Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Survivre / vivre après un suicide  (Lu 17728 fois)

01 mars 2013 à 11:16:46
Réponse #25

Ulf


Tu dois souffrir énormément....... Un impression de chaos sourd. :'(

Je n'ai pas à juger sinon.

Je n'ai pas de conseil à te donner sinon quelque chose de très froid, mais qui j'espère t'aidera, que tu pourras vérifier en demandant à ton psychologue (en fait, aborde ce sujet avec lui, c'est un conseil direct):
Un deuil, c'est un processus psychique un peu semblable à la digestion: il faut du temps pour que le processus se fasse. Si le processus de deuil est perturbé ou interrompu, par une prise d'antidépresseurs* par exemple, il se peut que le deuil ne se fasse pas correctement. Ce qui peut le retarder, le mettre en dormance et le faire ressurgir des années plus tard (sans que tu puisses cerner l'origine d'une grave dépression) ou entrainer des couacs psy supplémentaires.

Enfin, un thérapie ou une analyse psy dépend plus de la qualité de l'échange patient/psy qu'autre chose. Ne pas hésiter à "essayer" différents psy au départ et à chercher leur "pédigrée", enfin dans quel secteur ils sont spécialisés, de quelle école de pensée ils viennent etc.

Tiens le coup.


* enfin certaines personnes dépressives sont dans un état d'urgence médicale (ne se lève plus, ne mange plus) nécessitant une prise de médocs. Et je suis pas médecin.

Note: Edité, dsl.
« Modifié: 01 mars 2013 à 21:32:22 par Ulf »

01 mars 2013 à 11:24:03
Réponse #26

bilbo78


Rien à ajouter aux conseils déjà donnés, juste te dire que mes pensées t'accompagnent.

Bon courage et n'oublies pas que nous sommes là, en cas de besoin.

 :calin:

Laurent

Si, tout de même :
Concernant le psy, je suis aussi d'accord que c'est une question de feeling... Si tu le "sens" pas, change. Il faut parfois en "essayer" plusieurs avant de trouver celui qui sera "le bon" pour soi. Ce n'est pas forcément celui qui aura la meilleure "réputation" ou qui aura aidé "untel" ou "unetelle" qui t'aidera, toi, le mieux. C'est super perso.

@ bientôt

** Edit pour orthographe
« Modifié: 01 mars 2013 à 13:59:54 par bilbo78 »

01 mars 2013 à 13:20:51
Réponse #27

cubitus


Salut Mo.

Tu le sais sans doute si tu parcoures le forum depuis un moment, j'ai perdu mon fils de 12 ans il y a un peu plus d'un an.

Hémorragie cérébrale. Rien à voir avec le suicide, donc. Sauf que la douleur du deuil, elle est la même. La culpabilité aussi, surtout en tant que médecin. Je connais ce que tu traverses.

Tous les conseils donnés ci dessus sont bons. Je rajouterais quelques trucs :
- Fais le tri dans tes amis, ton entourage. Certaines personnes te font du bien rien qu'en te regardant, te prenant dans leurs bras, te disant quelques mots dont le sens n'a pas forcément besoin d'être très important. D'autres te mettent encore plus mal. C'est comme ça, ça vient pas d'elles, mais de l'interaction entre toi et elles. Evitent les pendant cette période. Tu pourras les revoir plus tard quand ça ira mieux.
- ça ira mieux. Ca va prendre du temps, il y aura des montées et des descentes, mais petit à petit tu vas remonter. Profite de chaque éclaircie, prends les vraiment comme quelque chose de fabuleux, note le, fais toi la remarque à toi-même que là, tu as passé un moment plutôt agréable. Et quand ça va pas, dis toi que ça va passer. Ca passe toujours. Et en attendant tu serres les dents.
- Regarde autour de toi et accueille la vie. Elle est partout. Le rire d'un enfant, le sourire d'une mamie, un chant d'oiseau,...

