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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Que faire face à une tentative de suicide ?  (Lu 28752 fois)

11 mars 2008 à 01:49:38
Réponse #50

Rod


Mikaël,

tout d'abord toutes mes condoléances...

Pour le reste si tu penses avoir toujours été présent et fait de ton mieux, dis toi qu'il n'y avait rien de plus à faire.
Et même si tu penses que tu aurais pu faire autre chose, c'est entre toi et toi et on ne revient pas sur le passé...

En ce qui concerne les dires d'une personne dépressive, il faut d'avantage se fier à l'instinct et au ressenti. Selon mon expérience la personne qui va réellement passer à l'acte le laisse souvent peu présager (bien qu'il n'y ait pas réellement de règle).

Sur le sujet du pourquoi... La personne n'étant plus là pour répondre, il te faudra te rendre compte et accepter qu'il s'agit d'une réponse que tu n'auras sans doute jamais.
La grosse erreur serait de chercher des réponses dans ta propre attitude ou celle de ceux qui restent. Maintenant c'est ton propre travail de Père qui doit importer...

La décision de mettre fin à ses jours restent éminemment personnelle et égoïste quel qu'en soit le facteur déclenchant. En ce qui me concerne je peux te dire que quand j'ai eu le flash je n'ai pensé à personne, ni à la peine que j'allais causer, uniquement à en finir avec une douleur intérieure qui me semblait insurmontable.

Bien à toi,

Rod

PS: Si tu voulais discuter via mon adresse privée, ne t'en prives pas...

11 mars 2008 à 11:44:20
Réponse #51

Anke


"PS: Si tu voulais discuter via mon adresse privée, ne t'en prives pas..."

Idem plour moi.

11 mars 2008 à 12:16:08
Réponse #52

cubitus


Mikaël,

tout d'abord toutes mes condoléances...

Pour le reste si tu penses avoir toujours été présent et fait de ton mieux, dis toi qu'il n'y avait rien de plus à faire.
Et même si tu penses que tu aurais pu faire autre chose, c'est entre toi et toi et on ne revient pas sur le passé...

En ce qui concerne les dires d'une personne dépressive, il faut d'avantage se fier à l'instinct et au ressenti. Selon mon expérience la personne qui va réellement passer à l'acte le laisse souvent peu présager (bien qu'il n'y ait pas réellement de règle).

Sur le sujet du pourquoi... La personne n'étant plus là pour répondre, il te faudra te rendre compte et accepter qu'il s'agit d'une réponse que tu n'auras sans doute jamais.
La grosse erreur serait de chercher des réponses dans ta propre attitude ou celle de ceux qui restent. Maintenant c'est ton propre travail de Père qui doit importer...

La décision de mettre fin à ses jours restent éminemment personnelle et égoïste quel qu'en soit le facteur déclenchant. En ce qui me concerne je peux te dire que quand j'ai eu le flash je n'ai pensé à personne, ni à la peine que j'allais causer, uniquement à en finir avec une douleur intérieure qui me semblait insurmontable.

Bien à toi,

Rod

PS: Si tu voulais discuter via mon adresse privée, ne t'en prives pas...

+1
En médecine on dit que pour vraiment connaître une maladie, il faut l'avoir eue... démonstration par Rod.
Juste une remarque sur le "j'aurais du me rendre compte...". Les psychiatres, dont c'est le métier, passent régulièrement à côté de patient suicidaires sans s'en rendre compte. Ce n'est pas qu'ils sont mauvais. C'est que comme le dit Rod, c'est souvent un flash, plus rien n'a d'importance autre que faire cesser cette douleur.

Et +1 aussi sur le côté "ressenti" plus que "raisonné" de la prévention. Faire confiance à ses tripes.

Mes condoléances.

Cubitus.
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

13 mars 2008 à 15:33:45
Réponse #53

Savatan


Mike, mon père s'est suicidé quand j'avais 10 ans... J'en ai maintenant 37.

J'ai passé une bonne vingtaine d'année à me demander "pourquoi", et à "lui en vouloir", régulièrement... Dans les moments où "j'avais besoin de lui" en tout cas... Et puis depuis quelques années, sans que je puisse en identifier la cause exacte (peut-être le fait de devenir père moi aussi ?), j'ai réalisé que même s'il était parti, il restait toujours "vivant" en moi, dans mon coeur et dans ma mémoire, pour tout les trop courts moments que nous avons passé ensemble, et pour toutes ces choses merveilleuses qu'il m'a apprises...

