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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Désescalade verbale  (Lu 49597 fois)

12 décembre 2007 à 13:48:34
Lu 49597 fois

DavidManise


Salut :)

Bon...  vu qu'on a bien un ou deux psys qui rôdent, et qu'on a quelques spécialistes ici...  je voudrais discuter un peu de la désescalade verbale en cas d'altercation.

Pour ce faire, je pense qu'il sera utile de comprendre un peu mieux les mécanismes de la violence pour réussir à la court-circuiter un minimum...  le but étant bien sûr d'éviter de devoir cogner, tant pour soi-même (risque physique, risque légal) que pour l'agresseur (gros risque physique, donc risque légal pour nous)...

Qu'est-ce qui est nécessaire pour qu'un être humain passe à l'acte violent ? 

Eh oui.  C'est dommage, mais il s'agit bien d'êtres humains, comme nous, qui fonctionnent grosso merdo de la même manière que nous.  C'est assez confortable de NIER L'HUMANITE des mecs en face, de les traiter de monstres, de gremlins, de connards, etc.  C'est plus facile, en faisant cela, de leur cogner dessus, ou de les blesser...  Les soldats utilisent ce stratagème depuis toujours pour désigner l'ennemi.  L'ennemi est un "maure", un "infidèle", un "jap", un "charlie", un "skeleton", un "terroriste", un ceci, un cela.  Et plus il est différent de nous, dans la manière qu'on a de le décrire, et moins on se sent coupable de le tuer/blesser/capturer/etc.  Même quand il ne s'agit pas de guerre ouverte, les "surnoms" donnés par un groupe à un autre, et surtout quand ce surnom déshumanise, posent les prémisses mentales nécessaires à l'application de la violence (violence économique, administrative, territoriale, physique ou autre), légitime ou pas.  On entend souvent les vétérans de n'importe quelle guerre dire "c'est un [inserer nom donné au groupe ennemi], donc ça n'est pas un homme, et si c'est pas un homme, j'ai le droit de le tuer.  C'est un ennemi, et lui ne se privera pas pour [insérer ici 2-3 horreurs qui font vraiment peur]".

Il faut une force morale et une stabilité psychologique et une certitude vraiment très grande de la légitimité de son action violente pour pouvoir dire "j'ai tué des mecs", par exemple.  Et ça n'est possible que dans le cadre d'une hiérarchie bien claire reposant sur un pouvoir réellement légitime aux yeux de la personne qui a posé le geste violent...  ou alors via une distorsion mentale vraiment profonde, venant nier la réalité de son action ou la justifier.

Bref... 

Peu importe le type de violence (légitime ou pas aux yeux de l'Etat), il faut -- selon Gavin de Becker (The Gift Of Fear) -- que 4 conditions soient remplies AUX YEUX DE LA PERSONNE QUI POSE L'ACTE VIOLENT (donc c'est bel et bien subjectif).  On les retiendra par l'acronyme JACA :

- J pour Justification
: l'acte violent doit pouvoir se justifier aux yeux de la personne qui le pose.  On peut justifier ce genre d'actes par n'importe quoi, parfois, et peu importe si la justification tient la route ou pas.  Ca peut être "j'ai reçu des ordres", ça peut être "ils exploitent mon peuple depuis 2000 ans", ça peut être "ce sont des infidèles", ça peut aussi être "il a maté les nichons de ma copine" ou "il a des serpents à la place des mains"...

- A pour Abilité (Ability), ou "capacité à" : on ne posera pas l'acte violent si on CROIT qu'il est physiquement impossible d'y parvenir.  C'est pour cette raison que j'ai reçu beaucoup plus de coups de couteau, bouteille, chaise, maglite dans le DOS...  Quand j'étais de dos, certaines actions devenaient physiquement envisageables, alors qu'elles ne l'étaient pas quand j'étais attentif, présent et prêt à contre attaquer.  Les prédateurs et les vrais pros se démerdent souvent très bien pour trouver une manière de rendre n'importe quelle agression possible.  C'est relativement facile, malheureusement.  Il suffit de tricher un peu intelligemment.  Et c'est là assi que la "dureté du mental" va jouer : le vainqueur dans un conflit est souvent celui qui arrive à croire juste un peu plus longtemps que l'autre qu'il peut encore l'emporter.  "You're never out of options until you quit", comme le dit si bien mon pote Carl Theile.

- C pour Conséquences : les conséquences de l'acte violent doivent être perçus comme positives par la personne qui le pose.  Exemple, un gars m'agresse avec un pic à glace et joue à la machine à coudre sur mon dos.  Si je ne fais rien je meurs, si je lui défonce la rate je survis.  Les conséquences de mon acte violent me semblent positives.  Condition remplie.  C'est toute la question de l'intérêt qu'on a à poser un acte violent.  "Ca va me donner quoi"...  Et cette question, même si on ne se la pose pas consciemment, reste bien présente dans tout acte violent, quel qu'il soit.  C'est de fait la motivation première, bien souvent.

