Bonjour à tous,
J'aime beaucoup une des particularités de ce forum, qu'à partir de presque rien, une vidéo, qui aurait simplement pu nous faire sourire, il ouvre la porte à un débat et une discussion très intéressante. Merci de pas avoir clos le sujet avant que certain, qui ne l'ont pas encore fait, puissent s'exprimer.
Certains ici me connaissent suffisamment (même si c'est virtuellement) pour savoir ma position quant à la violence. Mais ce n'est pas ça que je souhaite aborder. Mon opinion importe peu.
On a tous eu notre lot d'humiliation à l'adolescence, pour la plus part. Je ne regrette pas ce que j'ai subit car cela m'a construit et a fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui. Au final c'est un mal pour un bien. Et le bien que je peux faire aujourd'hui autour de moi grâce à ça est bien plus grand que le mal que j'ai pu subir. De plus cela m'a permis de comprendre beaucoup de chose sur la violence que je vais vous partager.
Une chose n'a pas été abordé dans cette discussion. Beaucoup, par compassion, ce mettent à la place de l'agressé et personne à celle de l'agresseur. Au long terme qui souffrira le plus de ses agressions? L'agressé ou l'agresseur?
Je pense que l'agresseur est le plus à plaindre car il restera enfermé dans ses schémas de fonctionnement violent pendant très longtemps et ne parviendra peut être jamais à les dépasser. Il en souffrira car il subira inévitablement les conséquences de ses actes, directement ou indirectement. Pour ceux qui y parviennent ils deviennent en général de grands hommes. Du pire peux jaillir le meilleur. L'histoire est pleine de repentis qui après avoir fait le mal prennent conscience de ce qu'ils ont fait et tentent de se racheter en changeant radicalement de comportement. Pour ceux qui font parti de ces gens là: N'oubliez pas qu'on efface pas le passé et qu'on peux apprendre à maîtriser nos démons mais qu'ils restent toujours présent. On doit apprendre à vivre avec notre histoire et les démons qu'elle a engendré.
Je met à part les sociopathes et psychopathes car leur violence ne relève pas de schéma de comportement déplacé assez facile à corriger mais bien d'une pathologie conséquente de leur propres souffrances et qui pour la plupart n'en sortiront jamais faute de prise en charge adéquate.
Ce fil de discussion retombe dans le débat violence/non-violence. Ce qui a été mainte fois abordé sur ce forum. Il serait temps je pense de dépasser ça une bonne fois pour toute. Certains l'on déjà fait à titre personnel, d'autre y sont prêt, mais pas tous. Je vais tenter de mettre des mots pour ouvrir des portes, ou les enfoncer au besoin. Cela pourra aider ceux qui sont prêt à l'entendre et le comprendre ou qui le savent déjà. Pour les autres qui ne sont pas prêt ils vont certainement se braquer, se raccrocher à leur propre opinion de la chose et pour certains réagir violemment envers mon discours. Je prends ce risque et je reste ouvert à vos réactions. En espérant ne pas faire dégénérer cette discussion au point que le sujet doivent être clos pour cause de modération.
Je ne vais pas aborder certaines notions qui ont déjà été dit dans cette discussion et sur lesquels on est tous (je l'espère) d'accord. Comme le fait que la vengeance n'est pas une solution et qu'elle nous entraine dans une spirale destructrice dont il est très difficile de sortir.
Je vais néanmoins rappeler certaines bases, évidentes pour moi mais pas pour tous. Il faut vérifier les évidences.
Violence contre non-violence rejoint la dualité du bien et du mal, de la vie et la mort, etc... Toute forme de dualité en fait. Tout ceci n'est qu'affaire de point de vue. "Le bonheur des uns fait le malheur des autres", pour ne citer que cet adage. Il faut aller au delà de ça pour voir le fond du problème, j'y viendrais en seconde partie.
Avant d'aller plus loin il me semble important de clarifier ce qu'est la violence et ces diverses formes. Pas besoin de définir le terme, je pense qu'on le sait tous.
Comme cela a déjà été dit nous vivons dans un monde violent, la violence est omniprésente, la nier ne mène à rien (je développe pourquoi cela ne mène à rien plus loin).
Je divise la violence en deux parties. Il y a la violence du monde de la nature dans laquelle j'englobe aussi bien les éléments que la violence animale/végétale. Je met volontairement de coté la violence du monde des humains.
Dans le premier cas il n'y a pas de moralité ni affaire de jugement. On ne peux pas la changer, cette violence là est "normale", "naturelle"... Il y a celle des éléments: catastrophes naturelles et autres. Cela peux paraitre violent et destructeur mais en fait ces mécanismes sont en place pour maintenir un équilibre, notre planète est vivante, en permanente évolution et ce régule d'elle même. Ensuite il y a celle du règne animal/végétal qui porte en lui aussi une violence qui ne peux pas, elle non plus, être jugée, car nécessaire. Elle est une question de survie. Par exemple on ne peux empêcher un carnivore de tuer pour se nourrir. La vie et la mort étant étroitement liée, l'une nourrissant l'autre. On ne peux les dissocier l'une de l'autre, il faut simplement l'accepter.
La violence est parfois nécessaire, pour maintenir un équilibre par exemple, mais pas de façon incontrôlé ou gratuite. Dans le cas de la nature on le comprends aisément. Appliqué au monde des humains ça se complique.
