Je l'ai proposé en 2020-21 quand je traînais dans les cercles concernés. Je parlais déjà de durcir les populations il y a 15 ans. C'était pas au programme. Maintenant subitement ça l'est. Pourquoi maintenant ?
Je crois qu'il s'est passé un truc, justement début 2022...
La Russie ne va pas nous tomber sur le coin du nez avant un moment. Ils ne sont pas en état de le faire. Alors pourquoi maintenant ?
La Russie n'est pas en état d'envahir toute l'Europe, certes.
Maintenant imaginons que l'ami Poutine atteigne ses objectifs en Ukraine. Que ce pays soit amputé de territoires importants (les provinces orientales plus toutes la bande côtière) et que le reste soit démilitarise et vassalisé. Bref qu'il n'aie plus à mobiliser de moyens militaires importants sur ce front.
Il se retrouve avec
- une armée sur le pied de guerre
- avec notamment la maîtrise de la guerre des drones (y compris la partie guerre électronique), je pense que toutes les armées occidentales sont très en retard de ce point de vue (cf aussi les pertes subies par les forces nord-coréennes, estimées à 40% en quelques mois même si bien sûr tout est sujet à caution)
- un complexe militaro-industriel qui tourne à fond*
- une opinion publique qui le suit.
Et un compte à règler avec les pays Baltes. Qui ont des minorités russophones pas toujours bien traitées. Qui contribuent à faire de la Baltique un "lac Otanien", à enclaver Kaliningrad, et sont bien proches de Saint Petersbourg. Qui affirment haut et fort leur rejet de la Russie, ce qui est une offense dans une certaine conception des relations internationales qui veut que la Russie contrôle son "étranger proche".
La grande inconnue étant l'attitude qu'adopteraient les USA mais on n'a jamais vu un président US aussi russophile et inconstant depuis... depuis toujours.
Et je ne me lasse pas de citer un certain Poutine: "si la bagarre est inévitable il faut frapper le premier"
Un scénario qui me semble possible à échéance assez courte (mais évidemment ce n'est qu'un scénario) c'est une offensive militaire sur les pays Baltes sous prétexte de la persécution des pov' minorités russophones.
Avec en parallèle des actions de guerre asymétrique visant les autres pays d'Europe pour réduire nos capacité de réaction. L'armée ne peut pas en même temps se projeter et défendre le territoire ou suppléer aux services publics défaillants. Donc justement gros bazar à prévoir dans les services publics et les entreprises via cyber, sabotages etc, d'où l'importance de pouvoir supporter cette phase de désorganisation.
Il me semble raisonnable de se préparer, vite, à une telle éventualité.
De Gaulle avait eu le nez fin en quittant l'OTAN
La France n'a
jamais quitté l'OTAN.
L'OTAN est aussi ce qui a permis de faire passer la pilule du réarmement allemand. On se plaint que l'Allemagne soit, militairement, trop sous la coupe des USA... mais on était les premiers à souhaiter qu'il en soit ainsi.
Et la dissuasion nucléaire française, certes autonome, avait essentiellement pour but de forcer les USA à nous soutenir (pour éviter qu'on ne soit le détonateur de l'apocalypse au niveau mondial).
Note de de Gaulle à son chef d'état major particulier en 1963 (je ne l'ai qu'en globish) :
https://hal.science/hal-03384910v1/document (note 24)
Of course, and in any case, we will have to use our own strategic force with Russia as a target, as soon as France is attacked. The deterrent effect resulting from our displayed resolve may have some effect. [. . .] Furthermore, this action may, eventually, trigger that of the United States from continent to continent and bring them, as a consequence, to use the only really effective means of defense of continental Europe before it is too late for us (c'est moi qui souligne)
* La Russie produit 150 missiles balistiques ou de croisière et 500 drones longue portée par mois. Par comparaison GB, Italie et France se félicitent d'avoir commandé 700 missiles Aster (utilisés pour intercepter les missiles russes) au total sur 5 ans... Donc quand la Russie n'aura plus besoin de taper sur l'Ukraine elle pourra très rapidement (en quelques mois) avoir de quoi mener une frappe massive sur l'Europe, et nous n'aurons pas les moyen de l'en empêcher.