Certains ont précisé qu'on n'oublie pas. Bien sur. Tous les jours je pense à lui. A chaque fois que je passe un bon moment je pense à lui. Tous les jours j'allume sa bougie.
Je viens d'être papa d'une petite fille, Luce. La vie est la plus forte et j'emmerde la mort. Je suis heureux avec mes 2 gars, ma femme et maintenant ma petite princesse. On a plein de projets. Et mon Hugo est là, à mes côtés pour m'aider à aller de l'avant. Il y a toujours ça  :'(. Mais il y a surtout ça  :love:

Je suis au sud de Tours. Si tu veux, si tu as besoin tu m'envoies un MP et on s'appelle ou on se voit.

Merci à tous ceux du forum qui feront avec Mo ce qu'ils ont fait avec moi : soutenir. Ca aide, vraiment.

A +
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

01 mars 2013 à 14:02:43
Réponse #28

gargle



01 mars 2013 à 15:34:54
Réponse #29

Ishi


La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

01 mars 2013 à 16:15:29
Réponse #30

ensuquet


 :calin:

De tout coeur avec toi....

01 mars 2013 à 18:28:52
Réponse #31

Gros Calou



01 mars 2013 à 19:03:16
Réponse #32

Vitaly


 Très émouvant  ce post....bon cousage Mo  :calin:



Tu réfléchis, tu avances malgré le fait que ça soit dur.  Donc tu vas t'en sortir.  Tu vas aller mieux.  Et t'as le droit.

Tout à fait d'accord

01 mars 2013 à 21:53:20
Réponse #33

adi06


Courage à toi. Ce que tu es en train de vivre doit être le pire chose qui puisse arriver à un homme.
Je ne sais quoi te dire si ce n'est, peut-être, de te consacrer à fond sur ton boulot ou sur une autre activité prenante et si possible ou tu seras pas mal entouré.
Occupe-toi l'esprit le plus possible pour penser à ce drame le moins possible.
C'est facile pour moi de dire ça, n'étant pas dans ta situation mais c'est à mon sens une bonne chose à faire.
Quoiqu'il en soit sois fort et ne reste pas seul
c'est quand c'est impossible que tout devient possible

02 mars 2013 à 17:12:31
Réponse #34

AD


 :calin:
Courage Mo ...

Je te souhaite d'arriver à apprivoiser ta tristesse. La tristesse n'est pas une émotion à diaboliser, elle est une étape normale du deuil, elle va t'accompagner et s'estomper avec le temps.
La douleur est autre chose ... Simplement accroche toi, parle dès que tu en a besoin, écris peut-être, fait du sport pour évacuer le trop plein, et fais toi aider ... Courage, courage, courage ...





02 mars 2013 à 21:46:53
Réponse #35

loic35


Vraiment touchant .... tu a tout mon  soutient .

03 mars 2013 à 00:09:34
Réponse #36

Mo


Oui, il s’agit bien d’extérioriser l’horreur. L’horreur de trouver sa petite femme dans une situation que jamais je n'aurai imaginée. A tel point que mon cerveau a refusé de croire ce qu’il voyait. Je me souviens du mot, du sentiment de « blague » qui a traversé mon esprit un bref instant, comme si un voile était tombé sur mes yeux pendant une fraction de seconde.
L’instant d’après c’est l’horreur qui me submergeait, la détresse.

Nous avions tout pour être heureux, pas de souci d’argent, un toit, du travail, des amis, de la famille, de beaux projets… ce n’est pas comme si nous étions dans une région où ne connaissions personne, isolés, avec des soucis…
Elle venait d’être tata, elle allait voir sa famille pendant une semaine, nous étions heureux.
J’en parle, avec des amis, la famille, quelques collègues qui la connaissaient. Mais au final je dis tout le temps les mêmes choses, je me pose toujours les mêmes questions. Et ils n’ont pas plus de réponses que moi.
Je vais faire analyser notre ordinateur, je veux essayer de trouver une réponse de ce côté-là aussi. Ce sera ma dernière piste, ma dernière tentative. Se torturer, oui, le mot est juste David.

