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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Couteau : outil, arme et symbolique  (Lu 27494 fois)

26 décembre 2011 à 13:49:51
Lu 27494 fois

Patrick


Le couteau fait couler beaucoup d'encre et de pixels, il excite les passions depuis toujours. Outil, compagnon de moments de vie, arme honnie, effrayante ou fascinante, symbole du rite initiatique à l'âge adulte, le couteau est tout cela à la fois.

Mes premiers contacts avec les couteaux furent abstraits et romantiques. Ils décoraient les bureaux ou ateliers de mes grands pères, grands couteaux h'mong de campagnes au Tonkin, dague SAS posée sur un vieux béret ou fort couteau de chasse réalisé à la main dans une grosse lime. C'étaient autant de synonymes d'aventures fabuleuses.

Plus tard, il y eu les sorties en mer et campagne où les canifs en corne blonde et autres opinels fabriquaient des abris et de petits pièges bravant l'interdit au nom de la culture. un jour ces petits couteaux changeaient de main et signifiait un autre regard des adultes, un passage, un rite millénaire comme aux origines.

Puis il y eu la confrontation à une réalité hideuse, ce qui servait à construire, à partager et à transmettre servait aussi à blesser, détruire et aliéner. La prise de conscience alors de l'aspect terrifiant de cet objet peu couteux, facile à dissimuler et permettant sans formation et sans besoin de force d'infliger des blessures terribles et définitives. Le couteau fut souvent un ennemi dans des mains hostiles et aussi un allié dans le creux de la mienne.

Bien plus tard grâce au travail de véritables magiciens, j'en découvris l'alchimie et au gré des couleurs, de l'odeur de charbon et du fracas des marteaux, il matérialisa le génie des hommes et s’enrichit alors de leurs suppléments d'âmes.

Pourtant aujourd'hui le couteau est honnit, il matérialise les instincts les plus bas et la violation du tabou suprême de la violence au sein d'une même espèce. On traque alors l'objet comme si à lui seul il pouvait par un sortilège intrinsèque pervertir son porteur.

Malgré ce, je porte tous les jours un couteau, il me permet dans un monde ultra normatif de me rappeler que je suis encore un être libre et unique et si par ce je transgresse en toute conscience la loi, je respecte une loi bien plus ancienne me permettant d'agir sur mon sort, un droit qui s'assortit toujours de devoirs équivalents.
« Modifié: 26 décembre 2011 à 14:23:42 par Patrick »

26 décembre 2011 à 14:34:15
Réponse #1

nemesys


 :love:
On dirait une préface !

26 décembre 2011 à 14:56:41
Réponse #2

guy


Peu osent le dire.
Bravo  ;).
Toornaarsuk!

26 décembre 2011 à 15:09:21
Réponse #3

Djeep


BJR. Et beaucoup s'y retrouvent complétement. Moi le premier.  :yeah: HN
Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

26 décembre 2011 à 15:22:42
Réponse #4

Gros Calou


D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours eu un couteau, mon premier, je n'avais pas 8 ans, offert à moi et à ma soeur par un cousin. Le mien était nacré blanc et celui de ma soeur, nacré bleu gris, elle l'a toujours. J'ai toujours connus mon père, cousins, oncles, grand-père, mère, grnad-mère avec un couteau. Moi aussi je le porte quotidiennement et il n' y a pas un jour où je n'ai pas besoin de lui. Un jour j'ai été blessépar un couteau, un autre jour il m'a sauvé la vie. Quelques merveilleux moments de mon enfance passé avec lui, à tailler, construire, fabriquer etc... Le jour où je passe de l'autre côté, j'aimerais avoir un couteau dans la poche.
Au fait c'est lui qui m'a fait connaitre ce forum.

 ;)

26 décembre 2011 à 16:31:06
Réponse #5

Raiderscout


La seule Arme / outils ayant traversé l'évolution des ages sans faillir à nos côtés.

Petite Bulle d'air pur que tu nous offre Patrick  ;)

Très beau texte et belle invitation au voyage de la mémoire.

 :doubleup:
"Be Prepared !"

26 décembre 2011 à 16:36:23
Réponse #6

Humain


Au-delà de l'aspect utilitaire qui est la première raison qui me fait en porter un autour du cou en permanence, c'est une manière de dire m*rde à tout ceux pour qui une femme est avant tout quelqu'un à protéger, une petite chose bien fragile malgré sa "libération". C'est un pied de nez à ceux (et celles) qui ne trouve pas cela "féminin", un symbole de libre-pensée, de liberté d'être et de faire.
Je sais que ça a quelques chose d'irrationnel mais tant pis, je l'assume très bien  :) .

  l'Humain

Edit:
Bien plus tard grâce au travail de véritables magiciens, j'en découvris l'alchimie et au gré des couleurs, de l'odeur de charbon et du fracas des marteaux, il matérialisa le génie des hommes et s’enrichit alors de leurs suppléments d'âmes.
Corbak, je garde un souvenir merveilleux de ton atelier et de la magie qui y régnait. Merci  :doubleup:
« Modifié: 26 décembre 2011 à 17:00:06 par Humain »

26 décembre 2011 à 17:01:03
Réponse #7

Gros Calou


ceux pour qui une femme est avant tout quelqu'un à protéger, une petite chose bien fragile malgré sa "libération". C'est un pied de nez à ceux (et celles) qui ne trouve pas cela "féminin", un symbole de libre-pensée, de liberté d'être et de faire.

