Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: self défence: chin na  (Lu 20512 fois)

03 octobre 2010 à 11:35:48
Réponse #50

mrmagoo


Citer
Toutes les disciplines "officielles"" essayent de résister à la vague des RBSD en sortant leur cursus "réaliste"
Ouais mais à la lecture de la description du karaté-défense ils vont encore plus loin que moi avec mon idée d'une modernisation de l'enseignement.
C'est carrément une nouvelle discipline, une sorte de krav bis, qui va être mise en place.
Citer
si tu veux te tester vraiment il faut le faire sans filet, sans élastique
La motivation peut être d'avoir un style perso pertinent que de vraiment se tester. Comme la recherche de ce style perso permet de faire du sport, d'être avec des potes et constitue un challenge intellectuel ça peut constituer un but en soit.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

03 octobre 2010 à 11:50:29
Réponse #51

** Serge **


Il fait beau, c'est dimanche, une dernière intervention ( dédiée à une modératrice ) avant de sortir dans les bois, en souhaitant que derrière le rire et la joie, vous discerniez la pertinence du propos .

Un classique. Merci YouTube;#

http://www.youtube.com/watch?v=8OA3byq3T-4

"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

03 octobre 2010 à 12:37:28
Réponse #52

Patrick


C'est carrément une nouvelle discipline, une sorte de krav bis, qui va être mise en place.
Franchement, absolument rien de nouveau, le Tai-Jitsu, le Karate-Jutsu avant cela ont exploré la démarche. Et l'intégration récente de l'école de KM de Richard Douieb à la FFKAMA, n'y change rien.

Faire genre pour séduire la clientèle, n'est pas rechercher autre chose que des parts de marché.

En plus, c'est vachement valorisant, des gi dans le plus pur style ancien (veste longue, pantalon court), des diplômes officiels, des grades, etc......

Vive le backyard-do et le garage-jutsu

Mais à chacun de se faire une idée.

03 octobre 2010 à 13:18:28
Réponse #53

mrmagoo


Citer
des gi dans le plus pur style ancien
Nan, maintenant pour avoir la classe c'est le look de kraveux qu'il faut avoir:
Citer
"Il[le karaté-défense] se pratiquera en tee shirt, pantalon de karaté, ceinture kraft, chaussures de sport et protections" sources:F.Didier KB n°386
Je le cite car ça à l'air d'un point important, c'est la première différence fondamentale citée entre le karaté et le karaté-défense dans l'interview.
"Tu fais quoi comme sport?"
"Ha ben moi je fais du karaté défense"
"Ha bon? C'est quoi la différence avec le karaté?"
"Bah déjà, on est pas habillé pareil..."
J'ai l'air d'insister, mais ça m'avait frappé que ce soit la première réponse qui arrive, l'apparence du pratiquant(ou sa tenue) sur les spécificités du karaté-défense.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

03 octobre 2010 à 13:32:56
Réponse #54

Patrick


Tiens comme le KM de Douieb, étrange non ? ;D

Patrick qui fuit comme la peste les fédérations hégémoniques et les lignes du parti depuis 1991.
« Modifié: 03 octobre 2010 à 13:39:03 par Patrick »

03 octobre 2010 à 13:49:19
Réponse #55

mrmagoo


Citer
Tiens comme le KM de Douieb, étrange non ?
Oui, c'est pas sans raison que je parle d'un krav bis, en revanche je vois pas comment ils vont se démerder pour la communication et justifier du fait que deux disciplines étrangement voisines se côtoient au sein d'une même fédé.
Parce que faire juste une différence au niveau de la couleur du pantalon, c'est léger, va bien falloir trouver un truc plus précis que ça.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

03 octobre 2010 à 14:02:57
Réponse #56

Thanos


Facile un art ancestrale et millénaire japonais et un art martial ancestral et millénaire israélien, facile ! (tout ces gens n'arriveront jamais a la cheville de mon Tabouret Provinois™ t'façon !)

Plus sérieusement, le Krav' va cibler les jeun's, les cadres branchés et les jeunes femmes fashion et le "K-raté" défense, les personne ayant déjà pratiqué un AM tradi en quête d'efficacité a peu de frais...