On m’a prescrit des médicaments, mais ils m’endorment, et je ne veux pas être comme ça, avoir un moyen d’endormir mon esprit. Je veux pouvoir penser à elle, à nous, librement.
Oui, elle a je pense été heureuse, on a été heureux. On en a partagé des très bons moments, des rigolades… On en a fait des randos, vadrouillé ensemble.
Elle m’impressionnait, elle qui frôlait les 50 kg toute mouillée, à porter son sac à dos sans se plaindre, à m’endurer.

Moi qui ne pleurais jamais, qui n’exprimais pas facilement mes sentiments, aujourd’hui je pleure, peu importe l’endroit, et je parle de ce que je ressens. Jamais je n’aurai cru poster un jour ce type de message.
Peut-être croire en un Dieu quelconque serait moins traumatisant, mais je suis athée, et pour moi après la mort il n’y a rien, le vide. C’est très personnel et ça ne regarde que soi, mais ça ne m’aide pas à me dire que là où elle est, elle est mieux.

Il ya aussi ces visions, ces frissons, ces films dans ma tête. Et visiblement pour ça non plus il n’y a pas de remède miracle.

Merci pour vos conseils et vos marques de soutien, ils sont appréciables.
Qui ose gagne

03 mars 2013 à 10:37:00
Réponse #37

Draven


Je n'ose pas imaginer ce que c'est de rentrer chez soit et de découvrir une chose pareille... Je suis de tout cœur avec toi, tes deux messages m'ont retournés les tripes...

Effectivement je ne pense pas qu'il y ai de remède miracle, a part essayer de mettre de coté les choses négatives, pour ne garder que le positif... Et laisser le temps faire son œuvre...


Tu a un forum complet qui est prêt a te soutenir, sans compter tes proches et tes amis, appui toi sur ceux qui en sont capables et qui peuvent t'aider ( comme dit plus tôt, certains en sont incapables, involontairement ) et accroche toi !
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

03 mars 2013 à 13:08:26
Réponse #38

guillaume


Mes pensées t’accompagnent.

Si jamais je peux être utile en quoi que ce soit, n'hésite pas.

03 mars 2013 à 17:31:24
Réponse #39

h


put**n de saloperie de vie...   Accroches toi 
beaucoup de compassion pour toi

04 mars 2013 à 03:29:49
Réponse #40

Shumba


Accroche toi ! Tu n'es pas seul...
"We are the Pilgrims, Master..."

04 mars 2013 à 21:27:08
Réponse #41

psydomos


 Salut Mo,

Je sais pas trop quoi te dire si ce n'est que j'admire ton courage et ta sincérité.
Si tu veux parler de tout et de rien avec un inconnu, je serais disponible, simplement...envoi juste un signal au besoin.

:calin:
"Je sais que je ne sais rien" Socrate
"Le progrès est ce qu'on en fait, confier son dernier souci à des milliers d'inconnus qui n'en n'ont rien à foutre ou permettre de vrais moments de vie démultipliés.."
Patrick, o "cacique" do CEETS

05 mars 2013 à 01:08:39
Réponse #42

Cignalu


Salut Mo,

on ne se connait pas, mais je te souhaite tout le courage dont tu as besoin et te souhaite sincèrement de reprendre le dessus dès que possible. Ne culpabilise pas, on ne peut ni tout prévoir, ni tout maitriser.

Je suis avec toi par la pensée,

Très sincèrement.

06 mars 2013 à 14:56:29
Réponse #43

Calypso


Comment survivre, se reconstruire, reprendre goût à la vie ? J'ai beau tourner ça dans tous les sens je n'en vois pas d'issue. On me répète que le temps fera son œuvre...
J'ai parcouru un ancien fil parlant des tentatives de suicide (avec le témoignage de Rod), mais certains auraient-ils des conseils face à cet évènement, pour surmonter ce geste et le traumatisme lié à cette découverte ?
Mo

Bonjour Mo.

