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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Coups de Bluff, quel efficacité ?  (Lu 14131 fois)

19 novembre 2010 à 19:56:42
Lu 14131 fois

Le Barbu'


Bonsoir a tous,


Après avoir lu des Topics sur des tentatives de rackets et d'autres altercations il m'est venu a l'esprit une idée, se servir du bluff a son avantage en tant que "dissuasion" : concrètement, je fait clairement savoir a l'adversaire qu'un (où plusieurs) de mes potes sont dans les parages et doivent venir a ma rencontre d'ici peu, ou sinon, je le "prévient" d'agir a mon encontre (ça a déjà marché une fois, j'avais dit "je veux pas qu'il t'arrive d'emmerdes alors laisse moi partir"  ;#)

Personnellement, j'y vois plusieurs avantages : pas de réelle prise de risque, pas de danger pour autrui ni pour soi, si le type est naïf où prêt a laisser tomber rapidement c'est (presque) gagné.


Est ce que cet manière de prévenir la violence d'autrui est d'une réelle utilité selon vous ?


Merci d'avance
On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

19 novembre 2010 à 20:09:44
Réponse #1

Gros Calou


Yo  :)

Il y a un gros paramètre (inconnu) que tu oublis dans ton plan, comment va t'il réagir.

"J'ai plusieurs potes", soit ils arrivent et il se barre en courant soit il attends et "alors ils sont où tes potes"  ;#

"je veux pas qu'il t'arrive d'emmerdes alors laisse moi partir" réponse "les emmerdes et bien justement j'attends que ça, c'est pourquoi je te cherches"  ;#

Indirectement, tu le menaces, ce qui va lui indiquer le feu vert pour t'agresser. Il suffit de dire non pour qu'un BG pète les plombs.

 ;)


19 novembre 2010 à 20:35:29
Réponse #2

Patrick


Je me demande si on ne va pas finir par rebaptiser "survie urbaine" par "X-Files"  :blink:

Le bluff ça marche à des moments biens particulier, sur des gars qui y étaient prédisposés à ce moment là et parce qu'on était nous dans un état bien particulier, à ce moment là.

Sapristi, ça en fait des paramètres à réunir pour en faire un outil à travailler, non ?

Par contre, ce qui donne de supers résultats c'est :
  • savoir analyser son environement en permanence et adapter son comportement
  • éviter de faire des choses stupides, aux mauvais endroits avec des connards
  • avoir suffisemment de caisse pour qu'un mal intentionné se dise qu'il vaut mieux malintentionner ailleurs et avec quelqu'un d'autres.
C'est déjà quasi le boulot d'une vie, alors le reste, pour moi c'est un peu comme quand le Grylls il vous dit quand bouffant de la bouse de chameau vous pouvez vous en tirer après avoir viré les asticots.
« Modifié: 19 novembre 2010 à 20:41:20 par Patrick »

19 novembre 2010 à 20:40:06
Réponse #3

Gros Calou


Le bluff ça marche à des moments biens particuliers

Oui au poker, le cul bien au chaud devant ton verre de Taliske* et le All-in qui va mettre bien profond le mec qui aura suivi  ;)

20 novembre 2010 à 11:37:54
Réponse #4

Eric Lem


Un peu de shameless autopromo  ;D

http://www.acdsbelgium.org/articles/poker-et-protection-perso-même-combat/

Citer
4 - Le Bluff marche toujours… jusqu’au jour où ça ne marche plus.

Reprenons notre exemple de tout à l’heure… vous avez un paire de 10 servie, vous relancez et tout le monde se couche jusqu’au dernier joueur qui, lui vous sur-relance mais cette fois en ajoutant le mot magique : « Tapis ! » (3)

 

Théoriquement, cette sur-relance à tapis, où votre adversaire met donc en jeu tout l’argent qu’il a devant lui, ne peut signifier qu’une seule chose : votre adversaire détient une TRES grosse main ( paire d’As, de Rois, As-Roi ou, plus rarement, une paire de dames) et il veut miser un maximum sur une main où il pense être largement favori.
Vous réfléchissez un long moment en tentant de jauger votre adversaire, vous regardez une dernière fois vos 10 avec une pointe de regret, et vous jetez votre main à la défausse.

