Posté par DavidManise Salut Tycho,
T'as eu raison de t'attendre à une remise en place plus musclée, parce que ça me gonflait vraiment. Cela dit, avant de m'énerver j'ai essayé de regarder la poutre que j'avais dans l'oeil avant de chercher la paille dans celui du voisin...

Juste pour info : mon père, avant que je naisse, était curé. Donc je pense que je peux honnêtement dire que je sais de quoi je parle quand je cause religion catholique...

Pour revenir -- comme tu le dis si bien -- au sujet, c'est vrai que c'est bizarre, des fois, comme les gens réagissent... C'est pas toujours la personne sur laquelle on parierait qui se débrouille le mieux quand ça chie vraiment...
Perso, dans la vie, je suis plutôt du genre un peu paresseux, qui remet facilement à demain, et qui laisse plein de petites choses trainer par négligence. J'arrête pas de faire ça. En fait, pour être honnête, j'aime bien laisser les choses s'accumuler jusqu'à ce que ça devienne vraiment urgent, vraiment grave, parce que c'est là que je suis dans mon élément. C'est dans ce genre de contexte là que je suis le plus efficace.
Quand j'étais jeune je me suis pété le coude en vélo. Une sale fracture. J'ai failli perdre mon bras à cause d'une infection de l'os (ostéite) une semaine après. 6 semaines à l'hopital, deux opérations... Ils ont fini par sauver mon bras (de justesse) et après chai pas combien de semaines dans le plâtre, j'ai commencé la rééducation. Ceux qui sont déjà passés par là savent que de retrouver la mobilité d'un membre salement amoché n'est pas quelque chose de facile. C'est énormément de travail, et c'est très douloureux. Après une semaine ou deux, les gens en ont marre et s'arrêtent bien souvent, préférant conserver un petit handicap plutôt que de supporter ça. Moi, j'y suis allé plusieurs fois par semaine pendant... neuf mois.
Si on m'avait dit, avant de commencer, toutes les souffrances que j'allais endurer, j'aurais pas eu le courage. N'empêche qu'une fois que t'es dedans, ben c'est comme ça et tu le fais. À chaque fois que je passais la porte, j'avais les jambes molles, des sueurs froides... Je savais ce qui m'attendait, mais j'y allais quand-même.
Les gens autour de moi disaient que j'avais une volonté de fer... C'est pas vrai. Je continuais à ne pas faire mes devoirs et à laisser mon bordel traîner dans ma chambre... Je faisais juste ce qu'il fallait pour m'en sortir et pouvoir utiliser mon bras à nouveau. J'ai jamais même pensé que c'était envisageable de ne pas aller jusqu'au bout et récupérer tout ce que je pouvais récupérer...
Bref, tout ça c'est pas tellement une question de cran. C'est plus une question de choix. À un moment donné on choisit de prendre un chemin ou l'autre. C'est de faire ce choix là qui est le plus dur. Ça demande une sorte d'impulsion mentale, une sorte de sursaut, une sorte de rage qui te fait te dire "Non ! Je vais pas me laisser crever comme un con !!!". Pis là, une fois que t'as décidé de bouger, après, ça se fait malgré toi. Tout change, dans ta perception des choses... et ça devient presque facile.
Bizarre, je sais...
C'est comme une sorte de frontière que tu dépasses. C'est difficile à expliquer.
Assez blablaté...
Ciao

David