: j'ai l'impression que tu as pris mon post pour une "critique". Ce n'était pas du tout mon intention et quand bien même serais-je assez bête pour agir de la sorte : je ne suis absolument pas une "autorité" dans le domaine de la SD.
Je ne voulais pas critiquer. La technique que tu décris marche parfaitement (j'y combinerais une clef sur le bras tendu personnellement).
C'est juste qu'elle repose sur des principes valables mais qui présupposent un certain équilibre des forces. Alors que ma femme peut, avec grande difficulté, me chopper mon petit doigt de la main droite (je suis gaucher) avec ses deux mains et le tordre avec la force du désespoir. En clair : agir sur le point le plus faible accessible de mon anatomie (petit doigt de la main faible) avec les plus gros moyens disponibles dont elle dispose (ses deux mains) : c'est là le principe utilisé.
Si en plus elle arrive à se montrer dans un premier temps "coopérative" elle augmente ses chances de succès (elle a une plus grande chance de ne pas être "sonnée" lors de la mise à terre et de me surprendre par la suite). Chances de succès Qui restent très très minces à ce stade.
En revanche, me ponter ou arriver à atteindre mon visage en faisant 20 cm de moins alors que je suis sur mes gardes...c'est encore plus difficile.
(Ponter : Je l'ai fait en Ne-waza sur des types de ma catégorie ou ayant au pire10/15 kg de plus, c'était déjà pas mal galère alors que nous étions sur des tatamis et que pour m'envoyer à terre les coups "attendrisseurs" étaient interdits.)
Pour reprendre le débat sur le fond, j'ai personnellement une réserve sur l'intérêt de se montrer coopératif dans un premier temps, pour pouvoir surprendre, et également une réserve (certes plus faible) sur l'intérêt de travailler, comme le suggère Rémy, "en position"...
Je crois voir assez bien l'intérêt des deux : se créer une ouverture en suscitant une baisse de vigilance de l'agresseur, et se contraindre à travailler à partir du pire schéma, dans lequel on se trouve coincé dès le départ. Et je ne dis d'ailleurs pas qu'il ne faut pas travailler ainsi à l'entraînement...
Ceci étant, il me semble au moins autant nécessaire de travailler, pourquoi pas de façon complémentaire, des scenarii dans lequel on reste en mode dynamique hyper-agressif permanent en réaction à l'agression "surprise"... J'y vois plusieurs intérêts...
D'abord celui de se conditionner à utiliser le choc et le stress de la surprise pour "lâcher la bête" sans discontinuer jusqu'à ce qu'on ait pu écarter le danger... Or il me semble qu'en gros état de stress, une posture tactique coopérative est difficilement compatible avec ça...
Ensuite, notamment lorsqu'on a net un désavantage de gabarit, il me semble qu'on a quand même tout intérêt à empêcher autant que possible l'agresseur de "s'installer" dans sa saisie ou de nous "attendrir" un peu plus par quelques frappes facilement focalisées. On a dû à peu près tous, un jour ou l'autre, faire d'une façon ou d'une autre l'expérience de tenter de maîtriser un gabarit beaucoup plus petit mais très énervé... Ça n'est pas si facile... Continuer à se débattre devrait donc compliquer les choses pour l'agresseur, qui de ce fait se verra probablement limité à des gestes d'une motricité approximative...
Également, même si l'on est emmené au sol, sans doute peut-on utiliser le rebond ou l'orientation de la chute... Je ne suis pas un spécialiste des chutes, projections, du sol, etc, mais j'ai malgré ma nullité dans ces domaines cru pouvoir remarquer qu'en accompagnant un minimum la chute à laquelle on est contraint pour l'orienter en entraînant l'agresseur dans une certaine direction, on pouvait se créer des opportunités intéressantes notamment en utilisant le choc avec le sol... Et il me semble que si l'on ne s'entraînait qu'à partir d'une position coincée sous l'agresseur, on se priverait de travailler ce type d'opportunités... De façon plus générale, je crois que le fait de rester au sol le moins longtemps possible ça se travaille, et que pour ça il faut se faire "agresser" debout, se faire amener au sol, s'en relever au plus tôt, le tout sans interruption dynamique - ce qui n'est certes pas incompatible non plus avec par ailleurs un travail en séquence purement de sol...
Enfin, pardon pour mon scepticisme personnel sur les clés de bras, étranglements et autres, mais autant il me semble que pour quelqu'un de très entrainé en judo, jj, jjb, etc, ça peut être devenu une sorte de seconde nature permettant peut-être de tenter d'en passer "en vrai", autant si l'on n'est pas un vrai spécialiste de ces techniques, il vaut mieux à mon avis ne pas s'échiner à passer ce genre de choses et viser la tête selon le bon principe "qui contrôle la tête contrôle le corps"...
En tout cas, dans ma petite expérience de "nul du sol", c'est pour moi assez clair : quand je veux tenter des clés ou joue l'épreuve de force au sol façon "vu à l'UFC", je finis salement bloqué, quand j'arrive à rester en mouvement sur l'amenée au sol pour "rebondir" d'une façon ou d'une autre et "viser la tête", je m'en sors...
Voilà, c'est certainement très discutable, mais c'est ainsi que je remettrais personnellement les choses en perspective, au moins à l'intention des autres nuls du sol...
Quand à sortir d'une position critique où l'on serait coincé sous un agresseur faisant 20 cm et 40 kilos de plus que soi, je regrette moi aussi de n'avoir pas de solution miracle. Mais je pense que, là comme en position debout, la prudence commande de travailler en priorité deux ou trois techniques personnelles "spéciales", qu'on sentira mieux que les autres, qui viendront d'instinct si l'on se trouve à proximité de telle ou telle cible et à propos desquelles on n'hésitera pas trop longtemps, avec peut-être un ordre de préférence préétabli... Parce que si, le moment venu, on hésite entre mordre, griffer, arracher, et entre telle, telle ou telle cible, on va encore compromettre un peu plus la situation...
Certes, ça reste ensuite en pratique assez difficile de s'entraîner à mordre ou à tordre le petit doigt de la façon efficace évoquée plus haut par Kilbith...
Cordialement,
Bomby