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

03 octobre 2010 à 14:07:08
Réponse #57

Patrick


Et puis c'est très bien comme ça, pour satisfaire 90% des gens qui font une discipline dite de "défense" pour toutes sortes de raisons qu'une véritable approche de défense ou protection personnelle. Du sport, du lien social, du fitness, de la recherche d'autoreconnaissance, de la projection sur tel ou tel groupe fantasmé (samouraïs, commandos, bodygard, etc...)

03 octobre 2010 à 22:06:57
Réponse #58

DavidManise


Salut :)

Eh ben, bomby, pour un premier post...  c'est tout un premier post :)

Une autre problématique importante est de pouvoir personnaliser le choix de ses techniques. A fortiori si on entend en limiter le nombre, et puisqu'il s'agit de les passer sous stress intense et sans hésitation, autant qu'elles nous conviennent vraiment bien.

Effectivement !

Pour ma part, il y a certaines techniques du cursus ACDS avec lesquels je suis moins à l'aise, d'autre plus...  ce qui est bien, c'est que le système est suffisamment souple et adaptable pour qu'on puisse l'utiliser à sa guise, comme n'importe quel outil simple : on le bricole, on l'adapte, ou on en prend un autre, sans pression et sans contrainte... 

Concrètement, dans les disons 12 techniques d'un système de protection perso, y'en a peut-être 5 ou 6 qu'on va vraiment faire siennes.  Et c'est très bien.  Mais c'est pareil dans tout style.  Concrètement, à l'époque où je faisais de la compète de karaté, j'avais 4 techniques que je sortais : kizami zuki à la tête, balayage suivi de gyaku au sol, mawashi à la tête, et mae geri au corps.  Point barre.  Le reste, ça ne sortait juste jamais dans le feu de l'action...

Donc à la limite, à quoi bon entraîner tout le reste ?

Citer
Une troisième problématique, au moins pour la plupart des passionnés du sujet, est de pouvoir continuer à progresser continument, ce qui peut poser la question de l'évolution des techniques ou de la découverte de techniques nouvelles.

Là c'est une des principales différences entre les "arts" et les "systèmes".  Un système, ou même un style externe comme le karaté, un moment donné tu le maîtrises parfaitement.  Tu sais tout de ce truc.  Tu as fait le tour, et tu plafonnes.  C'est un monde fini...

Ensuite, pour progresser, ben il reste la mise en application, les feintes, le jeu de rôle, l'artifice, tout ça...  et le travail sur soi qui va avec.  C'est le côté "perso" de la protection perso...  et là c'est sans limites aussi.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

07 octobre 2010 à 12:57:29
Réponse #59

Bomby


(...)

Pour ma part, il y a certaines techniques du cursus ACDS avec lesquels je suis moins à l'aise, d'autre plus...  ce qui est bien, c'est que le système est suffisamment souple et adaptable pour qu'on puisse l'utiliser à sa guise, comme n'importe quel outil simple : on le bricole, on l'adapte, ou on en prend un autre, sans pression et sans contrainte... 

Concrètement, dans les disons 12 techniques d'un système de protection perso, y'en a peut-être 5 ou 6 qu'on va vraiment faire siennes.  Et c'est très bien.  Mais c'est pareil dans tout style.  Concrètement, à l'époque où je faisais de la compète de karaté, j'avais 4 techniques que je sortais : kizami zuki à la tête, balayage suivi de gyaku au sol, mawashi à la tête, et mae geri au corps.  Point barre.  Le reste, ça ne sortait juste jamais dans le feu de l'action...

Donc à la limite, à quoi bon entraîner tout le reste ?
(...)

Bonjour David, merci de ta réponse.

On est bien d'accord : "à quoi bon entraîner tout le reste?"...

Mais c'est exactement mon propos et le problème que je soulève... Comment s'entraîner efficacement tout en étant capable d'une part d'abord capable de choisir les quelques techniques que l'on fait et d'autre part et ensuite en étant à même d'ancrer les bons réflexes?

Patrick, un peu plus haut, prêche pour le backyard-do et le garage-jutsu, autrement dit, si je comprends bien, pour un entraînement "maison" avec des sparring-partners recrutés parmi notre cercle de connaissances... Je ne suis pas loin de le rejoindre, mais encore faut-il avoir certains acquis techniques et des partenaires à la hauteur pour ne pas trop vite faire n'importe quoi... Et il ne suffit pas non plus d'avoir certains acquis pour pouvoir s'improviser instructeur, même s'agissant de n'instruire que soi-même, ce qui est déjà pas mal...