C’est frustrant, mais c’est, et de loin, la meilleure chose à faire (une belle illustration du point 2)…

 

Quelques tours plus loin, la même situation mais cette fois vous vous retrouvez avec la main mythique : la paire d’As (considérée comme la meilleure main de départ sur les quelques 169 possibles, vous la toucherez en moyenne une fois toutes les 200 donnes +/-).
Vous relancez d’un montant standard, tout le monde se couche et notre habituel joueur agressif vous fixe en souriant avant de pousser ses jetons devant lui d’un air triomphant (de son point de vue, voilà 3 fois que vous vous couchez facilement face à ses relances, il aurait tort de s’arrêter en si bon chemin).
Vous suivez immédiatement sa relance en retournant votre « American Airlines », son sourire se fige, il retourne une main quelconque et se fait éjecter de la table sans un rond.

 

Le bluff existe aussi en Protection Perso.

C’est ce que Geoff Thompson (4) appelle (et je trouve le terme particulièrement bien choisi) le « Balooning » ( comme la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf).
On a tous déjà vu des exemples caractéristiques de ce genre de comportement : un mec ultra agressif verbalement qui, par la seule force de son baratin ou de sa posture, se débrouille toujours pour sortir des embrouilles sans avoir à se battre… un type qui « joue au fou », en espérant faire hésiter ceux d’en face.

 

Le pire, c’est que ce genre de tactique peut s’avérer payante dans pas mal de cas, mais il suffit d’une seule fois, celle où on aura mal jaugé la situation ou encore le tempérament de son interlocuteur, pour s’exposer à de lourdes conséquences
« Modifié: 20 novembre 2010 à 20:14:44 par Eric Lem »
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

20 janvier 2011 à 12:58:07
Réponse #5

Le Barbu'


Petite anecdote.


Ce matin je descend en ville, comme j'ai du temps a perdre je m'arrête devant un magasin observant les couteaux présentés (tient donc  ;#), je regarde sur ma droite je vois un gars d'une trentaine d'années qui vient vers moi puis s'arrête a 1m sur ma droite, je l'observe et il commence a me parler : "son joli les couteaux hein", je lui répond que oui, puis il me demande si je peux lui "rendre un service" (l'affaire de 5min dit-il  ::), je lui répond que non car j'ai un RDV pour un emploi, il me répète "qu'il y en a pour 1min" ce a quoi je lui dit que mon RDV est important et dans très peu de temps, il me lâche, me souhaite bonne chance et on en reste la.


Debriefing a chaud :


1) Chose étonnante, quand j'ai vu ce type a 10/15m de moi qui venait dans ma direction j'était sûr qu'il allait venir me parler (alors que rien ne présageait de cela).

2) Coïncidence : quand je suis descendu en ville, j'ai réfléchis en marchant a ce que je dirais a un gars qui me demanderait de lui rendre un service, de faire quelque chose pour lui. J'ai trouvé qu'une phrase du type, je suis attendu, j'ai un RDV important pouvait s'avérer efficace dans ce genre de situation.

3) Le bluff a marché, en fait, avant même qu'il m'ait demander de lui rendre un service (je n'ai jamais su en quoi il consistait) je savais intérieurement qu'il n'allait pas me faire de mal, sa détermination était plutôt faible.

4) The last but not the least : pourquoi moi ?, j'était immobile ou presque, isolé de l'environnement extérieur par mes écouteurs, ça peut expliquer la chose.


En dehors de cela, comment peut on éviter d'être choisi pour accomplir des "besognes" confié par autrui ?
On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

20 janvier 2011 à 13:53:51
Réponse #6

lambda


salut,

- Ben quand tu as vu ce type à 10-15 m de toi et donc apparament que tu l'as repéré comme élément "digne d'intérêt" dans le sens self, pourquoi ne pas s'être éloigner de l'autre côté de la rue, voir rentrer dans le magasin et y stationner le temps que l'autre éventuellement décarre (t'avais du temps pour toi apparament), en plus de te faire plaisir en zieutant la marchandise...