Mes grand mère avaient toujours un opinel ou un pradel dans leur sac, ma mère a toujours un Laguiole sans compter les couteaux que je lui ai offert ma soeur à Neck et Spydie toujours sur elle, ses collègues l'appelle "la guêpe".

Loin de moi ces pensées.

 ;)

26 décembre 2011 à 17:02:57
Réponse #8

Claude Ponthieu


[…]
On traque alors l'objet comme si à lui seul il pouvait par un sortilège intrinsèque pervertir son porteur.

Il en est ainsi pour bien des outils et autres objets.


Citer
Malgré ce, je porte tous les jours un couteau, il me permet dans un monde ultra normatif de me rappeler que je suis encore un être libre et unique et si par ce je transgresse en toute conscience la loi, je respecte une loi bien plus ancienne me permettant d'agir sur mon sort, un droit qui s'assortit toujours de devoirs équivalents.

La loi est faite pour interdire la liberté d’être libre et unique, et ainsi d’agir sur son propre sort…
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

26 décembre 2011 à 17:07:29
Réponse #9

Patrick


Il en est ainsi pour bien des outils et autres objets.
Oui, notamment toutes les armes à feu oups petit et grand bâtons de feu. Et on peut pas trop parler des sex toys non plus ici.  ;D

26 décembre 2011 à 17:16:48
Réponse #10

Humain


Mes grand mère avaient toujours un opinel ou un pradel dans leur sac, ma mère a toujours un Laguiole sans compter les couteaux que je lui ai offert ma soeur à Neck et Spydie toujours sur elle, ses collègues l'appelle "la guêpe".

Loin de moi ces pensées.

 ;)

Toi non Calou, je le sais bien  :love: :love: :love:

La loi est faite pour interdire la liberté d’être libre et unique, et ainsi d’agir sur son propre sort…
La loi est d'abord faite pour protéger ceux qui ne peuvent le faire eux même. Qu'elle soit absurde sur certains points, je ne dirai pas le contraire, mais attention aux généralisations hâtives et trop simples source de bien des maux.

26 décembre 2011 à 19:02:28
Réponse #11

Anke


Citer
ceux pour qui une femme est avant tout quelqu'un à protéger, une petite chose bien fragile malgré sa "libération". C'est un pied de nez à ceux (et celles) qui ne trouve pas cela "féminin", un symbole de libre-pensée, de liberté d'être et de faire.
.

Ah, parce que le cela serait l'apanage de femmes ?
Alors bon, même si je suis un homme, j'ai besoin d'être protègé, et je suis fragile... Une femme ou un homme qui pensent que l'autre en face est une petite chose fragile qu'il faut protèger, ne sont ni femme, ni homme, ce sont simplement des êtres tellement orgueilleux qu'ils ( elles) n'arrivent à prouver ( à eux-mêmes ? ) qu'ils ne sont capables de se construire qu'avec la "faiblesse" supposée de l'autre. De là à piètiner l'autre ( au sens figuré) pour trouver un sens à sa vie, il n'y a qu'un pas...

Quand au couteau...

Mode arme : une bouteille brisée inflige des blessures identiques voire plus délabrantes avec en plus des morceaux qui peuvent rester dans la victime. ça c'est dit, passons à autre chose.

L'outil : inévitable, petit ( rela tivement) polyvalent, solide ( cela dépend de sa confection), il peut répondre à tout un tas de "missions". De fait, il reste l'objet le plus utilisé depuis des siècles et ce, dans la vie de tous les jours.

Le symbole : Chacun d'entre nous y met ce qu'il veut bien. Néanmoins, on ne peut nier qu'il est un "véhicule", voire un "attribut" ou plus encore un objet représentant un accès vers une "maturité" sous certaines latitudes en terme de rite de passage ( n'en est-il pas de même pour nous ?).

En conclusion, cet objet, convoité, chargé de sens personnel ou social, voire d'affects, ne laisse personne indifférent ( hommes de loi, paysans, pères, soldats etc...)

Je constate pour ma part et ce sera pour moi le plus important, qu'il est un moyen de rencontre entre les hommes...

26 décembre 2011 à 20:02:45
Réponse #12

Humain


Ah, parce que le cela serait l'apanage de femmes ?
Ai-je écrit cela Anke  :) ?