Je ne sais donc toujours pas "pourquoi", mais je sais que je ne lui en veux plus, et que je me sens bien mieux ainsi.


Je n'ai donc aucune réponse toute faite à te proposer, mais j'espère juste que tu arriveras toi-aussi à trouver cette certaine "sérénité" (et peut-être même bien plus vite que moi)...

Amitiés et condoléances à toi et ta famille.

Sébastien

13 mars 2008 à 20:16:03
Réponse #54

miladiou


Mes condoléances Mike, je pense à toi...
Citer
Je voudrais surtout savoir, comment ceux qui ont été confronté à cela ont géré la crise ?
J'ai perdu mon petit frère qui était schizophrène il y a 5 ans.
Bien sûr, j'ai eu une longue période de grande douleur (comment en être autrement?): la question du pourquoi, comment je n'ai pas pu empêcher ça, moi qui était constamment avec lui. Et puis l'idée insupportable qu'il a fait ça en partie pour me libérer, lui qui culpabilisait que ses proches souffrent de sa souffrance... Et puis, l'absence aussi...
Je ne peux que te répéter ce que m'a dit un ami à moi qui était aussi passé par ça:"Laisse faire le temps;c'est le meilleur moyen pour cicatriser les douleurs".
Et puis aussi un pompier le jour du drame: "on a toujours un temps de retard sur les gens qui se suicident. On ne peut pas culpabiliser de ne pas l'avoir vu avant".
Moi, j'ai laissé faire le temps, je suis quelqu'un de patiente; mon grand frère s'est fait aidé par un psy et a eu un enfant un an après.
Je pense que ce qui est important, c'est de se faire du bien, de s'entourer des personnes qu'on aime. C'est c*n ce que je dis mais bon...
Personnellement, assez rapidement, seuls les bons souvenirs avec lui me revenaient. Pendant un moment, ça faisait même parfois un paradoxe avec son geste de désespoir et les images difficiles me revenaient. Mais plus maintenant.
Et à présent, comme l'a très bien dit Savatan, il reste vivant en moi et je ressens la chance finalement d'avoir connu une si belle personne. Et puis aussi que la vie c'est super fragile et qu'il faut bien en apprécier chaque instant.

      Marion
« Modifié: 13 mars 2008 à 20:24:30 par miladiou »

13 mars 2008 à 20:51:38
Réponse #55

Anke


put**n ! ( pour paraphraser le manitou !)

A chaque lecture, chaque nouveau post, c'est une leçon de vie !
Messages d'espoir et au travers de la douleur c'est cette étincelle qui nous rassemble tous autour de toi Mike. Ne sens-tu pas ? Qu'importe la distance et les systèmes binaires, les lignes téléphoniques.
Oui ... Ensembles, rassemblés. C'est la VRAIE vie qui s'exprime là, nous ne pouvons plus en douter....

14 mars 2008 à 14:25:12
Réponse #56

emile


Sujet complexe.
j'ai eu aussi ma période et je ne m'apesantirai que sur le ressenti: On se sent inutile et lourd pour l'entourage, une sourde parano fait qu'on se sent agressé par des gens complètement indifférents. Mes seules pensées étaient de savoir comment me foutre en l'air sans choquer ma famille qui me découvrirait. Images morbides sur le net, préparation, moment d'action, bref méthodique jusqu'au bout, ma fin était mon projet. Quand j'ai su ce que je voulais j'étais presque joyeux. Le seul hic était qu'un proche me trouverait avec la langue violette ou un steak juste au-dessus du cou, et ça je ne le voulais pas. l'idée de se rater, hors de propos, me faisait chercher une solution radicale.
J'ai trouvé une alternative aussi violente, avec la même préparation physique et mentale, afin de quitter mes tourments. 3 mois après, j'étais à Aubagne.

le suicide est la seule vraie liberté qu'on a. Il faut la repecter. On ne pense jamais que celui qui veut se foutre en l'air a une raison valable. Pour moi, c'était un projet comme un autre, avec du travail pour garantir un résultat.

On ne retient que la tristesse de l'entourage alors qu'il ne s'agit que de l'accomplissement d'un acte par une personne seule avec elle-même.

