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Auteur Sujet: Affichage de REPERES dans mon club, la chronique d'un échec  (Lu 50004 fois)

25 mars 2008 à 19:58:33
Réponse #25

Sielwolf


Tu pensais à qui, ma poule ?  :lol: ( tu sais que je pensais déjà à virer mes posts, avoue  :lol: )

J'ai tout enregistré sur mon dur pour méditer dessus.... TROP TARD  ;D ;D ;D
"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

http://www.neurocombat.com/
http://www.fourrure-torture.com/fourrure-lapin.html

25 mars 2008 à 20:03:26
Réponse #26

Patrick


Il faut croire que les mecs "comme nous" sont génétiquement attirés par les filles "comme elle"  ;)
Je compatis mon pote, j'ai la même à la maison...  ::)
Non, non, moi d'abord  ;D Faut croire qu'on a tous les mêmes à la maison  :(

25 mars 2008 à 20:11:14
Réponse #27

** Serge **


Neuromaster,

le début du dialogue pourrait figurer ce que, souvent, nous entendons et voulons exprimer, en la matière. Non ?

http://www.youtube.com/watch?v=MUIpgiPBk5k&feature=related

* Comme tu m'y as fait penser, dernièrement  ;)


"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

25 mars 2008 à 20:23:02
Réponse #28

bison solitaire


Qu'est ce que vous voulez répondre après tout ça? Comme le dit Siewolf, z'avez tout blindé!!
Aller je me lance: moi non plus sous-homme ne m'a pas affecté, et à mon sens faudrait voir à ne pas voir du nazi partout, ce serait encore maintenant leur faire trop d'honneur. Mais on peut en parler, ou en tous cas, on peut tout de même écouter Hélène (Bloodyfrog, j'crois que tu en comprends plus que moi sur les femmes  :D). Il est vrai qu'il m'a fait penser à la dernière parole déplacée d'un homme politique, de là à le colorer d'un symbole de l'involution, j'suis pas sûr. Par contre, je trouvais que le terme était bien choisi pour faire réfléchir les partisans de la loi du talion: aucun intérêt à se rabaisser au niveau d'un agresseur, si homme soit-il (sous ou pas sous). Le terme sous-homme ferait plutôt référence au niveau de conscience tant de l'agresseur que de l'agressé.
...
Je dois avouer que je ne suis pas étonné du peu d'attrait de certains de mes contemporains pratiquants pour les REPERES et en général pour toute notion de globalisation de leur pratique.
Par contre je suis un peu plus surpris de la faiblesse affichée et reconnue d'un certains niveau de lecture, ça fait peur, même à moi qui suis pourtant un enfant de la télé!!
Et là les bras m'en tombent...

25 mars 2008 à 23:37:57
Réponse #29

Rod


Salut Jérémy,

tu comprends maintenant suite à cette initiative pourquoi, tout comme Lem, je n'ai jamais enseigné le Krav Maga bien que je sois instructeur dans ce système...
Le système technique n'est pas mauvais mais le marketing fait autour attire un certain genre de clientèle... Qui il faut bien l'avouer ne m'intéresse pas...

En fait, pour être sérieux tu viens de toucher du doigt la motivation de la grande majorité de ceux qui fréquente les cours de SD, quels qu'ils soient (ou presque).

Les gens viennent :
  • pour faire du sport
  • pour s'acheter une assurance vie sans analyse préalable, comme on conjure le mauvais sort
  • pour dominer dans les embrouilles
  • parce que c'est cool
C'est hélas une morne réalité... Notre premier stage où on a donné 2 heures de théorie et 2 heures de pratique a été un succès pédagogique mais pas un succès de foules... Il y a toujours plein de gens intéressés jusqu'au moment où il faut ramasser son sac, aller à la salle et risquer de suer.

Mais d'un autre côté si tu ne prends que les personnes motivées par cette recherche de self-protection, tu fais cours à 6 personnes dans les bons jours et soit tu ne rentres pas dans tes frais, soit tu te fais jeter de la structure qui t'héberge parce que tu ne "fais" pas assez de monde. :'(
Devine comment on bosse de manière hebdomadaire... Un noyau dur de 5 à 8 personnes...

Dans le cadre d'une large discussion sur la sécurité en général, la même sentence a fusé : ne crois-tu pas que c'est par ton attitude mentale, ton côté "préparation", veille,  qui induit indirectement le comportement agressif de certains par rapport à toi......( phéromones ou autres choses...)

Si cette réflexion n'est pas isolée, ne devrions-nous pas nous la poser aussi réellement ?
Le cours de protection personnelle n'ont pas pour vocation de transformer la nature d'un individu... MAIS je suis convaincu que NOTRE façon d'enseigner rend les gens plus zens, moins agressifs et plus responsables. Après si certains pensent en lisant cela que j'ai la grosse tête, je m'en tape... Chez nous on apprend l'humilité, la vraie, celle qui vient de la conscience qu'on a tous un potentiel de violence et de destruction mais qu'on est maître de nos choix. Pas celle qu'on essaye de nous transmettre en faisant des saluts à des mecs plus "gradés" que nous... Et on n'a pas peur de s'ouvrir aux autres et d'aller voir ailleurs.

on aurait pu remplacer sous-homme par "agresseur" et ça serait passé tout seul... 
Le problème du politiquement correct reste le même... C'est comme quand Bloody parle de la réaction d'Hélène sur le processus de déshumanisation de l'agresseur...
Je suis un des gars les plus cools qui soit (corrigez moi si je me trompe ;) ), le social j'en fais tous les jours et je ne ferme jamais la porte à personne... J'aime à penser qu'au travers de nos relations nous pouvons faire évoluer le monde pour un mieux. Mais quand un gars vient pour vous agresser ou vous violer, c'est trop tard pour se poser des questions sur ce qu'il a vécu dans sa petite enfance, il faut régler le problème et s'en sortir avec le moins de dégât possible!