Je vais du bas de mes 23 automnes, te donner un avis sur ce traumatisme et sur comment je l'ai géré. Car il m'est arrivé la même chose qu'à toi quand j'avais 14 ans, quand celle qui m'a donné la vie a décidé d'ôter la sienne. Et je ne suis pas la seule ici à avoir vécu cet évènement.
Tu t'en doute, ce sera mes conseils et mon point de vue, ce que j'ai consciemment ou inconsciemment fait pour surmonter ça, ma sœur qui a vu exactement la même chose n'a par exemple pas réagi du tout de la même manière. Certains s'éloignent comme une bête blessée, qui lèche ses plaies, loin des autres, d'autres se jettent dans l'action, papillonnent, se blindent les journées par peur de la solitude, s’enfoncent dans milles tracas quotidiens...

Je vais être honnête : ça fera 9 ans dans quelques jours, déjà, et la peine n'a pas diminué. Je ne crois pas du tout que "le temps ceci ou celà". Non, pour moi, on apprend seulement à vivre avec. Ce n'est pas le temps en lui même qui guérit, il atténue simplement quelque peu la douleur. Le temps n'a pas été un médicament. Mais il ne faut pas que la douleur s'enkyste face au défilé des jours...

Certains auraient-ils des conseils face à cet évènement, pour surmonter ce geste et le traumatisme lié à cette découverte

Dans mon cas, ce qui a été le plus dur à gérer, c'est l'image que j'ai vu. ça a mis du temps à sortir car les premiers mois je n'ai pas réalisé, pas pleuré ou si peu, bref je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Quand ça a commencé à sortir, quasiment un an après voir plus, je ne pouvais plus ouvrir un placard sans que ça me vienne à la figure. C'est venu d'un coup. J'avais fait une ou deux séances avec un psy quelque mois après son décès mais j'avais très vite arrêté car je ressortais plus mal que bien de ces séances, le courant n'était pas passé.
De là, forcément, on perds le sommeil. Et corrélativement, l'appétit. Là où ma sœur s'est plongé dans le travail, moi j'ai continué ma petite scolarité "normalement" , mais à la maison, sans même m'en rendre compte, je commençais à virer zombie. Je riais, je sortais, j'avais plein d'amis, mais intérieurement, je hurlais. Respirais la joie nourrie de désespoir. Tôt ou tard, je crois qu'on est rattrapé par ce qu'on a vu et vécu. L'enfouir n'est pas une bonne chose. Jpense qu'au contraire il faut que ça sorte. D'une manière ou d'une autre.
ça a continué comme ça pendant quelques mois, être une automate, une petite souris qui sourie, dont le fantôme remontait le mécanisme le matin pourqu'elle tienne jusqu'au soir. J'ai commencé à avoir des crises d'angoisses : mal au ventre d'un coup, plié en deux, ne plus pouvoir respirer, et littéralement être perdue, avoir l'impression d'étouffer, qu'une main invisible serre la gorge, qu'on va mourir...

Concernant le traumatisme lié à cette découverte aussi : les films, les livres, les conversations avec ceux qui ne savent pas forcément ce qui nous est arrivé... ça fiche un poignard dans le coeur. Une fois au cinéma, la scène a duré tellement longtemps (enfin, pour moi), que j'ai cru exploser.

