Posté par DavidManise - JACA : c'est effectivement très intéressant. Il y a juste un truc, c'est qu'il paraît difficile de penser en ces termes dans le feu de l'action
, mais je suppose que ce n'est pas le but de cette analyse !
Effectivement. Il ne s'agit que d'un cadre d'analyse, d'un outil conceptuel, qui permet de prévoir quand un individu va avoir un comportement violent. Il est utilisé par la firme Gavin De Becker, Inc. pour essayer de prévoir si un individu qui a un comportement alarmant va vraiment passer aux actes ou pas. Mais j'ai trouvé que le même outil pouvait très bien être utilisé pour nous-mêmes aussi. Ça fonctionne.
Mais c'est clair que dans le feu de l'action, il ne s'agit plus de prévoir. Si le gars est en train de te taper dessus, t'as pas besoin de savoir s'il a les 4 lettres en tête

Et pis juste avant, avec le stress, je ne pense pas personnellement que je commencerais à réfléchir en ces termes. L'instinct de survie prend le relais, dans ces moments là, et on se débrouille in vivo avec les outils dont on dispose.
- L'anedocte que David raconte sur les gars qui se sont bagarrés pour une place devant un distributeur de billet : c'est sûr que comme ça, à froid, c'est ridicule. Mais concrètement, si quelqu'un vous passait devant comme ça dans une file d'attente, comment vous faites ? Une fois, ça m'est arrivé il y a quelques années, j'ai pas osé protesté parce que le gars avait l'air très agressif (il avait auparavant menacé de casser la gueule à des gens qui fumaient !). Des années après, j'en ressens encore un sentiment d'humiliation, et je me dis que maintenant, je serais près à aller jusqu'au bout dans mon refus de céder la place. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que tu as bien fait de lui céder ta place.
Quand un gars aggressif et visiblement pas dans son assiette me provoque comme ça, il cherche un prétexte pour taper sur quelqu'un. De l'empêcher de prendre la place au distributeur ne fait que déclencher une crise qui a été préparée des années auparavant. Bref, ça ne change rien.
Tiens, une autre anecdote.
On était dans le Vieux-Québec, un jour, et un gars m'accoste. Regard noir, non-respect des distances, etc. Il me fait "donne moi une cigarette câlisse !"...
- Je fume pas, désolé. Je soutiens son regard, je me prépare à toute éventualité. Rush d'adrénaline, etc.
- Ben COMMENCE câlisse !!!!
Je réponds rien. Il s'en va.
Dix minutes plus tard, je le vois dans la rue un peu plus loin, il était en train d'engueuler un autre gars parce qu'il lui avait donné une cigarette mais qu'il n'avait pas de feu. Ça a fini en bagarre. Des flics en civil sont intervenus, etc.
Ce gars là, il ne cherchait pas une clope, il cherchait quelqu'un pour se battre et se défouler.
Est-ce que de me battre avec lui aurait pu changer son comportement ? Je pense pas. Les causes de son aggressivité étaient plus profondes que ça, et c'est pas en tapant dessus que j'allais le guérir de sa connerie.
Par contre, le fait est que je ne me suis pas senti humilié ni quoi que ce soit. Peut-être, quelque part, parce que je savais que j'avais les moyens physiques de m'interposer ou de me défendre, ou même de lui défoncer la gueule, mais que j'ai CHOISI de ne pas le faire en toute conscience.
Je pense que l'humiliation vient du fait qu'on ne se sent pas LIBRE de ses choix, et que c'est la peur qui nous force à reculer. Mais il ne faut pas se leurrer : c'est NORMAL.
Mieux vaut être humilié, libre et vivant que de garder son honneur et de finir dans un trou, en terre ou en taule.
Juste mon opinion

Ciao

David