Mon prof est aware, il est pot avec Rod, il est sensible à ce genre de chose, il a l'expérience du conflit, il ne s'assoit jamais dos à la porte au restaurant... Bref, un membre du forum qui s'ignore  ;D
Dès que je trouve des documents sur le net (ici par exemple  ;D ) je les lui transmet... Il fait de même. Il a déjà (à ma demande  :-[ ) modifié son cours pour y rentrer des exercices en situations "à la Rod" si je puis dire, qui existent en krav mais sont peu connus. Il a compris l'importance de la dimension sol, ce qui est assez rare en krav pour être signalé. Bref, j'ai beaucoup d'admiration et de respect pour lui. Et sa réaction à REPERES ne m'a pas déçu. Le problème c'est que peu de gens sont comme lui.
Le prof de Jérémy je le connais vraiment bien... On a fait du Krav ensemble pas mal de temps (il avait commencé avant moi). Il est un des rares instructeurs que je classerais parmi les passionnés sincères et compétents. Les notions de protection perso je sais qu'il les connait et qu'il les applique... Pourquoi est-ce que je pense qu'en revanche il ne les enseigne pas réellement? Parce que ce n'est pas vendeur en regard du public que les cours de Krav attirent. Le Krav entretient toujours ce culte du guerrier lié à son origine militaire qui est très loin des réalités du conflit de civils.

De plus lorsqu'on est dans un système il est parfois dur de se remettre en question et de repartir à zéro... Si on avait ouvert un club de Krav suite à notre brevet d'instructeur. Je suis sûr qu'aujourd'hui on aurait bien plus de monde et qu'on gagnerait plus de frics. Mais cela ne correspondait pas à nos aspirations profondes.

Bully, tu es le bienvenu à la maison pour parler de tout ça avec ma douce. :)

Manu.

Note: y'a effectivement ceux que tu peux envoyer se faire foutre, et y'a les autres, ceux que tu aimes, parfois hermétiques aussi...
Si on arrive à monter ce stage en situation, il faudra vraiment que tu la prennes avec... Moi je crois qu'il y a vraiment de l'espoir... Le problème c'est que parfois mon bâton de pèlerin est usé et que comme David ou Sergio je perd un peu l'espoir...

Bien à vous,

Rod

26 mars 2008 à 04:37:32
Réponse #30

Patrick


Devine comment on bosse de manière hebdomadaire... Un noyau dur de 5 à 8 personnes...
J'ai enseigné dans de grandes chaines de remise en forme et quand j'ai commencé à virer Mme Michu qui se pointait au cours en body string ou le Docteur Dugland qui voulait des égards, bein j'ai giclé aussi. Les dojos municipaux me demandant de faire de la masse, j'ai finis dans un dojo microscopique au sein d'une caserne d'infanterie de marine où je faisais cours bénévolement à 10 passionnés qui m'écrivent tous les ans pour savoir si je r'ouvre bientôt.  :love:

Après si certains pensent en lisant cela que j'ai la grosse tête, je m'en tape...
Non, tu as une grosse tête, mais tu n'auras jamais la grosse tête. ;D

Le problème du politiquement correct reste le même... C'est comme quand Bloody parle de la réaction d'Hélène sur le processus de déshumanisation de l'agresseur...
Je suis un des gars les plus cools qui soit (corrigez moi si je me trompe ;) ), le social j'en fais tous les jours et je ne ferme jamais la porte à personne... J'aime à penser qu'au travers de nos relations nous pouvons faire évoluer le monde pour un mieux. Mais quand un gars vient pour vous agresser ou vous violer, c'est trop tard pour se poser des questions sur ce qu'il a vécu dans sa petite enfance, il faut régler le problème et s'en sortir avec le moins de dégât possible!
Ça les considérations sociales, il faut les avoir en amont, ne pas chier sur les autres, tendre la main, essayer de faire son possible pour sortir de la m*rde ses frères humains autrement qu'avec la gueule. Mais au moment ou un prédateur, veut ma peau ma santé ou les fesses de ma femme, ce n'est plus un homme du tout, c'est un ennemi, pour paraphraser quelqu'un ici un bout de barbaque à qui je me sens légitimé à faire subir tout ce qu'il faudra pour que la menace cesse.

Si ça choque quelqu'un c'est pas grave. C'est mon choix, ma façon de voir et j'assume pleinement, y compris le statut si facile à décerner de "bourrin".

Le prof de Jérémy je le connais vraiment bien... On a fait du Krav ensemble pas mal de temps (il avait commencé avant moi). Il est un des rares instructeurs que je classerais parmi les passionnés sincères et compétents. Les notions de protection perso je sais qu'il les connait et qu'il les applique... Pourquoi est-ce que je pense qu'en revanche il ne les enseigne pas réellement? Parce que ce n'est pas vendeur en regard du public que les cours de Krav attirent. Le Krav entretient toujours ce culte du guerrier lié à son origine militaire qui est très loin des réalités du conflit de civils.
C'est super vendeur le Krav. Tu ne rend pas compte, on fait la même discipline que les commandos machins. Valorisant non. Attention, je ne dénigre absolument la discipline en tant que tel mais ce qu'il y a autours comme marketing.

Le problème c'est que parfois mon bâton de pèlerin est usé et que comme David ou Sergio je perd un peu l'espoir...
M'en parle pas, les baillements de mon épouse pendant mes cours sont devenus légendaires et tout dialogue à ce sujet devienent vite des disputes homériques. Même après qu'une cousine germaine ait été sauvagement agressée. :(
« Modifié: 26 mars 2008 à 06:01:07 par Patrick »

26 mars 2008 à 05:12:28
Réponse #31

Rouri


Rod et Patrick :),

Vous m'enlevez les mots de la bouche... plutôt du clavier! ;)

Bravo! :)


26 mars 2008 à 12:56:48
Réponse #32

jeremy


Rod,

ce n'est pas vendeur en regard du public que les cours de Krav attirent. Le Krav entretient toujours ce culte du guerrier lié à son origine militaire qui est très loin des réalités du conflit de civils.
De plus lorsqu'on est dans un système il est parfois dur de se remettre en question et de repartir à zéro... Si on avait ouvert un club de Krav suite à notre brevet d'instructeur. Je suis sûr qu'aujourd'hui on aurait bien plus de monde et qu'on gagnerait plus de frics.

Merci, extraordinaire crystalisation de ma pensée profonde, mais c'est un autre débat.
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

26 mars 2008 à 14:28:28
Réponse #33

Sielwolf


C'est peut-être un pauv'type avec une lourde histoire...bla,bla...

Ce point de vue est tout à fait exact. On peut même dire que les personnes violentes on toujours une lourde histoire, sinon elles ne seraient pas violentes. Ceci dit, comme le signale Alice Miller ici:

http://www.alice-miller.com/tracts_fr.php?page=3

Citer
Les conséquences d'un crime qui a été commis ne sont pas effacées par le fait qu'aussi bien le criminel que la victime sont aveugles et perturbés.