Jusqu'au jour où je me suis levée en disant STOP, une sorte de déclic. Du style : "Tu es jeune, les jours passent, tu vas pas passer ta vie à pleurer, elle t'a pas éduqué comme ça, BASTA, maintenant, PLACE A LA VIE." Ne plus pouvoir regarder un film car il y a la peur de tomber sur une mauvaise scène, ne plus pouvoir se concentrer assez longtemps pour pouvoir lire... ça n'est pas normal et il faut réagir. Voilà, il fallait que ça sorte. J'ai vu quelqu'un d'autre, plus compétente, qui me correspondait mieux, qui m'a assez aidée + fait des tests à l’hôpital du sommeil. Juste d'en parler, de dire tout ce que je ressentais, ça m'a fait du bien. ça n'a pas tout guérir et ça a pris du temps, mais ça m'a permis d'aller mieux, et de recommencer doucement à vivre au lieu de "survivre". Je n'ai jamais pris aucun médocs, que ce soit anti-dépresseurs ou somnifères. Or de question. Mais ça c'est à chacun et au médecin de voir.
Autre chose : nous avons déménagé, 3/4 mois après, et ça a été une bonne chose. ça n'a pas évité les "flashs" bien sûr, car ce n'est pas en quittant un endroit qu'on peut mettre derrière ses sentiments, mais ça a quand même permis que nous reconstruisions quelque chose tous les quatre (Mon père, ma soeur, mon frère et moi).
Donc là je ne peux que te conseiller de partir... peut être pas tout de suite... tu as d'autres choses à régler, rien ne presse... mais ne tarde pas trop non plus si tu prends cette décision, car cela peut te bloquer dans ta reconstruction... Les choses ne sont pas seulement des choses, elles portent des traces humaines, chaque objet est une histoire, liée à celle des personnes qui les ont utilisées et aimées.
Les personnes décédées ne disparaissent pas de notre mémoire, nous pouvons librement les évoquer, par contre, eux ne peuvent plus penser à nous. Je ne crois pas non plus, comme toi, à une quelconque forme de vie après la mort et c'est vrai que ça rend "l'acceptation du décès" peut être plus difficile... Donc n'hésite pas à faire tes valises et t'aérer. Peut être auras tu l'impression de tuer les dernières choses qui te raccrochent à elle en faisant ça, mais au contraire cela permet de..."sainifier" la situation.

Une chose difficile à gérer en cas de suicide : le regard des autres. C'est une chose encore taboue et très mal comprise. Des personnes qui ignorent mon passé ont déjà tenu des propos comme "les personnes qui mettent fin à leur jour exprès chez eux sont des égoïstes, ils pensent pas à ceux qui les trouveront, c'est inadmissible d'imposer ça" etc...
Autant te prévenir, avant, il y avait surement des choses auquel tu ne faisais pas attention, qui désormais te toucheront directement. Du moins c'est comme ça que je l'ai vécu : il y avait un avant, et un après.

Au delà de l'image et du traumatisme lié à la découverte du proche décédé, s'ajoute le sentiment de culpabilité et le "pourquoi", le besoin de savoir.
J'ai comme toi commencé des recherches, quoi qu'un peu plus tardivement, pas de suite. J'ai découvert en allant voir son médecin, qu'elle était malade et en dépression depuis assez longtemps. Et comme toi, j'ai rarement connu plus fort, plus souriant que ma mère. Le fait de savoir qu'elle était malade, car la dépression est bien une maladie, m'a permis d'être lucide... on en veut pas à quelqu'un qui meurt d'un cancer. On lui dit pas qu'il est égoïste de faire souffrir ses proches et sa famille. Alors POURQUOI on en voudrais à quelqu'un qui a une dépression ? C'est une maladie comme une autre, et même plus perverse car incomprise, et qui touche tous les proches et les culpabilise... Jvois pas comment je pourrais lui en vouloir d'avoir été malade, d''avoir cru qu'elle était un poids pour nous, surtout quand il m'a révélé qu'elle avait surement fait ça pour nous "sauver d'elle" qui allait mal et allait nous tirer vers le bas  :blink:.
Ah... la culpabilité... et si j'avais pu... (je n'ai pas pu la réanimer non plus, et en même temps à 14 piges je sais pas comment j'ai pu penser y arriver !). Les "Et si"... bannis les "et si" de ta tête...
J'ai beaucoup travaillé sur la culpabilité (en plus de l'image), en utilisant une technique un peu spéciale, adaptée aux personnes ayant vécu des traumatismes (accidents de la route grave, viols ou décès etc etc etc...). ça n'est pas vraiment de l'hypnôse car je suis "résistante" et surtout j'y crois moyen... trop cartésienne. Si tu veux je t'en parle par MP mais en tout cas ça a mis des "filtres" entre ces images vécues et moi, elles me semblent très loin maintenant, je ne les vois plus, ça ne me fait plus rien... la vie a pu véritablement reprendre à partir de ce moment là. Que cette faiblesse est devenue une force.


