Salut à tous !

A mon tour !
L'histoire, vous la connaissez, je ne vais donc pas revenir dessus. Je vous confie donc mes impressions.
Premier truc importantLe premier truc, j'ai fait la connaissance de membres du forum que je ne connaissais pas de visu et ça m'a beaucoup plus : pouvoir rencontrer et discuter avec des gens qui partagent le même centre d'intérêt que vous, c'est déjà une super expérience. Vous savez de quoi je parle, on est déjà souvent considéré comme des aliens ne serait-ce qu'au sein de sa famille. Et puis j'ai personnellement pas mal discuté avec chacun sur leur passion et son origine, ce qui les motivait, leur parcours... Rester éveillé ou randonner, ça offre pas mal de temps pour discutailler.
Deuxième truc importantEnsuite, je m'étais inscrit à un stage de survie "hiver". Le scénario, que vous connaissez, était de faire une rando à la journée dans un paysage neigeux, puis de se retrouver bloqué à devoir passer la nuit sur place dans des conditions difficiles. Je m'étais donc préparé en ce sens, tant au niveau psychologique qu'au niveau matos (je m'étais mis une certaine pression il faut l'avouer, j'appréhendais un peu... ). C'était un peu biaisé car je savais que ça allait mal tourner cette rando.
Je suis super content car le scénario a changé au dernier moment : les conditions n'étaient plus les mêmes. Je n'avais pas imaginé cela et, pour moi, cela été à la base le cas de survie idéal : on part une journée en ayant prévu un truc et puis tout change au dernier moment et il faut improviser avec ce que l'on a. Finalement, cela aurait pu être le scénario de base, mais il n'est pas assez vicieux le David, je le savais !
Donc très content à la base de devoir gérer une situation inattendue.
On était là

et plus précisément ici

Les abrisOn est parti en rando en groupe. Arrivé sur le lieu du "bivouac" j'ai dit à Karto que si je devais me perdre et rester sur place une nuit, le dernier truc que je ferais serait de me mettre tout seul dans un coin à me les peler. On a donc décidé de se faire un abri commun et optimiser notre équipement au bénéfice du duo. Bon c'était notre point de vue. D'ailleurs, les filles aussi sont restées ensembles... Je me trompe peut-être et Marion ou Céline nous le diront mais je me demande si elles ont eu le même raisonnement ?
Bon là, Karto confirmera, on s'est carrément vautré pour faire l'abri. Mon avis est qu'on n'était pas assez dans le trip "survie" qui est une situation à prendre au sérieux. Les abris ont été faits en "mode rigolade" alors qu'il ne pleuvait pas encore et on a voulu se faire un palace. Il était pas trop mal au début et puis on a commencé à la retoucher par-ci par-là et puis on lui a finalement fait plus de mal que de bien à notre abri. Vous remarquerez le lustre suspendu au centre et fait par Karto avec une petite boite de gâteaux en carton et une bougie chauffe plat. Terrible et romantique pour prendre le Tea Time de 3h30 du matin.

Isolation du sol avec des épines de pin et nos morceaux de tapis mousse. Le carré de tapis mousse étant petit, j'ai aussi expérimenté l'efficacité d'isolation et de confort du sac poubelle rempli de feuilles. C'est en pleine nuit, lorsque les gouttes tombaient ici et là dans la maison que nous avons eu tout le loisir de se dire qu'une forme de tente canadienne aurait été plus appropriée, surtout en "ductapant" nos deux couvertures de survie épaisses en une seule et grande bâche. On a voulu en faire trop... quand je pense qu'on a mis plusieurs heures à faire cette daube alors que Corin a installé son truc en un quart d'heure...
Ci-dessous l'abri de Lambda. Il nous donnera ses explications à son retour. En tout cas il a bien pioncé, lui.

Ci-dessous une autre de l'abri de David avec Corin derrière
Les ateliersSamedi soir : atelier chamallow avec mise en pratique de plusieurs années de recherche fondamentale sur la caramélisation au feu de bois (Sacré boute-en-train de David, toujours prêt à nous faire rigoler avec ses histoires de chamallow volant)
Dimanche matin : atelier feu mouillé. Tout est trempé partout. Chic, on va pouvoir tester nos techniques pour allumer un feu ! Chacun y va de son allume-feu : bois gras, tampax paraffiné, ficelle sisal, coton vaseliné, magnesium, briquet, firesteel...



(tampax paraffiné de Cynry)

Dimanche midi : atelier position de survie
Dimanche après-midi : atelier hypothermie. Ce qu'il faut faire et ne faut pas faire. Je pourrais en glisser ici une tartine mais je pense qu'un post dédié voire un wiki-article plus complet est plus approprié.