Il est important de comprendre en quoi le fonctionnement d'une personnalité violente diffère de celui d'un personnalité non-violente. Mais cela n'enlève rien au fait que l'on est toujours responsable de ses actes. Quelle que soit la part d'histoire personnelle dans un passage à l'acte, l'opérateur violent reste quand même toujours responsable de sa décision de le "faire" ou de  "ne pas faire".

On ne peut donc pas mélanger les deux plans d'un point de vue du raisonnement. L'assaut constitue une transgression et une prise de contrôle. Momentanément, l'agresseur abandonne son humanité pour s'en prendre à quelqu'un d'autre au point de le blesser ou de le tuer. On ne peut pas l'autoriser à le faire.


Dans le cas de l'utilisation du terme "race" dans des insultes ou dénomination en tout genre, j'ai immédiatement percuté lorsque Sielwolf nous parle des blocages instinctifs à ne pas blesser un individu de la même race que la nôtre.

A la base, on sait depuis Konrad Lorenz qu'il existe une réticence des animaux à blesser gravement un membre de leur espèce. On peut étendre le raisonnement à "blesser quelque chose qui nous ressemble".

Par le fait, si un groupe arrive à se considérer comme différent d'un autre groupe en terme d'humanité, cela met une distance émotionnelle qui affaiblit l'efficacité de ce mécanisme inhibiteur. Plein de raisons peuvent faciliter cette "rupture de ressemblance": une différence de classe sociale, une différence de religion, une différence de couleur de peau, etc.... En somme, moins quelque chose nous paraît ressemblant, et plus il nous est facile de le détruire.

Pour conduire un groupe à en massacrer un autre, il est important que le groupe attaquant parvienne à ne plus du tout se reconnaître dans le groupe victime. La phase capitale au point de vue du passage à l'acte violent est la déshumanisation du groupe victime. Les deux exemples historiques les plus frappants sont le système de pensée nazie et l'esclavage. Mais le raisonnement est extensible à toutes les situations de passage à l'acte violent.


Pour une personne normale, c'est là que les ennuis commencent. Dans une situation de prédation humaine (viol, torture, coups et blessures, etc...) la victime se retrouve intérieurement en conflit entre 2 impulsions divergentes:

1     Le fait de devoir se défendre.
2     Le blocage inné à ne pas attaquer un membre de son espèce.

Pire encore, la victime constate qu'un autre humain est en train de piétiner les limites normales de l'inhibition, ce qui provoque une répulsion émotionnelle, la dénégation, et la stupeur. L'attaquant capitalise d'ailleurs sur ce ralentissement pour prendre le contrôle.

Il y a donc une sorte de mur à traverser pour parvenir à arrêter l'autre physiquement. C'est un point de non-retour à partir duquel le défenseur ne peut plus se permettre de compassion en raison de la menace à laquelle il est confronté. Suivant les personnes, la détente est plus ou moins sensible. Mais à ce point critique, le cerveau doit accepter de ne plus considérer l'agresseur comme un "frère humain", mais comme une menace à écrabouiller.


« Modifié: 26 mars 2008 à 14:36:02 par Sielwolf »
"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

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26 mars 2008 à 15:28:05
Réponse #34

vince


Salut  :)

Super intéressant, comme toujours.

Bon, au peu imaginer l'hypothèse que des gars solides, prévoyants et ''aware'' se trouvent en complémentarité de couple avec des personnes sensibles à leur côté rassurant, qui leur confient leur sécurité et que donc ces mêmes personnes ont donc du mal à s'imaginer en situation.

Concernant le rapport pbtique à la violence je peux aisément en parler car je proviens socialement du discours politiquement correct de déni de la violence, avec une éducation et des milieux protégés, ''tout le monde il est beau, il faut être gentil, tendre la joue, aider...'' Bref, je n'ai jamais été confronté à la prédation, quelques emmerdeurs de collège seulement, que la gym et la savate ont suffit à éloigner. Il y a des milieux sociaux où la violence physique est lointaine, euphémisée, distanciée... Bref, en complément des analyses de Siewolf et Serge, le milieu social joue beaucoup dans le rapport à la violence physique. Moi j'ai pas du défendre ma mob, mon larfeuille, l'honneur de mes soeurs, ma face, tous les soirs en rentrant...

Je peux aussi dire que mon travail m'a fait vivre dans des zones à risque, où le cerveau, l'analyse, la prévention furent mes seuls garants, avec succès puisque je suis encore vivant. Bref, je suis assez vite entré dans une vision stratégique de la self-protection, à moyen-long terme, pouvoir changer rapidement de pays et de continent, de langue, d'environnement... Il faut dire aussi que j'ai vécu du côté des civils lors de conflits armés où l'on apprend durement l'humilité sinon l'humiliation, car face à une escouade armée, une bombe ou un tank, il est difficile de rendre la monnaie même avec un journal roulé, fut-ce les 3 suisses  :)

Reste donc un ''gap'', celui de la violence physique interpersonnelle, pour lequel je ne suis pas entraîné, tout simplement aujourd'hui par manque de proximité à des lieux et personnes compétentes. La prise de conscience fut ce forum, et j'ai eu du mal au début, je l'admet, et j'ai fait tout un chemin. C'est pourquoi je ne peux pas mépriser les méprisants car je sais ce qui se joue chez eux. Un ''superprotector'' peut-il faire le chemin inverse que j'ai fait vers son monde ?

Je souhaite  qu'il soit possible de vivre sainement dans une optique de self-protection, sans en faire son métier ni son passe-temps, sans angélisme, sans misanthropie non plus. Comme j'ai appris à conduire. J'aime beaucoup le propos sur l'humilité de Siewolf, et mes expatriations m'ont appris douloureusement le potentiel de violence présent en moi et dans chacun ; a contrario, je ne crois donc pas au profil de ''l'individu violent'' (plus exactement, je pense qu'un grand nombre de violences sont commises par des gens ''sans-histoires''(sic)), je le suis autant que tout un chacun, et l'étude de l'histoire montre que c'est tout un chacun qui fait des génocides ou tue l'automobiliste d'à côté d'un coup de tournevis, parce que c'était le mauvais soir, le pas-de-chance, l'insulte de trop, etc...

