Posté par DavidManise En fait, tout ça c'est un débat entre la resonsabilité personnelle et la responsabilité des forces de l'ordre et des valeurs de la république en ce qui concerne la sécurité.
Entre gens "préparés", l'attitude qui prévaut généralement est que "ma sécurité, c'est mon affaire". D'autres -- à l'autre extrême -- préfèrent se réfugier dans les jupes de la république (ou faire l'autruche et se dire que tout le monde est gentil) pour y trouver la sécurité et la paix de l'esprit.
"Ne plus se laisser surprendre", c'est d'abord et avant tout se réapproprier la responsabilité de sa propre sécurité. Qu'on accompagne cela de moyens concrets pour y arriver ou pas, c'est presque secondaire. Le simple fait d'avoir fait le choix, réellement, de compter sur soi-même pour ne pas tomber tête baissée dans le piège à ours, c'est 99% du boulot... et le reste (attitude, présence d'esprit, prévention, etc.) suit presque mécaniquement. Ensuite, comme conséquence de ce choix fondamental, on peut très bien commencer le self-défense ou les arts-martiaux, ou trimballer de l'OC, etc. C'est juste une solution concrète à un problème qu'on s'est posé longtemps auparavant.
Maintenant, il est très rare de voir les gens faire le chemin inverse... autrement dit, on peut très bien être 4e dan de ju-jitsu ou être un amoureux des couteaux et des flingues et ne pas se sentir profondément responsable de son propre bien-être, de sa propre sécurité. Et ça n'est pas la pratique d'un sport de combat ou la possession d'armes ou de "moyens" qui va responsabiliser les gens. Ça ne fonctionne pas dans ce sens là. C'est la prise de conscience qui transforme la façon dont on perçoit le moyens. Ainsi, je ne me fais pas de bile pour Patrick si un jour l'opinel ou même la serpillère passe en catégorie 1. Il réussira à trouver d'autres moyens efficaces de tenir les responsabilités qu'il a lui-même choisies d'assumer. Les moyens sont infinis et variés. La seule chose qui reste constante, c'est ce choix qu'on a fait... ou pas.
De la même manière, qu'on interdise toutes les armes jusqu'aux serpillères n'empêchera jamais les voyous de trouver des moyens d'avoir le dessus. L'imagination humaine, dans le domaine des armes et autres moyens de blesser et de faire souffrir, est particulièrement féconde. C'est d'ailleurs cette capacité à utiliser notre système nerveux pour dominer toute chose et tout problème qui a fait de nous ce que nous sommes. C'est simplement dans la définition de la chose "dominable" que l'on fait la différence entre les héros de guerre et les monstres, les écolos et les coupeurs à blanc, les batteurs de femme et les mecs qui s'interposent, les "cailleras" (durs avec n'importe qui, homme, femme, papi ou chauffeur de bus) et les "racailles", dit ironiquement (durs avec ceux qui les emmerdent seulement), etc.
Moi, je pense que le premier acteur de la survie de chacun doit être... chacun. J'ai bien dit le premier. Chacun pourra ensuite faire appel à l'aide qu'il pourra espérer dans les circonstances (appeler le 17, ou du renfort, ou demander une extraction en hélico... etc.). Les forces de l'ordre et les services publics peuvent éventuellement venir en renfort, mais il faut qu'il reste quelque chose à sauver une fois qu'ils arrivent sur place... bref, avant qu'ils ne soient là il reste quelques petits moments de solitude à combler. Et là, c'est un peu trop tard pour faire son choix entre "j'attends que l'aide vienne d'en haut" et "je me démerde tout seul".
Talk softly, but carry a big stick

David