- A pour Alternatives : on ne doit plus percevoir d'autres alternatives pour arriver à ses fins (voir ci-haut, conséquences) que de passer à l'acte violent.  On ne doit plus savoir quoi faire d'autre.  Et c'est souvent là que l'on peut jouer, en désescalade, comme on le verra un peu plus loin. 

Illustrons par deux exemples proches en apparence.

Je viens de me faire foutre dehors d'une boîte de nuit.  Un gars m'avait mis une tarte, petite bousculade, les videurs sont arrivés et je me suis fait expulser.  Je suis énervé.  J'ai mis des heures à venir, à faire la queue pour entrer, je commençais juste à m'amuser et un c*nnard fout ma soirée en l'air.  Je suis dehors, le videur est devant moi.  Il m'a fait mal en me foutant dehors.  Je suis humilié.  J'ai bien envie de lui défoncer la gueule. 

J (justification) : J'ai, a priori, bien envie de défoncer la tête à ce gros tas de muscles arrogant qui m'a foutu dehors aussi facilement.  Je suis humilié de ne pas avoir pu résister...  mais je n'ai pas vraiment de bonne justification puisque le gars fait son job et que je me battais dans la boîte.

A (abilité) : Je suis assez vicieux pour le crever, et en plus j'ai un tournevis dans ma poche...  ce gros tas, je peux me le faire...

C (conséquences) : Si je me le fais, je me défoule un bon coup, mes potes voient que je suis pas un faible, et mon honneur est lavé...

A (alternatives) : Je n'ai pas vraiment d'autre choix, moi, pour laver mon honneur et ne pas passer pour une tarlouze que de lui défoncer la gueule. 

Bref, des quatre conditions (JACA), il ne manque qu'une justification, qu'une bonne excuse.  J'ai pas JACA, j'ai ACA.

Partons de cette situation tendue, que j'ai vécu au moins 2000 fois (du côté du videur).

Option A -->
Le videur A me gueule dessus, me traite de [insérer ici insulte bien énervante], et me dit de me barrer sinon il va me défoncer la gueule.  En plus il fait ça avec une assurance vraiment hautaine qui montre bien à tout le monde qu'il n'a pas du tout peur de moi, et ça m'insulte encore plus.  C'est bon.  Il m'a fourni ma justification.  Dès qu'il aura le dos tourné, je le plante.

Option B --> Le videur B, qui m'a poussé loin de la porte, reste près de l'entrée et me surveille discrètement sans dire un mot.  Je suis énervé, je m'approche pour gueuler dessus.  Je le traite de gros tas de m*rde.

Il lève les mains devant lui et il me parle bien fort mais on voit bien qu'il ne veut pas d'embrouilles avec moi :

- Reste là, reste là...  Je t'ai mis dehors parce que tu te battais, c'est rien de personnel.  C'est juste mon boulot.  J'ai rien contre toi.  Maintenant, je veux pas que ça aille plus loin.  Tu pourras revenir demain soir sans problème.  Je sais que t'es un bon gars.  Tu pourras revenir demain quand tu seras calmé.  Là, ce soir, tu vas aller faire un tour pour te calmer STP.  Je veux pas d'embrouilles.

(Alors là c'est chiant...  Je venais pour qu'il me fournisse la petite justification qui me manquait pour que j'explose, mais il ne me la donne pas...)

- Allez, STP reste pas là...  t'es trop énervé, j'ai peur que ça tourne mal.  C'est rien de personnel je te dis ! Va faire un tour !  Tu reviendras demain et tu emballeras la plus belle gonzesse de la boîte.  Ce soir, avec ton t-shirt déchiré ça va pas le faire hein ?  Allez...  rentre chez toi, et reviens demain.  STP.  Rentre chez toi.  T'es trop énervé.  Va te calmer plus loin.  Ca sert à rien de rester ici. 

(Bon bah là il est carrément cool avec moi, si je le plante c'est moi qui vais avoir l'air d'un c*n...  en plus il a ses mains devant lui et il me laisse pas approcher, il fait gaffe ce gros fils de chienne...  et il est balèze...  faut pas que je me rate...  Pffff...  et puis m*rde...  je me casse)

- Allez c'est ça, nique ta mère gros pédé !  La prochaine vois que je te vois je te fais bouffer tes dents !  (au moins comme ça mes potes ont bien vu que j'ai pas peur de lui...)

A votre avis ?  Lequel de ces deux videurs (A ou B) va pouvoir bosser pendant plus de 6 mois sans finir à l'hosto ?

Evidemment, rien ne constitue une garantie...  mais j'ai survécu 9 ans dans divers bars en appliquant l'option B et j'ai eu de bien meilleurs résultats.  Sortir les gars proprement sans leur faire mal si possible, le pousser loin, et ne pas en faire une affaire perso.  Au contraire.

