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Auteur Sujet: Désescalade verbale  (Lu 49643 fois)

08 août 2011 à 10:41:19
Réponse #100

DavidManise


Salut !

Pour moi le propos de Voyageur Dix n'est pas raciste.  Il ne prône pas d'avoir une réaction plus violente ou autre face aux backs, beurs, etc.  Il dit simplement qu'il faut tenir compte de ça pour éviter de voir la situation s'enflammer sur la base de l'argument d'un soi-disant racisme. 

Par contre, antoirepierre proposait le lance flammes pour les blacks et musulmans.  Ca c'est des propos très violents où il disait en substance "s'ils sont blacks ou musulmans, on les crame".  Il a été dégagé direct, et à moins d'avoir une super explication à me fournir, il ne reviendra pas.

Entre prôner la haine et l'extermination sur la base d'une couleur de peau ou d'une religion, et le fait de tenir compte d'elles dans une désescalade verbale, il y a un MONDE.  Je pense que ceux qui ne sont pas en mesure de voir ça devraient se poser la question de jusqu'où la bienpensance débile les rend aveugles et cons...

On ne désescalade pas de la même manière avec un avocat en veston cravate et avec un ouvrier bourré.  On ne désescalade pas de la même manière avec une femme ou un homme.  On ne désescalade pas de la même manière avec un français et avec un Québécois.  Tenir compte de la culture et de l'identité de la personne en face est une évidence.  C'est quoi c'est juste le mot black ou musulman qui vous choque tant ? 

Ciao ;)

David
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08 août 2011 à 11:44:27
Réponse #101

Pug


Je regrette de ne pas avoir connu ce forum (et ce thread en particulier) il y a 7 / 8 ans...

J'ai commecé ma carriére comme prof en college. Et j'ai eu ma part de conflits verbals dans le cadre de ma classe. Et j'ai été mauvais.

Mauvais parce que je n'arrivais pas à ne pas personnaliser le conflit : c'est moi qui suis remis en cause, qui suis attaqué, par ce que je suis un mauvais prof. Donc je ne suis plus en perspective, je ne suis plus calme, ni un référent, je participe au conflit au même titre que l'élève.

Je ne laissais pas de porte de sortie aux élèves, car convaincu qu'assumer l'autorité du prof, c'est d'imposer sa décision, de maniére systématique, et sans négociation. Et en tant que prof débutant, sans "réputation" dans l'établissement, j'ai voulu être encore plus exigeant.

La question de conséquences, dans le monde éducatif, est à mon sens limitée. Certains élèvent se foutent des exclusions, des heures de colle et des conseils de discipline. Quand on finit par renvoyer un gamain pour 3  jours et que ce dernier ne trouve qu'à dire qu'il est content d'être en vacance, on perd la possibilité de sanctionner.

Le dernier élèment, mais qui n'est pas forcément transposable à la desescalade en dehors du milieu scolaire, était ma volontée de regler le probléme sur le coup. Plusieurs problèmes en découlaient:

1) Pendant que je m'occupais d'un élève, les 25 autres étaient livrésà eux-même, donc d'autres soucis de discipline à gérer.
2) L'élève en question ne voulait en aucun cas être mis en défaut devant ses amis (on revient à sauver la face). Le même élève, pris à la fin du cours, était moins "difficile" à gérer.
3) la possibilité de crystaliser la volonté du groupe contre l'enseignant.


Bref j'étais trop dirigiste, pas assez souple, et j'ai subi mes premiéres années d'enseignant comme une vraie punition.

Et pour revenir sur le débat du racisme, j'ai par contre très vite appris que c'était un mode de défense extremement repandu. Si mon propos peut être déformé pour y donner un sens raciste, j'ai toutes les chances que cela soit utilisé contre moi. Ne me prends pas pour un imbécile, je sais très bien ce que tu mijotes avec ta bande" deviens une accusation concernant l'intégralité du groupe ethinque au quel appartient l'élève à qui on s'adresse. Donc effectivement j'ai pris soin de ne pas ouvrir la voie à ce type de remarque.