Pour revenir au sujet, deux lectures ont beaucoup compté pour décoincer les choses. Le ''repères'' de Patrick, et l'ouvrage de Martial Vout. Celui-ci accompli un travail psychologique de premier plan concernant le passage à la violence et la levée des inhibitions.  Ma chérie a lu les deux, elle m'a beaucoup surpris. Concernant repères, elle a presque demandé où était la nouveauté, car ''vous les mecs vous savez pas ce que c'est être une femme, tous ces conseils on les applique naturellement''. Pour Vout, bah ça l'a amusée, le coup de la griffe du tigre...grrr, elle me le fait tout le temps pour rire maintenant. Mais ... elle reste paniquée par la violence, persuadée d'être paralysée à la moindre perspective violente, etc... Après je lui ai proposé de travailler des mises en scènes, hanlala, impensable que je lève la main sur elle même pour de faux... :D  Mais si je compare, je peux dire que j'ai plus de chance que certains.

à plus
vince


26 mars 2008 à 17:17:17
Réponse #35

** Serge **


C'est pourquoi je ne peux pas mépriser les méprisants.

C'est bien là, également, un des points sensibles de la problématique : nous non plus ( à part les clowns de service, inévitablement ).

Le rejet, le mépris, l'irrespect, l'intolérance et le jugement ne sont pas de notre chef.

J'ai déjà cité cet exemple, ailleurs. Je le replace ici, pour illustrer ce que nous n'exprimons sans doute pas clairement : " un jour, un maître tatoueur ( Hanky Panky, je crois ) me demande si je connais la différence entre un tatoué et un non-tatoué. A ma réponse négative, il me dit que le tatoué ne reproche jamais au non-tatoué de ne pas l'être. Tandis que l'inverse est souvent infirmé ".
J'ai trouvé que derrière cela, il y avait énormément d'intelligence et d'analyse. Cela m'est toujours resté en mémoire.

En la matière qui nous préoccupe ici, je trouve que l'on peut aisément appliquer cet énoncé. Et lorsque je dis fuck 'em all, c'est inévitablement faisant face au jugement, à l'irrespect, à l'intolérance et au rejet qui sont les réponses apportées à nos choix de vie.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

26 mars 2008 à 18:11:27
Réponse #36

ZCH


Les nuances à apporter ici sont :

Globalement, l'irrespect et la fermeture d'esprit ne sont pas à chercher chez nous.
Cf. Rod, par exemple, et parmi bien d'autres ...


Ce n'était en aucun cas le but de mon propos.

J'ai encore tendance à croire en l'être humain (en tout cas en ceux que j'apprécie) et je me demandais juste si MOI je ne devais pas essayer d'expliquer autrement ma démarche pour la faire comprendre.

Il ne fallait en rien y voir une agression.

 :)

26 mars 2008 à 18:18:29
Réponse #37

** Serge **


Il ne fallait en rien y voir une agression.

Je n'en avais pas vu un millipoil ........ j'essaye, comme d'hab', d'être le plus près de l'os en matière de communication; tenter d'exprimer le plus précisément.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

26 mars 2008 à 20:59:04
Réponse #38

bison solitaire


je ne crois donc pas au profil de ''l'individu violent'' (plus exactement, je pense qu'un grand nombre de violences sont commises par des gens ''sans-histoires''(sic)), je le suis autant que tout un chacun, et l'étude de l'histoire montre que c'est tout un chacun qui fait des génocides ou tue l'automobiliste d'à côté d'un coup de tournevis, parce que c'était le mauvais soir, le pas-de-chance, l'insulte de trop, etc...



Je ne suis pas sûr qu'il faille comparer celui "qui fait des génocides" à celui qui pète un câble avec un tournevis: d'un côté il y a une action de longue durée, et même une action réfléchie par rapport un coup de folie... Cela dit je peux me tromper.
Par contre si je me méfie des profils en général, je dois reconnaitre que je suis attentif au profil d'un individu notoirement porté sur la violence, mais seulement en tant qu'indication...

26 mars 2008 à 21:26:04
Réponse #39

** Serge **


Voici un article qui a été récupéré sur l'internet et placé sur le forum de Dennis ( Martin ) par le companero Peter ( Slacky ) et qui épingle avec grande précision ce dont nous parlons et autour duquel nous tournons en rond depuis trois pages :


The Security Mindset

Uncle Milton Industries has been selling ant farms to children since 1956. Some years ago, I remember opening one up with a friend. There were no actual ants included in the box. Instead, there was a card that you filled in with your address, and the company would mail you some ants. My friend expressed surprise that you could get ants sent to you in the mail.

I replied: "What's really interesting is that these people will send a tube of live ants to anyone you tell them to."

Security requires a particular mindset. Security professionals -- at least the good ones -- see the world differently. They can't walk into a store without noticing how they might shoplift. They can't use a computer without wondering about the security vulnerabilities. They can't vote without trying to figure out how to vote twice. They just can't help it.

SmartWater is a liquid with a unique identifier linked to a particular owner. "The idea is for me to paint this stuff on my valuables as proof of ownership," I wrote when I first learned about the idea. "I think a better idea would be for me to paint it on your valuables, and then call the police."

Really, we can't help it.

This kind of thinking is not natural for most people. It's not natural for engineers. Good engineering involves thinking about how things can be made to work; the security mindset involves thinking about how things can be made to fail. It involves thinking like an attacker, an adversary or a criminal. You don't have to exploit the vulnerabilities you find, but if you don't see the world that way, you'll never notice most security problems.

I've often speculated about how much of this is innate, and how much is teachable. In general, I think it's a particular way of looking at the world, and that it's far easier to teach someone domain expertise -- cryptography or software security or safecracking or document forgery -- than it is to teach someone a security mindset.

Which is why CSE 484, an undergraduate computer-security course taught this quarter at the University of Washington, is so interesting to watch. Professor Tadayoshi Kohno is trying to teach a security mindset.

You can see the results in the blog the students are keeping. They're encouraged to post security reviews about random things: smart pill boxes, Quiet Care Elder Care monitors, Apple's Time Capsule, GM's OnStar, traffic lights, safe deposit boxes, and dorm room security.

One recent one is about an automobile dealership. The poster described how she was able to retrieve her car after service just by giving the attendant her last name. Now any normal car owner would be happy about how easy it was to get her car back, but someone with a security mindset immediately thinks: "Can I really get a car just by knowing the last name of someone whose car is being serviced?"

The rest of the blog post speculates on how someone could steal a car by exploiting this security vulnerability, and whether it makes sense for the dealership to have this lax security. You can quibble with the analysis -- I'm curious about the liability that the dealership has, and whether their insurance would cover any losses -- but that's all domain expertise. The important point is to notice, and then question, the security in the first place.

The lack of a security mindset explains a lot of bad security out there: voting machines, electronic payment cards, medical devices, ID cards, internet protocols. The designers are so busy making these systems work that they don't stop to notice how they might fail or be made to fail, and then how those failures might be exploited. Teaching designers a security mindset will go a long way toward making future technological systems more secure.

That part's obvious, but I think the security mindset is beneficial in many more ways. If people can learn how to think outside their narrow focus and see a bigger picture, whether in technology or politics or their everyday lives, they'll be more sophisticated consumers, more skeptical citizens, less gullible people.

If more people had a security mindset, services that compromise privacy wouldn't have such a sizable market share -- and Facebook would be totally different. Laptops wouldn't be lost with millions of unencrypted Social Security numbers on them, and we'd all learn a lot fewer security lessons the hard way. The power grid would be more secure. Identity theft would go way down. Medical records would be more private. If people had the security mindset, they wouldn't have tried to look at Britney Spears' medical records, since they would have realized that they would be caught.

There's nothing magical about this particular university class; anyone can exercise his security mindset simply by trying to look at the world from an attacker's perspective. If I wanted to evade this particular security device, how would I do it? Could I follow the letter of this law but get around the spirit? If the person who wrote this advertisement, essay, article or television documentary were unscrupulous, what could he have done? And then, how can I protect myself from these attacks?

The security mindset is a valuable skill that everyone can benefit from, regardless of career path.

This essay originally appeared on Wired.com.
Taken from this blog : http://www.schneier.com/blog/


« Modifié: 26 mars 2008 à 21:31:20 par ** Serge ** »
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
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"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

26 mars 2008 à 21:59:57
Réponse #40

DavidManise


Salut :)

Il y a donc une sorte de mur à traverser pour parvenir à arrêter l'autre physiquement. C'est un point de non-retour à partir duquel le défenseur ne peut plus se permettre de compassion en raison de la menace à laquelle il est confronté. Suivant les personnes, la détente est plus ou moins sensible. Mais à ce point critique, le cerveau doit accepter de ne plus considérer l'agresseur comme un "frère humain", mais comme une menace à écrabouiller.

On sent dans ton analyse une TRES fine compréhension psychologique de la violence, et des prérequis pour y faire face.

J'apporterais juste un petit bémol...  Avec vraiment l'habitude, et une fois que les barrières sont réellement tombées et qu'on peut réellement cogner sur n'importe qui sans en avoir quoi que ce soit à branler, il se passe un truc bizarre : on n'a plus réellement besoin de déshumaniser pour cogner.  Et là on peut rester lucide tout en cognant...  et ça aide, paradoxalement, à s'arrêter à temps...  SI ON CHOISIT DE LE FAIRE (ce que je fais, par principe et non plus de par l'aveuglement du stress).

Sinon quand on s'est préparé, qu'on a été vigilant, qu'on a vu venir la m*rde, qu'on a tenté honnêtement de l'éviter, qu'on a cherché à fuir, à désamorcer, à s'excuser d'être une sous m*rde et que ça démarre quand-même...  un moment donné on s'est tout de même construit une solide bonne conscience pour cogner parce qu'on sait qu'on n'a plus le choix.  Et si en plus on réussit à s'arrêter immédiatement quand l'agresseur n'est plus une menace, sans s'acharner...  franchement je ne voir pas trop où est le problème.  Je n'ai plus besoin de justifier grand chose.

Je pars du principe que j'ai réellement le droit de cogner pur survivre.  Pire...  je pars du principe que je n'ai pas le droit de laisser un mec me faire la peau ou nuire à autrui sans faire tout ce que je peux pour m'interposer.

J'aimerais essayer de partager avec vous ma compréhension des raisons qui poussent les gens à nous cataloguer dans diverses boîtes fort peu enviables du genre "furieux", "rambos", "fachos", "paranos", etc.

La psyché humaine est ainsi faite qu'elle sait parfaitement bien se défendre contre les informations trop dérangeantes, anxiogènes ou inquiétantes... et là c'est parfois fort compliqué, mais le "moi" se défend contre les agressions du monde réel en distordant la réalité au besoin.  Beaucoup de gens, et pour des raisons diverses, ne veulent pas intégrer à leur modèle mental les atrocités dont sont capables les êtres humains sur d'autres êtres humains.  Au moment où il faut percevoir la réalité de ces choses horribles, on se trouve devant un choix inconscient, en fait : soit on accepte que ça existe, et à partir de là on entre dans une phase d'anxiété où on découvre un problème potentiel mais où on n'a pas de solution...  soit on décide que ça n'existe pas, pour une raison X ou Y.  Et si inconsciemment on fait le choix de ne pas accepter la réalité de ces horreurs, toute la psyché doit s'organiser de manière à ne pas contredire ce choix.  Les personnes qui expriment la réalité de ces horreurs deviennent donc des paranos à nos yeux.  Ou alors des vendeurs de sécuritarisme qui veulent s'enrichir sur la peur des gens (même si ce type de personne existe réellement).  Ou alors des fachos qui rêvent secrètement de casser du bronzé.  Ou alors ceci ou alors cela... 

Pour les personnes qui ont réellement assisté, participé ou vécu de près des scènes d'horreur, de violence plus ou moins extrême ou autre...  la réalité de ces horreurs s'impose d'elle même.  Ils savent que ça EXISTE (ou alors ils entrent en phase psychotique aïgue qui se résoudra d'une manière ou d'une autre).  Il leur reste à choisir s'ils acceptent d'y être impliqués un jour personnellement ou pas.  Et certains refusent d'être mêlés à ça.  Tout simplement.  Ils décident, ils optent pour l'évitement permanent, la fuite, la prévention...  et refusent/refuseront d'aller au contact si la m*rde vient vers eux.  C'est un choix.  C'est même un choix qui peut tenir la route pour certains...  tout dépend de la construction de leur personnalité, de l'organisation dans laquelle ils s'inscrivent (ex.: la Croix Rouge qui se protège dans les zones de conflits en ne prenant pas du tout parti donc en n'agressant jamais personne même pour se défendre), ou de leur système de croyance.  Plusieurs religions prônent en effet la non-violence absolue, tendre l'autre joue, etc.  Je respecte totalement ce type de choix, dans la mesure où c'est un choix CONSCIENT...  et non pas entièrement le produit d'un déterminisme inconscient.  Mais généralement ces personnes vont tenter d'ARGUMENTER l'approche de la protection personnelle, de faire comprendre, sans pour autant toujours supposer que leur approche est meilleure.  Ceci dit ces personnes, non-violentes par choix culturel, idéologique, religieux ou politique, ont parfois aussi tendance à nous cataloguer parmi "les violents"...  donc dans le "camp d'en face", en quelque sorte.  J'ai souvent fait face à ce problème en fac d'anthropologie ou en fac de psycho, où les gens se positionnaient entièrement dans une approche relativiste...  mais c'est un autre sujet.  La perception de leur propre capacité physique à se défendre est souvent un facteur déterminant dans le choix de la non-violence, soyons-en conscients.  J'ai souvent vu des petits peureux non-violents changer radicalement d'attitude le jour où ils se sont retrouvés mieux armés que le mec en face.  Mais ça c'est aussi une autre histoire.

