Mike,
Je réponds à ton UP d'un vieux fil, car j'ai aussi été confronté de près à ce problème plusieurs fois.
Une fois, un (très) proche dans ma famille, qui avait eu plusieurs attaques cérébrales, et ne voulait pas finir en légume. Aussi douloureux que ce soit pour les siens, c'est un choix qu'il faut comprendre et respecter.
Trois autres fois, des amis de mon age ; peines de coeur pour les deux premiers (il y a plus de vingt ans), mal à vieillir (tout récemment, à 50 ans !!!) pour le troisième.
Ces trois amis, je les ai portés des mois, avec ma femme et d'autres amis. J'en ai encore les cicatrices.
Le premier s'est jeté sous le métro et s'est raté (eh oui). Nous l'avons ensuite entouré pendant des mois, en l'hébergeant chez nous (nous étions encore étudiants, avec des bébés ...). A un moment, il allait mieux, et est parti "faire du ski avec son frère"; en fait il est allé se bourrer de Gardénal et comme il était censé aller mieux et être en de bonnes mains, quand nous nous en sommes souciés, il était trop tard. Inutile de te dire que nous nous sommes sentis responsables, alors que je pense avec du recul que peu de gens auraient autant donné de leur temps et de leur vie de famille ...
Le deuxième, on l'a tiré d'affaire. Il avait simplement un mal de chien à faire son "coming out" (il était gay), et une fois cela fait, grâce à l'écoute qu'il a trouvée alors qu'il craignait le rejet, il s'en est sorti. Il est toujours gay, mais gai

.
Le troisième, retraité trop jeune, avec un père qui s'était suicidé l'année d'avant, n'a pas fait face à la totale liberté qu'il avait de son temps. Alcool, ennui, vide. C'était un scientifique, pas un philosophe. Je n'ai pas de réponse, ni de solution, juste une petite peur que ça puisse arriver à n'importe lequel d'entre nous...
Quand quelqu'un est suicidaire, il faut l'aider, mais ne pas se laisser manger, ni se culpabiliser. C'est une liberté de l'humain de choisir de ne plus vivre. Mais ce choix est difficile à accepter pour ceux qui restent.
Le témoignage de Rod, que ton UP m'a fait découvrir, est très beau. En particulier la phrase :
Tout d’abord ma femme a réussi à me faire promettre de ne plus jamais tenter de me suicider et je n’ai jamais repris une parole donnée quelque soit le prix que j’ai eu à payer.
Et puis celle là :
On ne peut sauver celui qui ne le désire pas, on peut juste être là pour lui…Mike, je ne te connais pas, mais je pense très fort à toi.