Il est souvent amusant de voir que les élèves difficiles sont très attachés au respect de leur droit, même si ils ne sont en aucun cas respectueux de ceux des autres et de la société en général. Je me rappelle d'une élève qui justifiait (devant ses parents) son insolence en cours par le fait que je lui manquait de respect en classe. J'avais l'outrecuidance de l'interrompre quand elle parlait à sa copine.

sinon, un de mes outils de desecalade, dans les situations où je ne suis pas face à un predateur décidé, c'est de passer à une langue étrangére que je maitrise : l'anglais. Les techniques d'interview tombent à l'eau, car mon interlocuteur n'arrive généralement pas exprimer tout ce qu'il souhaite, il est obligé de ralentir son débit verbal car il cherche ses mots, et l'effort généré le fatique en général assez vite et le pousse à abandonner, quand je ne tombe pas sur des fans de la culture US qui du coup se prennent d'affection pour moi... La position corporel " je ne comprends pas" (paumes vers le ciel, coude flechit et haussement d'épaules) est logique dans la situation et en même temps me sert de passive stance.
« Modifié: 08 août 2011 à 11:51:08 par Pug »

08 août 2011 à 12:55:11
Réponse #102

voyageurdix


Merci, david! :) je ne suis pas raciste!
J'ai toujours une appréhension pour intervenir sur ce site, car je ne m'estime pas digne...
Bien que, j'ai déjà vécu en extrême...
Là, on est sur survie urbaine, et donc, y a fatalement l'histoire ethnique,
De nos jours...
Si ,en brousse, tu te trouve fasse au lion, c'est un lion!
La désescalade verbale face au lion, hein! ;D
Pour l'urbain, c'est pareil!
Si ça avait été trois noirs, j'aurai insisté sur mon intervention pour sauver ce que je croyais en péril.
Si ça avait été trois musulmans, pareil!
Mais la loi du groupe, le fait que je suis blanc, je le sais, n'est pas perçu par "ce groupe" de la même façon,
que si j’appartiens à ce groupe!
NON, je ne suis pas raciste! Mais les autres le sont!
Dans la désescalade verbale, faut comprendre qui on est, qui cause,
et qui on a en face!!!!
Loin de moi toute pensée raciste, mais, l'autre existe aussi!
Et c'est là le problème!
Pour la descalade verbale, faut déjà envisager le but.
Mais quand ceux en face le font pour déclarer la guerre...
ben ouai, le lance-flamme!!!





08 août 2011 à 13:06:41
Réponse #103

DavidManise


Mais quand ceux en face le font pour déclarer la guerre...
ben ouai, le lance-flamme!!!

Parce qu'ils déclarent la guerre...  pas parce qu'ils sont blancs, bleus, verts, marrons, jaunes ou violets... 

Faut faire gaffe sur Internet, parce que malheureusement beaucoup lisent trop vite...  et parfois on passe pour un gros facho juste parce qu'on essaie d'exprimer une idée toute simple.  T'aurais dit "il faut tenir compte de l'identité et de la culture de la personne en face si on veut avoir des chances de désescalader la situation", personne n'aurait ouvert un oeil. 

En fait faut faire gaffe quand on écrit une phrase comme "si ça avait été des noirs ou des muslims j'aurais agi différemment".  Si un mec lit uniquement cette phrase là, la porte est ouverte à toutes les interprétations foireuses.  Il suffit qu'il ne prenne pas la peine de lire ce qui est écrit avant ou après, et il se fait une idée de toi qui est fausse...

Bref.  C'est chiant, je sais, mais il faut anticiper ce risque là aussi.

Ciao ;)

David
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08 août 2011 à 13:14:51
Réponse #104

Eric Lem


.  T'aurais dit "il faut tenir compte de l'identité et de la culture de la personne en face si on veut avoir des chances de désescalader la situation", personne n'aurait ouvert un oeil. 