15 mars 2008 à 14:59:45
Réponse #57

lepapat


John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


19 janvier 2009 à 17:46:05
Réponse #58

haflinger


Bonjour
Je me permet de remettre ce sujet à l'ordre du jour, pour une expérience qui m'est arrivé il n'y a vraiment pas longtemps... Certains verront peut être de quoi je parle.. heureusement, ça ne s'est pas terminer trop mal. Mais voilà, je pense que je n'ai pas réagi de la meilleure façon et j'aimerais avoir des conseils pour ne pas reproduire les mêmes erreurs une prochaine fois, ou plutôt pour savoir comment réagir car je ne savais as vraiment ce qui était le mieux a faire. J'explique:
Je rentre chez moi, regarde mes mails. Un nouveau message. Pas spécialement heureux, je dirais; un message d'adieu... Je regarde l'heure d'envoi, et malheureusement je me rend compte que si la personne qui a envoyé le message est décidé, je ne pourrai plus faire grand chose car je l'avais reçu quasi une heure avant d'avoir accès à l'ordinateur. Donc à part essayer de téléphoner et envoyer un sms, je n'ai pas su faire grand chose pour l'empêcher de faire ce qu'il à fait...
Mais imaginons, je reçoit le message directement. Le mieux c'est quoi, dans l'immédiat? appeler la personne d'abord, ou les secours? D'abord chercher l'adresse du concerné pour pouvoir détailler aux secours, ou d'abord les appeler en se disant qu'ils seront plus rapide? Dans le cas ici présent, quelqu'un a directement foncé chez lui et l'a réanimé par bouche à bouche, mais si on ne sait pas s'y prendre?

Enfin voilà, beaucoup de questions que je ne m'étais jamais posé avant, mais qu'on aura sans doute pas le temps de se poser si on est dans la situation réelle d'une vie où chaque seconde compte...

Un grand merci d'avance pour vos éclaircissements  :love: :)

@+
"Seigneur, donne moi la patience... Parce que si tu me donnes la force, je lui éclate sa gue*le !"

19 janvier 2009 à 17:53:21
Réponse #59

DavidManise


Salut !

Question très difficile, parce que ça va dépendre des circonstances !!! 

Exemple extrême : je suis au japon, et je reçois un mail d'un pote français qui dit qu'il va se suicider, j'envoie les secours.
Exemple extrême inverse : mon voisin de palier m'envoie un mail pour me dire qu'il va se suicider, je vais voir...  d'autant que je suis secouriste.

L'idée c'est déjà tout simplement qu'il faut une aide compétente sur place le plus vite possible...  d'abord sauver la vie de la personne.  Ensuite on avise pour les détails...

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

19 janvier 2009 à 18:30:39
Réponse #60

Anke


Citer
Donc à part essayer de téléphoner et envoyer un sms, je n'ai pas su faire grand chose pour l'empêcher de faire ce qu'il à fait...
Rassure-toi, même ceux qui "savent" quelquefois ne peuvent rien faire. Dans ton cas, tu as répondu et c'est déjà beaucoup. D'aucun auraient éteint le portable et seraient passé à autre chose, toi pas !
Tu es intervenu en fonction des moyens que tu avais à ta disposition ( bagage intellectuel, expérience ou non, réflexes, éducation). Aujourd'hui, la question à te poser est peut-être la suivante, puisque tu sembles insatisfait de ton intervention : Comment faire pour élargir, enrichir les moyens que tu pourras ensuite mettre en oeuvre ?
Les cours de secourisme sont une piste à suivre, une visite au Samu et chez les pompiers lors de "porte ouvertes" en est une autre ( comprendre comment les secours fonctionnent ça aide à anticiper).
Dans tous les cas, il faut absolument éliminer un sentiment d'échec, voire de faillite en se disant : "je n'ai pas été à la hauteur !" Ce sentiment là ça freine, ça casse l'élan. La bonne hauteur, c'est la sienne propre, point à la ligne. A chacun de s'entrainer pour sauter un peu plus haut à chaque fois si on peut. Voilà tout.

