La Terre se remet doucement de ses blessures...
Le réchauffement climatique a dépassé les prévisons les plus alarmistes...
Dès les années 2020, les catastrophes climatiques se sont dramatiquement enchainées, générant de nombreux déplacements de population et créant ici et là de véritables villes de réfugiés...
La Chine, pressée par son besoin -vital- en eau (son industrialisation sans limites et sans remords ayant pollué définitivement ses ressources propres), s'est lancée dans une politique de conquête vers l'Ouest, à coups de divisions blindées...
La Russie et les USA, suivis par une coalition inconsciente, se sont unis pour tenter d'arrêter le "péril jaune", à coup de frappes atomiques... chirurgicales...
L'année 2034 aurait pu voir la destruction de notre planète, si une pandémie soudaine et terrifiante n'avait uni les béligerrants dans ce nouveau combat...
En l'espace de quelques décennies, la Terre a perdu les deux tiers de sa population humaine... avant que les scientifiques, confinés dans des bunkers, puissent développer un remède efficace...
Nous sommes en 2071...
Les seuls gagnants de cette période noire sont le groupe pharmaceutique Emillion et ses actionnaires...
Vivant sur l'horrible succès de leur antidote, ils ont développé de gigantesques complexes sécurisés où se reposent les privilégiés de la planète...
Les autres... cherchent leur âme... reclus dans quelques zones saines, ilots parmi ces pays entiers, contaminés ou irradiés...
Dans ces zones, soulagée de l'emprise humaine, la nature, plus forte que jamais, reprend ses droits.
Comme si elle mettait les bouchées doubles pour se reconstruire...
Trois fois par an, Emillion propose à prix d'or des navettes permettant aux aventuriers de passer d'une zone à l'autre...
Ces navettes sont assurés par des Osprey 66, nouvelles générations d'avions à décollage vertical, et rares à n'avoir été broyés par la machine de guerre...
Ces avions, fonctionnant à un mélange gazeux, ne tolèrent qu'un poids en charge très réduit: 12 personnes, et peu ou pas de bagages.
Voyage aller simple pour beaucoup de passagers, à la recherche d'un ciel meilleur...
Cette propulsion, de réputation assez capricieuse, conduit les passagers à utiliser leur "box" à bord (sorte de minuscule compartiment à bagages, de la taille d'une boite à chaussures) pour y stocker des effets de première urgence...
Les crashs des Ospreys d'Emillion ne sont que trop célèbres...
Vous faites partie de ces voyageurs, prêt à tout laisser pour vivre plutôt que survivre.
Presque 10 années de travaux manuels (les seuls qui rapportent aujourd'hui quelque chose) et cet argent économisé vous ont permis d'obtenir le précieux sésame...
Mais deux heures à peine après votre décollage, l'avion commence à se comporter bizarrement, et les regards, à peine surpris, s'échangent dans la cabine...
Vous êtes déjà unis... Quoiqu'il arrive...
L'avion pique...
Votre pilote, connu sous l'indicatif bloodyfrog, parvient à déclencher l'auto-rotation de l'Osprey et à poser l'appareil... tant bien que mal... et sans victimes...
Pas mal pour un mec qui vient de passer son brevet...
Vous êtes en forêt, quelque part dans les territoires du Nord Est...
Quelques rations de survie dans l'avion, vos "boxes", et un imprime-écran de votre position que bloodyfrog a eu le temps de faire avant le black-out de l'ordinateur de bord...
Mais rien de grave, faut juste tenir...
L'Osprey est identifié par une balise, et Emillion promet un sauvetage en 48h, dixit le contrat...
En même temps, c'est marrant...
S'ils ont autant de mal à garder ces vieux Ospreys en l'air, avec quoi vont ils venir nous chercher...
"Welcome in the Northeastern Territories!"

Manu.