Salut,
Après une semaine et demie de décantation et de réflexion je crois que je peux livrer mes analyses sur ce petit WE de test sur le terrain.
Je vais parler un peu du matos emporté et émettre mon avis sur les qualités et les défauts de chaque items et surtout analyser la chose sur ce qui a vraiment été utile, ce qui l'a moins été et sur ce qui m'a manqué ... tout ça n'est qu'un avis très perso.
Au sujet du matos cité lors de mon premier post : J'en suis très satisfait et je me rend compte que dans les mêmes circonstances je n'aurais pas choisi de matériel différent.
Je n'ai pas utilisé le poncho mais s'il avait plu il aurait été la pièce la plus importante de mon équipement.
Le matériel pour allumer l
e feu : un
briquet bic,
un tinder-quick et un
bout de chambre à air c'est tout de même le top pour allumer un feu rapidement ... j'avais aussi dans la même petite boîte un spark-lite, cool quand on a plus trop la capacité de préhension fine mais sans limitation d'objet, j'aurais ajouter un bon firesteel pour être certain.
La
combinaison Nalgene/poche à eau MSR est à mon sens parfaite. J'ai gardé ma Nalgene pour traiter l'eau "douteuse" et stocker l'eau traitée dans mon outre MSR, je pense que c'est le meilleur système. J'ai lu dans un autre post un membre qui mettais de l'eau "crade" dans sa poche à eau et utilisait sa Nalgene pour l'eau traitée ... pas génial à mon sens l'outre MSR se nettoie moins facilement qu'une Nalgene. Malgré ma capacité d'emport, le dimanche j'ai souffert d'une légère déshydratation et je suis arrivé avec mes deux récipients "à sec" à la voiture.
Oui, David, mes urines étaient foncées ...

Mon erreur : j'ai omis une seule fois d'emporter mes récipients lors d'une descente à l'étang le matin en pensant que l'on repasserai près de la source PM, erreur puisque nous avons changé d'itinéraire ... note a graver sur mes tablettes : "
remplir ses récipients dès qu'on le peut et autant qu'on le peut".
Mon système de mousquetons pour fixer la poche au sac ou à une bandoulière, c'est top ... les systèmes de Fab (sac à dos) ou de Manu (sangle) c'est cool aussi.
La
popote MSR de 850 Ml, c'est génial, léger et d'une bonne contenance mais c'est encombrant et comme tout récipient métallique, ça brûle les lèvres quand c'est chaud et ça refroidit très vite. Le truc de Manu pour éviter d'y laisser ses lèvres : un bout de ducktape ... penser à le retirer pour la cuisson. Perso, lorsque je suis moins limité, j'aime emporter la popote et un quart Quechoua alu/plastique qui tient dans la popote ou une tasse "pliable" de l'armée suédoise.
L'oxygene-Aerobique (OA pour les intimes) ... je l'ai testé sur l'eau d'une source qui ne devait pas être des plus clean (énormément de sangliers sur zone) et je n'ai eu aucun désagrément, rien ... et on évite le goût assez désagréable de Chlore ou d'Iode ... je ferai d'autres tests.
Pour la lampe frontale, pas grand chose à dire, une
Peltz Taktikka + des
piles au Lithium c'est une valeur sûre, rien à redire ... le filtre rouge est nickel pour ne pas se fusiller la vision de nuit, les trois niveaux d'éclairage sont pratiques pour économiser les piles, bref, du bonheur.
Hors limite d'objet, j'aime avoir
une photon sur moi (zip ou neck) pour les petits coups de lupiote la nuit pour attraper ma Nalgene ou identifier la bestiole que je retrouve dans mon cou. Pratique aussi, mais vraiment pas indispensable, une petite Luxeon 3W pour donner un grand coup de lumière en cas de pépin.
La
couverture de survie tramée OD/alu ... parfaite quoique un peu encombrante mais terrible comme tapis de sol/couverture/réflecteur. J’avais attaché 1 mètres de paracorde OD à chaque oeillets avec un noeuds coulant, cela permet de la fixer rapidement pour en faire un abri (comme un tarp de 230 x 150).
Malgré sa grande résistance, cette semaine, en la repliant de façon compacte, j'ai remarqué une légère déchirure de 3 cm de long, probablement à l'endroit de mes pieds, un morceau de ducktape de chaque côtés et c'est réparé mais il ne faut pas croire non plus que c'est du Kevlar.
Ce qui m'a vraiment manqué : ben ... heu ... dans les conditions rencontrées :
RIENOu juste peut-être un bouteille de
Coke-Light, faut que je fasse gaffe je deviens accro à cette source de caféine

.
Ce qui aurait été pratique :
Une photonUne cuillère, j'aime touiller ma soupe ou ma tisane avec une cuillère … J’adore ma TI-Spork de chez Brunton.
Ben, forcément
un tarp, si il douche vraiment, le tarp pour l'abri et le poncho pour le compléter et le mettre pour sortir c'est tellement mieux ... mais ça devient du luxe.
Bien entendu
un sac de couchage, soit du Blizzard-Pack, soit même un sac de couchage léger "été" ça aide à garder de la chaleur en plus.
L'abri :L'abri, j'avais décidé de faire un abri de type appentis en me servant des possibilités du terrain afin de réduire au minimum l'énergie nécessaire. Temps de construction malgré les conditions presque idéales : +/- 1h30 tout de même ... j'imagine même pas en situation précaire ... BREF :
faut se préparer à passer une nuit à l'arrache bien AVANT la tombée du jour ! Mon objectif était de passer la nuit sans sac de couchage, avec les vêtements de la journée et le contenu du kit.
Vu, d'après mon sens inné de la météo

j'ai évalué le peu de risque de pluie cette nuit-là (merci météo-france) je me suis donc focalisé essentiellement sur la protection contre le vent et la réflexion de la chaleur du mini-feu que j'allumerais si la nuit était trop froide.
J'ai réalisé mon abri sous un sapin en me servant des branches basses du sapin pour accrocher mon toit, le tronc comme base du mur arrière. Mon ouverture était un poil trop haute et donc trop grande, une ouverture plus basse du Lean-to aurait peut-être gardé plus de chaleur.
Je ne voulais pas me servir de la cordelette de mon couteau mais réaliser l'ensemble en matériaux naturels. Toutes les ligatures nécessaires à l'abri ont été réalisées à base racines déterrées sur place et de branches flexibles de sapin.
Pour couper des branches de sapin, la technique la plus efficace et la moins fatigante : plier la branche à +/- 90° et couper juste à l'endroit ou les fibres sont les plus tendues : économie d'énergie assurée par rapport au chopping tout bête sur du bois "élastique".
L'orientation de l'appentis, dos aux vents dominants repérés dans la matinée, malheureusement impossible à combiner avec une ouverture à l'est pour profiter du soleil levant, pas grave, de toutes façons il n'y avait pas de soleil au lever du jour.
1) Depuis le stage hiver avec David je n'ai pas oublié que le plus important c'est l'épaisseur de la couche au sol ... donc, pour moi 35 cm de branches de sapin tassées : les plus grosses en dessous et plus fines au dessus. Les branches plantées à 45°"l'épine dorsale" piquée vers le bas, un tronc de chaque côtés pour éviter que la couche ne se barre et moi avec ... Résultats, nickel, pas eu froid de ce côté là alors que les potes ayant fait leur litière en feuilles mortes on vu leur matelas s'écraser ou partir dans tous les sens

2) Les parois latérales et arrières, des branches de bois mort + des branches de sapins sur une épaisseur de 15 à 20 cm, le vent passait encore légèrement au niveau de ma tête, problème réglé avec mon sac à dos. Sans ce sac une couche plus isolante de feuilles "prisonnières entre deux couches de sapins aurait été satisfaisante.
3) Le toit, il n'a pas été testé à la pluie, son épaisseur de 25 cm était, à mon sens limite mais vu que j'étais à la base d'un sapin les autres branches auraient déjà pu limiter la pluie verticale ... Si la pluie avait chassé de face, là, j'étais mal sans mon poncho.
4) Le réflecteur ... primordiale, son effet est radical lorsque l'on fait un petit feu pour chauffer son abri, ça économise le bois et en fin de nuit ça fourni un petit surplus de bois à brûler.
5) Le feu, je l'avais préparé avant de me coucher : sol dégager, radeau de branchettes, tipi de brindilles avec une ouverture, quelques copeaux dans ma poche pour les garder au sec. Une bonne réserve de bois sec a portée de main et ramassée assez loin de l'abri, comme ça en cas de pénurie pendant le nuit les branches mortes les plus proches de l'abri sont toujours là.
La nuit :Bon sommeil sans feu de +/- 00h00 à 03h00, là, réveil en frissonnant sérieusement, en me retournant, j'avais viré une partie de la couverture. Petit test de mon état d'hypothermie : malgré mes gants "mécano" j'avais de grosses difficultés a toucher mes 4 autres doigts avec mon index ... cerveau un peu engourdi mais assez vigilant pour ne pas sortir le sac et roupiller ... température -1°C.
Allumage du feu, j'ai eu pas mal de difficultés à sortir mon briquet et un tinder-quick de leur petite boîte, j'ai carrément du utiliser mon couteau pour extraire mon kit allume feu !!
Ouverture du tinder-quick avec les dents, j'avais peur de me couper avec mes doigts engourdis si j'utilisait mon couteau. Allumage du premier coup du tinder-quick et à l'aide de celui-ci du segment de chambre à air ... de là, petits copeaux de ma poche, brindilles, branchettes, bûchettes et haaa, que du bonheur ... J'ai alimenté mon feu pendant 1/2h en le gardant à une hauteur maximum de 50 cm et en mettant deux bonnes bûches de 15cm de diamètre avant de me recoucher. Je me suis cette fois endormi jusque 05h00, mon feu n'était plus que quelques braises que j'ai rallumé facilement avec quelques brindilles et un peu de souffle, cette fois j'ai dormi par séquences de 20 à 30 minutes afin de le réapprovisionner régulièrement jusqu'au lever vers 08h00 (presque une grasse matinée).
La Nourriture :Bon, pour être honnête, comme nous sommes arrivé au meeting point vers 01h00 du mat, Fab, le matin, nous avait préparer une omelette au lard terrible et avec u morceau de pain multi céréale et un café on était paré pour un bon bout de temps ... à 10h00 lors de la rencontre des potes ce fût Tea-Time avec un Couglof (désolé de l'orthographe) de Madame Pan48 ... le WE "sans bouffe" démarrait sur les chapeaux de roues.
Nous avions donc pour passer les 30 heures nous séparants du sauvetage : 1 ration MR-8, une soupe Royco Lyophilisée, une tisane, un sachet de sel et un sachet de poivre.
Première constatation, le nourriture ne m'a pas vraiment manqué (je sais, j'ai des réserves).
Je n'ai mangé que la moitié de ma ration MR-8, faut tout de même avoir faim pour manger ça, ça colle au dents, le goût rappelle vaguement celui du nougat, malgré que c'est sucré au goût, ça ne donne pas vraiment soif et SURTOUT ne contenant pas de glucose simple cela ne provoque pas un rush d'insuline qui vous met en hypoglycémie si vous vous goinfrez un sachet de sucre blanc. Sur une durée plus longue, je pense que l'on doit franchement vite en avoir VRAIMENT marre et que sur du long terme la malnutrition de monotonie doit se faire sentir (dégoût de la nourriture par manque de variété et de plaisir).
La soupe le soir même plus diluée qu'à la normale (1 sachet pour 750 ml) est une bénédiction qui réchauffe le corps et l'esprit ... terriblement meilleur pour le moral que la ration MR-8, seul inconvénient il faut de l'eau et le pouvoir de la faire chauffer.
Le deuxième jour, j'ai déjà ajouter le sel à ma tisane, le matin + 1 morceau de MR-8 car j'avais des crampes (position de la nuit aussi) ... le MR-8 + la tisane + le sel donne une "soupe" effroyable à boire mais qui tient son homme debout.
Je pense que si j'avais eu le temps, et surtout faim, je me serai rabattu sur des soupes "naturelles" j'ai repéré des orties, du plantain et en cherchant bien près des étangs j'aurais sûrement pu trouver des roseaux.
Donc, pour moi, au bout des 30 heures, pas de vertige mais une légère perte d'énergie (nuit inconfortable aussi) et des gestes moins surs. Par exemple, je me sentais légèrement moins à l'aise avec mon couteau et, à mon humble avis, le risque d'accident était alors plus présent c'est un paramètre difficile a jauger mais qu'il faut prendre en compte en situation et donc avoir du matériel et des méthodes "low-risk" en appliquant à la lettre les consignes de sécurité (couper toujours en s'éloignant du corps etc...).
La pêche :Juste une petite initiation à la ligne de fond, sans prétention et la découverte que les appâts n'étaient pas légion dans le coin ... Petite mise en pratique "limitée" et résultats corrects, la technique est facile a maîtriser et l'efficacité démontrée.
Conclusion :J'ai atteint mon objectif perso : une nuit sans trop de nourriture, sans sac de couchage et avec un kit "fond de sac" d'un volume raisonnable. Je valide donc mon choix de matériel qui sera dès maintenant mon "fond de sac".
Le manque de nourriture est tout à fait gérable.
La soif et la déshydratation arrivent rapidement, même lorsqu'on prévoit de ne pas s'y laisser prendre.
Pour le feu, un minimum de "tinder" c'est magique et la préparation du feu la journée au chaud et lorsqu'il y a de la lumière c'est top, enfin, lorsqu'on peut le faire !
Une MR-8 ça va mais pour le même volume et le même poids si je ne suis pas en E&E et que je peux avoir de l'eau chaude une soupe c'est tellement mieux.
Une toute petite perche, même à 7 c'est délicieux.
Ben, non, contrairement à une de mes certitudes on ne trouve pas des appâts pour la pêche partout et tout le temps.
Encore contrairement à une de mes certitudes, y'a des forêts sans lapin et sans rat ... incroyable !!
Petite remarque : j'ai commencé le We avec un sinusite mais le feu de bois, le grand air et la couche en sapin m'ont soigné ça en deux jours !!
Voilà, voilà ... @ suivre,
Fred