Ceci dit, il y a des tarés, et l'alcool remplace souvent pas mal de justifications, augmente la perception de ses capacités, distortionne les conséquences, et fait omettre certaines alternatives.  Il faut en tenir compte.

Mais comment tout cela peut-il être utilisé dans la vie ordinaire pour gérer les altercations et éviter qu'elles ne deviennent des agressions ? 

La première chose à faire, outre de conserver l'avantage tactique (passive stances, délacements, scans permanents de l'environnement etc.) déjà, c'est d'essayer de COMPRENDRE l'autre, de percevoir ce qui l'énerve.  D'essayer de voir si on n'a pas réellement fait une connerie...  L'autre jour à un carrefour dans un embouteillage, un mec s'énervait méchamment contre moi.  Klaxons, tout ça...  il gueulait.  En fait sans m'en rendre compte je venais de lui passer devant en grillant la priorité à droite.  Réalisant mon erreur, j'ai fait marche arrière sur 70cm et j'ai levé la main pour m'excuser...  j'étais en tort !  La première chose à faire, pour désescalader une situation merdique, c'est déjà de ne pas en provoquer, et de réparer ses erreurs si possible et dès que possible.  Civisme de base.  L'autre n'a peut-être pas raison de s'énerver, on peut parler plus gentiment et tout, mais bon.  Le fait est que si je fais une connerie, je corrige d'abord, si possible, et je discute ensuite.

Une fois qu'on a compris la source de l'énervement de l'autre...  deux options.  Soit je peux/veux faire quelque chose pour le calmer en lui donnant ce qu'il veut...  soit non.  Un gars qui s'énerve contre moi parce que je ne veux pas lui donner un truc qui est à moi de droit, bah désolé.  C'est niet.  Un gars qui me gueule dessus parce que je ne fais rien pour stopper l'invasion des aliens invisibles qui lui parlent dans l'oreille gauche toute la journée...  bah je peux bien essayer de jouer le jeu, mais ça va pas être facile.  Un gars que je viens de virer du bar et qui revient à la charge, je ne peux pas le laisser rentrer à nouveau.  Etc.  Donc à partir de là, il faut comprendre que le je devrai "bosser" pour le priver de toute justification et abilité à poser son acte violent, tout en lui offrant des alternatives possibles pour obtenir ce qu'il veut.

Prenant l'exemple du gars qui entend des martiens : je me mets de son côté en disant que je suis content, je suis pas le seul à les entendre (du coup je suis dans son camp, donc plus de justification pour lui)...  je reste physiquement loin de lui, et je lui parle d'une machine ultra puissante qui envoie des ondes qui tuent les E.T. invisibles...  (alternative)...  et là je lui dis que je vais la chercher...  et je me casse en surveillant mon dos pour aller appeler le samu et signaler un gars en crise psy au coin de telle rue.

La désescalade, donc, bien souvent, se résume à :

0 - CONSERVER L'AVANTAGE TACTIQUE en restant loin si possible (ne pas se laisser coller en tout cas), en opposant des "passive stances", en déployant préventivement une arme improvisée (stylo, lampe de poche, journal, etc.), en couvrant son dos, etc.  Cela joue sur la perception du bad guy quant à son Abilité à nous faire du tort.  Il faut être réellement prêt...  mais sans avoir une attitude provocante ou agressive pour autant (c'est un intérêt des passive stances)...
1 - COMPRENDRE ce que le gars en face veut et pourquoi...
2 - Choisir rapidement si on est prêt à céder ou pas (Conséquences)...   Si oui, on cède/donne/abdique et ça se termine souvent là...  Et sinon on passe à l'étape 3...
3 - Enlever/ne pas donner de Justifications (j'ai rien contre vous, c'est rien de perso, je pense aussi qu'ils ont eu tort de vous virer, mais..., etc.)
4 - Fournir/proposer des Alternatives (rentre chez toi tu reviendras demain, je vous propose que nous allions voir ensemble le contrôleur pour qu'il nous trouve un siège supplémentaire, etc.)...

Dans tous les cas, une attitude ferme mais cool est de rigueur.  On n'insulte pas, mais on ne montre pas non plus de signe de soumission : on parle comme si ça ALLAIT se régler.  Suffit de trouver une solution. 

Toujours, dans tous les cas, se poser une limite mentale.  Une sorte de fil de fer tendu devant soi qui déclenche le piège.  Style "s'il me touche, je le défonce" ou "s'il avance plus loin que là, frappe préventive", etc.  Parce qu'il est très, très facile de se laisser prendre au jeu de la désescalade...  on finit vite par se retrouver soi-même embourbé dans un truc qui s'éternise et donc certains profitent pour prendre l'ascendant psychologique et tactique en se rapprochant, en vous entourant, etc, etc.  Il faut rester bien conscient du fait que ça reste un conflit en gestation, et que si une solution n'est pas trouvée rapidement, c'est bien souvent qu'elle n'existe pas, ou que le/les loulous en face n'ont pas du tout envie d'en trouver une.  Bref...  à juger au cas par cas !

