Suite.
Je venais de me lever si vous avez bien suivi. Plus exactement de m'enfiler ma nalgène bouillotte (celle avec le duct tape autour, l'autre, celle qui n'a rien c'est celle qui contient plus ou moins 80 cl d'urine.

)
J'enfile mes vêtements. C'est très pratique avec la fosse à froid. JE vide mon sac de couchage de tout le barda que j'y ai mis à sécher. J'enfile mes bottes, je prend mon sac de couchage et je sors… Je respire de l'oxygène bien fraid, ma barbe gèle. Mmmm. Je plante mes skis à un mètre l'un de l'autre et je suspend mon sac de couchage dessus, l'intérieur au soleil. Il y restera jusqu'au dernier moment. Il ventile, les bactéries meurent, avec le vent, il sèche un peu (l'humidité gèle…)

Le tout Très vite. Je met l'eau en route. Enlever la neige de par dessus les réchauds, sortir l'eau de son "frigo". A peine un tirs de gelé. Ca isole bien, la neige… Je met l'eau dans la première bouilloire et je commence à tout préparer pour le petit déjeuner. Dans mon mug, du porridge, du beurre, des protéines de soja, et de la sauce en poudre, soit anglaise, soit aux fruits enrichis de vitamine C, et du fructose en poudre.
L'eau bout. Je gueule breakfast et je me sers. Une autre gamelle de flotte suit immédiatement. Les autres ont intérêt à rapliquer vite, sinon la leur sera gelée.
La je triche un peu. Si je me suis levé en premier, je suis de corvée d'eau jusqu'au départ et c'est pas très intéressant. Juste je fais cuire de l'eau en rajoutant de la neige tassée petit à petit dans celle qui a déja fondue et je remplie les bouteilles de mes potes en essayant de pas en mettre sur le goulot et le pas de vis (sinon ça gèle fermé) et entre la bouteille et l'isolation, puis dans les thermos (en dernier parce que si c'est dans la thermos, c'est pour que ce soit chaud).
Donc admettons que je ne me soit pas levé le premier. Je sors de la tente. Je m'habille (parfois dans cet ordre, oui).
Je suis déja en calecon janus en laine, en ullfrotte 200 haut et bas, met mes chaussettes de chasse finlandaises, les laines et soie sont celles d'hier, j'enfile mon pantalon de gorka, ma softshell finement doublée, et ma doudoune.

Je met dans ma poche de poitrine de softshell, mes casses dalle/ grignotage de la journée et mon déjeuner dans la poche latérale de mon sac (un ziplock avec tout ce qu'il faut dedans) (pris dans le sac de bouffe du matin, bouffe perso, vs sac de bouffe du soir bouffe commune

J'enfile mon tour de cou, mon bonnet windstopper par dessus la balaclava et le bonnet marin pen laine par dessus le tout. J'aime avoir la tête bien couverte, ça me permet de m'habiller plus léger, et c'est plus facile de réguler la température. Je vide la tente entièrement de son barda et je range dans la pulka le matos commun en priorité. Après avoir tout secoué brossé etc. Je suis interrompu par le petit dèj que je m'enfile en trois sec. Demain je suis de corvée d'eau, et je me lève plus tôt, mais j'aurais le droit de prendre mon temps. La je cours autour de la tente, pelle à la main pour déterrer les piquets. Pas de temps à perdre. Mon poto vient me donner un coup de main entre deux gamelles d'eau pour plier la tente. Mes chaussettes sont encore humides je les enveloppe en écharpe, elles finiront de sécher sur moi aujourd'hui. J'en ai changé ce matin. (Contrairement à tout le reste qui ne me quitte pas, heureusement c'est que de la laine). Tente pliée, range tout le barda commun, les bâches, plie les tapis de sol de mes collègues, trie et range leur barda dans la pulka, à coté de leur sac si c'est quelque chose qu'ils aiment avoir sur eux. Puis je m'occupe de mon sac. Dedans tout ce qui me sert à la journée. Vêtements de rechange en bas. Couches chaudes "au cas" où ensuite, la doudoune, puis la flotte. Sur le coté la bouffe et encore la flotte (2 nalgènes 1 thermos je bois d'abord la nalgène poche coté > la moins bien isolée, puis celle qui est dans le sac) poches supérieure pharmacie, outils (tous les trucs inutiles genre couteaux et scie fiskars) , frontale, boussole si pas le guide du jour etc… Et le tapis de sol évidemment. Indispensable.
Petit sac, pas trop lourd. Peut-être 10 kilos… Le tout en courant un peu. Le guide de la journée à donner une heure de départ, un tout petit peu plus tôt que la veille exprès. Et il a bien raison, avec tout ce qu'il y aà faire, à 7, si on ne se dépéchait pas à fond tout le temps, on partirait à 11 heures du matin. Soit un quart d'heure après l'heure de notre déjeuner à la fac. Et ça, ça ne va pas.

