Posté par DavidManise Heheh... excellent sujet. Merci Tycho

C'est quoi, en fait, la différence entre la survie "douce" et la survie "bourrine" ?
Pour moi, c'est l'attitude qu'on a...
La survie c'est -- comme le dit si bien Howling Mike -- se fondre dans son environnement. Apprendre à en faire partie... Pour ça, il faut une certaine dose d'ouverture d'esprit, de sensibilité... Il faut savoir s'arrêter et observer. Mais pour bien observer, il fait éviter de déranger, et donc il faut être discret, calme, attentif...
C'est une attitude globale qui n'est pas du tout compatible avec l'attitude de plein de gens qui débarquent en forêt comme en pays conquis, et qui gueulent, empestent le parfum, font du bruit, jettent leurs emballages et coupent des arbres vivants juste pour le plaisir...
La vraie différence entre la survie "douce" et la survie "bourrine"' pour moi, elle est là : dans l'attitude. Je peux très bien tuer un chevreuil et le manger, et donc assumer pleinement mon statut de prédateur, tout en conservant une attitude respectueuse vis à vis de la nature... Je peux aussi cueillir des plantes (et donc les blesser ou les tuer) tout en faisant bien attention de ne pas compromettre la survie de l'espèce (en ne ceuillant que là où il y en a beaucoup, en ne prenant jamais tout, etc.). Je peux même favoriser son développement, en cueillant intelligemment (en éclaircissant, par exemple).
L'idée de base est de comprendre que la "Grande Mère" (ou biotope "Terre") ne nous appartient pas, mais que nous en faisons partie comme tous nos frères, animaux ou végétaux... Comme toutes les autres espèces, quoi. Nous ne sommes pas au sommet de la pyramide de l'évolution. Nous sommes juste -- comme tous les autres -- assis sur une des branches

Cette vision là, cette attitude là n'a jamais empêché personne d'agir pour sauver sa vie... Bien au contraire. Ça prévient bien des problèmes, parce qu'en étant aussi sensible à son environnement, on apprend à le connaître, à le prévoir, à s'y adapter...
Quelques exemples ?
Les oiseaux me disent quand un gros animal vient dans ma direction... bien avant que je ne l'entende.
Quand les araignées tissent de longs fils, je sais qu'il va faire beau. Si elles font des toiles toutes compactes, je sais qu'il va faire mauvais...
Quand on trouve À LA FOIS des graminées et des ronces, en terrain calcaire, il y a toujours de l'eau à proximité.
Si tu regardes le derrière du cou (la nuque) d'un chevreuil, il se sauve presque toujours, sans avoir besoin de t'entendre ou de te renifler...
À ce temps-ci de l'année, tu peux te faire de succulentes salades sauvages : feuilles de hêtre bien jeunes, feuilles de pissenlits, plantain, mauve et violette (tu peux aussi bouffer les fleurs !)...
Une soupe d'orties remplace un steack (autant de protéines, et elles sont complètes)... !
Etc, etc.
Bref, si je devais choisir une équipe pour aller survivre pendant un an en pleine cambrousse, avec peu ou pas de matériel, je choisirais avant tout des gens "cool" et qui aiment la nature... parce que ce sont ceux là qui savent le mieux s'adapter et se débrouiller sur le terrain. Ceux qui ressentent le besoin de tout couper et de tout simplifier n'ont pas la flexibilité qu'il faut pour survivre en forêt. Bref, pour dire les choses simplement, c'est pas possible de survivre très longtemps chez mère nature si on est vraiment bourrin

Ciao !
David