Bon...  j'attends vos réflexions, commentaires et tout ça rapidement ! :)

Ciao ;)

David
« Modifié: 12 décembre 2007 à 14:14:26 par DavidManise »
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12 décembre 2007 à 15:05:18
Réponse #1

dents-de-sabre


Salut !

très sympa le sujet. :up:

Je crois que tu as tout dit en ce qui concerne la désecalade lorsque tu es toi-même en position de protagoniste, donc je n'ai rien de particulier à rajouter, parce que tout y est, vraiment.  Un petit détail sur lequel  sur lequel moi j'insiste dans ce genre de cas, c'est de parler en permanence. Tout le temps. Quitte à répéter 3 ou 4 fois en 2 minutes que tout va s'arranger. Tout cela d'une voix forte mais douce pour ne pas exciter plus la personne. Ceci afin de : 1 ) le persuader que ce que TU  proposes est la seule alternative et solution valable..et il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de persuasion de la répétition..ça marche vraiment. 2 ) semer la confusion mentale dans sa tête afin de l'empêcher de réfléchir à ce qu'il va faire des fois où il aurait prévu de te poutrer dans 30 sec , donc en quelque sorte harceler verbalement son cerveau en bombardant tout le temps la même information afin d'arriver aux conclusion no 1)  ;)


Maintenant , moi je souhaite aussi que l'on parle de la désescalade lorsque tu interviens entre 2 personnes ou 2 groupes qui se battent. Car là c'est très sensible.

Pas plus tard  que 2 ou 3 jours en arrière, je rendais visite à 2 copains qui assurent la sécurité dans un établissement, et survient tout d'un coup une bagarre entre 3 femmes. Assez violente parce qu'une s'est quand même fait tarter à 2-3 reprises et a saigné.
Donc cris stridents , tirages de cheveux, renversements de verres, de glaçons,  patinoire, c'est le boxon quoi.. ;D ( en même temps des femmes qui se bastonnent c'est souvent plus impressionnant que des hommes.. :lol:  )

Arrivent mes 2 potes pour les séparer, mais la situation stagne un bon moment et les 2 partis restent très énervés un bon moment car les règles de desescalades dont tu parles n'ont pas été appliquées.. car, 1 ) ils n'écoutaient pas ce que disaient les femmes qui n'avaient pas l'impression d'êtres comprises, 2) ils essayaient de les éloigner de force en les empoignant et non en leur demandant de venir, 3 ) ne proposaient aucune alternatives au règlement du conflit.

Donc c'est assez marrant que tu postes cela, car je comptais justement commencer un sujet dessus.

Finalement, il a fallu que je leur demande en premier lieu de  1 ) séparer visuellement les protagonistes afin que l'objet de leur colère ne soit plus sous leur nez et relance leur adrénaline 2 )de leur parler tout simplement en écoutant ce qu'elles ont a dire 3 ) de les rassurer en leur disant que tout  va bien aller, et qu'elle ne prendront plus de coups 4) d'appeler la maréchaussée .

Ceci fait,  et une fois l'histoire réglée avec la police, on a demandé aux 2 première de partir dans une direction afin de laisser la 3ème aller dans la direction opposée afin de les éloigner en sécurité. Après avoir discuté avec mes potes pendant 10-15 minutes et en expliquant leur histoire les 2 femmes leur serraient la main et commençaient à s'éloigner ..mais arrive ce beignet de gendarme en braillant : , '' FAUT PARTIR MAINTENANT MESDAMES, ET EN VITESSE ! MAINTENANT !  ''..alors qu'elle étaient apaisées et étaient déjà en train de se barrer.  ;D

Ni une ni deux les 2 femmes se retournent et commencent à vociférer sur le gendarme et lui dirent qu'il n'a pas à crier, qu'elles ont été respectueuses de l'uniforme..et c'est reparti pour un blocage de 10 minutes de la situation..avec 3ème la femme derrière qui leur hurlait des injures..bref..tout cela pour dire qu'il a suffi d'une étincelle pour faire repartir les flammes de plus belle, et le gendarme a dû les menacer de les embarquer en brandissant ses menottes pour qu'elles partent enfin..

Mais quelle gâchis de temps et d'énergie pour rien. :glare:

J'en reviens aux détails que j'ajouterais à ce que tu as déjà dit pour la désescalade : 1) ne JAMAIS élever la voix le premier sur personne , ça stresse et ça énerve, ou ça effraie et déclenche un mécanisme de défense. 2) séparer visuellement les protagonistes afin qu'ils se calment..3 ) les faire partir avec calme dans des directions opposées et à tour de rôle.