Je prend ma pelle et un petit ziplock secret. Je vais faire un tour… Je suis les traces de mes collègues tout à coup la piste part à droite, je continue, elle part à gauche je continue, rebellote à droite je continue toujours tout droit, la piste s'arrête, je pars à gauche, la vue est belle. Je repère un spot avec une belle vue à l'abri du vent et un petit arbuste. Je creuse un trou à coté. Je baisse mon pantalon m'accroupit et contemple la vue…

Je sors le PQ de mon ziplock quand il a servi, je le plante sur une branche de l'arbuste. puis je sors ma lingette, retoilette intime, piuf lingette salle dans ziplock. Je remonte le pantalon vérifie que je n'ai pas lâché une bombe dedans (avec la gorka, on sait jamais, vu la coupe). Je fous le feu au pq (sur la neige ça mrcherais pas, ça deviendrai humide et j'enterre les cendres avec le tout. Je fait un petit monticule de neige. et je m'en vais…
Tout est prêt. Je remballe mon sac de couchage le met dans la pulka qui n'attendait que ça pour être fermée. J'ai aussi enelevé mes gants de camp, de gros gants de travail finlandais trouvés dans un relais, à 5 euros. J'ai enfilé des gants en windstopper fins et une coquille mouffle en goretex, comme ça j'ai pas trop chaud et je peux me vautrer dans la neige… Ce matin je porte la pulka matos (groupe de 3, sinon c'est une pulka pour 2). Cet après midi, je porte la pulka bouffe. Elle est encore très lourde mais ne pèsera plus rien en fin de parcours… Le guide du jour ouvre la voie secondé par un des instructeurs. Le dernier instructeur ferme la marche. Une autre personne sans pulka passe ensuite, pour bien marquer la trace. Puis, on alterne un avec et un sans. Au dernier moment, je retire ma doudoune et la met dans mon sac.
Pas facile. avec la pulka autour des hanches. (1 : je met mes skis, 2 : ma pulka : trois mon sac.) Je ne peux pas fermer la ceinture ventrale de mon sac à dos. Mais ce n'est pas grave, il reposera sur les tiges de la pulka.
Je suis relié à elle par des tiges en allu, croisées, c'est plus facile pour tourner. Elle doit peser une trentaine de kilos à plein, mais ça glisse bien sur la neige et ça passe tout seul. Plastique composite et bache waterproof bien costaud au dessus.
Pour les skis, c'est des gros machins en bois très longs, avec des attaches en ressort qui passent autour de la botte caoutchouc

, hyper galères à mettre.
C'est parti ! on a mis entre deux heures et deux heures et demi à se préparer



Au bout de 10 minutes, tout le monde s'arrête, on commence à être bien chauds. C'est le moment d'enlever les bonnets supplémentaires, d'ouvrir les écoutilles de la soft shell, et c'est parti pour de bon, ça ski pendant une heure, avant le prochain break. Je me concentre sur mon souffle et je regarde autour de moi, tout va bien, tout est parfait…
Parfois une côte s'annonce… Je m'arrête. je n'ai personne derrière moi pour m'aider à pousser la pulka avec le dos de son baton de ski, j'ai besoin d'élan. Si je m'arrête en milieu de côte, tout est foutu, je vais me retrouver en bas et probablement me casser la gueule au passge (vu mon haut niveau de ski…

) Donc j'atends que le voie soit libre, je prend mon élan, et je sprint la cote ataque je sprint toujours, la pulka derrière moi attaque la cote aussi et je passe en canard, je ne skie plus vraiment, je cours avec mes skis en canard… Passé !

J'ouvre immédiatement ma soft shell pour refroidr le tout, j'aurais du y penser avant de monter. Ne pas transpirer, surtout pas. Je retire mon bonnet. Il fait beau.
C'est l'heure de déjeuner ! On trouve un spot abrité et on s'arrête. là encore faut que ça speed. 45 minutes pour manger, c'est largement suffisant, surtout que le temps s'est couvert, on repère un énorme rocher qui a autour de lui une congèreon se met dans la congère et on creuse des sièges, à l'abri du vent. Je tend une bâche entre deux skis au dessus de moi en haut de la congère, protection supplémentaire. Je déploie mon tapis de sol. Dossier, siège et jusqu'au pieds. isolé partout de la conduction. Je met ma doudoune, mes bonnets, nickel.
Je sors mon "monstre" : une nalgène et son mug titane, le tout enveloppés par un morceau de tapis de sol fixé au duct tape, avec un capuchon en tapis de sol. Je retire la nalgène, le mug vient avec. La bordure du mug repose au bord de la zone isolante. Le mug est donc dans l'isolation, mais tout au bord, et je peux rabattre le capuchon par dessus pour garder ma bouffe au chaud. Je prend mon ziplock déjeuner. Dedans, purée mousseline, beurre, sel, protéines de soja, gruyère rapé. Hop ! dans le mug, je verse l'eau bouillante de ma thermos dessus. miam ! Tout le monde fait plus ou moins pareil, chacun son menu… Mais pas question de mettre en route les réchauds, on a pas le temps. Une petite soupe en poudre pour prénettoyer le mug. Un petit capuccino. du mélange cachuètes amandes raisins sec noix de cajou etc. Et ça va bien !
On collecte notre eau chaude restante, on la met dans une gamelle avec les petits pois carrotte déshydratés maison, pour que ce soit prêt le soir. Avec de la polenta fromage proteines de soja et du thon, ce sera le grand luxe.

A suivre…