Citer
Alors bon, même si je suis un homme, j'ai besoin d'être protègé, et je suis fragile... Une femme ou un homme qui pensent que l'autre en face est une petite chose fragile qu'il faut protèger, ne sont ni femme, ni homme, ce sont simplement des êtres tellement orgueilleux qu'ils ( elles) n'arrivent à prouver ( à eux-mêmes ? ) qu'ils ne sont capables de se construire qu'avec la "faiblesse" supposée de l'autre. De là à piètiner l'autre ( au sens figuré) pour trouver un sens à sa vie, il n'y a qu'un pas...

Parfois oui... mais souvent nous sommes aussi les geôliers de nos propres prisons en acceptant ce qui ne devrait pas l'être. Et une personne qui a besoin de la faiblesse de l'autre pour se sentir vivante est peut-être encore moins libre finalement que celui qu'il tient sous sa coupe.

26 décembre 2011 à 22:14:16
Réponse #13

Moleson


....
Parfois oui... mais souvent nous sommes aussi les geôliers de nos propres prisons en acceptant ce qui ne devrait pas l'être. Et une personne qui a besoin de la faiblesse de l'autre pour se sentir vivante est peut-être encore moins libre finalement que celui qu'il tient sous sa coupe.

C'est justement l'arme qui affranchit  des limitations physiques et qui rend possible l'égalité.

Moléson

26 décembre 2011 à 22:31:40
Réponse #14

Thanos


C'est justement l'arme qui affranchit  des limitations physiques et qui rend possible l'égalité.

Moléson

Comme le dit le proverbe :

"Dieu a créé les hommes à son image, Smith&Wesson les a rendu égaux"  ::)

Symboliquement, de tous temps le port de l'arme fut l'apanage des hommes libres. Pour l'Europe occidentale, le scramasaxe est un bon exemple !

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

26 décembre 2011 à 23:55:11
Réponse #15

cubitus


Le jour où je passe de l'autre côté, j'aimerais avoir un couteau dans la poche.

C'est ce que j'ai mis dans la poche de mon Hugo. Mon SAK qui ne me quittait jamais.  ;)
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

27 décembre 2011 à 01:37:47
Réponse #16

Winbud


Merci pour ce chouette texte, plein de vérité

27 décembre 2011 à 08:41:13
Réponse #17

Aïki


Citation de: cubitus
C'est ce que j'ai mis dans la poche de mon Hugo. Mon SAK qui ne me quittait jamais.  ;)
:calin:
Luc
jabber/gtalk lbo@jabber.belnet.be

27 décembre 2011 à 09:21:50
Réponse #18

Patrick


avoir un couteau et s'en servir n'est "pas fait pour les eunuques" :o ...enfin, d'après moi   ;#
C'est bizarre cette insistance force, faiblesse ramené aux c*u!lles.

Je connais une bonne demi douzaine de femmes de mon entourage qui ont plus de tripes, de détermination et sont plus fiables que le couillu moyen.

Je connais aussi des homos courageux et hautement déterminés qui feraient rougir de honte bien des hétéros sévèrement burnés.

C'est bien qu'on veuille que nos enfants changent mais faudrait déjà commencer par faire des efforts nous-mêmes non ?

27 décembre 2011 à 09:24:51
Réponse #19

Moleson


Euh....alors là, si tu veux bien préciser, parce qu'honnêtement, je ne vois absolument pas le rapport en la possession d'une arme, l'affranchissement des limites physiques et l'égalité entre les Hommes...

Il y a des inégalités de rapports de force dans la violence que l'arme peut reéquilibrer.
C'est pas très difficile à comprendre.

Moléson

27 décembre 2011 à 09:56:51
Réponse #20

nemesys


C'est bizarre cette insistance force, faiblesse ramené aux c*u!lles.
...
C'est le couteau en tant que symbole phallique...

27 décembre 2011 à 10:06:14
Réponse #21

VieuxMora


C'est le couteau en tant que symbole phallique...

Pour mettre les points sur les ï..... ;)  Jérôme Bosch l'avait identifié avant Sigmund.

27 décembre 2011 à 10:10:15
Réponse #22

Patrick


Il y a des inégalités de rapports de force dans la violence que l'arme peut reéquilibrer.
C'est pas très difficile à comprendre.

Moléson
Si on se réfère au wild west, l'arme était aussi un moyen de diktat par les plus forts et c'est ce qui a amené une aspiration vers une structuration de la loi et l'ordre. J'en reviens aux propos d'humain qui dit que la loi protège le faible du fort (du moins est-ce le postulat).

27 décembre 2011 à 10:34:32
Réponse #23

Richleau


Heureusement, un couteau sert plus souvent à partager – et donc à réunir les gens – qu'à diviser.

27 décembre 2011 à 10:46:16
Réponse #24

Humain


C'est le couteau en tant que symbole phallique...
Oui... c'est exactement comme ça que certains hommes (heureusement une minorité) aiment utiliser leur sexe... comme un couteau qui impose sa loi, qui blesse et tue (physiquement et/ou symboliquement).
« Modifié: 27 décembre 2011 à 10:59:18 par Humain »

 


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