Ça me tue de voir qu'on puisse parler des camés et des dépressifs dans un thread sur un meurtre banal et sordide. Bonjour l'amalgame. Faut faire gaffe à ce qu'on écrit parfois. J'en soigne des camés, et une bonne moitié de la population est dépressive.
Tu poses, à juste titre, la confusion classique entre corrélation et causalité.
Dans le domaine de l'aide à la décision c'est le risque des méthodes de "data mining" basées sur les typologies. On détermine des profils types statistiquement à risque (très courant dans le domaine de l'assurance ou du crédit) afin d'optimiser un ratio "profit/risque".
En clair : un homme, 25 ans, célibataire, diplôme bac-4, indépendant, habitant tel quartier, on peut lui faire crédit mais à 3,5%. Alors qu'un homme, 25 ans, marié, bac+5, fonctionnaire Cadre A, habitant tel quartier on peut lui faire crédit à 3,2% car le risque est statistiquement moindre.
C'est tout a fait légitime. Mais on voit rapidement se profiler des dérives éthiques et morales et parfois sanctionnées légalement. En effet, avec ce système si vous correspondez à un "profil" vous êtes traités de façon globale...
Remarquez qu'un homme venant d'avoir son permis, et donc n'ayant aucun antécédent, sera verra proposé un tarif d'assurance supérieur à une jeune fille venant d'avoir son permis. On est donc ici sanctionné sur le "genre" sur une base statistique. Ce fait n'est d'ailleurs dénoncé par personne (du moins en France, l'Europe a attenté une action je crois).
Imaginez qu'à la place du critère "genre" on entre le critère "couleurs de yeux" pour justifier la surprime...

Bref : attention à ne pas placer "l'efficience" au dessus de tout. C'est parfois raisonnable "tactiquement" (cf : "l'argumentation" de Monsieur *emmour sur la typologie de la population carcérale) mais stratégiquement cela mène vers une société globalement moins sûre.
Les personnes en situation de fragilité et qui subissent des pertes de repères comme les "narco-dépendants" sont, dans ce contexte, plus incités à commettre des actes délictueux. Quand je croise un type "bourré" je prends une marge de sécurité. Mais ce sont aussi des personnes ayant de besoin de soins, d'accompagnement et d'aide. Et TOUT les types bourrés ou avec des yeux de lapins ne sont pas des agresseurs, ni même des agresseurs potentiels. En revanche si notre attitude les désocialises...ils deviendront de fait des A_sociaux. Et les gens ont naturellement tendance à se conformer à l'image qu'ils pensent que l'on a d'eux (effet Pygmalion ou Rosenthal).
Le monde devient alors moins sécure : la marge de conduite est étroite.
Etffet Pygmalion dans le wiki :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Pygmalion 