Ensuite, on trouve les pires...  ceux qui ont A LA FOIS fait le choix idéologique/politique/religieux/organisationnel de la non-violence et qui EN PLUS nient la réalité de la violence et organisent toute leur psyché pour ne pas contredire ce mécanisme de défense du moi.  Ceux là, pour moi ce sont les pires parce que non seulement ils ont l'intensité des psychotiques, mais en plus ils ont des arguments en béton et ils peuvent te démontrer violemment par A + B que t'es le dernier des connards, un gros facho qui s'ignore et que tu devrais réellement te faire soigner avant de tuer quelqu'un qui voulait juste te demander l'heure...

Ca vous rappelle quelqu'un ? ;D

On ne veut pas de noms...  mais nous en avons tous rencontrés.

Le fait est que l'approche globale de la self que nous abordons et développons ici est une entité vaste et complexe.  C'est un état d'esprit.  C'est une façon globale de voir le monde, de refuser de subir, et de se laisser déterminer la gueule par le destin quoi...  Pas étonnant que les mecs (ou les nanas) qui sont impliqués dans une démarche de self soient généralement aussi les mêmes qui aiment bricoler leur bagnole eux-même, qui s'intéressent au jardinage ou à la bouffe bio, qui versent dans la survie nature, la connaissance de la médecine, une bonne hygiène de vie...  Le point commun à tout cela est double : une conscience du fait que la réalité peut parfois nous savater la gueule, et le refus de subir ce savatage sous prétexte que c'est comme ça, et c'est tout...  ;)

Refuser de subir.  Etre maître de son destin.  C'est juste ça l'idée.  Prolonger sa vie.  Prolonger LA vie, éventuellement... 

Tout ça, ça commence par penser librement.  Ne pas se laisser catégoriser ni orienter.  Ne pas être docile.  Ne pas être apprivoisé.  C'est ça, pour moi, la "vie sauvage".  C'est ça le concept fondamental.  Et non, ça n'a rien à voir avec la paranoïa.  Ni avec l'envie de faire mal aux gens, même si c'est justifiable.  J'ai savaté assez de mecs pour savoir qu'après la peur, le soulagement, le rush d'endorphines qui accompagne le constat qu'on a survécu, et les longs moments passés à revivre la scène encore et encore, il reste à tout cela un arrière goût de "faut pas faire ça si on peut faire autrement".  Mais aussi la certitude que j'ai le droit et la capacité de me défendre...  et donc d'être maître de mon destin dans une mesure la plus large possible. 

Je pense que notre "fuck'em all", Serge, s'adresse en fait surtout à ceux qui souhaitent nous remettre le nez dans le déterminisme débile, dans l'inéluctabilité du destin, dans le fait que c'est comme ça et pis c'est tout...  Je pense que toi comme moi souhaitons avant tout cette liberté profonde qui se paye au prix de la responsabilité, de la conscience et des efforts... 

Citation de: Serge
le tatoué ne reproche jamais au non-tatoué de ne pas l'être. Tandis que l'inverse est souvent infirmé

Le tatoué est libre.  Il a sauté la clotûre.  Il possède son corps.  Et les tatouages sont la marque de propriété qu'on choisit soi-même de se coller à la peau pour se dire "je m'appartiens".  Autrement dit "je suis libre".  Autrement dit, quelque part, "fuck'em all" :)

Ciao ;)

David
« Modifié: 26 mars 2008 à 22:05:54 par DavidManise »
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

26 mars 2008 à 23:03:18
Réponse #41

vince


Bien ok avec ce qui est dit.

Pour le texte mis par Serge, j'ajouterais que ''the security mindset is also an endless skill'' bref, tout est question de modération, on peut passer sa vie à sécuriser son environnement, dans une course infinie entre glaive et bouclier, et finalement passer à côté de sa vie. Je dirais qu'il y a toujours un niveau raisonnable à viser, déjà au dessus de la moyenne, mais qu'au-delà, on perd en confort et qualité de vie à vouloir tout assurer ; au-delà d'un certain niveau d'efforts, on peut alors se dire avec humilité que personne n'est à l'abri du psychopate échappé de l'asile, de ''pas-de-chance', etc...

J'irais plus loin encore dans les mécanismes de déni, refuser l'idée de violence gratuite chez l'autre semblable, c'est refuser l'idée qu'on est soit même potentiellement criminel, d'où tout le travail sémantique pour renvoyer dans une autre catégorie qu'humaine les tueurs identifiés '''monstre, psychopathe'' etc... qui nous abrite de tels destins. C'est pourquoi Bison solitaire je place l'altercation létale et le génocide sur le même plan, non par leurs conséquences bien sûr, mais parce que les deux sont commis par ''de bons pères de familles'', dans le passé comme le présent. Inconfortable hein, de se dire que le mec qui appuyait sur le bouton des douches de ziklon rentrait souvent chez lui offrir des cadeaux à sa femme et embrasser ses enfants... bah c'est la réalité ! Des prisonniers survivants des geôles chiliennes où ils étaient torturés racontaient qu'ils réussissaient à tenir dans la possibilité de se dire que leurs bourreaux étaient des monstres sans humanité, mais s'effondraient presque systématiquement lorsqu'ils découvraient la part d'humanité de leurs bourreaux, qu'ils avaient une famille qu'ils chérissaient, etc...

