Ici on est en face d'une série de photos qui s'étale sur plusieurs pages et où l'aspect photos de mode/artistiques est d'avantage recherché que la valeur ajoutée publicitaire de la dite photo. En somme ce n'est qu'un regard artistique nouveau sur la mode, qu'une proposition de plus en la matière.
Il y a confusion des genres entre "Art" et "direction artistique".
L'une a une vocation philosophique et l'autre commerciale, les intentions ne sont pas les même, il faut bien les distinguer. C'est comme confondre un artiste et un artisan : s'ils ont en commun une certaine technique et une certaine sensibilité dans les couleurs, formes, proportions ou que sais-je encore, il n'en est pas moins évident que pour l'un le but premier est de
créer pour la beauté du geste (et tant mieux s'il peut vendre) tandis que l'autre
crée pour vendre (et tant mieux s'il peut faire quelque chose de "Beau").
Là, et je me répète, on est dans le cas d'un shooting organisé dans le but de vendre ; les fillettes ne portent pas des marques dont on cite les prix et les références par pur hasard. Que ces photos soient belles d'un point de vu de la forme, des couleurs, de la composition et qu'elles soient soumises à une thématique ne justifie pas que l'on oublie leur valeur symbolique sous prétexte artistique.
Surtout quand on sait combien le monde de la mode est déjà très critiqué pour les traumatismes de l'image qu'il provoque.
Et dieu sait que les "artiste" on souvent tendance à déshumaniser l'individu, et à adopter une façon de penser ma foi carrément borderline quand il s'agit de faire de l'art, surtout quand ca peut être légitimé par une institution comme Vogue.
Le but de l'artiste (plasticien) est de poser des questions sans se limiter, quitte à être borderline. Ce qui fait la différence avec un charlatan, c'est l'argumentation et le pouvoir de réflexion de son œuvre avant la polémique qu'elle engendre.
Pour l'exemple, j'ai une amie plasticienne qui propose une installation avec des boites de sardines dans de la terre qui ne paie pas de mine (je passe sur quelques détails de l'installation) et qu'elle intitule le "Sardinen Packung". Lorsqu'elle explique qu'elle décrit par ce procédé la manière pragmatique avec laquelle les nazis enterraient les corps qu'ils abattaient de manière toute aussi pragmatique et industrielle, on met le pied dans une autre dimension. Et pourtant à première vue, quand on voit ces petites boites de sardines, rien de choquant, rien de provocant.
Chez Vogue, on fait de la polémique, on fait de la pub, on vend. C'est de la mercatique.