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Pour ma part, il y a certaines techniques du cursus ACDS avec lesquels je suis moins à l'aise, d'autre plus... ce qui est bien, c'est que le système est suffisamment souple et adaptable pour qu'on puisse l'utiliser à sa guise, comme n'importe quel outil simple : on le bricole, on l'adapte, ou on en prend un autre, sans pression et sans contrainte...
Concrètement, dans les disons 12 techniques d'un système de protection perso, y'en a peut-être 5 ou 6 qu'on va vraiment faire siennes. Et c'est très bien. Mais c'est pareil dans tout style. Concrètement, à l'époque où je faisais de la compète de karaté, j'avais 4 techniques que je sortais : kizami zuki à la tête, balayage suivi de gyaku au sol, mawashi à la tête, et mae geri au corps. Point barre. Le reste, ça ne sortait juste jamais dans le feu de l'action...
Donc à la limite, à quoi bon entraîner tout le reste ?
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Bonjour David, merci de ta réponse.
On est bien d'accord : "à quoi bon entraîner tout le reste?"...
Mais c'est exactement mon propos et le problème que je soulève... Comment s'entraîner efficacement tout en étant capable d'une part d'abord capable de choisir les quelques techniques que l'on fait et d'autre part et ensuite en étant à même d'ancrer les bons réflexes?
Patrick, un peu plus haut, prêche pour le backyard-do et le garage-jutsu, autrement dit, si je comprends bien, pour un entraînement "maison" avec des sparring-partners recrutés parmi notre cercle de connaissances... Je ne suis pas loin de le rejoindre, mais encore faut-il avoir certains acquis techniques et des partenaires à la hauteur pour ne pas trop vite faire n'importe quoi... Et il ne suffit pas non plus d'avoir certains acquis pour pouvoir s'improviser instructeur, même s'agissant de n'instruire que soi-même, ce qui est déjà pas mal...
En cours collectif, comment peut-on faire pour faire travailler les élèves de façon personnalisée : les laisse-t-on libres de la réponse, face à un scenario d'attaque ou de menace donné?
Pour caricaturer grossièrement les choses, l'impression que j'ai est que, dans quasiment tous les cours d'AM, et dans la plupart des cours de SD ou de Krav, on travaille sur le principe : "duchmol, tu attaques comme ça, machin, tu réagis comme ça : 1,2,3,4,5 "(avec souvent une belle chorégraphie en plusieurs temps).
Là où il vaudrait sans doute mieux fonctionner ainsi (du moins à partir du moment ou les élèves ont un bagage technique minimal) : "duchmol, tu attaques à peu près comme ça (disons, dans telle zone, et globalement sous tel angle), machin, tu te débrouilles."
Je serais intéressé de savoir si beaucoup ont l'expérience de cette deuxième approche plutôt que de la première et/ou de l'alternance entre ces deux approches (ici donc largement caricaturée).
Pour la différence qu'évoque David entre "l'art" et le "système", je ne suis pas sûr de saisir. On met peut-être la même chose derrière des mots différents, mais pour moi la distinction est plus entre le panel technique (dont à un moment on a fait le tour) et sa mise en application dans laquelle on peut progresser sans limites.
Surtout, mes interrogations portent plus sur la possibilité de progresser durablement en SD, et ce malgré notamment la dégénérescence physique liée à l'âge.
Si, comme c'est souvent très rationnellement le cas en SD, on brûle un peu les étapes au début pour arriver sans tarder à un minimum d'efficacité, le panel de progression n'est-il pas limité, voire inexistant? Ainsi par exemple, pour faire rapide et efficace, les mouvements ne sont souvent pas trop fignolés, mais l'efficacité est alors très dépendante de la vigueur physique plus ou moins présente, et ce qui marche bien à 20 ou 30 ans risque déjà d'être un peu moins fantastique à 50 ans...
Ça revient peut-être un peu à transposer en SD pure la vieille distinction style interne/style externe des AM.
En d'autres termes, existe-t-il une approche "style interne" possible en SD?
Merci par avance à ceux qui pourraient éclairer ma lanterne sur ce point.
Bomby