La capote anti-viol c'est une fausse bonne idée. Peut-être que le mec peut en effet en éprouver ensuite un certain remord du coup et ne plus recommencer et encore... ça n'empêche en rien la violence qui a lieu avant, et la violence qui risque d'avoir lieu après, quand le mec en question déchaînera sa rage sur celle qui l'a si outrageusement blessé dans sa virilité

Après deux semaines d'absence j'ai mis un peu de temps à tout lire. Oui, vous avez raison en un sens, créer une telle liste supposerait qu'on puisse explorer tous les types de situations et à peu près toutes les catégories de victimes et d'auteurs. Mais cela n'empêche pas d'identifier quelques comportements précurseurs et si ça peut éviter à certaines d'en passer par là ce sera déjà ça de pris.
Petit aparté à Verdugo : je vois très bien ta position, et j'ai déjà entendu ça, c'est aussi pour ça que je n'en ai parlé que très rarement, culpabilisant assez moi-même je ne me voyais pas encaisser ce type d'arguments de la part d'un autre. Oui il y a parfois une part d'inconscience, et quand t'es gosse je crois que c'est un peu ce qui te caractérise
malheureusement heureusement. Un gosse n'est pas pour autant coupable de son inconscience, il est comme ça, c'est intrinsèque. Crois-moi ça disparaît après et d'une manière très brutale. Je ne valide pas ça non plus pour une adulte, justement parce qu'on peut très bien ne pas voir venir du tout, n'avoir rien fait pour déclencher quoi que ce soit, et m*rde à la fin, celui qui agit peut aussi choisir de ne pas le faire!
Après ce post de l'autre jour, j'ai commencé à lister les petits trucs qui auraient dû me donner l'alerte et vu que certains ont eu l'air intéressés pour leurs enfants je peux expliquer.
- le mec était mielleux, trop. Il avait changé imperceptiblement d'attitude en m'incitant à le suivre "pour parler" : gestes tout en douceur, voix devenant presque trop douce, doucereuse (je me souviens encore de cette voix-là, il parlait lentement en souriant, d'un ton égal)
- parallèlement j'aurais dû distinguer l'écart entre cette attitude manifestement construite pour m'"endormir" et quelques gestes de nervosité (il n'arrêtait pas de regarder autour, il se rongeait les ongles et il fumait des tonnes de clopes sans les finir, il était assis sur un muret et sa jambe ne cessait de bouger)
- j'aurais dû aussi partir quand il a commencé à me rabaisser, à me dire que j'étais une gamine, que j'avais de la chance et que toutes les filles du camping voudraient être à ma place (toujours en souriant avec sa voix doucereuse)... trouver un prétexte pour me casser en lui disant que j'allais revenir tout de suite.
- j'aurais dû enfin courir loin quand il a essayé de me convaincre avec des arguments que c'était vraiment bien de faire ça : "il faudra bien que tu le fasses un jour", "tu verras après tu seras vraiment une femme", "je vais chercher de la bière dans ma tente ça va te détendre et tu vas aimer ça" puis en s'énervant un peu "put**n mais tu peux pas me chauffer comme ça et après ne rien faire, maintenant t'es obligée" (paraît-il, vu que je ne portais pas de soutif sous mon pull- normal pour une fille sans nichons de 13 ans, lui il avait 19 ans peut-être était-ce hors de sa portée intellectuellement ce fait très simple- j'avais sciemment fait en sorte de l'aguicher).
J'ai juste dit non, vraiment non, arrête je suis trop jeune pour faire ça et j'ai pas envie, je croyais que tu voulais juste parler (à ce moment-là je le trouvais lourdingue mais c'était encore mon ami), et ça s'est déchaîné en un instant.
Je dirais donc de se méfier d'une personne dont toutes les composantes de l'attitude ne sont pas en accord les unes avec les autres et ne sont pas non plus en accord avec les mots prononcés, se méfier des changements de comportement, des changements dans la voix.
Je dirais aussi de se méfier d'une personne qui vous rabaisse pour obtenir quelque chose de vous, ou qui argumente "à charge" en devenant trop insistante.
Je dirais d'apprendre à mentir et à bien mentir (voire paraître hautement naïve) pour faire croire qu'on adhère à la proposition mais qu'avant on va : aller chercher un truc (on ne revient jamais), prendre une douche (si on est dans une maison, on s'enferme avec son portable et on appelle quelqu'un qui viendra inopinément nous sortir de la m*rde), pisser (idem avec les toilettes) ou aller boire un verre (si on est en ville on se rapproche d'un lieu très public et on demande de l'aide à un responsable du lieu où l'on est), ou que sais-je encore... dans mon cas j'aurais très bien pu lui dire si j'avais vu venir l'embrouille "ok, mais d'abord je dois aller aux toilettes", j'en aurai profité pour retourner vers les adultes...
Evidemment que ce ne sont que de petits trucs et que c'est loin d'être exhaustif, que ça ne s'applique qu'à un cas précis, n'empêche, ce genre de cas, c'est bien plus fréquent qu'on croit... et notamment à l'adolescence.
Une fois que les filles ont suivi, elles croient qu'elles n'ont plus le choix (et leur dire qu'elles ont le choix TOUJOURS et à TOUT MOMENT ça éviterait déjà sans doute bien des "mésaventures"). Les mecs eux doivent sans doute croire qu'ils ont des "droits", y compris celui d'user de la force.