- je sais pas pour la phrase du bluff, mais perso quand j'ai a un RDV pour du boulot, j'y vais pas trop en flanant et en m'arrêtant devant les magasins... surtout qu'une personne se balladant dans cet état d'esprit (ballade pépère sans contrainte particulière), a une autre démarche physique que le gars qui va au charbon afronter un entretien pour un emploi important... qui plus est ta tenue n'étant pas forcément en adéquation avec le contenu de ton bluff... Je me dis que le "mensonge éhonté" doit être visble comme le nez au milieu de la figure...

Si le gars avait eu un brin de volonté de nuire associé avec un poil d'observation (qu'il avait déjà peut-être???), la situation aurait été autre sans doute...

Enfin en te lisant, c'est ce que je me dis...

a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

20 janvier 2011 à 14:14:12
Réponse #7

Bomby


FW 190, personnellement je ne vois vraiment pas où est le bluff dans l'anecdote que tu rapportes...

Il y a quand même, me semble-t-il, plus qu'une nuance entre prétexter et bluffer... Personnellement, la seule leçon que je tirerais de ton histoire, c'est que traîner devant une vitrine de couteaux peut attirer des ennuis...

Pour en revenir au bluff, il me semble que les réponses déjà faites par Gros Calou, Eric Lem et Patrick devraient normalement dissuader les candidats au bluff d'en abuser, voire d'en user...

J'ajouterais juste une illustration supplémentaire: bluffer comme le propose FW 190 dans son post initial revient à mes yeux à bluffer en sortant une arme à feu factice de sa poche : ça peut marcher, mais si ça ne marche pas, on va très vite être très mal, et bien plus que si on n'avait rien sorti... Et, comme l'a évoqué Gros Calou, ça oblige le méchant homme à agir ou régir immédiatement...

En outre, quant à tenter de persuader l'agresseur qu'il risque gros s'il s'en prend à nous, une illusion dangereuse serait de croire qu'un discours pré-appris ("mes copains vont arriver, je serais vous je partirais vite") pourrait utilement remplacer l'attitude... En pratique et à la limite, peu importe le discours pourvu qu'on ait l'attitude...

Sauf que, pour avoir l'attitude dissuasive, comme le dit Patrick plus haut, c'est déjà un sacré boulot...

Si on ajoute le bon principe, bien rappelé notamment par la récente citation de Serge ici http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,42591.40.html, que de façon générale ne sert à rien de tenter de mémoriser des ripostes toutes faites pour des scenarii qui ne se dérouleront jamais tels qu'imaginés, on arrive me semble-t-il assez vite à la conclusion que ça ne sert pas à grand chose d'échafauder à l'avance des réponses "bluffantes"...

Cordialement,

Bomby

20 janvier 2011 à 15:20:42
Réponse #8

jeremy


Bonjour à tous,
 :)
Regardez les chats, si le bluff ne marchait pas ils ne se hérisseraient pas comme ils le font. Ils ne se mettraient pas de profil mais de face. La sélection naturelle se passe de toute réflexion, elle garde ce qui marche. Le bluff est une bonne stratégie indéniablement. Comme toutes les stratégie, elle a ses limites.

A mon sens il faut regarder au delà du bluff.
Le bluff c'est une communication verbale et non verbale détournant les sens de l'adversaire qui lui servent en théorie à mesurer le risque. Le but étant de fausser la mesure.

C'est très intéressant, surtout dans un cas de prédation comme décrit souvent dans cette section. On a un prédateur qui peut faire un choix entre plusieurs dizaines de victimes. Ce prédateur ne doit pas se tromper car il va investir sur sa prédation. Il risque des dégâts physiques et des conséquences judiciaires. Ce choix est cornélien pour lui. C’est pour ça que tous les prédateurs urbains que j’ai pu rencontrer ont une attitude extrêmement concentré sur l’évaluation. Immanquablement lorsqu’on en rencontre, on constate qu’il y a un truc qui cloche avec ce genre de gars. Ca n’a rien d’un sixième sens. Le prédateur est objectivement très différent par son attitude de toutes les autres personnes de la rue. Il ne flâne pas, ne vas pas quelque part. D’un point de vue du langage corporel c’est inloupable. Ceci dit, certain feignent de ne pas voir cette différence (mais c’est une autre histoire).
Bref, il évalue. Il se sert pour ça de son instinct et de son expérience. S’il a un doute, il est bien plus intéressant pour lui de ne pas passer à l’acte. (Ca se modélise très bien mathématiquement).