En cours collectif, comment peut-on faire pour faire travailler les élèves de façon personnalisée : les laisse-t-on libres de la réponse, face à un scenario d'attaque ou de menace donné?

Pour caricaturer grossièrement les choses, l'impression que j'ai est que, dans quasiment tous les cours d'AM, et dans la plupart des cours de SD ou de Krav, on travaille sur le principe : "duchmol, tu attaques comme ça, machin, tu réagis comme ça : 1,2,3,4,5 "(avec souvent une belle chorégraphie en plusieurs temps).

Là où il vaudrait sans doute mieux fonctionner ainsi (du moins à partir du moment ou les élèves ont un bagage technique minimal) : "duchmol, tu attaques à peu près comme ça (disons, dans telle zone, et globalement sous tel angle), machin, tu te débrouilles."

Je serais intéressé de savoir si beaucoup ont l'expérience de cette deuxième approche plutôt que de la première et/ou de l'alternance entre ces deux approches (ici donc largement caricaturée).

Pour la différence qu'évoque David entre "l'art" et le "système", je ne suis pas sûr de saisir. On met peut-être la même chose derrière des mots différents, mais pour moi la distinction est plus entre le panel technique (dont à un moment on a fait le tour) et sa mise en application dans laquelle on peut progresser sans limites.

Surtout, mes interrogations portent plus sur la possibilité de progresser durablement en SD, et ce malgré notamment la dégénérescence physique liée à l'âge.
Si, comme c'est souvent très rationnellement le cas en SD, on brûle un peu les étapes au début pour arriver sans tarder à un minimum d'efficacité, le panel de progression n'est-il pas limité, voire inexistant? Ainsi par exemple, pour faire rapide et efficace, les mouvements ne sont souvent pas trop fignolés, mais l'efficacité est alors très dépendante de la vigueur physique plus ou moins présente, et ce qui marche bien à 20 ou 30 ans risque déjà d'être un peu moins fantastique à 50 ans...

Ça revient peut-être un peu à transposer en SD pure la vieille distinction style interne/style externe des AM.

En d'autres termes, existe-t-il une approche "style interne" possible en SD?

Merci par avance à ceux qui pourraient éclairer ma lanterne sur ce point.

Bomby

07 octobre 2010 à 14:06:14
Réponse #60

DavidManise


Salut Bomby :)

Concrètement, je procède comme ceci (ça n'est pas nécessairement la meilleure manière de faire, mais c'est la mienne) :

Etape 1 : Ancrer les bons gestes (réponses)
Etape 2 : Fournir des stimuli "type" et y associer les réponses toutes faites
Etape 3 : Contextualiser : on fournit des stimuli type dans des scenari imposes (là, le rôle des "opfor" est primordial)
Etape 4 : On n'impose plus les scenari, on laisse tout le monde improviser.

Deux points importants : un bon "opfor" doit savoir perdre, et comprendre qu'il est là pour faire travailler la personne en face.  Pour travailler, elle doit avoir juste assez de résistance pour progresser ET prendre confiance...  ET aussi parfois "payer" (perdre) quand elle fait des fautes.  Le bon opfor a un scenario en tête, une réponse attendue de sa cible, et une repose à fournir si la personne a "juste", comme si elle a "faux".

Donc je briefe les opfor en leur disant simplement un truc sur le modèle suivant : "ok, tu fais ça, tu veux son portefeuille, machin...  si elle te le donne, tu te barres...  si elle confronte physiquement et que c'est convainquant, tu vas au sol en position foetale...  si elle confronte physiquement et fait de la m*rde, tu la coinces dans le coin et tu lui montres qu'elle a merdé jusqu'à ce que je dise STOP". 

- intention et action à poser
- réponse attendue de la cible --> laisser gagner (récompenser)
- réponse mauvaise --> punir (à doser très finement pour ne pas briser la confiance)

Ensuite, quand les gens ont assez bien intégré tout ça (les attaquants comme les défenseurs) et que les rapports d'entraînement sont sains, rudes et bienveillants, je laisse les gens improviser.  L'opfor imagine un scenario, la réaction est libre.    On débriefe systematiquement entre chaque exercice :

- est-ce que ce scénario était bon (on critique l'opfor en premier)
- est-ce que la réaction du défenseur était bonne ?  Oui, non, et pourquoi ?
- comment faire pour encore améliorer ?