Voili--


Diego :)

« Modifié: 12 décembre 2007 à 15:11:58 par Diego »

12 décembre 2007 à 15:38:01
Réponse #2

DavidManise


C'est pas faux.  Mais en fait ça ne contredit pas complètement la règle.  Elle ne se pose même pas la question, donc en fait elle ne considère pas qu'elle n'a pas la capacité à...  et pis bon...  JACA c'est surtout un outil conceptuel qui doit servir de cadre de travail, ça ne doit pas être pris dans le béton hein ;)

Ceci dit je me demande comment TRAVAILLER sur la désescalade verbale.  Entraîner tout ça...

Ciao ;)

David
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12 décembre 2007 à 15:59:29
Réponse #3

dents-de-sabre


Pour entraîner à part pouvoir observer des situations régulièrement ou simuler avec des potes/collègues sans tomber dans la caricature ou la plaisanterie en pouffant de rire, je vois pas vraiment..

Mais d'façon les règles générales sont très simples : savoir gérer son stress, ne pas céder à la panique, ne pas le montrer
et maîtriser un tant soit peu la dialectique ..après le reste est très aléatoire.

12 décembre 2007 à 16:02:17
Réponse #4

DavidManise


Bah justement, l'idée est de s'entraîner pour que ça ne soit plus aussi aléatoire justement...

Des idées de drills précis ?

Ciao ;)

David
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12 décembre 2007 à 16:03:04
Réponse #5

Yoddha


Comment peux-on l'utiliser quand le seul but du mec en face c'est de te faire ch*er toi et que tu ne peux pas t'en aller?

12 décembre 2007 à 16:03:36
Réponse #6

Anke


Punaise alors là, je copie, je colle, j'imprime et je diffuse à mes gars ! Avec ton autorisation.
Voilà une vraiment bonne journée ! Merci.

put**n, t'écris bien enfoiré !  :lol:

12 décembre 2007 à 16:06:01
Réponse #7

DavidManise


put**n, t'écris bien enfoiré !  :lol:

Donner c'est recevoir, en effet :lol:

Tu peux diffuser sans problème hein.  C'est fait pour être utile.  Gratos.  Vas-y...  ceci dit attend un peu.  Serge, Sielwolf, Rod, Eric Lem, Did, et quelques autres n'ont pas dit leur dernier mot ;)

Si ça donne un truc clean, j'en ferai sans doute un article wiki.

Ciao ;)

David
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12 décembre 2007 à 16:07:14
Réponse #8

dents-de-sabre


Comment peux-on l'utiliser quand le seul but du mec en face c'est de te faire ch*er toi et que tu ne peux pas t'en aller?

Il te reste ton cadenas !  ;D :lol:

12 décembre 2007 à 16:14:58
Réponse #9

Yoddha


Il te reste ton cadenas !  ;D :lol:
c'est pas mon genre d'être l'agresseur ;)

mais ce sujet m'interesse (et des réponses sérieuses à ma question aussi) car il traite de situation auxquelles il m'arrive d'être confronté...

12 décembre 2007 à 16:16:14
Réponse #10

DavidManise


Comment peux-on l'utiliser quand le seul but du mec en face c'est de te faire ch*er toi et que tu ne peux pas t'en aller?

Tu ne pourras pas fuir le combat toute ta vie, malheureusement :(

On ne peut rien pour toi, Yoddha.

David
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12 décembre 2007 à 16:17:02
Réponse #11

dents-de-sabre


Pour les drills y'en a 2-3 que j'aime bien

1) un truc rigolo , c'est se faire crier dessus par un mec pendant plusieurs minutes et essayant de le calmer sans perdre son sang-froid , déjà c'est pas mal parce qu'on se rend compte que c'est pas si facile , en se faisant injurier de rester de marbre et paisible. Donc le ''sparring'' doit etre sérieux, ne pas dépasser les limites du ''possible '' et être chiant, sans se croire dans un film et sans se marrer.

2) répéter la même chose, debout, ensuite assis et en se mettant debout, , afin de travailler le langage corporel , en restant en sécurité mais sans paraître agressif.  Parler à '' l'italienne''  avec les mains ( Patrick a des photos de la passive-stance avec les paumes ouvertes en avant,  ...)

3) essayer de parler, tout en planifiant ce que l'on va faire après, et en essayant d'observer si le protagoniste n'a pas de potes derrière lui ou toi. C'est aps facile de parler , et de tenir un discours clair et intelligible lorsqu'on mijotte nous-même une riposte.

 voili pour mes 2 balles..si j'ai d'autres trucs qui me reviennent ..j'y manquerais pas.. ;)

Diego


12 décembre 2007 à 16:36:22
Réponse #12

dents-de-sabre


autre point important également, :

travailler les distances en drill.

En effet gérer l'approche du BG , choisir de placer ses mains en avant , de faire un pas en arrière ou de repousser plus ou moins fermement .

