Moi aussi, je pourrais dire l'inverse de Killbith sur certains points:
-Ma confiance dans la technologie nucléaire était très relative. Elle en sort affaiblie, pas tant sur le fond (oui, le nucléaire pourrait être sûr et propre...), que sur la forme: je n'ai plus confiance dans les gens qui construisent, qui exploitent les centrales, ni dans ceux qui prétendent savoir comment ça marche.
-Je trouve que la méfiance vis à vis du nucléaire s'apparente plutôt à la SP. Quand je prends ma voiture j'ai toujours 30% de chances de mourir un jour d'un cancer, et seulement 0.25% d'être assassiné (source
Wikipédia). Pourtant je me préoccupe de ce que j'identifie comme un risque extérieur sur lequel je peux agir.
-Le fait d'assimiler le risque nucléaire à un fantasme (ninjas sodomites... ) est un peu léger. Enfin moi ça me fait rire, mais je ne pense pas que ça ferait rire les centaines de milliers de Japonais évacués de la zone, ni ceux de la centrale qui sont en train de sacrifier leur espérance de vie pour la sécurité des autres.
Face aux nombreux arguments "rationnels" pro-nucléaires de certains, mettant en valeur le rapport bénéfices/risque, je me suis interrogé sur cette les raisons de ma défiance.
Est-ce juste une peur irrationnelle? La mauvaise appréciation d'un risque par ignorance? Il n'y a rien d'irrationnel dans le fait d'avoir peur de poisons invisibles et impalpables (mais réels) capables de contaminer une large population.
Le risque est réel, puisque c'est la deuxième fois en trente ans, que je vois une centrale échapper au contrôle (qu'on ne dise pas que la centrale est toujours sous contrôle, ce sont des pompiers qui luttent avec des lances à eau...).
L'ignorance des effets est largement partagée avec la communauté scientifique. Il est parfois rappelé que les doses dangereuses d'irradiation sont encore calculées sur la base des suites d'Hiroshima. Tchernobyl à apporté une meilleure connaissance du risque lié à l'Iode, et nul doute que Fukushima sera un sujet d'étude passionnant!... (

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La contamination immédiate des sols semble locale. Mais personne n'oublie que cette pollution peut s'accumuler jusqu'à ce que les doses ne soient plus négligeables.
Ma conclusion est que cette défiance repose sur des principes essentiels de survie de l'espèce: éviter les poisons et la contamination du sol nourricier. Je vois donc une opposition de points de vue presque morale, entre ceux qui privilégient le respect de la nature et de tous les individus comme base de cette survie, et ceux qui privilégient les progrès de l'industrie et l'économie. Faites votre choix en conscience.
Finalement, ma réponse à la question du titre de ce thread serait, le "pire" ne va pas arriver là, mais oui, le pire est toujours à craindre.