Salut,
Il me semble que sur ce problème, il faut avant tout se faire une opinion par soi même et tenir compte du terrain et de la longueur de l’utilisation. Après, il semble bien que le poids porté au pieds soit équivalent à 5 fois celui que l'on porterait dans le sac à dos.
Je vais me permettre quelques considérations :
- la Rangers en dotation jusqu'à ces dernières années n'est que l’adaptation de modèles US de la 2GM. Elles incorporaient deux innovations majeures par rapport aux chaussures d'avant la 2GM. Premièrement une semelle en caoutchouc plus solides et demandant moins d'entretien que celles en cuir utilisées jusque là mais moins confortable pour la transpiration. Les brodequins à semelle de cuir devaient être renforcées de clous ce qui les rendaient bruyantes, souvent inconfortables, glissante sur le rocher et mal isolées par temps froids. Deuxièmement la guêtre était désormais intégrée à la chaussure d'où un gain de temps et la possibilité de fixer le pantalon dedans. La guêtre était elle même une innovation récente puisqu'elle remplaçait les bandes molletières de la 1GM. Les pantalons étaient très courts et ces dispositifs permettaient de les protéger mécaniquement de l'usure et de la saleté/boue/humidité/cailloux le macadam étant rare. La guêtre intégrée dans le brodequin représentait une solution élégante. Elle n'avait pas pour but premier de "soutenir la cheville".
- A 15 ans en une semaine de rando dans les Pyrénées en région granitique j'ai totalement usé les semelles d'une paire de Pataugas. les semelles des pataugas étaient en caoutchouc et donc peu adaptées à ce terrain exigeant. La semelle est la première chose que je considère pour une chaussure. vibram ne m'a jamais déçu, contagrip rarement les autres souvent.
- J'ai bien essayé d'adapter des trails pour la montagne. C'était,
pour moi, à chaque fois une catastrophe. Soit les semelles étaient trop lisses (limites dangereuses en montagne) soit elles étaient trop larges. Pour moi des semelles plus larges que la chaussure permettent un "bras de levier" quand on les pose en porte à faux sur un cailloux et sont une invitation à la torsion de cheville. Mais c'est très bien pour le "running" sur terrain plat.
- Les MULS de RL, qui pourtant aiment et pratiquent les trails et ont même expérimentés avec des crampons, utilisent en hiver dans la neige et pour cramponner des chaussures montantes "de montagne". En revanche, ils font très très attention au poids et choisissent en général des chaussures avec des matériaux modernes plutôt que du gros cuir. Ce type de chaussure en kevlar/cordura protège tout autant que des chaussures en cuir elles sont peut être un poil moins résistantes à l'abrasion et moins durablement résistante à l'eau.
- Les Meindl perfekt, j'en ai depuis plus de dix ans, cela pèse un âne mort (2.5 kg). Je ne les utilise que dans le cas où je dois évoluer en "hors piste". Elles fixent très bien la cheville (c'est à dire que la semelle reste dans l'alignement du pieds/talon, pas que ce sont des étaux), sont très amortissantes et protègent bien les pieds dans les pierriers quand le pieds glisse entre deux pierres. Pour moi qui ne suit pas très entrainé et plutôt lourd, c'est une excellente protection MAIS elles me fatigue vite ce qui peut être un facteur important d'accident, un arbitrage doit être opéré selon le programme avec des chaussures moins stables et confortables MAIS moins fatiguantes.
- J'observe que chez moi (pyrénées centrales) les gens qui pratiquent énormément la montagne (plusieurs fois par semaine) ont très souvent ce type de chaussure (perfekt, super guide galibier...), des "grosses". Ils sont hyper musclés et font de la course de montagne sur les chemins en "trail" pourtant. Mais ils ont des perfekt car ces chaussures sont Xfois plus solides que des trails donc plus économiques pour des gens pour qui cela compte ET ces chaussures leur permettent de faire du "hors piste" tout droit dans la montagne (il faut une forme à peine croyable).
Je voudrais finir par quelques illustrations :
Trail D4 après quinze jours en Laponie, terrain humide mais peu abrasif. La tourbe humide bouffe le cuir :

Guide et gardien âgé sur la Kungsleden, des "trails" sur un terrain plat malgré la lourde charge :

Portage lourd en terrain marécageux : des bottes

Randonneuse avec un portage léger sur la kungsleden (terrain plat mais caillouteux). Chaussure randonnée légère, des douleurs plantaires quand on double les étapes (>20km)

Marcheur Suédois typique en Lundhags, bien adapté pour traverser un terrain détrempé et de nombreux petits cours d'eau avec un sac de >25 kg :

Moralité, AMHA, il n'existe pas une solution. Cela dépend du terrain, des moyens physiques et pécuniaires de chacun.