Exemple : une femme énervée que l'on ne connaît pas qui se met très près pour vociférer ou qui s'approche dans la zone intime , j'aurais plus tendance à reculer doucement en premier lieu en plaçant ma main devant et en lui signifiant de rester à distance fermement mais poliment sans l'envoyer bouler à 4 mètres.  ;D


Un homme dans le même cas de figure ou aviné ou sous influence en prime, reculer mais s'il s'approche trop, un ''stop ! '' très ferme et un repoussement de la main pour lui montrer que c'est pas lui mène la danse.

Toute la subtilité c'est de travailler les distances et les mises en garde sans passer dans le rouge et combattre. Travailler cet état entre-deux où le stress est à son maximum comme dans l'histoire jilujorg dans le train. Car une fois lancé dans l'action, si la SD ! est bien drillée, ça va tout seul, c'est dans '' l'avant'' que l'hésitation et la peur sont à leur maximum.

12 décembre 2007 à 17:45:10
Réponse #13

IcarusII


Je suis fréquemment exposé à ce genre de situation mais quasiment toujours en supériorité numérique (de mon côté). C'est généralement un atout, çà permet d'extraire de la situation le collègue qui concentre sur lui l'énervement du (ou des) individus en face et de reprendre en main la situation en passant pour le gars ouvert, "sympa" de la bande.

S'il y a plusieurs personnes, une bonne solution est de les séparer, de continuer à discuter normalement avec ceux qui le veulent et de gérer séparément le ou les "excités". On se rend d'ailleurs souvent compte (après vérifications) que celui qui l'ouvre le plus n'est pas forcement le plus méchant... 

Vu que l'individu n'est pas notre principale source d'intérêt mais que pour lui on est la sienne et que souvent ce comportement vise à nous détourner de notre véritable objectif il faut être clair dés le début sur le rôle de chacun (ou pouvoir s'adapter très vite) pour ne pas perdre le fil de ce qu'on fait. Ceux (généralement 2 pour une personne ou nombre d'individus + 1) qui s'occupent des individus doivent comme çà a déjà été dit garder les distances et ne jamais les quitter des yeux (çà permet d'analyser les moindres réactions, ce qui est parfois fort utile  :) ).
Le respect des distances (pour se protéger mais aussi pour protéger le collègue qui lui ne se préoccupe pas de çà) est dur à gérer dans une situation tendu sans envenimer encore plus la situation avec des gestes apparaissant comme agressif. Je prends généralement le parti de faire reculer une bonne fois pour toute la personne à une distance suffisante de la chose qui nous intéresse pour pouvoir lui permettre ensuite de bouger sans représenter un danger pour mes collègues ou pour moi (tout en ne lui offrant pas une porte de sortie trop évidente) et sans être obligé de lui dire de reculer chaque 5 secondes.

Ensuite pour les vrais récalcitrants (ceux qui ne se tairont jamais tant qu'on leur parle) on utilise 2 méthodes : La première consiste à dire à l'individu "vous pouvez continuer à parler mais à partir de maintenant vous entamez un monologue", 9 fois sur 10 il se calme ou se tait dans la minute qui suit. La deuxième... ::)

12 décembre 2007 à 19:01:40
Réponse #14

Patrick


Je remarque que si certaines personnes ne sont pas très sensibles à la peur voire ne craignent pas plus que ça de prendre des fulguro gnons et des astéro baffes, ils sont en revanche extrêmement mal à l'aise avec la gestion de l’agressivité verbale.

Aussi, travailler en scenarii de telles attitudes va permettre de se familiariser avec cette dimension afin de mieux la gérer.

Sinon, on risque la phase de sidération ou à l'opposé le pétage de plomb qui va vous transformer au regard de la loi en agresseur.

12 décembre 2007 à 20:06:06
Réponse #15

crotale


La désescalade verbale du conflit est une notion trés intéressante qui peut permettre d'éviter le pire à la plupart des protagonistes d'une altercation, en passe de devenir une agression.

L'empathie est de rigueur pour faire face à un ou des individus récalcitrants, dont l'imminence du passage à l'acte violent ne saurait tarder. Comprendre pour agir au mieux c'est essayer de trouver LA solution d'évitement en dialoguant juste ce qu'il faut et en évitant quelques erreurs.

Ces erreurs concernent des attitudes, des gestes ou des paroles mal à propos.

L'idéal dans un monde merveilleux  ;D serait de pouvoir s'adapter à l'immédiateté et à la surprise du conflit, en tentant de :

-Trouver les mots justes (ceux qui apaisent), éviter le mot de trop.

-Eviter les positionnements ou attitudes agressives (n'oublions pas par exemple, qu'un chien qui a peur est agressif, et cela se sent immédiatement chez un habitué du combat de rue).

- Se placer en adoptant des gardes passives et neutres en apparences. Se trouver dans des positions permettant de réagir de façon explosive (&décisives, fuite...) en toutes situations.