19 janvier 2009 à 18:34:29
Réponse #61

haflinger


Les cours de secourisme sont une piste à suivre, une visite au Samu et chez les pompiers lors de "porte ouvertes" en est une autre ( comprendre comment les secours fonctionnent ça aide à anticiper).
Oui, déjà avant je comptais suivre un cours de secourisme, c'est clair que je suis d'autant plus motivé ajd... merci pour vos conseils :)
"Seigneur, donne moi la patience... Parce que si tu me donnes la force, je lui éclate sa gue*le !"

19 janvier 2009 à 19:22:09
Réponse #62

lepapat


Ce là me rappelle quelque chose  ::). Il y a quelque mois, je me suis retrouver en communication MSN, avec une personne qui voulez en finir avec la vie. ( Je ne rentre pas dans les détails, cette personne et venus ici, sur mes recommandations  :) ). Dans ce cas là, le " dialogue " fût important ( de longue heure sur MSN  ;D ).

Résulta, cette personne vas mieux, maintenant  :up:
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


19 janvier 2009 à 20:00:00
Réponse #63

Gros Calou


Face à  quelqu'un qui a vraiment l'intention de passer de l'autre côté, il y a malheureusement rien à faire cours de secourisme ou pas, ce n'est que du surcis.

Désolé de noircir le tableau, c'est du vécu  :'(

 ;)


19 janvier 2009 à 20:05:43
Réponse #64

f2000@pl


tafdac, dans ces cas la prévention ça marche mieux que des interventions musclées toutes sirènes dehors.
Le fait de juste sauver quelqu'un ne garantit pas qu'il ne va pas réessayer, c'est pour cela que le suivi est important.

19 janvier 2009 à 20:47:40
Réponse #65

éclipse


Oui,
- soit tu es à côté ; soit tu es à distance.
- soit tu es qualifié (secouriste) ; soit pas.
- soit tu le "sens" venir et tu préviens (et/ou suggères à la personne un suivi par un professionnel); soit il/elle survit et tu l'entoures (mais ça, c'est pas simple, loin s'en faut)
Compliqué de répondre comme ça.

Quelqu'un qui se jette sous le train, tu ne peux rien faire (sinon de la prévention si tu vois le truc venir).

Quelqu'un qui se "rate" aux médocs…
1) éloigner l'enfant ("va réviser tes leçons, on prendra le petit déj après ma chérie") pour le préserver et pour avoir les mains (et l'esprit) aussi libres que possibles.
2) quelques baffes qui ne donnent rien ; impossible de trouver le pouls… (il devait être très faible).
3) appel du 115 ; énumération des médocs avalés (je fouille comme un dingue les poubelles pour retrouver des emballages) ; ils m'envoient les pompiers.
4) je lui mets mes pouces dans les yeux et je presse comme un fou… j'obtiens un râle de douleur. Vivante !
5) je lui parle, elle répond.
6) les pompiers arrivent. Je sais qu'elle va s'en sortir.
Tout ça, 15 minutes montre en main.

7) ènième Psychothérapie… divorce.
8 A distance, je garde un œil sur elle.

La bonne hauteur, c'est la sienne propre, point à la ligne. A chacun de s'entrainer pour sauter un peu plus haut à chaque fois si on peut. Voilà tout.
Ça, p*ta*n je me le note, je me l'imprime et me le grave, merci Anke !
« Modifié: 20 janvier 2009 à 11:55:32 par éclipse »
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