Quand je disais qu’il faut regarder au-delà du bluff, je pensais à la manipulation mentale dans sa globalité.
Le bluff tel qu’abordé ici par « j’ai des copains », « je suis champion de Taekwondo » (c’est ma préférée celle là  ;D ) est au mieux une manipulation mentale grossière.
En revanche, je suis convaincu qu’envoyer un ensemble de messages non verbaux ou très subtils se révèle être une stratégie à développer.

C’est d’ailleurs toute la partie intéressante de l’art subtil de la désescalade. Ne pas regarder la personne dans les yeux mais l’amener à regarder ensemble « le problème » afin de ne pas se mettre en opposition à lui. S’humaniser soi même et se « désobjetifier » si je puis dire. Trouver des références communes évitant la formation d’une frontière vous identifiant comme « l’autre ».

Un bluff subtil pourrait être par exemple d’utiliser un langage propre aux forces de l’ordre. Une attitude d’agent de la BAC…
Je suis à peu près sûr d’avoir déjoué au moins une tentative de pick-pocket dans le métro sur un touriste rien que parce que j’étais tout seul, la trentaine, en forme physiquement, cheveux courts, regards insistants sur ses agissements. J’avais repéré que cette personne ne se déplaçait pas et ne flânait pas. Il n’y avait peut être qu’une chance sur dix que je sois en train de lui tendre un piège et que j’attende qu’il agisse pour l’interpelé. Mais ce pourcentage de chance est déjà trop élevé pour un prédateur.
Ca rejoint beaucoup d’autres fils de discussion… Le sujet est immense à traiter. Il constitue pour moi une part importante de la protection personnelle.
 ;)

Jérémy

I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

20 janvier 2011 à 15:26:34
Réponse #9

Dje


+ 1, ce n'est pas du bluff. C'est "juste" (mais c'est déjà beaucoup), l'application de la base de la self protection :

- awareness : tu as vu le gars arrivé
- préparation mentale et choix de vie : y va me causer, je ne veux pas d'ennuis
- évitement par la verbalisation polie : tu trouves une excuse, il n'insiste pas.

Ca aurait aussi pu être :
- awareness
- évitement physique : tu traverse la rue ou tu rentres dans la boutique ou tu rebrousse chemin

Et à tout moment ça aurait pu tourner vinaigre :
- l'excuse n'est pas acceptée, le gars te traite de tous les noms parce que tu ne veux pas l'aider, et tu dois le calmer par désescalade verbale/ attitudinale ou ça part en sucette directement
- tu traverses, le mec t'interpelles en te suivant, desescalade verbale, posture de pré-contact physique, eventuellement réponse physique
ou encore : tu traverses, 50 de ses potes déboulent derrière lui en te cherchant la m*rde, mais heureusement la police, Godzilla ou Superman passe à ce moment là et il n'arrive rien...

Bref, il n'y pas de règles établies, de comportement meilleur qu'un autre. C'est juste la base, que l'on doit pratiquer instinctivement sans réfélechir.
Donc bravo à toi d'être déjà tombé dedans, mais le bluff, c'est encore autre chose.

Peace,

Djé

20 janvier 2011 à 19:14:14
Réponse #10

Solstice


Sujet à mon avis super intéressant. Je ne pense pas que l'on puisse passer d'une image "normale" voir "victime" à une image de "danger pour l'agresseur" avec un coup de bluff, le changement est beaucoup trop évident.
A contrario, et c'est ce que j'ai fait pendant des années, je "bluffais" dès que je sortais de chez moi pour mes trajets , c'est à dire que je m'enfermais dans une image de menace pour les prédateurs (possible flic en civil par exemple), et je gardait cette attitude tout au long des trajets (alors que je ne suis pas réellement un danger) :
-regard fixé dans la direction ou l'on va, et on n'en dévie que pour scruter une menace potentielle.
-ma tête de détenu
-un pas rapide et assuré
-toujours habillé de manière discrète.
De plus même lorsque j'étais accompagné, je ne parlais pas ou peu, et ne faisait pas de "tourisme" dans les rues. Après il y a aussi le fait que même si je ne suis pas très grand (1m72), je suis relativement carré et pèse mon poids, ça rend mon comportement plus crédible.
En fait je dirais que c'est un tout, mais je pense que ça peut quand même se travailler, moi même je n'ai pas toujours été comme ça. Le bluff ne peut amha pas réussir si il est spontané et seul, sauf contre un mec qui n'est finalement pas une réelle menace. Une attitude quotidienne et globale se révèle bien plus payante.

