Il faut voir l'importance de la crise. Si c'est comme celle de 29, on vivra tous beaucoup plus mal, y'aura du chômage et des morts de faim et de froid, mais au final ça passera et ça se règlera (bon, peut-être de la même manière, avec ascension au pouvoir dans un quelconque pays d'un tyran profitant de la situation). La différence étant que le tissus de paysannerie est quasiment mort, et qu'il y aurait donc moins de "privilégiés" qui pourraient échapper à cette crise. Mais si c'est une crise systémique mondiale, un peu comme la chute de Rome (bon, c'était "le monde" de l'époque), alors là il en ira tout autrement. La structure sociale elle-même, qui de nos jours tient uniquement grâce aux lois et la peur de l'illégalité/répression, se désagrègerait brusquement et violemment. Il y aurait des meurtres, des viols, des pillages à grande échelles, et on verrait l'avocat d'hier égorger l'ex-ingénieur pour lui voler sa maison et violer sa femme et ses enfants. La morale a été éradiquée premièrement par l'esprit légaliste, républicain et jacobin, qui rend l'individu de moins en moins responsables de son existence, et donc conscients des enjeux et de l'importance de la volonté et du choix, et ensuite par l'esprit 68-tard pseudo-libéraliste, mais avant tout "contre-réactionnaire", qui non seulement a confirmé l'abolition de ces valeurs de fait, mais en plus a contribué à en donner une image négative et péjorative. Et tout ça, c'est fait et irréparable, de même que l'évolution de la société vers un modèle anarcho-sécuritaire (typiquement: sévère avec les faibles, mou avec les forts) et évidemment capitaliste, même libéraliste mais au main d'une élite inamovible, industrialisé, ou tout objet ou service prend une véritable valeur marchande, une côte, et donc où la loi prime sur l'habitude ou la tradition.
Bon, ça posé, je pense qu'il faut commencer par dire que dans un tel contexte, si un bouleversement mondial du système se produisait, nombre d'entre nous mourraient. De mort violent, ou de faim, de froid ou de maladie, mais une grande partie de l'humanité y passerait. Une fois les premières violences et le premier chaos un peu "apaisé" (disons quand les mauvais seront en régime de croisière, et mettront fin à leurs premiers efforts pour établir un ordre de la terreur plus calme, et les maladies et autres ayant emporté tous les faibles), c'est à dire quand on sera dans la pure "struggle for life" darwinienne, alors commenceront à se mettre en place des systèmes de clientélisme, comme à la chute de l'empire romain. Dans ce contexte, la confiance reprendra toute sa signification, et très naturellement, je pense que l'on retombera dans un nouveau "moyen age", et d'ailleurs certainement avec des structures assez similaires. Enfin, là je parle pour l'Europe, et plus particulièrement pour la France. Mais il se peut surtout que notre peuple, notre race, notre civilisation, lente, décadente, sans dynamisme et sans vigueur, sois écrasée par des peuples plus vigoureux, plus unis, et plus pauvres à l'heure actuelle, et donc habitués à la pauvreté, et ayant les crocs saillant de l'envie pour nos richesses. Je pense notamment que le monde musulman, uni par l'Islam, subissant en grande partie et contre son gré, sans que ça ne lui rapporte le moindre avantage, la politique et l'égoïsme occidental (enfin, surtout de certains occidentaux, que la loi et le système protègent de notre éventuelle réaction à leurs iniquités) serait pour nous une sérieuse menace. S'ils ne nous remplacent pas purement et simplement, au moins ils deviendront nos maîtres et nous domineront.
Mais s'il y a guerre atomique, alors là... mes enfants, bienvenu dans le plus grand feu d'artifice depuis le Big Bang, et ça prendra des milliers d'années aux survivants pour ramasser les miettes...
Personnellement, je m'attends à crever assez vite, et ne vois pas d'intérêt à chercher à survivre alors que statistiquement, mes efforts seraient très certainement vains, et ne feraient que gâcher mon relatif bonheur actuel. Quoi qu'il en soit, maintenant ou demain, ce qui compte c'est que je suis une personne bien du moins que je tente de l'être), peu importe si je survis ou non. Je ne suis pas particulièrement croyant, mais je crois qu'il y a des choses qui importent plus que la vie en tant qu'activité organique auto-entretenue dans certaines limites.