Je t'envoie plus ce message comme un message d'espoir, te dire de ne pas t'effondrer, qu'après les ténèbres revient la Lumière...
Aujourd'hui, je termine tout juste mes études, j'ai tout réussi sans problèmes et plus j'allais mieux, plus j'ai réussi avec brio, au point de finir major de promo (quand jpense qu'il y a encore 4 ans je pouvais même pas lire deux phrases sans me déconcentrer !), j'ai justement ma remise de diplôme (le jour de sa mort haha, joli clin d'oeil...) dans 3 jours, je sors, je ris pour de vrai, je croque la vie comme une grosse pomme juteuse, elle est bien remplie, avec moults activités et centres d'intérêts, je me sens forte, il y a des choses que je "sens" aussi, quelque chose de bête mais parfois j'ai l'impression d'un coup d’œil de sentir que la personne dans le tram à côté de moi ne va pas bien, et comme je sais que parfois il suffit d'un rien pour que ça bascule, je distribue des sourires.
Je me sens très lucide par rapport à ça, j'ai revu des films où il y avait le genre de scène que j'ai pu voir "en vrai", et ça ne me fait plus rien, je n'ai plus de hauts le cœur, plus de bouffées d'angoisses, j'ai complètement mis des filtres et je vis très bien.
Alors bien sûr, elle me manque. Bien sûr certaines étapes de la vie font qu'on aimerait, plus qu'à n'importe quel moment, partager ça avec l'être qui est parti... mais quand je pense à elle, je ne vois plus désormais que les bonnes choses, les bons moments.
Je regarde avec plaisir les photos, tout le côté "négatif" est définitivement parti. Je te souhaite de retrouver un jour une "relation" sereine et saine avec elle, car cette acceptation et cette lucidité face à ce qui c'était passé, je crois qu'au fond, c'est ça qui m'a sauvée. Se réconcilier avec les morts, atteindre la sérénité du souvenir...


Désolée pour le pavé, et bon courage à toi.
Si tu as besoin que je détaille pour la technique que j'ai utilisé pour évacuer l'image traumatique, tu peux me MP.
Et sinon je serais sur Tours pour voir de la famille dans peu de temps.




PS : je laisse ce message en ligne, mais à terme, je l'effacerais peut être. Pas du tout de la honte hein, juste que je sais à quel point ce forum est lu, donc je trierais ce qui doit rester en terme de signal et ce qui sera devenu superflu.
"Vers l'infiniii et au delààà"
"And when the day does come when you and I depart, you'll be the one whose leaving 'cause you'll never leave my heart."

FREEEDOOOM !!!

06 mars 2013 à 16:12:39
Réponse #44

** Serge **


PS : je laisse ce message en ligne, mais à terme, je l'effacerais peut être. Pas du tout de la honte hein, juste que je sais à quel point ce forum est lu, donc je trierais ce qui doit rester en terme de signal et ce qui sera devenu superflu.

A titre personnel : ce sont des interventions comme la tienne qui sont la substance de ce lieu. Ce serait dommage de la retirer, la modifier, l'altérer. Même ce que tu pourrais considérer comme n'étant pas du ' signal ' en est, dans sa forme la plus brute, non traitée. Merci à toi  :)
« Modifié: 06 mars 2013 à 17:20:50 par ** Serge ** »
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

07 mars 2013 à 17:09:48
Réponse #45

AD


Merci Calypso pour ton témoignage, ton honnêteté et ton optimisme.
Merci d'avoir apporté de la lumière à toutes ces questions, qu'on est nombreux à se poser.

Je suis d'accord avec Serge, même si tu ne le perçois pas comme tel, ton message déborde de signal et il est d'une grande richesse laissé en l'état. Il y a beaucoup de lecteurs sur ce forum qui n'interviennent pas mais qui y trouvent des réponses et du soutien.