Et on recommence.

Sinon pour ce qui est de la progression à un âge avancé, franchement je pense que ça reste possible...  on compense avec le vice ce que les années ont laissé derrière ;)

Je ne suis pas encore croulant, mais à 35 ans je sens déjà que les mecs de 20-25 ans bougent plus vite, n'ont pas mal partout, et surtout ont une naiveté qui fait qu'ils n'hésitent pas...  du coup parfois ils mangent sévèrement, mais parfois ils font des coups d'éclat (ces petits bâtards ;#)...  Du coup bah...  je triche de mieux en mieux ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

07 octobre 2010 à 16:04:06
Réponse #61

Dje


+ 1 avec le processus décrit par David.

Perso, dans mon association de ju jitsu orientée self défense, mais en mode kimono, on procède de la même manière, mais on est obligé de jouer plus finement, c'est-à-dire qu'on n'explicite pas forcément aux élèves le chemin sur lequel on les emmene (!).
Tout simplement parce que de nombreuses pensent travailler chez nous un art martial, et que si on commence à leur expliquer qu'on bosse un peu façon "réaliste/ street", on va leur faire peur et les perdre. C'est bizarre, mais c'est comme ça !

Du coup, on a une phase educative technique "attaque A = réponse B", et une phase dissociée d'exercices à thème (telle genre d'attaque, tel nombre d'adversaire, ...) dans lequel les réponses sont toujours libres. Chacun fait ce qu'il veut pour se défendre. Se sont les plus anciens qui dosent les attaques, les coups de p..., et décident ou non de "céder" en fonction du niveau du défenseur et de la qualité de sa défense.
Par simple mimétisme, les élèves même débutants apprennent assez vite les techniques qui "marchent" et celle qui ne "marchent pas".

Les seules règles intengibles sont :
- distance avant l'action / l'attaque
- garde passive
- réaction immédiate si déclaration de guerre
- cessation de la menace par reprise d'initiative, quelle qu'elle soit (de plus en plus efficace au fur et à mesure de l'apprentissage, mais surtout, éviter le freeze des élèves ou le "attends, j'ai mal fait, je recommence")
- reprise de distance, check à 360°

Les réactions sont généralement de 2 ordres :
- L'élève n'arrive pas à grand chose dans la partie libre et pense que c'est parce qu'il n'est pas assez assidu / bon sur la phase technique. On essaye de lui expliquer que ce qui sort dans la phase libre doit être spontané et non récité, et que ce qui compte, c'est de bouger et de mettre de l'intention dans ce qu'on fait. Et que ça va venir...
- L'élève constate que la partie libre ne ressemble pas à la partie technique et s'interroge sur la discipline : a-t-on le droit de mettre des coups de coudes/ des coups dans les c*u!lles/ les doigts dans les yeux ... ? Est-ce que c'est bien japonais ce qu'on fait ? Mais alors, si c'est street/ dirty, c'est pas du ju jitsu ? Là, on essaye d'expliquer que nous avons une orientation self, que ça peut ne pas convenir à tout le monde, que d'autres approches existent (sport, art, ...) et que c'est à chacun de déterminer si il a envie de mettre les doigts dans les yeux de quelqu'un d'autre...

C'est un peu plus dur à gérer ça en sous-marin, mais on y arrive :-)
C'est juste que le discours frontal n'est pas toujours possible quand on doit gagner sa vie, donc avoir un nombre raisonnable d'élèves.

Pour ma part, je pense qu'il est tout à fait possible dans un cours de trouver un partenaire plus éveillé à la self que les autres, et de bosser ensemble en ajoutant/ retranchant des choses par rapport au cours. Il faut quand même que le prof soit pas trop rigide, donc il vaut mieux le mettre dans la confidence, mais c'est possible. Après, tu auras des élèves que ça intéresse, d'autres qui ne verront rien, et d'autres qui seront horrifiés, mais c'est la loi du genre !

My 2 cents,

Amicalement,

Djé

07 octobre 2010 à 20:57:58
Réponse #62

DavidManise


C'est super dur de dire la vérité aux gens en fait.