En fait faut faire gaffe quand on écrit une phrase comme "si ça avait été des noirs ou des muslims j'aurais agi différemment". 

C'est dingue comme en quelques années on s'est tous faits pourrir par le politiquement correct. ;#
Pourtant les particularités culturelles liées à l'appartenance ethnique, ça existe etil est très important d'en tenir compte quand on veut jouer à la désescalade.

Un exemple tout con: s'excuser.
Dans "notre culture", c'est généralement reçu comme un moyen de faire retomber la pression, une porte de sortie qui s'ouvre pour tout le monde.
Dans d'autres cadres de référence, celui qui s'excuse n'a pas d'honneur et mérite d'être traité comme un chien.

Ca vaut la peine d'y réfléchir...
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

08 août 2011 à 13:22:36
Réponse #105

** Serge **


Le contexte ethnique fournit également une estimation de durée ( plus ou moins longue ) des palabres ainsi qu'une capacité d'estimation quant à la tournure des évènements vers une explication plus physique.

Mais, il faut néanmoins éviter de généraliser, et considérer chaque situation comme unique.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

08 août 2011 à 14:13:54
Réponse #106

voyageurdix


oui! parce que un blanc qui intervient sur des blancs, c'est une discussion d'égal à égal
mais quand la dimension ethnique intervient, le blanc n'a pas les données,
et de plus, il est l'ennemi! En tant que blanc voulant l'ordre ...
ça fait deux choses à rattraper pour la fameuse désescalade!
Donc, dans ma façon de préciser les choses, je me retrouve face à un groupe de trois,
Seul! et là, avant toute discussion, je fait le topo de la situation.
T'as tout un wagon qui se tait, qui a peur, et moi, je suis seul face à trois perturbateur!
je dois descalader! ok, mais comment? c'est de ça que l'on parle...
les jeunes ont 20 ans en pleine forme, et moi, 50... ... ;D
Celui qui se lève pour me faire front devient le leader, je le calme; ça va bien
Mais si la haine pour moi, et ce que je représente s'était transmit aux autres...
J'aurai eu trois adversaires!
ça aurait été des punk (blancs) ça aurait été aussi risqué.
De là, l'histoire de la désescalade verbale ne peut se faire que si l'on a bien défini à qui l'on cause,
et ce que l'on représente, (surtout)
et en employant les mots qui vont avec; ce que l'on représente.
Hors de tout racisme, le fait est que les plus violent sont ceux qui ont le plus à reprocher aux autres (blanc)
et que souvent, ils sont en bandes!
Dans tous les cas, de ce genre, t'as un adversaire, et une victime, pour laquelle tu t'es déplacé,
tu t'es mis en situation de conflit, au centre!
Et pour en sortir, faut que l'adversaire baisse les armes!
Verbalement ou physiquement mais ça; ça dépend de l'adversaire!
Et pour ça, ça dépend de la façon dont l'adversaire te "visualise"!
Ce que je dirai, c'est qu'avant de parler, faut établir un rapport de force,
et de là, on peut passer à la désescalade...
ou pas...
Mais, et donc, pour certains groupe, aucune discussion n'est possible!
C'est ce que je voulais dire avec mes ""noirs et musulmans""!
 ^-^



08 août 2011 à 14:54:10
Réponse #107

DavidManise


C'est dingue comme en quelques années on s'est tous faits pourrir par le politiquement correct. ;#

Je sais pas si c'est du politiquement correct.  Le politiquement correct éviterait le sujet de la confrontation complètement...  là, on aide le lecteur à comprendre ce qu'on veut dire, plutôt que de le braquer dans sa propre connerie.

Ceci dit c'est vrai que j'ai pas toujours procédé comme ça, et que j'ai longtemps été plus élitiste dans ma manière de présenter les choses...  réservant le meilleur à ceux qui savaient distinguer le fond et la forme.  Je dois devenir vieux ::)

David
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08 août 2011 à 15:00:18
Réponse #108

** Serge **


Citation de: voyageurdix
Mais, et donc, pour certains groupe, aucune discussion n'est possible!

