La relation face à la prise de risque et sa modération est éminament philosophique et ce terrain est fort propice aux querelles de bas étage sur "ça c'est trop dangereux" et le "dangereux ou pas je m'en cogne".
Si vous voulez protéger vos vies, ne rentrez pas. Laissez ça a des pros, après tout c'est (entre autre) leur job.
Si vous considerer que rentrer est un devoir moral, quoi que l'on puisse vous dire, vous rentrerez... Moi je rentre, le choix est fait.
Après voila, on est pas là pour inciter les gens à mettre leurs vies en danger et en tant que gentil personnage soucieu des stock de la banque du sang, je ne peux que vous inviter a vous faire votre propre opinion et à réfléchir sur ce qu'est "risquer de mourir betement". 
Après tout, c'est assez personnel comme façon de voir le monde... qu'est ce qui mérite d'être défendu dans une vie, des gens? des principes? une terre? un réfrigerateur? (quand on veut vous voler votre porte feuille, le plus important c'est quoi? le porte feuille ou le principe du vol?).
J'ai l'impression que ce sujet rejoint un peu cette dimension: M'est il nécéssaire d'agir? Pour quels motifs?
Mais ça encore une fois, c'est une vision propre à chacuns, alors pas de polémiques. rationalisations et prise de décision au niveau personnel.
Salut, je souhaitais revenir là-dessus, car je ne suis carrément pas d'accord avec le point de vue de Guy, en partie repris ensuite par d'autres posts.
Je trouve que c'est un peu facile, tout en renvoyant chacun à se faire sa propre opinion (de toutes façons, ce sera le cas), d’opposer d’un côté ceux qui veulent protéger leurs vies (qui ne « rentrent » pas) et de l’autre ceux qui ont des principes (qui eux « rentrent »).
Je trouve surtout que c’est poser le problème de façon inadéquate et biaisée.
Car même si chacun est libre d’avoir sa propre opinion, d’une part tout ne se vaut pas, et d’autre part opposer les principes à la préservation de la vie ou de la santé n’est pas vraiment cohérent.
Les principes et valeurs sont là pour éclairer les décisions à prendre, mais celles-ci se prennent également en fonction des circonstances précises qui se présentent, et, entre ceux qui décident de rentrer et ceux qui décident d’appeler la police et de ne pas rentrer, ce sont bien plus les facteurs circonstanciels que les principes qui feront la différence.
La situation n’est pas la même selon qu’on est en pleine grande ville ou en habitat rural isolé, selon le profil des délinquants habituellement rencontrés dans les parages (pour autant qu’il y ait un profil type, au passage), selon ses propres capacités à faire ou non face à un ou plusieurs agresseurs, selon que l’on est seul ou que l’on a avec soi d’autres personnes à protéger, etc…
Pour prendre un exemple bien caricatural, si je suis seul avec des enfants, que je trouve la maison ouverte de façon suspecte, que j’entends du bruit suspect à l’intérieur du domicile et que la gendarmerie la plus proche est à 20 kilomètres, la dernière chose à faire est de rentrer immédiatement dans la maison en laissant les enfants devant la porte d’entrée…
Pour la plupart d’entre nous, la décision de prendre ou non une part de risque dans le type d’hypothèse décrite au départ de ce fil est d’ailleurs tout sauf une décision purement personnelle… Bien rares (et c’est tant mieux) sont ceux qui ne manqueraient à personne s’ils venaient à disparaître…
En outre, il me paraît nécessaire d’être vigilant pour ne pas confondre la volonté (légitime) de sanctionner le franchissement d’une ligne jaune avec le fait de se laisser emporter par l’émotion qu’est la colère, d'ailleurs également légitime…
En lisant ici ceux qui exposent qu’ils « rentreraient » certainement, j’ai un peu l’impression qu’il s’agirait souvent d’une réaction de colère qui, pour légitime qu’elle soit, se doit dans la mesure du possible d’être utilisée, canalisée, mais qui ne doit pas l’emporter sur le raisonnement.
A mon avis, les principes à appliquer sont en réalité les suivants, à peu près dans l’ordre :
• Ne pas subir la situation mais réagir (le choix de la réaction étant une question ultérieure) ;
• Réfléchir avant d’agir, puisqu’ici par hypothèse ce luxe nous est offert ;
• Hiérarchiser « froidement » ses priorités en fonction des circonstances du moment ;
• En fonction de cette hiérarchie et des circonstances, choisir le moyen de réaction adapté ;
• Utiliser sa colère pour renforcer sa détermination à agir et dans l’action, sans la laisser bouleverser l’ordre logique des priorités ni influencer le choix de la réaction.
J’observe juste pour finir qu’avec une telle « grille » et dans la grande majorité des situations possibles, pour décider de façon raisonnable de rentrer dans son domicile pour le « vérifier » ou le « sécuriser» sans attendre les secours si par hypothèse on a aperçu des indices permettant de supposer une intrusion hostile, ceci suppose un niveau d’information sur la situation réelle et un niveau de préparation à l’affrontement que bien peu à mon sens sont capables d’avoir…
L’acquisition d’information peut d’ailleurs éventuellement passer par le fait de faire un début d’entrée prudent et/ou de provoquer un peu de bruit pour voir comment ça réagit… Mais ça ne devrait pas avoir grand-chose à voir avec une entrée vengeresse sous le coup de la colère…
Mais, encore une fois et surtout, je ne pense pas qu'on puisse opposer valeurs et prudence ni qu'il soit pertinent de simplement décider à l'avance "moi je rentre, le choix est fait"...
Cordialement,
Bomby