèmes qu'eux les rassurent et leur donne un peu l'envie de faire.

On va voir si on avance encore.

 Ca ça fait plaisir et ça redonne confiance put**n  :)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: mrmagoo le 13 janvier 2012 à 16:56:35
Citer
j'ai envie de dire qu'a cette echelle ya pas vraiment de gang ya surtout une bande de pote de quartier (ou pas) qui se disent bah pourquoi pas, why not.
Dans le cas décrit par Patrick ça semble déjà aller au delà de la bande de potes: l'ouverture d'un point de vente dans un coin dont les mecs sont pas originaires, les responsables du point de vente en bagnole (donc des adultes), les coursiers/guetteurs en scooters (donc probablement des ados).
Quand on parle de gangs de rue on se réfère souvent à une image d'Epinal, genre Creeps&Bloods, MS13 etc... la définition d'un gang par la police québécoise c'est:
Citer
Regroupement plus ou moins structuré d'adolescents et de jeunes adultes, qui privilégient la force d'intimidation du groupe et la violence, et qui accomplissent des actes criminels avec une certaine régularité dans le but d'obtenir pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler certaines sphères d'activités criminelles


A propos de l'apologie du style de vie criminel à travers la musique c'est pas spécial au gangsta rap, mais c'est ce qui est le plus connu et écouté de ce genre en France. Non que ce soit la cause mais ça aide juste pas. Autre contrée, autres mœurs, autre musique: http://youtu.be/LzkR53j-qIE Là aussi on y fait l'apologie du narco trafic, de la vida loca et du style de vie criminel associé au trafic. Ça forme un arrière plan culturel qui rend plus facile l'intégration de valeurs propre au milieu concerné (et donc l'abandon des valeurs antérieures). Ici le milieu en question c'est les déserteurs de l'armée recrutés par le Cartel du Golfe, qui ont re-déserté les rangs de leurs nouveaux employeurs pour former leur propre organisation (los Zetas). En tant qu'ex militaires ils n'hésitent pas à utiliser l'action psychologique en instrumentalisant les narco corridos afin de faire leur propre promo et faciliter le recrutement. L'exemple est ici extrême et largement utilitaire mais la mécanique et le résultat sont identiques à ce qui se passe ailleurs, même si le but de certains style musicaux n'est pas la promotion directe d'un groupe criminel particulier.
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Pouçot le 04 novembre 2012 à 14:41:55
Je remonte le fil parce qu'il me semble pouvoir le faire.  :)
Pour une fois, je participe à une discussion sans avoir pris le temps de lire l'ensemble (8 pages de discussion), et ce pour une raison simple; Leif avait tout dit dès sa première intervention.
Clairement et sans appel.

une autre solution vous remplissez tous les vides qui ont permis a cette délinquance de s'incruster.

Petite mise en lumière d'un des aspects du problème sociétal que je tire de mon expérience personnelle.

J'ai grandi dans une petite ville du Loiret (Gien) comme il en existe partout en France. Les fleurs y fréquentent le béton dans un imbroglio urbain qui prend tantôt des allures de petite ville bourgeoise, tantôt des airs de cité dortoir.
Plus précisément, j'ai passé mon enfance dans la principale cité de cette ville. Tout n'était pas rose; mais tout n'était pas kaki.
Dans ma mémoire cohabitent aussi bien le souvenir de Yasser et de son visage ravagé par la soude versée dessus pour manquement de paiement, que celui des innombrables parties de foot jouées étant gosse.
On se tamponnait éperdument l'oreille avec une babouche du "black, blanc, beur" parce qu'on le vivait au quotidien, chose ignorée de nos zélites fabricants de concepts.
Nos mères étaient tranquillement rassemblées dans le parc à côté et surveillaient du coin de l'oeil nos débordements. Nos papas étaient nos papas.

Et c'était cool, put**n.
Le monde se divisait en deux catégories distinctes, ceux qui insultent ta mère et ceux qui lui tiennent la porte.  :)

Puis, d'un coup; d'un seul, le quartier a commencé à se ghettoiser. Doucement.
C'est d'abord l'intermarché qui a fermé ses portes pour s'installer en dehors de la ville. Les femmes devenaient donc esclaves de leurs maris et surtout, de leur motorisation; personne n'avait les moyens de posséder deux voitures, et les papas devaient donc jouer au taxi une fois la journée de boulot terminée, là ou auparavant, les mamans faisaient leurs courses elle-mêmes. Peu de ces dernières pouvaient dégager dans une journée les heures nécessaires afin de faire les 5 kilomètres aller-retour pour se rendre au supermarché.
A la longue, installer un comportement de dépendance n'est pas sain.