Si tu leurs fais faire des trucs qui marchent et que tu leurs dis, tu les perds.
Si tu leurs fais faire des trucs qui ne marchent pas mais qui sont cool, mais que tu leurs dis, tu les perds.

Résultat, plusieurs cèdent à la facilité et font faire des trucs qui ne marchent pas sans rien dire... 

Le pire, c'est que ça commence à arriver aussi dans le monde de la survie nature.  L'été dernier j'ai eu un mec qui a dit que la survie c'était de chasser l'ours pieds nus dans la neige au Canada, pas apprendre à allumer du feu ou à utiliser un couteau efficacement...  ::)

Vaste débat :)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

07 octobre 2010 à 21:15:59
Réponse #63

crotale


Dire la vérité aux gens devrait être un devoir (avec l'art et la manière selon...), et entendre certaines vérités est encore plus difficile que de les dire, mais c'est un bon test pour "polir" les egos ;D
Perdre les gens ce n'est pas grâve, ce qui est grâve c'est de s'efforcer à tout prix de les garder ou de faire en sorte qu'ils soient de plus en plus nombreux pour parvenir à ses fins.

Après, au delà de tout dogme et de toute forme d'enseignement, la vérité primordiale c'est celle que l'on tisse soi-même au gré de ses expériences, rencontres, échecs & réussites. Se connaître soi-même est essentiel avant de chercher à aider, transmettre, et de vouloir former les autres.

http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

07 octobre 2010 à 21:22:40
Réponse #64

DavidManise


Oui...  il ne faut pas vendre son âme au diable.  Clairement pas :)

Mais à force de patience et de méthode, et d'assiduité, on arrive à faire évoluer doucement les mentalités, à faire comprendre aux gens que la simplicité et les bases bien maîtrisées restent la forme ultime de tout art...  de tout système, de toute méthode... 

C'est comme l'ingrédient secret de la soupe dans Kung Fu Panda...  Le seul secret c'est qu'il n'y a pas de secret ;)

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

07 octobre 2010 à 23:03:51
Réponse #65

Rod


C'est super dur de dire la vérité aux gens en fait.
En fait ce n'est pas dur... ;) Perso je ne peux enseigner qu'à ceux qui peuvent comprendre cette vérité.
Ce qui est dur c'est de garder le cap quand le nombre d'élèves ne suit pas... :-\
J'estime qu'il faut un groupe régulier de 10 à 15 personnes pour planifier une réelle progression technique sur une saison. Au-delà on tombe rapidement dans le McDojo mais en dessous on n'a plus assez de flexibilité dans les entraînements en ce qui concerne les gabarits et les niveaux techniques.

07 octobre 2010 à 23:13:21
Réponse #66

Moleson


...
Deux points importants : un bon "opfor" doit savoir perdre, et comprendre qu'il est là pour faire travailler la personne en face.  Pour travailler, elle doit avoir juste assez de résistance pour progresser ET prendre confiance...  ET aussi parfois "payer" (perdre) quand elle fait des fautes.  Le bon opfor a un scenario en tête, une réponse attendue de sa cible, et une repose à fournir si la personne a "juste", comme si elle a "faux".
....


 ;D
J'ai un sentiment de déjà vu.
Est-ce une faille de l'espace temps.

Moléson

08 octobre 2010 à 06:15:31
Réponse #67

Eric Lem


;D
J'ai un sentiment de déjà vu.
Est-ce une faille de l'espace temps.

Moléson

Non, c'est normal...  ;)

A un moment, quand tu bosses sur quelque chose de carré et de réfléchi, les méthodologies restent les mêmes qu'on ait un gun, une lame, un stick ou rien en main.
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

08 octobre 2010 à 09:00:40
Réponse #68

DavidManise


;D
J'ai un sentiment de déjà vu.
Est-ce une faille de l'espace temps.

La matrice a un bug sans doute ;D

Effectivement, c'est très largement inspiré de la méthode NDS, au point que si je le dis pas ça va commencer à ressembler à du plagiat :-[

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

08 octobre 2010 à 09:53:20
Réponse #69

Bomby


Bonjour,

Merci, particulièrement à David et à Dje, de ces éléments pédagogiques bien éclairants.javascript:void(0);

La discussion qui en est sortie sur la difficulté d’entendre la vérité, et donc sur le risque qu’il y a à la dire, me paraît vraiment intéressante.

