J'aurais dû commencer par les précautions de fabrication/utilisation/conservation... qu'à cela ne tienne, je vais y remédier sur le champ!
Bon, soyez indulgents quand même, je n'ai pas beaucoup de temps libre, donc ce post sera complété au fur et à mesure... et si y a des trucs pas clairs ou qui semblent manquer (dans ce qui est déjà abordé ci-dessous), si vous trouvez des contradictions et avez des questions, n'hésitez pas surtout! C'est toujours bon d'avoir un avis extérieur (à force de taper sur mon clavier, je commence à avoir la berlue...).
Bon, trêve de bavardages, on entre dans le vif du sujet!
PRECAUTIONSLe matérielLorsque l’on fait des préparations herboristes (galénique et cosmétique), le métal est à bannir ! Pour les récipients et autres outils, on se sert donc de verre, d’inox ou éventuellement de plastique.
Le verre est idéal pour la préparation et la conservation (si le pot ferme hermétiquement !), mais on veillera à choisir un matériau épais pour la chauffe (bain-marie), de type pyrex ou tout simplement celui des pots de confiture et autres bocaux du même genre.
Les préparations sur une source de chaleur (gaz, électricité… feu de bois !

) ne passant pas par un bain-marie se font de préférence dans des casseroles en inox. On bannit la fonte (certaines plantes sont incompatibles avec le fer) et le cuivre (idem), on évite la terre cuite (à moins d’avoir fait le récipient soi-même et/ou être certain que les substances utilisées à sa fabrication sont sans risque) et la céramique (composition incertaine, et présence généralement de vernis).
Les autres types de récipients (bols, passoire, etc.) sont pareillement soit en verre, soit en inox, soit en plastique (avec une préférence pour le verre et ensuite l’inox).
Pour le touillage, l’usage des cuillères en bois restent discutables, car il y a toujours un risque que d’infimes particules en bois se détachent de la dite cuillère et restent dans la préparation. Ceci dit, j’utilise une cuillère en bois pour mes macérâts, sachant que celle-ci est destinée à cet usage unique et n’a jamais servi qu’à ça (pour la cosmétique, je n’utilise que de l’inox et du plastique, jamais de bois). Donc, comme pour les récipients, on préfère le verre (mais c’est fragile et difficile à trouver), la porcelaine (cuillères et baguettes asiatiques), l’inox (fouet, cuillères…) et le plastique (cuillères et spatules).
Important : tout matériel mis en contact direct avec la préparation (bocaux, cuillères, fouet…) doit absolument être nettoyé et stérilisé au préalable ! On évite en général le savon (si vraiment nécessaire, utiliser du détergent bio sans parfum ni colorant), on fait bouillir le verre dans de l’eau vinaigrée, on lave la plastique et l’inox à l’eau chaude, et on stérilise le tout (surtout le plastique et l’inox qui ne peuvent pas être ébouillantés) en le passant à l’alcool à 70° (si on en a pas, on se contentera d’un degré moindre… mais on oublie l’alcool dénaturé et camphré !).
Les matières premièresLes huiles végétalesMon huile végétale favorite pour les baumes « médicinaux », c’est l’huile d’olive (toujours de première pression à froid et de qualité bio). En effet, c’est la plus solide vis-à-vis de l’oxydation, elle supporte sans problème la chauffe et se conserve bien dans le temps (perso, je renouvelle mes baumes et onguents tous les ans, s’il m’en reste). Elle est de plus excellente pour la peau, grâce à ses vertus antioxydantes, émollientes, apaisantes et adoucissantes. Enfin, et cela a beaucoup d’importance pour moi, l’olive est une plante grandissant sous les mêmes cieux que moi !