J'ai mis à part la violence du monde des humains car même si nous faisons parti de la nature et du règne animal nous sommes différent. Je ne nous place pas au dessus des autres espèces mais à part. Nous avons quelque chose qui nous différencie des autres formes de vie. Le définir serait très long et le résumer presque impossible. Mais vous savez tous plus ou moins de quoi je parle donc je n'y mettrais pas d'étiquette avec un nom qui lui soit propre afin d'éviter les mal entendus.
Voici un ma définition de la violence (humaine):
Il y a trois types de violence: physique, verbale et morale. J'espère que ceci est acquis pour tous.
Il y a aussi deux formes de violence. L'une dont on parle beaucoup, car visible, palpable, la violence extérieur. L'autre, la violence intérieur dont on parle peu et qui est souvent niée, sous estimée, refoulée, etc. Pourtant elles sont étroitement liées. L'une est à l'origine de l'autre.
La violence extérieur n'est que le reflet de la violence interne de l'être.
On porte tous en nous de la violence, certain plus que d'autres. La nier ne mène à rien de bon. L'exemple de David, sur cet homme qui se disait non-violent, est très juste sur ce point.
Qu'est-ce qui me permet de dire qu'on a tous en nous cette violence. Sont origine est les différents traumatismes qu'on a vécu. Comme personne n'a été élevé ou ne vit au paradis, mais bien sur terre, on a tous notre lot de traumatisme et donc la violence en nous qui en découle.
Le plus souvent on est confronté à une violence destructrice ce qui nous mène à penser qu'elle est forcément mauvaise.
Par essence la violence n'est pas mauvaise dans le sens où elle peux être aussi bien détruire que construire.
Ce qui importe est ce que l'on en fait.On en viens au coeur du problème entre violence et non-violence:
Qu'est-ce qui construit et qu'est-ce qui détruit. Là est la vrai question. C'est une très longue réflexion alors je vais juste poser des bases simples.
Ce qui construit est ce qui favorise la Vie. La discipline de la survie s'inscrit dans cette démarche: Favoriser la vie. Et ce quel qu'en soit le prix, mais pas à n'importe quel prix (
certains comprendront cette phrase).
Quels actes sont constructifs:
Ce qui compte n'est pas l'acte en soit mais ces conséquences. C'est cela qui va définir si un acte est constructif ou pas. Pour cela il faut avoir une vision d'ensemble et donc beaucoup de recul sur l'acte lui même. Le recul nécessaire est parfois simplement une question de temps car les conséquences d'un actes ne sont pas toujours immédiates. Dans tout les cas il est très difficile de savoir à l'avance les conséquences d'un acte. Cela demande beaucoup de sagesse.
En comprenant cela:
(Ce qui compte n'est pas l'acte en soit mais ces conséquences). On comprends que la violence est parfois nécessaire.
Le problème étant que l'utiliser pour faire le bien et "construire" est risqué car le plus souvent on ne sait pas quel seront les conséquences.
Avant d'en arriver là il y a une étape à franchir.
Notre violence (celle qu'on porte en nous) va dans un premier temps être complètement incontrôlé. Elle se manifeste quand les conditions sont réunies sans qu'on puisse avoir le choix.
La nier reviens à mettre un couvercle dessus pour la masquer à notre propre regard mais inévitablement elle trouvera une faille pour sortir. Aussi solide est complexe que soit le "couvercle" elle trouvera un moyen de sortir. Quitte à le faire exploser. C'est pour cela que la nier, la refuser, etc... ne mène à rien de bon.
En prenant conscience de cette violence et en l'acceptant on amorce un travail qui consiste à la canaliser pour en quelque sorte la maîtriser et pouvoir ensuite apprendre à s'en servir.
Il faut apprendre à la contenir sans l'enfermer. Il faut lui laisser une porte de sortie, dont on garde la clé. Sous certaines conditions on la laisse sortir car c'est nécessaire. Comme tout ce que l'on porte en nous cette violence est vivante et on ne peux la contenir en permanence. C'est la seule manière de vivre en paix avec elle.
Pour certains, nombreux ici, cela passe par la discipline des arts martiaux. Cela peux prendre des formes très différentes en fait. Le seul point commun est qu'on trouve un moyen, peu importe lequel, de la laisser s'exprimer dans un cadre précis et sécuritaire, pour nous même et les autres(d'où un besoin de discipline), afin de la faire sortir tout en la contrôlant et en maîtrisant ses conséquences pour ne pas qu'elle soit destructrice, que ce soit envers les autres ou soit même.
Il faut tout de même garder à l'esprit qu'on est jamais à l'écart d'un dérapage.
Ce choix de vie que certain ont fait. De ne pas se laisser contrôler par sa propre violence et apprendre à la maîtriser n'est pas toujours facile. A tout moment elle peux sortir et dans certaines situations c'est très difficile de la contenir. Parfois on échoue et on a plus qu'a assumer et payer les pots cassés.
Tous ne font pas ce choix de vie.
En réalité ce n'est même pas affaire de choix pour certains, ils ont une telle violence en eux qu'ils sont obligé d'apprendre à vivre avec sinon elle les détruirait. Ces personnes là se reconnaitrons.
Bon je crois que je vais en rester là. C'est déjà un gros pavé (dans la marre

).
Amicalement,
Nico