Ca me fait remonter quelques souvenirs tout ça! On m'a déja pris pour un prof plusieurs fois (alors que j'étais lycéen) ou plusieurs fois pour un flic.
La plus drôle : En emménageant sur Nantes, deux copines viennent me rendre visite, on sort un peu en ville, et on retourne chez moi pour la fin de soirée. Sur le chemin, trois br**leurs assis à un arrêt de tram m'interpellent, les 2 filles continuent leur route pendant que je vais voir ce que me veulent ces gars. Arrivé à leur niveau, l'un deux me sors quelque chose comme "Tu sors avec les deux filles?" sur un ton curieux mais qui laissait quand même présager des emmerdes. J'ai directement répondu quelque chose comme "oui pourquoi?" sur un ton bien ferme, sans hésitation. Ça a cloué le mec sur place, il a changé de tête en 1 seconde ;# Il est passé d'un potentiel agresseur à une espèce de mec admiratif :"tu fais comment?" "bah j'ai ma technique perso..." Et j'ai finit par tracer rejoindre mes copines (avec qui vous l'aurez compris, je ne sortais pas). Résultat : embrouille évitée, et l'un des plus gros smile de ma vie :lol:
Sans l'attitude préalable, c'était grillé d'avance, je n'aurais pas pu être aussi crédible.

20 janvier 2011 à 20:13:18
Réponse #11

Le Barbu'


J'avais pas totalement tort d'écrire ce sujet on dirais. :)

Vous m'avez incité a ressortir cet référence ancienne mais toujours actuelle : Les 36 Stratagèmes !  ;#



Allez zou 7ème stratagème :


Citer
Un mensonge n'est jamais tout à fait un mensonge, car tout mensonge vise à créer une réalité. Le mensonge ne consiste en rien d'autre qu'à faire passer le non-être pour l'être. Mais un mensonge ne peut durer trop longtemps sans être percé à jour. Le non-être ne saurait rester éternellement lui-même. Il faut qu'il accouche de l'être ; ainsi fera-t-on naître la réalité de l'illusion, surgir le plein du vide. Le rien ne peut venir à bout de l'ennemi, il faut qu'il sécrète un minimum d'être pour en avoir raison. Tout mensonge pour être efficace doit être tout à la fois réel et illusoire , il est réel comme but et illusoire comme moyen , dans la mesure où il est un moyen qui se fait passer pour un but.

On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

20 janvier 2011 à 23:06:35
Réponse #12

Le Barbu'


Serge a relever quelque chose d'important. ;)

Ce que voulait ces jeunes, c'est une réaction de ta part, idéalement, que tu te dirige vers eux...

Il m'es déjà arriver une situation identique, je marche dans la rue avec ma soeur, un gamin 15m derrière nous siffle a plusieurs reprises, j'ai cru qu'il allait ramener des potes, que c'était un signal, alors j'ai dit a ma soeur de ne pas relever et d'accélérer le pas ce que l'on a fait, il nous a suivi sur quelque dizaines de mètres et a tourner les talons quand il a senti qu'on a avait compris le truc.
On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

20 janvier 2011 à 23:11:18
Réponse #13

Kilbith


Citer
Sur le chemin, trois br**leurs assis à un arrêt de tram m'interpellent, les 2 filles continuent leur route pendant que je vais voir ce que me veulent ces gars.

:blink:
En même temps Sergio : qui ne l'a pas faite cette c*nnerie au temps des cerises?


Mais ok : c'était pas bien  :-[ (enfin...pas le temps des cerises hein!)
« Modifié: 20 janvier 2011 à 23:17:00 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

20 janvier 2011 à 23:34:35
Réponse #14

Solstice


Citer
:blink:
Je m'attendais à cette réaction à vrai dire. J'ai eu mes raisons de faire ça. Je me suis tout simplement dit que, si je ne répondais pas, je prenais le risque qu'on se fasse courser et que ça dégénère. Vu le niveau de sportivité de notre groupe et les conditions générales, la fuite se serait irrémédiablement soldée par un échec (mauvais coureurs + talons pour les filles + pluie + pavés = résultat catastrophique à coup sur). Donc entre prendre le risque de me faire démonter tout seul, et que si ça arrive elles aient le temps de fuir/que j'ai le temps de retenir les autres; et le risque qu'on se fasse tous déglinguer, bah de deux maux j'ai choisit le moins pire. Je ne l'avais pas précisé parce que ce n'était pas le sujet, mais le résultat est qu'au final tout s'est bien passé, et c'est quand même ce qui compte. Cependant, certains paramètres auraient étés différents, je n'aurais pas forcément fait ce choix.

PS : j'ai moi même été un br**leur, à une certaine époque, je savais également à quoi m'en tenir.

21 janvier 2011 à 01:16:24
Réponse #15

r40ul


Bonsoir,

Je viens de tomber sur ce forum un peu par hasard, et sur ce post sur l'utilisation du bluff en self-défense en particulier. Comme le sujet m’intéresse, et après avoir consulté quelques autres posts sur les aspects martiaux de la survie urbaine dans le forum et constaté que les débats y étaient constructifs et éclairés (et c'est pas souvent le cas sur ce sujet), je me permets de poster ici mes propres considérations sur le sujet.

En introduction je tiens à préciser que je suis pratiquant d'arts martiaux & sports de combat depuis longtemps et que ma pratique professionnelle m'a souvent amené à devoir gérer des situations conflictuelles voir violentes.

Tout d'abord je pense que le bluff tel qu'il est évoqué dans le premier message de FW190 peut facilement passer pour une incitation : "Et ils sont ou tes copains"ou "tu crois que tu m'fais peur avec ton karaté" pour un agresseur un tant soit peu motivé (ou inconscient). Et quand la ruse est éventée (les copains imaginaires n'arrivent pas), ça devient carrément de la provocation : "tu te fous de ma gueule!".

Par contre, à travers mes expériences personnelles dans ce domaine, je pense que le "bluff" peut être un  élément capital dans la gestion des conflits (avec un/des inconnu/s) pouvant déboucher sur de la violence physique.

Pour ma part j'applique trois types de "bluff" bien différents selon le type de menace de l'agression:

1. Menace faible: Typiquement le jeune gringalet bourré qui veut faire le mariole devant ses copains.
Dans ce cas là, et dans ce cas-là uniquement, et après avoir jugé la situation sans réel risque, je prends ma tête de psychopathe et je lui fais comprendre que je vais lui crever les yeux ou un truc dans le genre (j’ai un grand gabarit et je fais très bien la tête de méchant  ;# ). Mais encore une fois je n'use de ce stratagème QUE parce que je juge l'agresseur relativement inoffensif et que j'ai le physique qui va bien pour ça. Ça désamorce le problème avant que le gars n'ait atteint le point de non-retour.

2. Menace sérieuse: Le(s) agresseur(s) a l'air déterminé et bagarreur.
Dans ce cas je dissocie ma parole et mon attitude corporelle. Je m'explique: Je parle d'une voix calme et posée, je dis des paroles d'apaisement "y'a pas de problème", "je cherche pas la bagarre" etc. Pas de peur, mais pas de colère ou de provocation non plus. Mais en même temps mon esprit et mon corps se préparent pour la bagarre qui va suivre. En même temps que je dis ça je pense "lequel je vais frapper en premier", " ou est la sortie", "quels objets à porté de main" etc. Et je me prépare physiquement aussi (j'enlève les lunettes de soleil ou la montre ou le sac qui gène, je relâche les épaules, prend mes appuis, etc.).
Dans mon cas, et en cas de menace sérieuse, ce type d'attitude marche la plupart du temps. Je pense que le fait que tout mon langage corporel annonce que je suis prêt à vendre chèrement ma peau, et que d'un autre côté mon langage verbal appelle à la paix sème le doute chez l'agresseur. Le langage physique lui fait craindre des dommages et en même temps mes paroles apaisantes lui permettent de renoncer sans s'énerver et sans perdre la face.