- Travailler sur les intonations, les émotions (peur/haine, tristesse/joie, assurance/timidité, etc...)les rythmes d'élocution, le vocabulaire (être en phase verbale, parler le même langage). Bien souvent l'agresseur attendra que la victime termine sa phrase avant d'agir, conditionnement quand tu nous tiens...

Tous les meilleurs jeux de rôles de la planète ne pourront pas remplacer les retours d'expériences vécues, celles où l'engagement physique a été évité in extremis; mais les exercices en scénarii ont le mérite de rapprocher le prétendant au poste de "gestionnaire de conflit", à ce type de situation, mais à la condition de s'investir "à fond" dans la peau des personnages, avec sueur& sang (froid ;)).

Le regard est également trés important.
Considérer son interlocuteur c'est le regarder. Lui faire comprendre que l'on est prêt "au cas où" c'est avec les yeux.... Les regards varient également : intensifs, relachés, mais périphérique avant tout ;)



http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

12 décembre 2007 à 20:11:41
Réponse #16

bison solitaire


L'empathie et le regard... Crotale a mis les mots sur ce qui me titillait.
Faire comprendre à l'autre qu'il a notre considération.
Mettre l'intention, l'attention et j'irais même jusqu'à dire une certaine honnêteté dans l'échange.

12 décembre 2007 à 20:17:02
Réponse #17

Woodrunner


(une Brennek dans le genou s'est de la désescalade verbale par des moyen détourné,.... non?) ::) ;D ;D

Je suis déjà plus là,.... ;D
Je déconne mais le sujet est très intéressant! Continuez,...
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

12 décembre 2007 à 20:31:50
Réponse #18

dents-de-sabre


Je remarque que si certaines personnes ne sont pas très sensibles à la peur voire ne craignent pas plus que ça de prendre des fulguro gnons et des astéro baffes,


Tu nous ramènes à des années lumières là mon Pat...aahh que de souvenirs... :love: :love:


12 décembre 2007 à 20:43:23
Réponse #19

dents-de-sabre


Et comment ! Même que c'était ma série préférée étant gamin..Je me rappellerai toujours que juste avant le tout dernier épisode je devais aller chez le dentiste avec môman..du coup je l'ai plus jamais revu..et j'en pleure encore.. :'(

( j'avais 7 ans..)

Goldorak, le père de tous les fanas de robots géants, la mythologie de cette série, ainsi que les chansons en version française ont bercé toute mon enfance.. :love:


Bon fin du HS LOL


Diego


12 décembre 2007 à 21:08:31
Réponse #20

cedx69


Super post chef, c'est quoi une passive stance par exemple?
Merci

12 décembre 2007 à 21:15:15
Réponse #21

Anke


Bon, je vous fait part de ma touuuuute petite expérience en la matière.
Etant galbé comme un criquet, je ne peux pas faire face physiquement ( donc pas de repli possible sur mon physique) ! ça c'est le postulat de départ. Je suis donc obligé de trouver des "feintes".
Attention, je ne me suis JAMAIS retrouvé en face de gars vraiment allumés ou méchants. Juste le genre du gars qui sort de sa bagnole au feu rouge pas content et vociférant.
Première feinte : Le vieux copain qu'on a pas vu depuis des années
Moi, je sors de la voiture : " C'est pas vrai coment tu vas punaise ça fait si longtemps etc......" faut pas que le gars ait le temps d'en placer une, du coup il se pose tout un tas de questions, ça laisse le temps de remonter avec de grands sourires lorsque le feu passe au vert et de se barrer( en le dépassant) en finissant sur un  : "tu fais un gros bisous à Sandrine et aux gosses !" . Pas besoin d'être cohérent, faut juste avoir le débit qui va bien. Le temps que le gars réalise que tu t'es foutu de sa gueule, ou il te prend pour un fou, le feu est repassé au rouge et tu es loin ! Testé hier ( j'ai fait mine que le gars était un vieux client) ça marche ! ( bon faut pas que le gars soit trop méchant non plus, evidemment !)
Seconde feinte : La scène de ménage (je prierai au passage les agent de la force publique de sortir au préalable !)
Faut un comparse, ta femme ou ta copine, si sa taille est inversement proportionnelle à la sienne c'est encore mieux.
Testé lors d'un arrêt par un agent de police pour une faute de conduite de ma part.
Et meeeeerde, je vais me prendre une prune ! Arrêt de la voiture, je sors et ma femme aussi et la, elle me pourrrit la vie devant le gendarme : " Oui forcément, t'es bien comme tes frères et ton père, toujours aussi mou etc......", toi tes épaules s'affaissent, ton regard devient celui d'un Saint-bernard tout mouillé et là, sympathie masculine devant les fureurs féminines ( y'a comme un élan de confraternité, forcément il a la même à la maison), il va te mettre la prune, mais allègée devant la misère que tu exprimes, bref, le gars il a pitié !
On peut surement transposer ce truc là sur une situation plus "dure" pour gagner la seconde qui va bien !
Si c'est pas très utile, j'espère au moins que ça vous aura fait rigoler !
Amitiés

12 décembre 2007 à 21:23:01
Réponse #22

DavidManise


Passive stance...  c'est une "garde" passive.  Tu positionnes tes mains et ton corps de manière à être prêt à réagir ultra-rapidement, mais sans pour autant avoir l'air de...  style tu te grattes le nez, tu joins les mains devant toi, etc.