Ce qui me surprend cependant dans le témoignage de Dje, c’est la fréquence de la réaction décrite selon laquelle certains élèves s’inquiètent de ce que les techniques proposées ne seraient plus du ju-jitsu japonais bien académique. Et dans celui de David, c’est le fait de risquer également fréquemment de perdre des gens quand on leur fait faire des trucs qui marchent et qu’on le leur dit…

J’avais certes en tête ce genre d’attitudes, mais honnêtement, je ne supposais pas que ces risques pouvaient rester aussi fréquents pour des pratiquants venus s’entraîner dans des clubs manifestement très axés self-défense.

Le sentiment que j’ai est que la plupart des gens recherchent une solution un peu « magique », dans laquelle la seule connaissance d’un corpus technique miracle, auquel on va donc s’accrocher « scolairement », suffirait à garantir la sécurité. Alors que la réalité de la SD, ce serait plutôt qu’il faut accepter un niveau récurrent de stress dans les entraînements pour qu’ils soient efficaces, une remise en cause constante, et que même en s’entraînant sérieusement, une grande incertitude demeure quant à l’efficacité, avec un fort risque en situation réelle d’une part d’avoir mal et d’autre part de faire trop mal ou alternativement de passer pour un pleutre.

La réalité de la SD, me semble-t-il, c’est qu’une star du MMA en catégorie super-lourd se fait mettre proprement KO dans un bar d’un coup de cendrier par un gringalet énervé et ivre, ou par exemple qu’un type hyper-entraîné en SD réaliste passera pour un lâche, peut-être même à ses propres yeux, le jour où il passera son chemin en acceptant sans répondre les insultes d’une ou deux racailles qui mériteraient pourtant grandement de se faire « claquer le beignet ».

Ce n’est donc pas complètement illogique que beaucoup qui ont cru aux techniques miracles et aux combats de cinéma aient vraiment du mal à entendre des vérités de ce type et se disent « à quoi bon ?».

Un certain nombre préfèreront donc soit carrément abandonner, soit refuser d’admettre complètement la réalité pour se réfugier dans une pratique très « académique », même dans des disciplines supposées réalistes (je pense ici par exemple à ce que peuvent être certains enseignements très codifiés de Krav maga, notamment quand des systèmes de ceintures viennent s’y mêler, en risquant de consacrer l’illusion que la connaissance technique déterminerait le niveau d’efficacité).

Cette dernière attitude, dans laquelle on est sans doute tous à un moment ou à un autre tentés de se réfugier, peut d’ailleurs être à mon humble avis assez dangereuse, notamment par exemple quant on en vient à évoquer les défenses contre couteau.

Le chiffre avancé par Rod pour un entraînement optimal (10 à 15 personnes se retrouvant régulièrement) m’interpelle… D’un côté ça me semble très cohérent, d’un autre on mesure aussi très bien la difficulté qu’il évoque, à savoir garder le cap quand le nombre ne suit pas…

En tout cas, on comprend bien que ce soit avant tout une affaire de vrais passionnés à l’esprit particulièrement ouvert, et que (c’est d’ailleurs me semble-t-il le profil type desdits passionnés), ceux qui ont déjà fait l’expérience d’une ou deux approches académiques codifiées (AM traditionnels ou autres) en en percevant les limites soient plus facilement motivés dans la durée.

Avez-vous, les uns ou les autres, dans vos cours de SD type ACDS ou similaire, des élèves ayant commencé ex nihilo, sans avoir jamais pratiqué avant d’AM ou de sport de combat, et qui s’accrochent durablement ?

Cordialement,

Bomby

08 octobre 2010 à 10:14:45
Réponse #70

sharky



Avez-vous, les uns ou les autres, dans vos cours de SD type ACDS ou similaire, des élèves ayant commencé ex nihilo, sans avoir jamais pratiqué avant d’AM ou de sport de combat, et qui s’accrochent durablement ?