3. Menace imminente: La méthode ci-dessus n'a pas porté ses fruits et l'agresseur est balèze, ou armé ou sont plus nombreux.
Là aussi un peu de bluff peut bien aider. Dans ce cas je feins l'inverse du premier cas. Je me fais plus petit, plus inoffensif. Je baisse un peu le regard. Je laisse croire à l'agresseur qu'il aura facilement le dessus ...Et je me prépare mentalement et physiquement pour le combat (voir ci-dessus). Quand les coups vont partir, la surprise sera de mon côté, et c'est un élément décisif en cas d'infériorité.

Voilà; un long texte et beaucoup de "je" car il ne s'agit ici bien évidemment que de considérations personnelles sur un sujet auquel j'ai pas mal réfléchi et de méthodes que j'ai développées et expérimentées pour mon usage perso, et en aucun cas d'une grande théorie martiale généraliste.  ;D
« Modifié: 21 janvier 2011 à 01:27:00 par r40ul »

21 janvier 2011 à 06:59:29
Réponse #16

Syllas


bonjour,

pour ma part, je dirai que certain type de "bluff" sont totalement inadapté, voire carrément un appel au combat (comme cité juste au dessus).

je m'explique: j'étais, il y a quelques années, avec ma meilleure amie et sa copine dans un bar à paris. Après une dispute des demoiselles, nous sommes sortis et la copine de mon amie s'est faite abordé par un mec qui a commencer un plan drague bien pourri....Ma meilleure amie, voyant cela, est retourné vers sa copine en lui demandant ce qu'elle fichait, et, comme de bien entendu, le gars a mal pris de se faire couper l'herbe sous le pied et a commencé a menacer mon amie, d'abord verbalement, puis physiquement (bousculade).
Forcement, n'étant pas loin, je me suis décidé a intervenir et ai parlé au gars, lui conseillant gentiment de baisser d'un ton (oui, j'ai tendance a ne pas aimer les mecs qui lancent des: "je vais te faire sauter les dents" a une jeune femme). Du coup, le mec a commencé a s'intéresser a moi, et m'as dit que sa bande de pote allait venir me péter la gueule, qu'ils étaient pas loin, qu'il était un "dj'eun" de banlieue et j'en passe. Bah...bluff ou non, ma seule réponse a été de le repousser moins gentiment contre un mur en lui demandant combien de dents il pensait garder sa mâchoire intacte, le temps que ses potes arrivent. Résultat, il s'est barré en disant qu'on avait de la chance de pas trop le chercher, etc....
Comme quoi, un mauvais bluff, si j'avais été bien plus méchant, aurait pus dégénérer en baston juste pour lui prouver que le facteur menace ne marche pas.

Je rejoint donc R40ul sur le fait que l'attitude est bien plus importante que le verbiage, même si nous sommes des gens civilisés et pacifiste :)

21 janvier 2011 à 09:15:36
Réponse #17

managarm


j'ai vécu quelques années à Paris et j'y prenais le métro et le RER quotidiennement, seul, à toute heure du jour et de la nuit.
Je n'ai jamais été emmerdé ni agressé. Pourquoi ?
Parce qu'il y a des facteurs indépendants de notre volonté et d'autres qui en dépendent, et c'est sur ces derniers qu'il faut "travailler".
Dans mon cas personnel, je suis très grand, je pèse un quintal et j'ai les cheveux très courts. 1ère dissuasion à distance  ;)
Ensuite, j'étais toujours aux aguets : jamais d'écouteurs sur les oreilles, jamais de montre au poignet ni de téléphone mobile en main (donc pas de butin visible). Je ne marchais jamais le nez en l'air façon touriste, même quand je me baladais et que j'avais le temps. Marche d'un pas décidé, mais pas nécessairement rapide. Pour faire couleur locale, je tirais bien la gueule, agrémenté d'un air mauvais qui n'était pas engageant.
Voila, cela suffit à ne jamais se faire aborder par qui que ce soit.