Puis, la mairie a pris la décision de fermer le foyer des jeunes travailleurs (http://www.lejournaldegien.fr/actualite/Quartier-des-Montoires-a-Gien-:-des-amenagements-qui-se-font-attendre-2211.html) 

(http://www.lejournaldegien.fr//uploads/information/2211-photo1-snap.JPG)

Voila la gueule qu'il tire à ce jour.

Résumons:

1) fermeture des commerces (bureaux de tabac, boulangerie, supermarchés...)
2) éloignement de la jeunesse et dispersion de cette dernière dans le centre ville.

...
J'ai quitté ce bled peu ou prou à ce moment là.
...

J'y suis revenu lorsque je me suis réinstallé chez ma mère, il y a un an de cela.
Tout a changé. Tout. Les gosses ne jouent plus ensemble et les mères sont chacune à leurs affaires.
Je ne saurais tenter d'expliquer pourquoi dans le détail sans sombrer dans le politique, aussi; je m’abstiens.  :closedeyes:




Chacun tirera les conclusions qu'il veut, mais il me semble que de tout temps, l'organisation de la cité était faite de telle sorte que le marché était au coeur de la vie...

(http://lh5.ggpht.com/_asWbSS9cVvc/TGVPEHwTohI/AAAAAAAABt4/GRHhdWwMRR0/pompei_plan%5B1%5D.jpg)

Plan plus détaillé de la ville de Pompéi (http://www.ac-grenoble.fr/lycee/diois/Latin/IMG/jpg_Pompei.jpg)

(http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/70/Pergamon_Museum_Berlin_2007079.jpg/800px-Pergamon_Museum_Berlin_2007079.jpg)

Plan du centre de Millet, le marché et ses alentours vers -200.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Milet (http://fr.wikipedia.org/wiki/Milet)



Il n'y a pas de hasard mais une volonté claire à l'oeuvre, le processus que je décris; je l'ai constaté partout en France.
Une simple recherche google avec les mots-clés [Fermeture supermarché/magasin] est en soi une preuve.

Ici (http://www.lavenirdelartois.fr/actualite/la_une/Bethune/2012/11/02/article_grenay_la_fermeture_du_magasin_lidl_prog.shtml), là (http://www.courrierdelouest.fr/actualite/saumur-le-seul-supermarche-du-centre-ville-sapprete-a-fermer-26-10-2012-90624) ...

(http://michelineprahecq.parti-socialiste.fr/files/larep20090323-2.jpg)



Voila une piste de réflexion.  :)
Titre: Re : Délinquance de proximité.
Posté par: Vincent le 04 novembre 2012 à 16:33:48
ta reflexion est sensée mais m'amene a me poser une autre question :
la getthoisation est elle due a la fermeture des commerces de proximite pour des raisons economiques ou ces petits commerces ont fermes car ils en avaient marre de se faire braquer toutes les 5 minutes ?

par chez moi, il existe plusieurs cites relativement craignos (je parle en connaissance de cause j'y vis) quelques commerces en peripherie : boulangerie, pharmacie et une grande surface et un fast food (sans oublier une agence postale geree par la mairie) et ben regulierement ces etablissement se font braquer, du vol de caisse au cambriolage nocture en passant par le braquage durant l'ouverture avec armes (la semaine derniere le fast food). Franchement, je suis commercant, 1 fois je me dis : "OK ca arrive a tout le monde" apres, je ne cherche plus a comprendre : je demenage ailleurs ! alors certes c'est malheureux ,pour les gens normaux qui vivent dans ces quartiers (alors par normaux, je veux dire non delinquents, et bien entendu c'est une ecrasante majorite par rapport a quelques branleurs qui essaient de faire leur loi) mais quand le maire te dit : non monsieur, il ne se passe rien de mechant ici en argumentant sa mauvaise foi en rejetant la faute sur ses predecesseurs ben tu te dis que la solution qui va bien c'est de partir... et donc le quartier se getthoise de plus en plus c'est un cercle vicieux mais bon marre de vivre dans l'insecurite et la peur. La police fait son boulot et le fait bien, on ne peut pas dire le contraire, ils ont toujours ete presents en cas de besoin mais c'est derriere que ca ne suis pas... les fonctionnaires de police du coin le deplore egalement.

Alors probleme social, economique ou politique ? Ben je pencherais sur un subtil melange des 3 et pas vraiment de solutions au bout du tunnel. Ce qui est malheureux.