19 janvier 2009 à 21:00:43
Réponse #66

Anke


hum, j'avais pour ma part compris, dans le message de notre ami, qu'il était confronté brutalement à une situation de suicide( découverte sur un mail). Auquel cas, il n'envisageait pas la situation en amont avec la gestion, voire la prise en charge nécessaire ( professionnelle ou pas ) que cela implique.
Dans ce cas, et celui-là uniquement( brutalité de la situation, découverte, sidération du témoin de l'appel) ce n'est pas tant le "suicidé" qui m'inquiète( lui a "fait", si on peut dire, le choix de se supprimer, ou tout du moins appeler au secours) mais plutot celui qui se trouve démuni devant la réponse à apporter à cette demande.
Le dépressif au taquet c'est un problème et il convient de le gèrer le pb, mais pour répondre efficacement à ses demandes, il est nécessaire d'avoir en face de lui des gens "armés" ou tout du moins en capacité de l'être. Auquel cas, le premier objectif est de déculpabiliser le témoin de la situation ( en l'occurence, celui qui a reçu le mail) tout simplement parce que l'appel du désespèré n'est pas dirigé vers une personne donnée, choisie, mais plutot vers tout ceux qui pourraient répondre ( un peu comme quand on crie : "au feu").
Dans ce cas, là, les notions de secourismes peuvent apporter au témoin de l'appel, si ce n'est une efficacité prépondérante ( sauver la vie du désespèré), elle peut au moins l'aider à vivre le moins mal possible la situation, parce qu'il aura fait la démarche préalable dans un souci de "porter secours". C'est amha, la première efficacité à rechercher, càd se faire les muscles, en quelque sorte, avant de penser à porter trente kilos de patates à bout de bras.
J'ai toujours pensé et je pense toujours que la santé de soignants/secouristes devait passer avant celle des patients ( avec des proportions humaines bien entendu !). Un médecin qui s'est tapé 72 h de garde sans débander, n'est plus efficace à la 73eme heure. Un homme non formé va flipper, va faire de mauvais choix ou tout du moins des choix irraisonnés et/ou mal adaptés à la situation et risque de porter ce poids inutilement un paquet de temps.
Le but n'est pas de savoir ou comprendre se qui s'est passé avant, mais juste d'essayer d'être efficace et adapté pendant. En gardant à l'esprit qu'il faut garder cette efficacité le plus longtemps possible ( donc avec le moins de barrières ou complexes, ou culpabilité possible) pour justement.... sauver des vies, et en sauver le plus possible...

19 janvier 2009 à 21:02:36
Réponse #67

sharky


Salut,

J'ai fait une formation il y a 2 mois sur la détection et la gestion de la crise suicidaire.
Dès que je retourne au boulot (merci la bronchite/gastro), je remets la main sur mes notes et fais un petit topo.
Il y a quelques outils intéressants comme le RUD (Risque Urgence Dangerosité) qui permet d'adapter la marche à suivre en fonction de la siuation.

Stéphane
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

19 janvier 2009 à 22:26:29
Réponse #68

Berhthramm


(merci la bronchite/gastro),

ça c'est un méga cas d'étude de survie... surtout ne jamais oublier de serrer les fesses avant de tousser...

(désolé j'ai pas pu m'empecher)... c'est nul dans un sujet sérieux mais bon)...

20 janvier 2009 à 02:58:06
Réponse #69

Rod


Bonjour Marie,

cela va faire con une fois de plus mais une fois de plus, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse face à une situation comme celle-là...
Il y a celle que tu vas donner selon tes moyens et ton bon sens... C'est d'ailleurs ce qui se dégage entre autre des réponses données sur le forum à ta question.

Et il faut accepter qu'au bout du compte, la décision finale est entre les mains de la personne qui t'aura envoyé ou non un appel à l'aide...

Petit exemple vécu il n'y a pas très longtemps... Une personne que j'apprécie beaucoup n'allait pas très bien. On a passé un laps de temps assez long a discuté de tout ça au téléphone (on habite pas vraiment à côté l'un de l'autre donc difficile d'aller prendre un pot). Elle connaissait mon expérience donc elle savait que le fond du trou, je connaissais. Je lui ai parlé de la manière la plus sincère possible.
On s'est quitté et elle m'a dit aller beaucoup mieux... On est resté en contact les jours suivants, rien de spécial...
Et pourtant après elle a quand même fait une tentative de suicide... Chance pour elle, chance pour moi... Elle s'est ratée...
Je lui avais dit qu'elle pouvait me contacter quand elle voulait, elle ne l'a pas fait.
Est-ce que je m'en veux? Non... J'estime lui avoir donné tout ce que je pouvais lui donner lorsque je l'ai fait. Cela n'était apparemment pas suffisant...
Est-ce que je lui en veux? Non... Je sais que parfois le vide et la douleur semblent plus forts que tout.
La vie continue je serai encore là pour elle. J'espère qu'elle se remettra en question et qu'elle rebondira comme moi je l'ai fait... Je lui ai simplement dit qu'elle se devait de vivre pour elle et pas pour ceux qui l'aiment.

Tout le reste c'est du vent... Les gens qui vont te dire fait si ou ça... C'est comme toutes les expériences d'urgence de la vie, on essaye de faire de son mieux avec plus ou moins de résultat et on est bien seul face à tout cela.