Réaliser tout cela est inconfortable ou carrément tragique, mais cela donne après une grande humilité concernant soi-même, et une absence de certitude concernant les autres, bref, une grande vigilance fondée sur la conscience que la violence c'est pas l'autre d'abord. C'est en tout cas l'expérience que moi je retire pour avoir été témoin et victime, dans une zone de conflit, de cette ambivalence universelle et insupportable.

vince

26 mars 2008 à 23:47:06
Réponse #42

Rod


Beaucoup de bonnes choses dans ce fils!  :up:

Il ne fallait en rien y voir une agression.
Perso je n'y voyais pas une agression non plus... Cela permettait juste d'éclaircir le débat éternel sur "Oui je fais de la self mais non je ne passe pas ma vie à chercher à me battre pour prouver à la terre entière (et accessoirement à moi-même  ::) ) que ça fonctionne"...  ;)
Paix sur terre aux Hommes de bonne volonté... Et ma grosse main dans la gueule aux autres...  :lol: :lol: :lol:

27 mars 2008 à 00:12:35
Réponse #43

ZCH


C'est exactement ainsi que je voyais les choses !

27 mars 2008 à 06:43:42
Réponse #44

Patrick


on peut alors se dire avec humilité que personne n'est à l'abri du psychopate échappé de l'asile, de ''pas-de-chance', etc...
Bein en fait même pas, à part le sniper de Washington, cas à ma connaissance unique, on remarque que aucun des tueurs en série qui ne furent pas des violeurs ne s'en ait jamais pris à un Rod, un David, un Woodrunner, un Fred Perrin........... Etrange non ?

27 mars 2008 à 06:46:48
Réponse #45

Sielwolf


La psyché humaine est ainsi faite qu'elle sait parfaitement bien se défendre contre les informations trop dérangeantes, anxiogènes ou inquiétantes... et là c'est parfois fort compliqué, mais le "moi" se défend contre les agressions du monde réel en distordant la réalité au besoin.  Beaucoup de gens, et pour des raisons diverses, ne veulent pas intégrer à leur modèle mental les atrocités dont sont capables les êtres humains sur d'autres êtres humains.  Au moment où il faut percevoir la réalité de ces choses horribles, on se trouve devant un choix inconscient, en fait : soit on accepte que ça existe, et à partir de là on entre dans une phase d'anxiété où on découvre un problème potentiel mais où on n'a pas de solution...  soit on décide que ça n'existe pas, pour une raison X ou Y.  Et si inconsciemment on fait le choix de ne pas accepter la réalité de ces horreurs, toute la psyché doit s'organiser de manière à ne pas contredire ce choix.  Les personnes qui expriment la réalité de ces horreurs deviennent donc des paranos à nos yeux.

Alors là ça tombe à pic avec une autre truc auquel je pensais depuis le début du post (notamment concernant les réactions des gars du Krav à l'affichage de Repères, où ça m'a sauté aux yeux), mais effectivement le problème est réapparu ça et là tout au long des messages et des témoignages: C'est la dissonance cognitive. En gros, on se cramponne à ce qu'on croit exact même si c'est complètement faux pour échapper à l'angoisse, ou alors on se réfugie dans des logiques bancales pour éviter la prise de conscience douloureuse.

Je mets le lien Wiki. Mais c'est exactement ce que tu décris. Pour la violence, je pense que le phénomène est encore plus marqué, car les émotions attachées sont extrêmes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive

C'est un sacré problème dans le cadre qui nous intéresse, car... la vérité ne sera jamais crue, et le fait de prêcher dans le désert est quasiment inéluctable. C'est pas étonnant qu'il y ait une abrasion du bout bâton de Rod.  ;D ;D


Malheureusement, je crois qu'on ne commence à s'intéresser à la violence qu'une fois l'avoir prise dans la gueule de plein fouet et y a avoir laissé pas mal de plumes (la violence au sens large... Je pense à une histoire d'enfant difficile, au fait d'avoir servi de souffre-douleur à l'école par exemple, pas seulement à la violence de rue...). C'est bien malheureux car à ce stade il y quelque chose du domaine de l'innocence qui a été tué.

Finalement les gens qui devraient se sentir concernés par la prévention, et donc par le fait de rester "intacts" ne le sont généralement pas. Et les gens qui ont vraiment pris conscience du truc sont moins exposés, corrélativement, et sont donc finalement "moins concernés". Mais ils ne sont plus "intacts" intérieurement. C'est une vraie histoire de fous.  :(
« Modifié: 27 mars 2008 à 07:13:24 par Sielwolf »
"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

http://www.neurocombat.com/
http://www.fourrure-torture.com/fourrure-lapin.html

27 mars 2008 à 11:10:06
Réponse #46

Dje


Par rapport à la dissonnance cognitive et aux stratégies d'évitement...

j'ai suivis dernièrement une formation dans mon entreprise liée à la prise de conscience des mécaniques du stress. Les explications "scientifiques" qui sont derrières sont assez intéressantes.
En gros, il y a 3 zones impliquées dans notre cerveau :
- le cerveau reptilien, qui réagit aux dangers immédiats, et induit les 3 réactions bien connues : combat ou fuite ou "gèle"
- le cerveau néo limibique, qui est le cerveau qui gère les tâches normales de la vie, c'est-à-dire aussi bien respirer que tenir une cuillère, que conduire, que taper au clavier de l'ordi... Tout ce qui est habituel. Ce cerveau est le cerveau de la compétence, donc le cerveau qui, pousser à bout, permet la virtuosité. Je sais jouer du violon, si je pousse mes compétences à fond en violon, je deviens virtuose du violon.
Ce cerveau "a la main" dans la vie de tous les jours, c'est lui qui gère, et c'est lui qui est conscient.
- le cerveau pré-frontal, est le cerveau qui trouve des idées nouvelles pour faire face à des problèmes inhabituels. C'est le cerveau de l'intelligence, différent de la compétence. C'est lui qui permet la créativité, c'est à dire l'art de traiter d'une nouvelle manière un problème, une situation qui n'est pas habituelle. C'est ce cerveau qui fait le génie créatif. Par exemple, un compositeur de musique.
On peut donc être virtuose sans être génial (le violoniste ne sait pas écrire de symphonie), ou génial sans être virtuose (le compositeur ne sait pas forcément jouer du violon, tout comme le chercheur ne sait pas forcément construire ce qu'implique ses inventions). Les génies virtuoses sont extrêmement rares (cf Mozart)
Ce cerveau n'a pas la main, et n'est pas conscient. Il doit donc être activé au dépent du cerveau néo limbique.