Pour la cosmétique (crème nourrissante/hydratante par exemple), j’ai pendant longtemps utilisé de l’huile de jojoba et de macadamia, qui sont des huiles plus sèches et pénétrant plus vite et facilement dans la peau sans laisser de film gras. Ces deux huiles supportent la chauffe (surtout l’HV de jojoba) et se conservent bien (à nouveau surtout l’HV de jojoba, qui tient encore plus longtemps que l’huile d’olive – l’HV de jojoba tient en fait davantage de la cire que de l’huile…). A l’heure actuelle, je « cosmétouille » également à l’huile d’olive, ayant appris à l’utiliser de manière à ne pas trop souffrir de sa « grassitude ».
Il y a quantité d’autres huiles végétales, mais la plupart sont relativement fragiles, je m’abstiens donc de les utiliser la plupart du temps, faisant parfois un exception lorsque je sais que la préparation pour laquelle elle est destinée sera rapidement « consommée ». Celles sortant du lot sont l’HV d’abricot (testé : excellente mais très liquéfiante), ou encore l’oleïne de karité et l’HV de son de riz (jamais testé). Pour plus d’infos, voir chez
AZ.
Petite expérience perso : certaines sont dites solides (vis-à-vis de l’oxydation), comme l’HV d’avocat ou d’amande douce… j’ai eu une mauvaise expérience olfactive avec la première (elle ne sent pas la rose, certes, mais de là à dégager un fumet de poisson pourri après deux mois, malgré un parfait stockage… donc, direction poubelle…), et la deuxième est devenue comédogène (bouche les ports de la peau… d’où boutons à profusion !!) après seulement un mois (j’ai plus tard appris que, contrairement à ce que prétend AZ, l’HV d’amande douce est une huile très fragile…).
Dernière précision, et elle est de taille : l’huile végétale, quelle qu’elle soit, se conserve au sec, dans un récipient fermé hermétiquement (verre, ou éventuellement contenant spécifique comme ceux d’AZ, enduit d'un vernis alimentaire), à l’abri de toute source de chaleur et de lumière !
Les huiles essentiellesPour tout ce qui est composants, propriétés, utilisations, dosages, précautions… des HE, je vous renvoie vers les fiches techniques d’
AZ, elles sont très bien faites (références d’aromathérapeutes sérieux) et libre d’accès.
Il y a des huiles essentielles relativement douces pour la peau et d’autres plus irritantes. En général, l’HE de lavande, de géranium ou de palmarosa, pour ne citer qu’elles se tolèrent très bien. D’autres, telles que celle de menthe ou de gaulthérie, de part ses vertus « chauffantes », peuvent être irritantes. D’autres encore, comme celle de cannelle ou de girofle, sont carrément dermocaustiques ! J’ai connu de rares personnes supportant bien la cannelle (diluée évidemment !) sur la peau, dans mon cas, la seule idée me donne déjà des boutons… et fait disparaître mon sourire, car je suis dingue du parfum de la cannelle

En définitive, tout dépend de la tolérance cutanée, qui varie d’une personne à l’autre. Toute HE, même réputée pour être douce, doit être préalablement testée, à hauteur d’une goutte d’HE dans un petit peu d’HV (ou plus si ce sont des HE irritantes et/ou dermocaustiques) dans le pli du coude. Si tout est ok dans les 24 à 48h, c’est bon, sinon on oublie cette HE…
Enfin, gardez toujours à l’esprit que les HE sont à prendre avec beaucoup de précautions : d’une part, leur action ne s’arrête pas à la barrière cutanée, d’autre part, réalisez bien que dans une goutte d’HE, il y a des milliers de fleurs, autrement dit autant de principes actifs !
Donc, question de bon sens : les HE s’utilisent rarement pures (je parle d’usage externe, l’usage interne est encore plus délicat !), elles sont à diluer dans une phase huileuse (car non miscible dans l’eau). Pour vous soigner, allez-vous écraser un milliers de fleurs sur une plaie ? Bien sûr que non… Une telle concentration de principes actifs est inutile (et pure perte), voir nocive…
Les quelques fois ou une HE sera utilisée pure est en cas de traitement « de choc », donc pendant un laps de temps court et de manière épisodique (et non ponctuelle). Et encore là, il s’agira d’HE dites douces, comme la lavande officinale et/ou aspic et le palmarosa (acné), le tea-tree (aphte buccal), le néroli (bouton de fièvre)…
Je ne peux terminer sans préciser ceci : les HE sont déconseillées aux enfants en bas âge, aux femmes enceintes et aux personnes âgées, de même que certaines d’entre-elles sont à proscrire, à éviter ou a prendre avec des pincettes dans le cas de certaines maladies (voir précautions chez AZ, dans chaque fiche technique des HE). Je sais que les HE ont parfois été utilisées sur ces « terrains délicats » et que le résultat a été très positif... bref, je ne suis ni pour ni contre cette pratique, chaque cas étant particulier... je ne me prononcerai donc pas davantage sur cette question, à chacun de faire preuve de bon sens et de prendre ses responsabilités !
Les hydrolats et eaux floralesA venir (on en a pas l’utilité pour l'instant, les baumes et onguents ne contiennent pas de phase aqueuse).
Autres ingrédients de baseA venir (idem).
En ce qui concerne les baumes et onguentsUn baume sans HE et/ou concentré de plantes peut être appliqué sans restriction.
Un baume avec macération, se référer à la posologie des plantes utilisées.
Un baume avec HE douces (lavande, géranium, palmarosa…), si celles-ci sont bien tolérées (à tester au préalable !) et à faible dosage (1.5% max), les applications peuvent être multiples au cours de la journée.
Un baume « médicinal » contenant un plus grand dosage d’HE (6% maximum pour le corps uniquement), dont certaines pouvant être irritantes (menthe, gaulthérie…), les applications sont de 4 fois par jour maximum (bien observer comment la peau réagit ! Si des rougeurs apparaissent, diminuer la dose, si elles persistent, ne plus utiliser les HE concernées, voire éviter les HE et préférer les macérâts), à répartir de manière égale dans la journée (intervalles de 3 à 4h minimum).