Les trucs que j'ai faits et qui m'ont marquéEn fait pour moi, tout a été prétexte pour mettre à l'épreuve mon kit de survie, tester mon matos et des techniques en tout genre, tout en bénéficiant des conseils avisés des "anciens".
- Chasse au bois gras, dans les souches et sur les arbres. Bon y'en avait plein partout c'était assez facile, donc a cherché à trouver du bois TRES gras. Batonnage, scie pliante...
- Efficacité redoutable du sac poubelle rempli de feuilles, même trempées
- Branchettes de pin plantées dans le sol pour faire un matelas isolant confortable
- Solidité des collages ductape sous la pluie
- Efficacité des noeuds, même trempés (là on voit l'intérêt de faire des noeuds simples, efficaces et facile à défaire sinon ils sont difficiel à délier une fois trempés)
- Allumage d'un feu avec du bois sec en extrayant par bâtonnage le coeur d'une bûche de bois mort trempée
- Test du couple acier+silex sur du coton carbonisé + chanvre de plombier
- Protection d'un feu naissant avec des écorces
- Mise à l'épreuve de ma frontale D4 Géonaute sous la pluie. Résultat : direction poubelle
- Intérêt du grand sac poubelle dans le sac de rando en guise de doublure étanche pour éviter de tremper ses affaires
- Pas glop 1 : j'ai une fois de plus mal apprécié la pente de mon couchage et, en plus du froid, j'ai du lutter toute la nuit pour ne pas glisser sous la pluie. On ne m'y reprendra plus c'est dit !
- Pas glop 2 : j'avais pas de poncho, juste une coquile imper-respirante D4; Du coup, j'ai eu droit au syndrôme Kway : le haut est au sec mais l'eau coule sur les jambes, et impossible de s'asseoir tranquillou sans se tremper le bas...
- Pas glop 3 : l'abri trop compliqué, mais je l'ai dit plus haut
- Pas glop 4 : La parka de ski que j'avais prise n'est pas imperméable, je l'ai donc trempée. Exit cette veste à l'avenir ! Ou bien sous un poncho alors...
- Pas glop 5 : Ma couverture de survie légère était inadaptée à mes gestes doux et gracieux : je l'ai bien déchirée.
- Pas glop 6 : Mon kit de survie, bien qu'assez complet, perd de son utilité à partir du moment où je ne le porte pas "directement" sur moi : il ne faut ne pas mettre son kit dans son sac à dos ou dans qqchose susceptible de se séparer de vous pour une raison ou pour une autre, car les prédateurs bipèdes des bois peuvent toujours surgir de nulle-part avec des kalachnikov en bois et vous piquer vos sacs. Les 2 protagonistes se reconnaîtront. Je vais donc retravailler mon kit pour pouvoir le porter sur moi jusqu'à l'oublier.
Habillement- Journée : T-shirt polyester D4 et grosse polaire Lowe que je mettais et ôtais en fonction de la situation. Pantalon de rando Millet chaud et respirant. Boots de rando D4 avec chaussettes en laine. Coquille à portée de main + bonnet (j'attends avec impatience les photos de Karto et Cynry pour leurs vêtements de jour...)
- Soir et nuit : ajoût d'un collant thermique que j'avais prévu pour ma rando à la journée (on voit déjà que le bas n'était finalement pas assez imperméable pour passer la nuit). Ajoût de 3 couches pour la nuit : Tshirt polyester - haut thermique polyester - fine polaire - grosse polaire - coquille. Bonnet, écharpe. Moi qui transpire bcp, j'adore le polyester en hiver...
Par rapport à un équipement de rando à la journée, y'avait que la parka de ski et un teeshirt en polypropylène qui étaient en trop dans mon sac et que j'avais pris pour me "rassurer". La parka n'a rien apporté, elle était trempée et me refroidissait plus qu'autre chose. J'ai pas eu froid au torse ni à la tête ou aux pieds ni aux molets. En fait, j'ai eu froid aux mains (gants trempés), aux cuisses et... aux cou**les. J'avais suffisamment d'épaisseur partout sauf au milieu du corps, pourtant bien isolé du sol. J'y ai remédié partiellement en me couvrant d'un bout de sac plastique pour limiter les pertes. Je pense qu'un grand édredon de feuillages aurait été super.
bon, moi pour une rando à la journée en montagne avec des potes, j'aime bien marquer le coup : j'ai donc trimballé un gros pain et un gros Mont d'Or à faire fondre en papillotte d'aluminium dans le feu... Je pense que cette fondue au fromage a plu à tout le monde vu qu'on se les pelait sous la pluie

Anecdote : vers 5h00 du mat' je crois, David fait sa ronde pour vérifier si y'en avait pas un de nous qui était devenu tout raide. Il s'est prit (je sais pas où) une des ficelles qui retenait notre abri. Gros bruit sec : Tchaaaak ! Karto se réveille littéralement en sursaut en criant hein ??! quoi ?! keskispass ? Je crois qu'il pensait qu'on s'était prit un paquet de neige sur le toit. Je me suis tellement marré dans le noir d'entendre son sursaut que j'en avais mal au bide ! Je pouvais plus m'arrêter ...et ça m'a...réchauffé ! Moralité, quand t'as froid au pieds, met ton bonnet et rigole un bon coup...
si vous avez des questions, ce sera avec plaisir
A+
Alexis