Que se passe-t-il dans la vie de tous les jours.
- Si un danger immédiat survient (une voiture vous fonce dessus), le cerveau reptilien prend la main, et il en découle les réactions que nous connaissons tous
- Si la situation est normale, le cerveau néolimbique gère, et ça se passe bien dans 85% des cas.
- Mais si une situation nouvelle survient, et que nous n'avons pas conscience qu'elle est inhabituelle, cela veut dire que nous allons continuer de traiter le nouveau problème de la manière habituelle avec notre cerveau néolimbique, alors même que la méthodologie employée n'est plus la bonne. C'est un peu comme si vous conduisiez une voiture automatique et que passé dans une voiture avec vitesses, vous vouliez continuer d'actionner le levier comme précédemment. Forcément, à un moment, ca ne marche pas.

Dans ce cas, le cerveau préfrontal, qui sent bien que ça va pas le faire, veut prendre la main, ce qui est la bonne solution. Comme il ne peut pas prendre la main sur le cerveau préfrontal directement, il titille le cerveau reptilien, qui nous envoie alors des symptomes de peur "distillés", qui sont le stress : angoisse, suées, mal au ventre, irritabilité, etc... Petit à petit, ces signaux de stress, qui nous agacent, nous font prendre conscience que quelque chose ne va pas. A partir du moment où on a mis le doigt sur le problème ("mais bon sang, j'essaye de conduire cette voiture comme une automatique alors que ce n'en est pas une"), le cerveau préfrontal prend la main et on "invente" des réponses nouvelles au problème (je vais apprendre à conduire cette voiture, ou je vais y aller en vélo ou j evais demander de l'aide à mon voisin ou... etc...)

Ce long préambule pour dire que la dissonance cognitive est un signe du conflit entre les deux cerveaux.
Les gens savent que la vie est dangereuse, ils lisent les journaux, ils voient les crimes à la TV, mais ils ne parviennent pas à solliciter leur cerveau créatif pour se dire "tiens, que puis-je vaire face à ce nouveau problème ?" Et comme ils n'ont pas de compétences particulières en la matière, leur cerveau néo limbique réagit par de l'évitement : je ne sais pas faire, ca ne m'arrive jamais donc je n'en ai pas besoin, mais je n'habite pas en zone dangereuse, etc...

Bref, rien que du très normal. C'ets juste qu'il ne veulent pas adresser le problème, ils ne veulent pas se stresser sur ce sujet, c'est à dire se vaincre eux-même pour arriver à des solutions pertinentes pour eux (le choix conscient de la non-violence étant une solution par ex, et à se titre tout à fait respectable).

Voilà, voilà, j'espère que ce n'est pas hors sujet...

Djé

PS : au moins maintenant, vous savez pourquoi vous êtes stressé au boulot  :doubleup:

27 mars 2008 à 11:52:53
Réponse #47

** Serge **


Un peu HS, mais dans la ligne que prend la discussion et pour respecter, donc, notre image de neo-beauf-facho-bourrin-parano-bas du front, quelques liens agréables à lire et instructifs :

http://www.fr.withyourvoice.com/Physiologie%20du%20Stress.htm

http://www.isarcenciel.com/node/view/575
http://www.isarcenciel.com/node/view/577

http://www.acsmmontreal.qc.ca/stress/stressfaireface.html
( ---> Un grand nombre d’études ont démontré que, lorsqu’on se croit en contrôle d’une situation, on est moins susceptible de subir les effets néfastes du stress. Une façon de développer ce sentiment de contrôle consiste à prévoir et, si possible, à éviter des situations dans lesquelles on risque d’être soumis à un stress prolongé ou excessif.

Le fait de considérer les problèmes dans une perspective à long terme au lieu de leur permettre de vous écraser est un autre moyen de sentir que vous avez les choses « bien en main ».

Si vous pouvez organiser votre vie de manière à déterminer les moments où surviendront des situations génératrices de stress, vous vous sentirez moins menacé et vous réagirez moins négativement au stress.
)

http://membres.lycos.fr/schwann/coursstress.html

http://www.stress-info.info/mecanismes_du_stress_014.htm
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

27 mars 2008 à 21:40:39
Réponse #48

Anke


Alors là, les mecs, moi qui ne suis pas trop "self" ( trop inhibé ?), c'est... je ne sais quoi dire, ce n'est pas du signal ( mes excuses) mais ce fil me plait vraiment, merci !
Je fais immédiatement le rapprochement avec un de mes proches qui "refuse" catégoriquement une situation difficile à vivre par tous les moyens et moi en face je lui dis : " Tu me fais penser à ces gens qui voulaient garder leur maison à tous prix, pendant que les allemands déferlaient sur la région, ça serait bien que tu t'avoues la réalité, ça te permettrait de réagir et de déterminer tes choix avant qu'on ne le fasse à ta place ! "
A faire l'autruche on se retrouve souvent le derrière en l'air, ça peut donner des idées à certains !
Maintenant, cette manière de penser peut-elle faire de nous des "marginaux" ( je ne retiens pas les concepts de bien ou de mal)? Car ces analyses, cette manière d'appréhender la vie, est somme toute bien particulière par rapport au commun des mortels. Non pas que nous( je me mets dans le tas hein) soyons des "initiés ou élus" ( loin s'en faut), mais cette manière d'aller à l'essentiel, d'avoir ce recul immédiat ( analyse de la situation, codes de couleurs par ex) d'envisager les "possibles" ( c'est comme ça que j'appelle ça) reste remarquable ( au sens où cela ce remarque,  pas dans les habitudes quoi...).
Et donc loin des images de fachos, beauf mes genoux etc... Ne risquons pas tout simplement d'être "inadaptés"( le mot n'est pas juste, mais je ne trouve pas le mot exact), ou considèrés comme tels vis à vis de nos entourage ou de nos contemporains ?
Qu'en pensez-vous ?
Donc au final, la question que je me pose, était-il opportun de diffuser REPERES ( que je n'ai pas lu evidemment, quel nul !) parce que le public auquel il était adressé n'était tout bêtement pas( encore) en état de le recevoir ?
Et peut-etre est-ce juste une question de pédagogie et de méthodologie finalement...
En tous cas merci pour ces pages.

28 mars 2008 à 10:36:47
Réponse #49

Fox


un de mes proches qui "refuse" catégoriquement une situation difficile à vivre par tous les moyens (...) ça serait bien que tu t'avoues la réalité

Le déni

http://www.dicopsy.com/negation-deni-realite.htm

et un excellent dossier sur les mécanismes de défense

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychologie/psychologie/mecanisme-defense.htm
Quand on ne sait pas ce qu'on veut, a dit le portier, on finit par se retrouver avec des tas de trucs qu'on veut pas.

"if you dont know what you want", the doorman said, "you end up with a lot you don't".

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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