A nouveau, je ne partage pas cette opinion.
Tant qu'un conflit n'est pas engagé physiquement, souvent, il y a une possibilité de dialogue.
Même réduite.

Celui-ci pouvant se dérouler différemment, selon le ( les ) interlocuteur(s).
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
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08 août 2011 à 16:06:25
Réponse #109

Patrick


A nouveau, je ne partage pas cette opinion.
Tant qu'un conflit n'est pas engagé physiquement, souvent, il y a une possibilité de dialogue.
Même réduite.
Mais celà demande une expertise, une excellence et une adptabilité en matière de judo verbal qu'il faut toute une vie pour l'acquérir et encore sans garantie de son maintient en condition opérationnelle.

08 août 2011 à 17:55:18
Réponse #110

** Serge **


Cela demande de l'empathie. Sans laquelle, je pense, aucune protection personnelle n'est envisageable et/ou efficace.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
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08 août 2011 à 23:24:45
Réponse #111

mrfroggy


oui! parce que un blanc qui intervient sur des blancs, c'est une discussion d'égal à égal
mais quand la dimension ethnique intervient, le blanc n'a pas les données,
et de plus, il est l'ennemi! En tant que blanc voulant l'ordre ...
ça fait deux choses à rattraper pour la fameuse désescalade!
Donc, dans ma façon de préciser les choses, je me retrouve face à un groupe de trois,
Seul! et là, avant toute discussion, je fait le topo de la situation.
T'as tout un wagon qui se tait, qui a peur, et moi, je suis seul face à trois perturbateur!
je dois descalader! ok, mais comment? c'est de ça que l'on parle...
les jeunes ont 20 ans en pleine forme, et moi, 50... ... ;D
Celui qui se lève pour me faire front devient le leader, je le calme; ça va bien
Mais si la haine pour moi, et ce que je représente s'était transmit aux autres...
J'aurai eu trois adversaires!
ça aurait été des punk (blancs) ça aurait été aussi risqué.
De là, l'histoire de la désescalade verbale ne peut se faire que si l'on a bien défini à qui l'on cause,
et ce que l'on représente, (surtout)
et en employant les mots qui vont avec; ce que l'on représente.
Hors de tout racisme, le fait est que les plus violent sont ceux qui ont le plus à reprocher aux autres (blanc)
et que souvent, ils sont en bandes!

Dans tous les cas, de ce genre, t'as un adversaire, et une victime, pour laquelle tu t'es déplacé,
tu t'es mis en situation de conflit, au centre!
Et pour en sortir, faut que l'adversaire baisse les armes!
Verbalement ou physiquement mais ça; ça dépend de l'adversaire!
Et pour ça, ça dépend de la façon dont l'adversaire te "visualise"!
Ce que je dirai, c'est qu'avant de parler, faut établir un rapport de force,
et de là, on peut passer à la désescalade...
ou pas...
Mais, et donc, pour certains groupe, aucune discussion n'est possible!
C'est ce que je voulais dire avec mes ""noirs et musulmans""!
 ^-^




 :o
politiquement correct ?
pas du tout.c est facile de juger mes propos de cette façon.
C est juste étrange qu on laisse passer des propos comme ça ...c est peut etre moi qui me fait vieux.

On a  quoi comme info sur la culture d une personne , quand on a comme indice sa couleur de peau  ?
sérieusement, parce que ça m intéresse.
Un membre de ma famille est Iranien (je lui ai fait lire le post, il a fait une drole de tete;).

Il vit en France depuis 2 ans.Il parle presque aussi bien qu un "bon" français.

Il me dit: "moi aussi j ai une tete de Musulman.
pourtant je ne suis pas croyant..."
Je lui ai dis , tu vois bien, tout le monde trouve ça normal...

Alors la je suis sur le cul.. :'(




Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

09 août 2011 à 04:06:07
Réponse #112

mrmagoo


Citer
On a  quoi comme info sur la culture d une personne , quand on a comme indice sa couleur de peau  ?
Je vis au milieu des arabes, des noirs, des portugais, des turcs, des brésiliens, des vietnamiens etc...
Oui, on déduit obligatoirement, instinctivement, des infos sur la culture d'une personne sur la couleur de sa peau.
Je cultive différents types d'ormes aussi.
Je déduis également des infos sur la façon de les cultiver par leurs critères extérieurs distinctifs.
Des fois je me plante: un orme de montagne que j'ai pris pour un orme champêtre, une asiatique qui s'est révélée être brésilienne ("Comment tu as appris à danser la samba?" "Eu nasci na Bahia"  :blink: ).
Mais dans l'ensemble ça fonctionne assez bien.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

09 août 2011 à 09:10:24
Réponse #113

Leif


http://www.youtube.com/watch?v=BYPz6qWBPXs

ok c'est un film mais le discours est tres bien.

09 août 2011 à 09:36:00
Réponse #114

DavidManise


C est juste étrange qu on laisse passer des propos comme ça ...c est peut etre moi qui me fait vieux.

Je pense que tu lis pas bien ce qu'il a écrit, surtout.  Rien de choquant sur le fond, même si la forme peut faire sursauter un peu.

Citer
On a  quoi comme info sur la culture d une personne , quand on a comme indice sa couleur de peau  ?
sérieusement, parce que ça m intéresse.

Justement ça, un indice.  A savoir un truc qui permet de faire peser une probabilité un peu plus qu'une autre, et donc de se tromper moins souvent.  Aucune certitude...  

On fait ça sans arrêt, de présumer de l'identité et de la culture, des valeurs, des attitudes possibles des gens en se fondant sur un coup d'oeil.  L'âge, le sexe, la tenue, la façon de bouger...  pourquoi on ne pourrait pas le faire aussi en fonction de la couleur de peau, tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit bien d'un INDICE ?

Je commence vraiment à trouver ça triste qu'on mélange tout.

Si je vois un mec typé maghrébin avec une barbe et de la corne au milieu du front, là où sa tête touche quand il fait la prière, je peux quand-même présumer que le gars est musulman pratiquant ou c'est aussi du racisme ?  

Si je vois un mec blond aux yeux bleus avec un survet, un t-shirt de l'OM, une gourmette, une gitane et un ticket de PMU à la main, est-ce que je peux imaginer que c'est peut-être, voire PROBABLEMENT un français ?  Ou chuis raciste aussi ?

La couleur de peau est l'un des nombreux indices qu'on peut utiliser pour se faire une idée INCOMPLETE ET SUPERFICIELLE de l'identité culturelle d'une personne en deux secondes, au même titre que sa façon de bouger, ses vêtements, d'éventuels bijoux ou accessoires, etc, etc.  Ici on ne parle pas d'aller castagner tout ce qui n'est pas blanc...  on parle d'ajuster son comportement, dans une tentative de désescalade verbale, aux indices dont on dispose pour avoir moins de chances de se tromper dans sa manière d'aborder la chose.  

Ce que tout le monde trouve normal, c'est de se baser sur les indices qu'on a pour désescalader une situation.  Ce qui ne l'est pas, c'est que ça soit un problème de présumer que quelqu'un soit musulman ou au moins de culture musulmane, et de se tromper...  Si je croise un blanc aux yeux bleus qui parle français et qui porte des vêtements décathlon, et que je présume qu'il est français et de culture occidentale catholique, je peux me gourer aussi...  ça peut très bien être un russe qui vit en France depuis longtemps.  Et si je suis assez ouvert d'esprit, en parlant avec lui j'apprendrai à le connaître lui.  Tout comme l'Iranien dont du parles, en discutant avec lui je me rendrais assez vite compte qu'il n'est pas croyant, qu'il aime les voitures de sport, ou que son truc à lui c'est pas la survie, c'est plutôt l'informatique (par exemple)...

Je vois pas ce qui te choque, vraiment.

David
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09 août 2011 à 09:57:12
Réponse #115

mrmagoo


Citer
le discours est tres bien
Qui le nierait?
Mais concrètement, en situation, ça te sert à quoi de savoir ça?
Exemple concret de mise en situation: j'aborde surtout les nanas. Donc c'est rarement dans un contexte de violence (ou bien dans le contexte d'une douce et suave violence...enfin bref).
Je vais quand même déduire certaines informations de leurs aspects physiques extérieurs, et notamment ceux relatifs à leur origine ethnique pour déterminer la façon dont je vais les aborder. Si pour telle nana issue de telle communauté une approche audacieuse et sabre au clair a plus de chance de fonctionner avec telle autre issue d'une autre communauté ça risque de me griller définitivement à ses yeux.
On peut aussi s'enfoncer dans le scabreux et déduire certaines particularités physiques intimes d'après le physique...
Comme toujours quand on généralise on tombe sur des exceptions (par exemple tu avais déduis que tu risquais de te cogner le casque contre le plafond et finalement tu touches même pas les bords ou bien la nana dont tu avais déduis qu'elle devait être réservée te sort tout à trac: "Bon, on baise?").
Mes excuses pour des images peut être crues, mais dans la vraie vie on ne peut se contenter de théories, certes séduisantes, mais d'aucune utilité concrète "on the field". Et pis une digression vers des exemples tirées de situations plus peace&love peut, peut être contribuer à expliciter la chose
Donc généraliser, ouais c'est moche, ouais y'a des exceptions (qui sont considérées d'ailleurs comme confirmant la règle) mais ça sert à adapter son comportement avec la réalité.  

Grillé par le Manitou. Bon ben si mon post sert à rien suffit de le virer :)  
[HS] Je viens de me faire la réflexion que si l'on raisonne en terme d'"animalité" le fait de vouloir transmettre ses gènes et celui de vouloir survivre...pour finalement transmettre ses gènes se rapprochent beaucoup. Étonnant comme de puissants instincts nous conduisent, et avec succès, vers ce pour quoi on est programmé. Quand je croise une jolie fille, j'ai très envie de lui faire l'amour(mais vraiment très) ça me donne des ailes, une audace et une persuasion qui en général me fait défaut dans d'autres situations. Tout comme on est capable de se trouver des ressources insoupçonnées pour survivre. Pardon pour la digression, ça fait une semaine que je dors seul, mes hormones doivent me jouer des tours :P [/HS]
« Modifié: 09 août 2011 à 10:37:49 par mrmagoo »
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

09 août 2011 à 16:07:20
Réponse #116

Lycaon


Je conseille un petit drill pour la gestion verbale: le travail en désynchronisation.
Il s'agit d'avoir une attitude  verbale différente de la non verbale (et para verbale)

Ex: Je menace, injure, etc avec un timbre de voix et une attitude soumise, ou alors je développe un discours "pacifiste" avec une gestuelle et un timbre de voix agressifs. Le but de désynchroniser permet de mieux s'approprier les différents aspetcs de la désescalade. travailler avec un partenaire permet souvent de se rendre compte que le plus important (ce qui est vrai) est dans le non verbal.  Parfois on se rend compte que menacer avec une attitude soumise n'impressionne pas mais peut par contre énerver (cela dépend de la personne en face). Etc
On peut aussi se sentir mal à l'aise quand le discours qu'on a ne colle pas à l'attitude etc... le but étant de dissocier pour une plus grande prise de conscience des différents éléments et un renforcement de ces derniers. On peut également travailler seul devant un miroir mais perso j'aime bien avoir un retour sur ce qui avait le plus d'impact.

Bien à tous.
Vivez comme le Bouddha (mais pas tout le temps) et battez vous comme le diable

09 août 2011 à 21:32:29
Réponse #117

crotale



Celui-ci pouvant se dérouler différemment, selon le ( les ) interlocuteur(s).

Au moins une vérité, Sergio veille :up:

Attention à ne pas stigmatiser ou à ne pas se réfugier derrière des idées colportées de tous bords et pas forcément sensées ni de bon aloi ::)

Beaucoup de ceux qui prétendent pratiquer la "deséscalade" verbale seraient rapidement désemparés devant des mecs qui eux, maîtrisent parfaitement "l'escalade" verbale  ;#et qui savent surtout lire chez leur opposant le moment, l'ouverture où ils peuvent vite et bien frapper  ;)

Le choc culturel peut être très douloureux, ce n'est pas une histoire d'origine, juste de mots, de discernement et d'habilité à parler en frappant, sans bafouiller :D
http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

10 août 2011 à 19:15:06
Réponse #118

voyageurdix


Je ré-intervient :up:
On parle de désescalade verbale et non pas de racisme!
Dans mon exemple, trois mecs en un wagon foutent le bordel!
exemple réel et vécu! Et une fin à ma gloire... :doubleup:
Bon, donc, J'arrive sur le compartiment, ou y du bruit, de l'action, de la violence
moi pour ma part, j'y allait parce que ma voisine pensait qu'une personne était en danger.. ok?
ça peut arriver, surtout sur Paris, à tout le monde, et donc je visualise l'adversaire!
Hors de moi tout racisme, c'est trois blanc, des branleurs BLANCS de 20 ans, qui se la joue gansta!
Je les ramène à la raison...
mais si ça avait été des gens d'une autre communauté, cela aurai été différent!
On parle de désescalade verbale!
Je suis moi, je peux te mater avec une bonne droite dans ta put**n de tronche,
mais vaudrai mieux que t’arrête tes conneries!
On parle de désescalade verbale, mais suivant qui tu as en face, et ce que tu es, en face d'eux,
ça se passe pas pareil!
Y a des gens, pour qui aucune option de désengagement n'est possible...
Là, tu lutte, pour ta survie!
C'est toi ou eux!
Et donc, aucune désescalade verbale!




10 août 2011 à 20:07:26
Réponse #119

Patrick


voyageurdix, je pense que tu devrais prendre le temps d'exprimer tes idées parce que là tu le fais en vrac et on a du mal à comprendre le fonds de ta pensée qui pourrait être pourtant profitable.

De plus je pense que pour la qualité du débat tu devrais éviter les assertions à l'emporte pièce du type "point barre", sinon chacun reste sur sa vérité et on fait rien avancer en terme de réflexion.

N'oublies pas que ton expérience ne peux tout simplement pas être partagée avec beaucoup et que ce qui est une évidence pour toi est l'inconnu pour d'autres.

Merci d'avance  :)

10 août 2011 à 20:57:09
Réponse #120

voyageurdix


 :) ha! m*rde! me voila engagé dans une discussion que je ne désire pas! :blink:
 En fait c'est pareil, je passe, je vois désescalade verbale et je répond et me voila... me voila... ;#
dans les problèmes.... d'échange verbale... :D
Pour une altercation c'est pareil, soit tu passe ton chemin, soit t'interviens!
C'est un choix!
Une nana tapée par son mec, que tu sais pas, peut te taper si tu tape son mec qui la tapait! (vu) ;D
Un gauchiste tapé par des minorités peut se retourner contre toi, en tant qu’extrême droite nazi coupe ras, pour évacuer la peur de son agression!
Comme on cause, et c'est le sujet, de désescalade verbale, je dis;
1) faut représenter une certaine forme d'autorité, ou de complicité avec l'ennemi!
pour pouvoir communiquer...
2) faut établir ce pour quoi on intervient, et le but, afin de canaliser la tension vers un dégagement...
Quand t'es videur, t'es videur, le mec qui vide, mais quand t'es citoyen, t'as rien, et pour la désescalade, faut se donner une légitimé pour l'intervention! Là, dans mon cas, c'était parce que l'on pensait qu'une personne se faisait attaquer, ça les a calmé, ils se sont sentis en faute, les trois blancs gentils, mais si ça avait été d'autre groupe ethnique, ils auraient pu embrayer sur le blanc qui vient les contraindre...
3) je suis presque sourd, je ressent pas le stress du ton qui monte, et même, ça me fait jouir, du coup, lors des confrontation, avec ma tête de fou et mes réponses en dehors du contexte, ça déstabilise, l'adversaire... même le plus bourré... ;D
4) j'ignore pourquoi je suis intervenu, quoi que si... :)
ça me permet de repenser et de caser des souvenirs... ::)
on était sur la chaussée, vers 4 heure du matin, on allait à paris, pour un concert, et là, un flic descend de sa voiture et nous demande ce que l'on fait là! Vu que la CX était mal garée, sur une bande livraison...
Et là! Comment j'adore ce souvenir ;) "notre chef" répond, avec une forme de, de, dans la voix,
On livre des hommes!!!!







11 août 2011 à 09:16:53
Réponse #121

Solstice


Allez j'y vais de mon petit exemple, il y a deux jours au taff (je ne risquais pas ma vie si je ne déséscaladais pas, plutôt de gros soucis professionnels) :

Contexte : je suis agent de sécu, une de mes missions est le contrôle d'accès, une de mes consignes et de contrôler au hasard des véhicules afin de vérifier que les individus ne volent pas le fruit de la production...

Un mec se pointe à la barrière, je ne lui ouvre pas, je me présente à lui "bonjour monsieur, contrôle du véhicule, vous êtes Mr?"
Le mec me répond d'un ton sec quelque chose du style "Je ne vous le donnerais pas"
Moi : "Pourquoi?"
Lui (je le sens tendu) : "Qu'est ce qui se passera si je ne vous le donne pas?"
Moi : "je devrais en informer le directeur qui avisera"
Lui (il commence à se braquer un peu) : "Vous n'avez pas le droit de fouiller mon véhicule, vous n'êtes pas de la police ou de la gendarmerie"
Moi : "Mais monsieur, je ne fouille pas votre véhicule, je procède seulement à une inspection visuelle avec votre accord, conformément à mes consignes, je n'ai pas le droit de vous forcer à ouvrir votre coffre ni de vous retenir, si vous refusez je peux seulement en informer mes supérieurs"
Lui (qui se détend finalement) : "Ah d'accord...j'ai vraiment besoin d'ouvrir le coffre? (le coffre était à nu, visible de l'intérieur)"
Moi (je jette un coup d'oeil et voit qu'il n'y a RAS) : "Non, ça ira, pas de problème"
Lui (qui redeviens suspicieux) : "Mais j'ai un de mes collègues, ça fait plusieurs jours d'affilés qu'il se fait contrôler le midi...."
Moi : "Les contrôles sont effectués au hasard, après c'est évidemment selon les possibilités qu'ont mes collègues de la journée, vous comprenez avec les camions qui viennent charger, ils ont peu de temps, et du coup ça tombe souvent sur les mêmes personnes, c'est juste pas de chance"

Et après ça s'en ait suivit une petite discussion sympathique ou je lui ait expliqué les droits des agents de sécurité dans différentes situations (sur les contrôles en usine ou dans un magasin, les palpations, etc...). Le mec est finalement reparti avec un grand sourire, et moi j'ai pu faire mon taff. :)

Je ne risquais pas, je pense, l'affrontement physique, mais le mec aurait pu décider de déposer plainte pour fouille, et ça aurait été sa parole contre la mienne. En cas de condamnation, c'était finit, plus de boulot dans la sécurité pour moi.

Voila c'était histoire de donner un exemple concret de désescalade verbale, je pense que ça rentre plutôt bien dans la catégorie. Je précise que tout ça n'est pas au mot près, j'ai retranscrit un peu comme j'ai pu.

J'oubliais mon état d'esprit : un peu désarçonné au début par son refus, j'ai vite repris mes esprits et ait gardé mon calme et le sourire. Je me suis dit qu'après tout, il fallait bien qu'il y ait un mec qui me sorte ça un jour ou l'autre :D

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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