Bien à toi,

Rod

20 janvier 2009 à 09:10:36
Réponse #70

Anke


Hmmmm Rod, la démarche de sincérité est évidemment ce que l'on peut faire de mieux et je pense avoir la même atitude que toi, sauf sur un point :
Citer
Je lui ai simplement dit qu'elle se devait de vivre pour elle et pas pour ceux qui l'aiment.
Quand Fred est mort ( crash hélico) on était tous à son enterrement ( les gars du smur en moyenne 1.90 pour 95 lg, moi je faisais "méchante crevette" à coté), tous tristes et la réflexion a été la suivante entre deux sanglots : " put**n, comment qu'on va faire, maintenant, sans lui ?"
On en a reparlé ce week-end avec Le Grand Dom ( qui a perdu son fils de 17 ans y'a trois ans et qui depuis survit).
Sans son cadet, il se crochait et gardait cette soluce en réserve dès que son cadet pourrait "rouler" tout seul ( en plus y saurait faire ce con, il est toubib.) Depuis trois ans, on le "travaille" le Dom, pour qu'il lache cette idée, et ça vient doucement. L'idée, le postulat de départ c'est qu'il a pas le droit de se suicider, parce que justement on l'aime et que sans lui, ben on ne saura plus quoi faire de notre vie à nous.
Bref, on ne perd pas une seule occasion de lui dire "je t'aime mon bézot". Je suis même allé jusqu'à l'engueuler parce qu'il n'envisageait même plus une relation amoureuse( bon il vient de divorcer en plus)...
" put**n Dom, t'es vraiment un sale con, t'es pas un laideron, t'es intelligent, t'as un peu de pognon et tu veux garder ça pour ta gueule à toi et ne pas essayer de rendre une femme heureuse ? Parce que tu peux rendre une femme heureuse, t'as le matos pour et toi tu veux priver cette femme de ça ? TU vas LA rencontrer, tu sais pas encore qui et elle non plus, elle ne le sait pas, mais bordel, laisses lui cette chance !"
Tu vois le truc ( bon on avait forcé un peu sur l'apéro sur la péniche, ça me rend volubile, sortie entre mecs sans nanas pdt 5 jours....). Se supprimer, c'est hors de question parce qu'on fait partie d'un réseau de gens qui s'aiment et si on disparait, on flingue le réseau... On en a la responsabilité, on a pas le droit.... Tu peux t'en prendre plein la gueule, c'est pas le pb, ils sont tous là autour de toi, à t'encourager de la voix, à te regarder, à espèrer... Alors, même la tronche en "8", tu vas te relever ( et hurler : Adrieeeeeeeeeenne.... Je sais c'est très con, mais ça marche !), parce qu'en faisant ça, tu vas montrer au c'est possible, qu'on est pas seuls ....et du coup, tu vas en sauver d'autres....

20 janvier 2009 à 19:48:55
Réponse #71

lepapat


Suite a un article dans le journal Le Soir, j' ais vus qu' on pouver chercher de l' aide d' un spy, en ligne sur le web. j' ais rechercher le site, mais je ne l' ais pas trouver  :(

Par contre j' ais trouver çà http://www.psychanalyse-en-ligne.org/forum/.

ATTENTION: NOUVEAU VIRUS DEDECTER PAR NOD 32, SUR LE FORUM PSY. A EVITER POUR L' INSTANT  ;)Bien Sûr ce là ne remplacera pas les consultations dans les cabinets. Mais en cas d' urgence, quand on sent qu' on part en cou*lle,  ce là permet d' envoyer un S.O.S de façon anonyme ( Vus que certaines personnes n' osent pas franchir le pas d' aller chercher de l' aide en  " live " )

Faut voir  :-\
« Modifié: 24 janvier 2009 à 20:04:15 par lepapat »
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