21 janvier 2011 à 19:03:09
Réponse #18

Lorka-85


managarm, pour avoir cette aisance, tu te préparé sans probleme a un affrontement physique "si jamais" ?

et quand tu croisé plusieurs de ces gens "louches", tjs la même aisance ?


21 janvier 2011 à 19:29:01
Réponse #19

run974


Citer
Pour faire couleur locale, je tirais bien la gueule, agrémenté d'un air mauvais qui n'était pas engageant.

Bonjour l'ambiance ... !   ;)
On peut peut être veiller à sa sécu perso sans pour autant faire peur aux vieilles dames...  :lol:




A la vie Parisienne...

21 janvier 2011 à 19:29:18
Réponse #20

managarm


j'étais surtout prêt à courir vite ! Et à défaut, à frapper immédiatement au bon endroit.
Je ne suis pas un héros, ni un inconscient, et pas non plus un bagarreur.
J'ai souvenir de moments chauds le soir dans le RER, avec des bandes de lascars qui foutaient le bordel sur les quais ou dans les wagons, mais ils ne m'ont jamais emmerdé.

21 janvier 2011 à 19:42:43
Réponse #21

Le Barbu'


A l'avenir, j'éviterais d'écouter mon baladeur dans la rue (être dans sa "bulle" c'est pas le top), de même, j'essaierais de ne plus mettre de casquette (ça me donne un look trop jeune).

Pour les cheveux courts ça attendra un peu, la coupe 3mm c'est limite en hiver, je pense que l'idée c'est surtout de ne pas les avoir trop long.

C'est sur qu'a l'arrêt on est plus vulnérable comparé a être en mode marche rapide, d'ou l'intérêt de faire gaffe a l'environnement immédiat quand on s'arrête.

Truc tout bête, quand c'est arrivé j'avais les mains dans les poches, c'est peut être rien, mais ça donne encore un côté gentil garçon. ;#
On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

22 janvier 2011 à 03:06:34
Réponse #22

Billyboy


Le bluff c'est top  ;D  tu as une tache.....pistache  :lol: ou heuu regarde l'avion et pan dans les dents ;#

oki je sors  :closedeyes:

Rien n'est acquis...

22 janvier 2011 à 12:45:23
Réponse #23

Humain


Salut tous  :)

On a dit beaucoup de choses intéressantes: se faire plus "gros" que on ne l'est pour inciter le potentiel agresseur à ne pas passer à l'attaque tout en sachant doser avec finesse ce bluff pour qu'il soit crédible tout en offrant une porte de sortie au BG.
Mais il me semble que nous avons laisser de côté un aspect moins glorieux du bluff mais néanmoins potentiellement efficace si utilisé à bonne escient, dans des circonstances bien identifiées: donner l'aspect de l'imbécilité, de la crainte, voir de la veulerie, porter la peau du mouton pour endormir la méfiance du loup si celui-ci a déjà les crocs sur ta gorge.

Cela marche mieux pour une femme qui est censée être "faible"  :bheurk:, "émotive" :bheurk:, et se placer "naturellement"  :bheurk: sous la protection du Mâaaale.
Conforter un homme qui visiblement à l'intention d'user de violence, dans ces préjugés, en adoptant ces comportements "féminins"  (:branleur:) devant lui , peut le désamorcer en flattant sa virilité.
Une fois sa garde baissé, fuir, et si c'est impossible, attaquer de toute son âme.
C'est un comportement détestable mais lorsque on est confronté à un risque potentiel de violence, seule compte l'efficacité. Il m'a permis plusieurs fois de me sauver la mise.

  l'Humain
« Modifié: 22 janvier 2011 à 13:28:20 par Humain »

22 janvier 2011 à 13:08:47
Réponse #24

Solstice


Stratégie intéressante, mais ça présuppose d'être en capacité physique et psychologique de pouvoir prendre la fuite ou se battre après. Il y a le risque il me semble que l'agresseur rentre dans son "fantasme" (je ne vois pas d'autre mot) de l'agression et en devienne d'autant plus violent qu'il perd en prudence.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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