+1, Sergio.
De la petite expérience que j'ai, même celles qui viennent de leur propre chef :
1) ne sont pas prêtes à changer de comportement (agressivité verbale, tenue vestimentaire, ou autre) pour limiter les risques ;
2) ne sont pas prêtes, psychologiquement, à faire mal ou à blesser réellement un agresseur, et surtout pas à s'entraîner à le faire ;
3) ont du mal à intégrer le fait que ça peut être pour de vrai, pour elles... beaucoup viennent pour "être plus en confiance", pas pour être en mesure de régler réellement un vrai problème... elles viennent pour limiter leur anxiété, pas pour se faire dire que c'est vraiment dangereux et qu'on ne peut pas offrir de garanties, surtout pas si elles ne sont pas prêtes à crever un oeil ou à planter des clés dans une oreille...
Le résultat est :
- "put**n mais j'ai le droit de mettre une minijupe si je veux" ;
- "vous êtes des put**n de fous furieux" ;
- "montre moi un truc qui marche bien sans que ça ne lui fasse trop mal" ;
Pour celles qui ont réellement vécu des agressions, le schéma est très différent. Elles sont souvent très traumatisées, à fleur de peau, hyper stressées dans ce genre de contexte qui leur rappelle de mauvais souvenirs de PEUR et de SOUFFRANCE. Elles ont beaucoup de mal à surpasser tout ça, et à le convertir en colère, à l'extérioriser... surtout en présence d'autres filles qui clament haut et fort que faire mal à un agresseur c'est que pour les fous furieux...

Bref.
Complexissime.
Je pense que pour un groupe de femmes, il faut avoir le temps de commencer en douceur, de faire carrément une voire plusieurs séances de désensibilisation systématique à la violence. Violence d'un agresseur, mais aussi voire surtout violence de survie, leur propre violence, qui fait parfois presque aussi peur... voire plus. En limitant l'anxiété liée à toute cette violence, on arrive parfois à bosser un petit peu, et à introduire en douceur des concepts un peu réalistes. Mais concrètement il faut plusieurs semaines... sinon la résistance psychologique est telle que RIEN ne passe.
Concrètement c'est la peur de la violence, celle de l'agresseur mais aussi celle qui est en nous, qui enclenche toute une série de mécanismes de défense et qui fait en sorte que la solution pratico pratique toute simple qui consisterait à enfoncer un stylo jusqu'au manche dans l'oeil du fils de p*te qui essaie de les violer n'est même pas envisageable.
Ciao

David