20 janvier 2009 à 20:16:15
Réponse #72

Pilip


Hmmmm Rod, la démarche de sincérité est évidemment ce que l'on peut faire de mieux et je pense avoir la même atitude que toi, sauf sur un point :Quand Fred est mort ( crash hélico) on était tous à son enterrement ( les gars du smur en moyenne 1.90 pour 95 lg, moi je faisais "méchante crevette" à coté), tous tristes et la réflexion a été la suivante entre deux sanglots : " put**n, comment qu'on va faire, maintenant, sans lui ?"
On en a reparlé ce week-end avec Le Grand Dom ( qui a perdu son fils de 17 ans y'a trois ans et qui depuis survit).
Sans son cadet, il se crochait et gardait cette soluce en réserve dès que son cadet pourrait "rouler" tout seul ( en plus y saurait faire ce con, il est toubib.) Depuis trois ans, on le "travaille" le Dom, pour qu'il lache cette idée, et ça vient doucement. L'idée, le postulat de départ c'est qu'il a pas le droit de se suicider, parce que justement on l'aime et que sans lui, ben on ne saura plus quoi faire de notre vie à nous.
Bref, on ne perd pas une seule occasion de lui dire "je t'aime mon bézot". Je suis même allé jusqu'à l'engueuler parce qu'il n'envisageait même plus une relation amoureuse( bon il vient de divorcer en plus)...
" put**n Dom, t'es vraiment un sale con, t'es pas un laideron, t'es intelligent, t'as un peu de pognon et tu veux garder ça pour ta gueule à toi et ne pas essayer de rendre une femme heureuse ? Parce que tu peux rendre une femme heureuse, t'as le matos pour et toi tu veux priver cette femme de ça ? TU vas LA rencontrer, tu sais pas encore qui et elle non plus, elle ne le sait pas, mais bordel, laisses lui cette chance !"
Tu vois le truc ( bon on avait forcé un peu sur l'apéro sur la péniche, ça me rend volubile, sortie entre mecs sans nanas pdt 5 jours....). Se supprimer, c'est hors de question parce qu'on fait partie d'un réseau de gens qui s'aiment et si on disparait, on flingue le réseau... On en a la responsabilité, on a pas le droit.... Tu peux t'en prendre plein la gueule, c'est pas le pb, ils sont tous là autour de toi, à t'encourager de la voix, à te regarder, à espèrer... Alors, même la tronche en "8", tu vas te relever ( et hurler : Adrieeeeeeeeeenne.... Je sais c'est très con, mais ça marche !), parce qu'en faisant ça, tu vas montrer au c'est possible, qu'on est pas seuls ....et du coup, tu vas en sauver d'autres....

Je ne pense pas qu'essayer de culpabiliser la personne (c'est comme ça que je perçois ton discours, ça n'est que moi hein  ;)) sur les conséquences de ses actes ou non-actes soit une bonne solution pour tout le monde. Ceux qui partagent tes valeurs à ce sujet, ok, mais j'en connais pas mal pour qui ça aurait l'effet inverse.
Un exemple, tu me dis que j'ai pas le droit de faire quelque chose, ça va créer en moi une envie assez forte de le faire. Je me détache petit à petit de cet automatisme, mais je sais qu'il existe, et que je suis pas le seul à le subir.
Vivre pour soi, pas pour les autres, Rod, +1.

20 janvier 2009 à 20:33:15
Réponse #73

Anke


Pilip, en fait il ne s'agit pas de culpabiliser la personne, mais de lui exprimer clairement que toi ( son interlocuteur) tu "crois" en lui, que tu le sais capable, qu'il vaut mieux que "ça", qu'il a le potentiel( Quitte à le porter à bout de bras un moment). Une sorte de "positivisme" en quelque sorte. Mais c'est sûr, quand on s'engage sur cette voie là, il faut être présent près du gars ou de la nana qui souffre, sans cesse, pour insuffler la vie( là on n'est plus dans l'urgence hein, on est dans la continuité, le but, c'est d'arriver à ce que le gars en "déroute" finisse par être convaincu que " ça va le faire"). Ce n'est pas simple, c'est dur à vivre( pour les deux acteurs), mais ça vaut le coup... Vraiment.

20 janvier 2009 à 21:00:44
Réponse #74

Pilip


Je sais que l'intention n'est pas à la culpabilisation, je voulais juste mettre en évidence que je le percevais de cette manière. Et si je le fais, il y a fort à parier que d'autres personnes aussi. Dans ce cas là, ton intention qui est bonne peut-être captée de travers et avoir l'effet inverse.
Interpréter les choses positivement c'est un état d'esprit, que n'ont pas en général les personnes au bord du suicide.
Mais vu la suite de ton message, je pense qu'on est d'accord au final. Etre présent pour la personne, l'écouter, agir (ou pas) en conséquence. Insuffler la vie ça me parle déjà beaucoup plus  :)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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