(grillé par le gold-o-pat ;))

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

12 décembre 2007 à 21:30:32
Réponse #23

cedx69


Merci, c'est plus un forum, c'est un chat tellement c'est rapide :doubleup:

12 décembre 2007 à 21:47:57
Réponse #24

Sielwolf


Beaucoup de points techniques et pratiques ont été abordés, mais il faut apporter un petit éclaircissement concernant l'empathie, et rebondir également sur le premier post de David (avec la justification à tuer)...

L'empathie, c'est la capacité à évoquer en soi-même ce que peut ressentir l'autre d'un point de vu émotionnel. C'est une sorte de simulation intérieure des émotions de l'autre, qui apporte une lecture très subtile des situations, en doublant la lecture logique (cognitive), d'une lecture émotionnelle (ressenti). C'est par le biais de l'empathie qu'on arrive à se mettre à la place de l'autre.

La question de l'empathie, ce n'est donc pas tellement celle qu'on va ressentir pour lui, mais surtout celle qu'il va (ou non) ressentir pour nous.

On pense cliniquement (Grossman), que le passage à l'acte violent humain / humain s'opère toujours à l'occasion d'une rupture temporaire d'empathie, car il existe une résistance innée chez tous les animaux à s'attaquer franchement à un membre leur propre espèce (Lorenz). Exception faite de certains profils psychiatriques qui ont peu, voir pas, d'empathie (psychopathes, sociopathes), ce qui les rends hyper-prédisposés au passage à l'acte violent. Les "conditionnements à tuer" arrivent aux mêmes résultats, mais c'est un domaine encore plus confidentiel.


Pour le mec agressif moyen, dans beaucoup de cas, l'attaque physique nécessite une sorte de préparation psychologique destinée à "déshumaniser" son interlocuteur (le déshumaniser émotionnellement, opération qui se produit dans un plan parallèle de la justification logique, et la complète sans la remplacer).

L'agresseur va dans ce cas avoir besoin de sa victime pour franchir le cap, et rompre sa propre barrière d'empathie ( = arrêter de se voir dans l'autre comme un humain, et inversement de voir la détresse de l'autre en lui en tant qu' humain), pour pouvoir attaquer.

C'est l'objet des propos humiliants, insultants, défiants d'un agresseur, et qui visent à obtenir une réaction virulente de la part de la victime, laquelle réaction autorisera l'agresseur (cognitivement et émotionnellement) à attaquer la victime en question: "t'es qu'un tapette", "tu crois que tu peux quelque chose contre moi?", "ta mère en slip de catch!", etc....

Un pilier de la communication violente est donc ce maintient de l'empathie.

Une parenthèse: le lien émotionnel humain passe pour beaucoup par le REGARD. C'est pour cela:

*   qu'il est plus facile de mettre un coup de couteau dans le dos que de face
*   qu'on cagoule les suppliciés (c'est pour protéger émotionnellement les bourreaux, pas les victimes!)
*   qu'on tue avec une balle dans....la nuque.

Et c'est pour cela que personne ne supporte d'être regardé fixement par un membre du même sexe. Pourquoi? Parceque ce sont les objets qu'on regarde fixement, pas les gens. Si on commence à regarder un mec comme un objet, cela peut signifier la rupture d'empathie, donc une attaque potentielle, ce que l'inconscient décode haut et fort, balançant un gros signal émotionnel de danger dans le champ de la pensée.

Donc pour revenir à la négociation, le fait de parler au mec, outre tout ce qui a déjà été dit, permet aussi (et surtout), d'éviter la rupture d'empathie.

Si on lui dit des phrases dans le registre suivant: "oui, je te comprends", "moi je réagirais pareil", "tu imagines si tu étais à ma place en ce moment?", ou simplement "nous", à la place de "je", cela devient très diffficile pour un prédateur de nous "chosifier", et limite considérablement le dérapage de passage à l'acte intempsetif.

Il y a eu des cas de tueurs en série où la victime séquestrée a commencé à parler de son enfance, ou de ses souffances intérieures. Ces récits ont navré les tueurs, récits qui dans certains cas ressemblaient à leur propre histoire. Plusieurs serial killers sont devenus alors incapable de tuer, éprouvant de la tristesse pour leur victime (initialement considérée comme un morceau de viande), relachant la victime, et allant même jusqu'à la raccompagner dans un cas!!....


"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

http://www.neurocombat.com/
http://www.fourrure-torture.com/fourrure-lapin.html

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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