 :calin:
 

08 mars 2013 à 12:59:15
Réponse #46

Patapon


Yo Mo,

Je vais me permettre juste deux propos:

  • Lorsque tu dis que, d'un point de vue athé, après la mort, il n'y a plus rien, j'aimerais t'apporter mon point de vue, en y soustraillant toute approche déiste ou gnostique: ce qui fait de toi qui tu es aujourd'hui, ta personnalité, ta façon de percevoir le monde, vient de ton éducation, du lieu où tu as grandi, etc mais aussi des personnes qui ont influencé ta vie. Aussi, à travers qui tu es il y a aussi un peu de celle que tu pleures aujourd'hui: n'y a-t-il pas là dedans une forme de survivance?
  • La douleur que tu ressent est terrible (pour avoir accompagné plusieurs amis aucour des deux dernières années, à travers l'épreuve du deuil, mais n'étant moi même pas très sensible à cette séparation, je ne peux qu'imaginer), mais, n'est ce pas la l'expression des sentiments que tu avais pour elle? Ce que je veux dire, c'est que tu la pleure, parce que tu l'aimes, et sa c'est plutôt beau, non?

Bon courage, ne baisse pas les bras: il y a toujours de la lumière au loin.

Mes pensées t'accompagnes.

Hugo
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

08 mars 2013 à 23:34:33
Réponse #47

Mo


J’ai habité quelques jours chez mes parents, et ai emménagé depuis chez ma sœur, du côté de Blois. J’ai la chance d’avoir une sœur et un beau-frère en or, et un petit neveu pour qui tonton est  important. Malheureusement, j’appréhende le moment où je devrais partir, où je ne serais plus entouré, et aussi bête que ça puisse paraitre, le moment où je serai seul le soir, surtout avec le traumatisme.

Dans tous les cas je ne pouvais pas revivre dans notre appartement. J’y suis retourné une fois récemment pour chercher des affaires, seul, ce fut suffisamment dur.
La psychologue n’est pour l’instant quasiment jamais intervenue, j’ai trop de choses à exprimer, à faire sortir. Dans les premières semaines, j’avais la sensation de tomber en arrière, sans pouvoir jamais m’arrêter. Depuis quelques jours, elle a été remplacée par une sorte d’hébétude, d’abattement.

Calypso, ton témoignage m’est utile, il me renvoie à ce que je vis depuis que ça s’est passé. Le fait de savoir que d’autres personnes ont vécu un évènement similaire ne change en rien ma douleur et le fait qu’elle me manque, mais ton témoignage m’apporte. Je te contacte par MP si tu veux bien.

Le regard des autres, s’y faire m’est difficile. Non pas qu’il soit mauvais (mes collègues m’ont dit qu’ils ne savent pas quoi faire, comment m’aborder) mais il est pesant, lourd à porter. Je vais travailler dans une sorte de cocon, de renfermement sur moi-même. Je n’ai pas envie de parler. A quoi bon discuter avec eux, de quoi discuter d’abord ? Je n’ai rien à dire.
Je me demande si faire un break, partir, même loin, ne serait pas utile. Faire le vide, ne plus côtoyer pendant une certaine période les gens qui l’ont connu, me la rappellent, ou me renvoient à ce qui s’est passé. Mais une fois parti peut-être que je regretterai justement cet entourage…

Décider seul alors que pendant 14 ans mes décisions ont été guidées par rapport à nous 2, c’est aussi un choc important. C’est effrayant de se dire qu’on peut faire ce qu’on « veut » de sa vie, mais uniquement pour soi, sans pouvoir la partager avec celle qu’on aimait.

L’analyse de notre ordinateur aura lieu ce week-end. Je ne sais pas si j’ai tord ou raison, mais j’ai envie de savoir.
Les médecins m’ont dit qu’il devait y avoir un terrain propice à ce geste, peut-être présent depuis longtemps. Je n’accepte pas le fait qu’elle est pu être malade (c’est le terme qu’ils ont employé), et surtout que je n’ai pas pu le voir.
Ils ont aussi dit que même si j’avais été à ses côtés lorsque ça s’est produit, les chances qu’il n’y ait aucunes séquelles auraient été très minimes, même si j’avais pu agir de suite. Ca ne me console pas, mais ça conforte le fait que sa décision était prise.

J’ai juste pris une partie de mes affaires, tout est resté tel quel. Dans un moment, peut-être dans longtemps, j’irai vider complètement notre foyer.
J’ai rassemblé les mots, lettres et objets symboliques qui me rattachaient à elle. Je les mettrai dans un coffre, plus tard.

