Pat, permet moi d'exposer une vision légèrement divergente de la tienne sur ce sujet.

Décidément, ça me fait toujours autant d'effet, ces glorieuses campagnes de chasse 
- chasser pour bouffer et réguler les troupeaux, OK
- pour préserver les savoirs aussi, c'est important
- pour protéger les populations en cas d'animal agressif, y'à pas de souci.
- même le braco qui n'a que ça pour faire bouffer sa famille, je comprends.
Il faut remettre Selous dans son contexte fin XIXème...à cette époque le monde semblait infini et personne ne trouvait à s'émouvoir de prélever sans retenue l'ivoire considérée comme une ressource "inépuisable".
Au contraire, dans l'ensemble les "populations indigènes" se réjouissaient de l'extermination d'espèces sauvages qui gênaient leur survie (sauf les populations qui vivaient de la chasse). Soient parce qu'elles mangeaient leurs récoltes ou leurs troupeaux, soient parce qu'elles les mangeaient.
Mais chasser pour le sport au quatre coin du monde glare
(Si on écarte toute considération "morale" par nature discutable et dans un autre lieu que ce forum....)
Le prélèvement de la grande chasse sportive est extrêmement faible et ne remet pas en cause la survie des espèces. Il est officiel et extrêmement régulé par ce que c'est l'intérêt économique des autorités locales de la faire. Je parle d'activités légales.
Les sommes dégagées rendent rentables la protection des espèces chassables et de leur biotope. Comme cette chasse devient rentable il est de l'intérêt de la population et des autorités locales de protéger les espèces, les biotopes et d'indemniser les agriculteurs et éleveurs locaux de leurs pertes du fait de la faune sauvage.
Toute opposition de principe à la "chasse sportive" devrait s'appuyer chez les opposants par la proposition de payer sur
leurs deniers propres les conséquences de la "non chasse" afin de se substituer aux apports économiques consécutifs à la "non chasse" :
*Indemnisation des éleveurs et agriculteurs locaux par rapport aux dégâts de la faune sauvage, sinon ceux-ci exterminent la faune sauvage. C'est une question de revenus ou de vie ou de mort selon le niveau de développement.
*Travail rémunéré procuré aux populations locales, sinon celles-ci ont intérêt à chasser les espèces locales sans retenues, ne serait-ce que pour la viande. Encore plus vrai pour l'ivoire, les trophées, les cornes de rhinocéros, les mains de gorille...
*Subvention aux agriculteurs et éleveurs locaux sinon ils sont intérêt à détruire le biotope "sauvage" pour augmenter leurs champs et leurs pâturages. soit pour augmenter leur revenus soit consécutivement à l'expansion démographique
...
Si on n'est pas prêt à contribuer financièrement
sur ses propres deniers à la préservation des espèces sauvages, des biotopes et à la survie des populations locales (et là on parle de plusieurs centaines ou milliers d'€). C'est juste du vent.
S'opposer à la chasse, sans proposer des mécanismes compensatoires viables, est juste une gesticulation dont les raisons sont soit d'ordre "moral" ou éventuellement "psychologiques" (syndrome Bambi). En revanche, s'opposer à la chasse en proposant de financer, sur ses propres deniers bien sûr et pas ceux des autres, des mesures compensatoires est "parfaitement cohérent".
Dans les deux cas je n'ai pas d'opposition de principe, chacun est libre de ses pensées et relativement de les exprimer.
Je me permet de faire remarquer qu'une attitude "parfaitement cohérente" ne veux pas dire attitude "légitime": S'opposer aux plaisirs d'autrui, permis par la loi, parce qu'ils ne vous conviennent pas ou vous dérangent est un terrain dangereux :
Par exemple il y a de nombreuses pratiques chez mes contemporains que je trouve personnellement "immorales"....mais c'est un acquis de la fin du XXème siècle d'avoir permis ces pratiques tant qu'elles n'étaient pas rendues obligatoires pour les autres. Avant, certaines d'entre elles étaient des délits.
Même si je trouve personnellement certaines de ces pratiques "immorales" (et certaine d'entre elles comme le tabagisme indirectement couteuses pour moi) je trouve
très bien que ceux qui apprécient ces pratiques puissent les exercer entre adultes consentants sans discrimination ni dénonciation...tant qu'ils ne me les imposent pas.
Ma morale, mes opinions, mes interdits psychologiques, religieux ou émotionnels sont certes respectables, mais n'ont pas à être imposés aux autres (dans le cadre de la loi bien sûr). C'est notre contrat social actuel.
Au nom de quel principe d'exception autre que le "terrorisme psychologique" la pratique de la chasse ferait-elle exception à ce contrat?