Il y en a même qui sont instructeurs ;#
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

08 octobre 2010 à 10:26:18
Réponse #71

Patrick


La discussion qui en est sortie sur la difficulté d’entendre la vérité, et donc sur le risque qu’il y a à la dire, me paraît vraiment intéressante.
Et primordiale   :doubleup:

Ce qui me surprend cependant dans le témoignage de Dje, c’est la fréquence de la réaction décrite selon laquelle certains élèves s’inquiètent de ce que les techniques proposées ne seraient plus du ju-jitsu japonais bien académique. Et dans celui de David, c’est le fait de risquer également fréquemment de perdre des gens quand on leur fait faire des trucs qui marchent et qu’on le leur dit…
Pour les deux cas de figure, pour ce que j'en sais : la pratique martiale est valorisante (sagesse, force, courage, philosophie) et très fantasmée, dire maintenant il n'y a plus de règles a des gens qui sont en quête de rêgles et de valeurs peut choquer (d'où à mon avis les aspects antinomique d'une pratique de SD, de la tenue et référence à un budo. Ceux qui pratiquent une discipline RBSD sont tout aussi la plupart du temps dans le fantasme du bad boy, de la castagne de rue, de "l'embrouille". Quand on leur dir dit évitement ou être prêt à un préjudice extrème, hop le fantasme s'envole.

qu’un type hyper-entraîné en SD réaliste passera pour un lâche, peut-être même à ses propres yeux, le jour où il passera son chemin en acceptant sans répondre les insultes d’une ou deux racailles qui mériteraient pourtant grandement de se faire « claquer le beignet ».
Le pratiquant qui sait pourquoi il pratique n'aura jamais ce genre de réaction.

C'est un peu pourquoi je fais l'apologie des backyards-do et des garage-jutsu car l'enseignement d'une RBSD me semble difficilement compatible avec une notion commerciale et sans notion commerciale, impossible de payer un loyer et sans fréquentation suffisante visible, pas moyen de garder un crénau dans une salle municipale.

Los trios furiosos belgos, semble arriver à conjuguer sincérité et fréquentation, mais eux ils sont vraiment excellents et parviennent à s'inscrire sur la durée.

Mais bon, plutôt crever que faire des cours mix de kick-boxing/JJB/MMA/fitness. Ce que nous enseignons, disons et montrons peut prolonger ou raccourcir des vies, pas envie de déconner avec ça.

08 octobre 2010 à 11:05:52
Réponse #72

DavidManise


En fait ce n'est pas dur... ;) Perso je ne peux enseigner qu'à ceux qui peuvent comprendre cette vérité.
Ce qui est dur c'est de garder le cap quand le nombre d'élèves ne suit pas... :-\

Oui.  Tu as parfaitement raison, Rod.  Et là tu reposes le problème à l'endroit...  là où moi je l'avais mal formulé.

Merci.

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

08 octobre 2010 à 11:53:24
Réponse #73

ulysse


Bomby soulève un point qui me parait important: Il explique la mise en pratique de son passé AM en contexte SD. Je trouve que sa reflexion est très intelligente car il fait le point sur ce qu'il doit laisser pour etre efficace mais il n'oublie pas ce que cela lui a apporté en terme de maitrise technique dans le contexte SD. Je suis assez d'accord avec lui. En SD il faut épurer au max. L'hypothese est que les techniques que l'on conserve ont été nourrie par le travail de toutes les autres. Ca amene de l'efficacité. Et il pose le probleme des débutant SD qui n'ont aucun passé AM ou sport de combat. Comment ameliorer et cultiver les 5 techniques qui leurs viennent spontanement en cas d'agression sur une periode de plusieurs années a raison d'un ou deux entrainement par semaine. Sous cet angle là est-ce que passer du temps à travailler des techniques plus élaborée doit-il etre considéré comme absolument néfaste? (En supposant qu'on revienne toujours sur les fondamentaux pour les enrichir du travail accompli sur les techniques elaborée.)

08 octobre 2010 à 12:11:47
Réponse #74

Eric Lem



Los trios furiosos belgos, semble arriver à conjuguer sincérité et fréquentation,

Disons qu'on conjugue déjà "sincérité"  ;D
Pour ce qui est de la fréquentation, c'est l'éternel problème dans notre spécialité.
C'est d'ailleurs pour ça qu'on passe sur un horaire de week-end qui nous arrange moins mais qui arrange mieux les élèves.

Tain pourquoi je me suis pas passionné pour le Taebo ou le body-combat-machin??
Non seulement, ça remplit les salles et ça paie les rentes mais mes élèves ressembleraient plutôt à ça:



Qu'à ça:


 
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //