@ Moleson
Mais ça c'est peut-être aussi du signal.
Vivre au jour le jour avec un/une dépressif/dépressive durant quelques années te permettrait peut être de relativiser la non dangerosité moyenne du dépressif.
Alors bon, ça n'a pas de valeur statistique, mais j'ai noté pour ma part une dégradation phénoménale du comportement, des tentatives de suicide à répétition, des prises de risques inconsidérées (dans tous les domaines), le déclenchement de bagarres par un comportement inapproprié, des scènes d'hystérie sur la voie publique qui se finissent en GAV, puis qui se transforment en HO, tous les glandus qui veulent profiter de la situation qui sont attirés comme un aimant etc...
C'est vachement rock'n roll la vie avec une personne dépressive. Vachement fatigant aussi.
Alors dangereuse ou pas la personne dépressive? Pour elle même oui, sans aucun doute. Pour les autres, pas toujours directement, mais les facultés de jugement sont bien altérées et entrainent bien des comportements dangereux pour les autres finalement, même si ils ne sont pas directement adoptés pour nuire à autrui.
C'est évidemment du signal : celui qui a un "vécu" et qui apporte son témoignage, je l'en remercie.
Même si une expérience personnelle "unique" ne fait pas nécessairement une règle générale, c'est toujours au moins un élément de la vérité. Et dans le cas présent, j'apprécie pleinement le témoignage cité.
Ce dont je me méfie le plus, c'est des raisonnements qui sont justes (logiques) mais dont les conclusions ne sont pas quantifiées.
Un dépressif => conducteur dangereux
Un vieux au volant => moins de réflexes => conducteur dangereux
Un jeune au volant => moins d'expérience => conducteur dangereux.
Un diabétique => risque d'hypoglycémie => conducteur dangereux.
Un Bison fatigué => moins de concentration => conducteur dangereux
Logique, logique.
Oui mais : combien plus dangereux ?
Combien plus dangereux, combien dangereux tout court.
Les compagnies d'assurance, certainement ont leurs statistiques.
Au niveau de la criminalité, dans la discussion, on a donné :
- un fait divers
- du vécu
- des raisonnements (qui tiennent la route)
- mais peu ou pas de statistiques exploitables - Patrick s'est refusé à considérer cet aspect des choses.
Moi j'aime bien, quand on parle d'un danger, d'avoir quelque chose de chiffré.
On a parfois des surprises.
Qu'est-ce qui est le plus sûr en aviation privée : le monomoteur ou le bimoteur?
Un début de raisonnement : en cas de panne d'un moteur, le bimoteur peut continuer à voler sur un seul moteur, sans problème majeur, alors qu'en cas de panne de moteur, le monomoteur va nécessairement au tapis. On ajoutera que le bimoteur a deux alternateurs, et qu'une panne d'alternateur ne compromet en rien l'utilisation des instruments, l'éclairage du tableau de bord, l'usage de la radio et des équipements de radio-navigation etc ...
Raisonnement logique : redondance => sécurité => bimoteur plus safe que monomoteur.
Mais les statistiques, rapportées à l'heure de vol, indiquent qu'il y a deux fois plus d'accidents mortels en bimoteur qu'en monomoteur.
Les chiffres sont incontournables.
Maintenant, je peux expliquer les chiffres ...
Mais pour cela il faut :
- un vécu d'instructeur
- la curiosité d'aller examiner les analyses d'accident, au cas par cas ...