J'interviens excessivement rarement ici, mais le sujet m'interpelle beaucoup, donc je vais essayer de faire un peu de signal

Après presque 12 ans passés à Bordeaux, plutôt calme mais grande ville quand même et quelques incursions à Paris (je ne compte pas Marseille où je n'ai pas pris les transports en commun, pourtant j'aurais bcp à dire...), j'ai eu la "chance" de ne pas avoir vécu de telles situations. "Chance" entre guillemets parce que ce n'est peut-être pas uniquement une question de chance.
Je poste ici pour aborder le sujet sous un autre angle: éviter la réaction inverse de celle où, trop choquées, nous n'osons pas dire "stop" au bon moment.
Je suis, il paraît, une demoiselle (kof kof...

), pas particulièrement impressionnante mais pas petite, encore moins fluette, avec un regard de dogue dès que je passe le pas de ma porte et l'allure féminine et sexy d'un légionnaire en perm'

Quoi, c'est pas mimi tout ça?

Mes parents se sont appliqués depuis que je suis petite à me prévenir des divers dangers auxquels j'aurais à faire face en tant que femme, tant mon père que ma mère, un tantinet surprotecteurs et paranos comme tout parent qui se respecte ^^ surtout ceux qui ont des filles.
Depuis le CP à peine, j'ai donc toujours été sur mes gardes (presque trop?), prête à balancer un coup de genou/pied bien placé selon la distance ou un coup qui fait vraiment mal, incapacitant dans la mesure du possible, enseignés par mon paternel, tout petit homme léger qui a dû apprendre à se défendre contre beaucoup plus gros que lui.
Je me souviens encore de mon premier jour au collège, où dans ma ptite tête, le premier qui s'approcherait à moins d'1 mètre se verrait valser. Parano vous dis-je.
Bref, je suis pas là pour raconter 3615 MYLIFE mais pour dire que ça aussi, ça peut être dangereux comme attitude, même si ça m'a rendue beaucoup plus ouverte à me défendre que la plupart de mes copines.
Je ne suis pas spécialement jolie (ni moche), ni vraiment féminine, et de fait, je me suis très très souvent retrouvée à me balader avec des copines plus attirantes que moi, qui elles, attiraient les ennuis sans rien faire de mal ni être provoquantes. Evidemment, mon sang ne faisait qu'un tour et le dogue que j'ai appris à être ne demandait qu'à mordre. Fort heureusement, je n'ai jamais eu à me battre mais ça aurait pu mal tourner bien des fois à cause de ma connerie et de mes provocations "viens-par-ici-que-je-te-pète-la-gueule-queutard-de-mes-deux"

Une seule fois j'ai secoué un peu un bonhomme complètement bourré qui embêtait ma sœur et ma meilleure amie (pas agressif mais vraiment chiant, du genre à leur caresser les cheveux, presque s'assoir sur leurs genoux, etc.) Ma frangine a eu la seule bonne réaction de la matinée: elle est partie s'assoir plus loin. Ma meilleure pote protestait mais faiblement, se laissant emmerder (difficile de savoir quelle attitude adopter...). Au lieu de décamper avec elle, j'ai empoigné le type rudement en le plaquant contre la paroi du tram et lui ait signifié de nous foutre la paix. Bon, il m'arrivait au menton et faisait la moitié de mon poids... Mais ce n'est pas une raison et cela l'a d'ailleurs rendu agressif. Ce n'est que quand il est revenu à la charge que 2 mecs se sont occupés de l'éloigner, sinon je crois que je l'aurais réduit en bouillie. Et c'est débile et
disproportionné 
Il est toujours difficile pour moi, qui suis pourtant une pacifiste convaincue et affable au quotidien, de trouver le juste milieu entre une conscience raisonnée des dangers et une méfiance excessive qui envoie assez bizarrement au type d'en face un signal inverse, celui de la baston.
S'il est bon de faire gaffe et de stopper une agression dans la mesure du possible, il peut être très délétère d'envoyer un message violent par son attitude/regard ou autre du genre "tu lèves les yeux sur ma copine, je te mets les c*uilles en pendentif". J'exagère un poil mais à peine. Par conséquent, j'ai essuyé des remarques/regards qui laissaient entendre que si bagarre il y avait, il(s) m'aurait(ent) frappé comme un mec. Pas bon ça...

Je suis peut-être un cas à part mais j'aimerais avoir vos avis mesdemoiselles/mesdames, notamment celles d'entre nous qui n'hésitent pas à se défendre ou apprendre à le faire, qui n'ont pas peur de faire très mal si besoin mais qui trouvent d'autres parades face à ce genre d'agressions qui, si elles sont désagréables et traumatisantes, ne sont pas dans la même catégories qu'un viol/passage à tabac.
Je précise: plusieurs posts ont évoqué quelques solutions, comme taper la honte au gugusse devant tout le monde: mais quelle serait votre réaction, mesdames, si une femme se fait agresser devant vous par un frotteur/chuchoteur? Potentiellement, si on prend la place de ladite femme, on peut subir ce type au même titre... à moins de lui faire bouffer son engin mais c'est un poil excessif (quoique...). J'ai dis que j'étais non-violente

[HS/on]
Vivre avec la pensée que tout mec est un violeur/agresseur potentiel et vouloir s'en prémunir peut rendre parano, et en même temps, il est tellement pénible et blessant de se faire traiter de féministe chienne de garde par des gars lambda, sympas au quotidien pourtant, qui considèrent que "bahhh, c'est pas si grave, t'es pas morte hein?! et pis, une femme qui se respecte pas, je la respecte pas non plus".
Dans le cadre de mon boulot (prof hist/géo), j'ai abordé ce genre de problématique avec mes élèves (14/17 ans), surtout en éducation civique. Pour les mômes, le plus terrible, c'est que si une fille se fait chahuter/agresser, c'est qu'elle l'a cherché, souvent. Et devinez qui est le plus dur envers les filles qui s'habillent sexy et/ou qui ont des mœurs libres? leurs congénères féminines... Je n'ai d'ailleurs jamais eu à déplorer, pendant les 2 trimestres ou j'ai enseigné l'an dernier, la moindre remarque ou comportement déplacé de la part des garçons, même dans la classe la plus difficile.
Difficile de leur faire comprendre que RIEN, JAMAIS, ne justifie une agression verbale/physique envers qui que ce soit. Et je trouve dommage de devoir leur assurer cette éducation, pour nombre d'entre eux, à la place de leurs parents...
[HS/off]
sonic.