Votre soutien me va droit au cœur.
Qui ose gagne

09 mars 2013 à 03:19:16
Réponse #48

Dox


Salut Mo,
ton histoire me remue,
vécu la mort de mon frelu de 17 ans, cancer fulgurant en 2005,
autre histoire pour le m^me dénouement, tjs du mal à le digérer.
(Je ne vais pas détailler plus avant, ça n'est pas forcément le but et ça serait un peu long et maladroit de ma part)

ces quelque lignes pour te dire :
je trouve ta réaction d'en parler ici très saine, ça n'est pas évident, à chaud, je ne sais pas si j'en aurais eu la force.

Ne fais pas la même connerie que moi, ne retiens rien, laisse couler ce qui doit sortir,
suffisamment de bordel va te résister.

De l'importance de garder le silence pour pouvoir lâcher les mots /maux.
une oreille neutre et  extérieure est parfois la bienvenue, la mort est lourde et encombrante.

Forcément un coin de ciel bleu qui se profile à l'horizon (j'assume le cliché).
j'aimerais trouver le mot qui va bien, mais je ne l'ai pas.

avancer.
« Modifié: 09 mars 2013 à 03:31:43 par Dox »

10 mars 2013 à 20:54:57
Réponse #49

Anke


Mmmmh difficile d'avoir une analyse claire, il y a beaucoup d'affect dans tout ça.
Je crois que le plus compliqué à combattre en l'occurence c''est le : " j'aurai dû..." et toute la panoplie de culpabilité qui va avec.
Ton épouse a fait ce choix là, de mettre fin à ses jours et elle a mis en oeuvre les moyens necessaires et suffisants pour arriver à ses fins. Je crois qu'on peut lui rendre cette justice : c'est d'avoir accompli cet acte en pleine conscience, et en assumant pleinement les conséquences, même celles qui arriveraient après sa disparition.
Je crois que nous pouvons lui rendre cette justice, elle a agit en totale liberté. C'est bien sûr douloureux, mais ce fut son choix à elle, et chacun ( même toi quoiqu'il puisse t'en couter), doit respecter cela.... je crois..
As-tu failli ?
Non !
Même si tu avais été différent, si tu avais "vu", cela aurait-il changé quelque chose ? Certainement pas.
Un tel acte n'est pas une fatalité, comme une maladie, c'est un choix pesé et raisonné. Et cet acte n'est dirigé vers personne et surtout pas vers ceux qu'on aime. Quand on va jusqu'à cet acte, c'est qu'on ne veut plus aller au-delà. C'est un peu comme si on disait: " Non, moi, je m'arrète là, continuez sans moi." Et en disant ça, personne n'est remis en cause, c'est juste qu'on a plus envie, qu'on a plus la force, et qu'on décide que c'est maintenant que ça s'arrète.
Je crois qu'il faut lui reconnaitre ça, ce libre choix de faire ce qu'elle voulait de sa vie, d'y mettre un terme, même si tu devais en souffrir. Elle le savait tout ça.
Détaches toi de toute culpabilité, c'est elle qui a fait ce choix là, pas toi. L'homme que tu es n'es pas en cause. C'est difficile, mais il te faut accepter tout ça. Ton amour pour elle n'est pas en cause non plus, elle sera toujours dans ta vie, comme une partie heureuse de ton existence et ma foi surement aussi comme une partie heureuse de la sienne. Cependant; elle a choisi d'emprunter un autre chemin, le sien.
On ne peut obliger personne à vivre sous prétexte que nous on a envie qu'il vive.
Je crois que le véritable amour c'est celui là : " Fais ce qui est bon pour toi, même si ça doit être sans moi."
Tu n'es pour rien dans tout ça. Continue de l'aimer, pour ce qu'elle est aujourd'hui, pour les choix qu'elle fît. M^me si c'est dur. Dans quelques temps, tu seras plus serein qu'aujourd'hui, et de cette épreuve, il ne restera que ce que vous vous êtes donné l'un à l'autre.
A l'automne de ta vie, tu seras heureux de l'avoir connue, aimée. Tu en sortiras grandi.
Prends soin de toi.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //