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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Savoir dire stop...  (Lu 13927 fois)

13 août 2007 à 12:07:51
Lu 13927 fois

mazzeru


Salut à tous,

Nous avons tous connu au moins une situation où une petite voix intérieure s'est mise à crier en disant "stop!".
Pour ma part, un jour, en montagne, alors que j'étais avec un groupe de copains et que nous avions trouvé refuge dans une chalet d'alpage, nous avions trouvé un vieux fusil de chasse.
Un des copains n'a rien trouvé de mieux que d'armer les chiens et de viser un autre copain.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai dévié le canon au même moment que le coup est parti...
Que dire de plus... merci la petite voix.

Autre exemple, j'ai un copain que je nommerais Pierre R.
Il était alpiniste, ancien membre du GMHM, et guide de haute montage. C'était aussi mon chef scout et mon ami.
Un jour, il est parti dans l'himalaya dans le cadre d'une expédition plutôt axée sur la réalisation d'exploit avec son pote Benoit. Lors de l'ascention, le meilleur sherpa a fait une chute et a disparu.
La petite voix aurait dû leur dire de redescendre. L'ont ils entendue? Ont ils entendu le stop que la logique aurait dû leurs faire entendre.
Il n'empêche qu'ils ont continué a deux l'ascension. Environ 300 métres au dessous du sommet, l'un des deux a tout de même dit stop et n'a pu convaincre l'autre de renoncer. Il a attendu, dans le froid et la glace que son camarade de cordée revienne.
Ils ne sont tous deux jamais revenus.On ne les a d'ailleurs jamais retrouvé.
Trois morts de plus dans l'himalaya. La petite voix qui dit stop, mais l'homme qui ne l'entend pas...
La survie, pour moi, c'est aussi savoir dire stop dans des situations où le risque peut être évité ou évitable.
Qu'en pensez vous?

13 août 2007 à 12:10:27
Réponse #1

emmuel


J'en pense qu'il faut l'écouter. J'en pense que j'essaie beaucoup de ne pas trop le faire également parce que la mienne est particulièrement bavarde et que j'ai quand même l'intention d'avoir une vie.  ;)

13 août 2007 à 13:10:49
Réponse #2

Pierrot


Citer
Un des copains n'a rien trouvé de mieux que d'armer les chiens et de viser un autre copain.

J'espère qu'ensuite tu lui as mis une baffe, c'est tout ce que genre de connerie mérite.

Citer
La petite voix qui dit stop, mais l'homme qui ne l'entend pas...

Comme tu l'as dit toi-même, ils étaient à la recherche de l'exploit et, dans ces cas là, l'échec est encore plus lourd à assumer, la fierté est mauvaise conseillère.

Pour ma part, il m'arrive très souvent de "sentir " si un truc est mal engagé et de renoncer, 9 fois sur 10 la suite des évènements me donne raison.

Citer
J'en pense que j'essaie beaucoup de ne pas trop le faire également parce que la mienne est particulièrement bavarde et que j'ai quand même l'intention d'avoir une vie

Certes, mais comme dirait quelqu'un que nous connaissons bien " Quand ça sent la m*rde, c'est qu'elle est pas loin! " savoir dire "stop" n'a rien de honteux, bien au contraire.




13 août 2007 à 13:43:02
Réponse #3

emmuel


C'est pas vraiment une question d'avoir honte ou quoi.

C'est juste que la petite voix se manifeste quand même vachement souvent et que je sais que j'ai raté des tranches de vie pour l'avoir écoutée. Donc maintenant j'essaie aussi de prendre en compte à quelle force elle gueule.
Après, j'ai aussi tendance, sur des trucs de sécurité basiques, à juste l'écouter sans réfléchir, par réflexe.
La dernière en date, dont je me souvienne c'était y a un mois à peu près. J'étais avec une bande de congénères forts sympathiques et éméchés à la fois qui voulaient aller se baigner dans un torrent glacé.
Écoutant ma petite voix, j'ai copieusement engueulé tout le monde parce que c'était de l'eau vive et qu'ils étaient bourrés.
Le truc c'est que tout à coup une autre petite voix m'a soufflée "eeettt meeeerde" et que je me suis retrouvé en premier à poil dans la flotte (mais ça c'est parce que entre temps j'ai vu qu'il y avait pas de fond)

J'arrive maintenant à assumer maintenant d'écouter la voix et de franchement gueuler. Mais il y a 5 ans dans la même situation et avec quelques grammes en plus, on est allés à trois se mettre à l'eau dans l'Ardèche les autres restaient aux bord, ils nous on même pas vus. Pas pied, ivre morts, traversée de rivière, inconscients et stupides quoi.  :down: Au retour les deux filles ont fatiguées et pfuiiiit elles sont parties avec le courant en plein milieu de la rivière, en pleine nuit, avec berges à pic.
Moi j'ai eu du bol, j'ai réussi à les remonter à contre courant jusqu'à la plage. Mais vu comme je me suis endormi les pieds à peine posés dessus, je pense que j'aurais pas pu faire 5 mètres de plus.
Voilà comment les accidents à la c*n arrivent.

Et je crois aussi que être capable d'écouter sa petite voix, c'est un des éléments qui sont constitutifs de "être adulte" ou pas. Je me souviens, pas plus tard qu'il y a deux ans, à un stage de David, on avait marchés un peu, il pleuvait et on était tous sur une petite corniche. J'étais avant dernier du groupe et devant ça a bloqué. J'ai regardé derrière moi, le seul à pas être engagé dessus et attendre c'était David. Ben ce jour là, j'ai pas écouté ma petite voix, probablement pour des raisons psychologiques de m*rde.
Et ça, ça n'arriverait plus.

De même que j'ai longtemps pu, dans certaines circonstances, regarder de travers des gens qui disent "stop". Spontanément je ne le fais plus et j'essaie aussi de ne plus le faire. Mais c'est parfois compliqué.
J'ai vu des cas où les gens ne savent pas qu'ils peuvent et où il peut être bon de leur prouver par a + b. Il y a des cas où si on ne dépasse pas un peu sa limite de confort, le corps ne surcompense jamais et on stagne toute sa vie.

Compliqué tout ça… Parce qu'en plus il y a le paramètre des tempéraments et tout…

Donc oui j'écoute, mais ce qui est certain aussi, c'est que je veux pas m'arrêter de vivre à cause d'elle. Sinon on reste chez soi et on crève sur un lit de regrets.






« Modifié: 13 août 2007 à 13:51:26 par emmuel »

13 août 2007 à 14:36:44
Réponse #4

DavidManise


Et je crois aussi que être capable d'écouter sa petite voix, c'est un des éléments qui sont constitutifs de "être adulte" ou pas. Je me souviens, pas plus tard qu'il y a deux ans, à un stage de David, on avait marchés un peu, il pleuvait et on était tous sur une petite corniche. J'étais avant dernier du groupe et devant ça a bloqué. J'ai regardé derrière moi, le seul à pas être engagé dessus et attendre c'était David. Ben ce jour là, j'ai pas écouté ma petite voix, probablement pour des raisons psychologiques de m*rde.
Et ça, ça n'arriverait plus.

Bah là pour le coup, très concrètement et honnêtement j'avais juste un peu les chocottes...  pas tellement peur du vide (j'ai pas ce que les gens appellent "le vertige"), mais surtout peur de tomber et de décélérer brusquement en fin de course...  Et, petite parenthèse, j'avais aussi le démon contre celui qui était devant (salut Rémi >:() d'avoir emmené un groupe de personnes qu'il ne connaissait pas sur une vire qu'il ne connaissait pas, et pour une raison qu'il ne connaissait pas non plus...  d'autant qu'il y avait en sentier beaucoup plus sûr et plus joli 100m plus haut ::) 

Enfin bon...  ::)

La petite voix, le truc qui dit "stop" ou "ok c'est maintenant", c'est comme le grand amour.  On se demande toute sa vie la gueule qu'elle a, mais quand on la voit, y'a plus de doute possible ;)

A ce sujet je vous renvoie tous à un excellent bouquin sur l'intuition et tout le boulot qu'elle fait pour notre survie : Gavin de Becker, The Gift of Fear (c'est traduit en français je pense).  C'est un peu plus orienté survie urbaine et protection perso, mais c'est vraiment, réellement, totalement utilisable en survie nature et c'est juste une preuve de plus que survie urbaine ou survie nature, c'est le même put**n de bordel.

Ciao ;)

David

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13 août 2007 à 14:56:35
Réponse #5

ucorsu


Il vaut mieux écouter sa petite voix, surtout si on l'a un peu apprivoisée  ::)
Enfin, il vaut mieux l'entendre dire :"On aurait pu y aller :-\ " que: " On n'aurait pas du y aller  :'( "
Quand le croquemitaine va se coucher, il vérifie si il n´y a pas Ucorsu sous son lit. :lol:

13 août 2007 à 16:03:02
Réponse #6

Patrick


Déjà qu'on nous prend pour des barjes, si, en plus, on dit qu'on entend des voix ca va pas s'arranger.

Par contre, on a aussi bien illustré ici le fait que notre petite voix intérieure va rentrer en conflit avec la grosse voix bien audible des autres membres du groupe, ce qui risque de l'étouffer chez les moins expérimentés en se disant : "il savent ce qu'ils font, ils sont expérimentés".

C'est tout le dilemmne du "comment savoir ne pas aller trop loin" tout en risquant d'aller plus loin.

13 août 2007 à 18:01:11
Réponse #7

lepapat


Perso, j'ai plutôt confiance en ma " petite voix ", quand elle me dis " stop ", " fait gaffe ", " sa sens la m*rde " ou " tu vas faire une c*nnerie ", généralement les blêmes se vérifie bien plus tard  ;). Donc, comme un mec normal de 34 ans, j'écoute ma " petite voix "  :D
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


13 août 2007 à 18:36:36
Réponse #8

bellis


Salut

j'écoute aussi ma petite voix,

seule aucun problème, à plusieurs, c'est toujours plus difficile.

Le jour ou AZF Toulouse a sauté, nous habitions Castelnaudary,
 J'avais décidé, la veille, d'aller voir les carrelages de Brosse**e ( magazin situé juste en face AZF et qui a été pluvérisé) au moment de monter dans la voiture, la petite voix me dit de ne pas y aller... je pensais simplement que je ne trouverais pas ce que je cherchais dans ce magazin et je suis allée voir les carrelages ailleurs....
Quand aprés, j'ai vu le magazin éventré, plus de murs de facade ni d'un  côté du batiment, les bureaux tout ouverts, les papiers partout, je n'ai pu distinguer ou se trouvait le magazin d'expo...
J'ai remercié ma petite voix

bellis :)

13 août 2007 à 20:10:39
Réponse #9

Irys


Déjà qu'on nous prend pour des barjes, si, en plus, on dit qu'on entend des voix ca va pas s'arranger.

Vous avez bien de la chance vous d'écouter des voix.
Si je pouvais en écouter, cela m'éviterait bien d'être quelques fois dans la m*rde.  ;)
Ou alors, je suis peut être sourd.  :branleur:  ;D

13 août 2007 à 20:55:03
Réponse #10

guillaume


Perso, je ne la connais pas encore très bien cette petite voix, pas assez d'expérience.
La fois où je l'ai vraiment entendu c'était il n'y a pas si longtemps, dans le Vercors, au moment où nous avions perdu le chemin qui menait au refuge des aiguillettes et où, en regardant la carte, j'ai dis qu'il fallait peut-être redescendre, je ne sais pas trop pourquoi. Le lendemain (après avoir dormi en refuge, merci Dub ;)), on s'est apperçut qu'on était descendu à 20m de la falaise...

a+

13 août 2007 à 22:11:25
Réponse #11

emmuel


Bah là pour le coup, très concrètement et honnêtement j'avais juste un peu les chocottes...  pas tellement peur du vide (j'ai pas ce que les gens appellent "le vertige"), mais surtout peur de tomber et de décélérer brusquement en fin de course... 

Franchement si je me suis retourné, c'est parce que la petite voix était franchement en train de me dire fais 15 mètres en arrière d'attendre pas sur la corniche. Mais non. Stupidement je suis resté. Je sais toujours pas pourquoi.


13 août 2007 à 22:14:04
Réponse #12

DavidManise


Parce que t'avais un peu les chocottes, mais que concrètement t'étais sur une corniche de 80cm de large sans dévers et que même s'il y avait 50m de vide en dessous, le risque de tomber était quasiment nul à cet endroit là ;)  En réalité, ça ne craignait rien ou presque.  Bon évidemment, il y a un "ou presque".  Disons que le risque était très limité.

La petite voix qui dit stop, elle gueule vachement plus fort que ça.  En fait, elle ne gueule pas.  Elle prend le contrôle de ton corps et elle ne te laisse même pas réfléchir.  Tu bouges, et tu survis.  Et ensuite tu analyses...  C'est vraiment un truc primaire et animal.  Tu fais des trucs sans le vouloir consciemment, et ça marche, et tu vis encore après...

Ciao ;)

David
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13 août 2007 à 23:35:08
Réponse #13

Maximil


Perso, j'ai deux sortes de voies qui me disent stop.
- Une que je ne contrôle absolument pas et qui m'oblige à agir avec limite une peur viscérale: comme le dit David, je réagis d'instinct à ce genre d'ordre sans reflechir. J'ignore d'où vient l'info de base et les processus qui permettent de m'avertir à temps, mais elle m'a sauvé la vie plusieurs fois, quasiment à chaque fois quand j'étais à VTT (ex: Tu arrives à un carrefour sans visibilité et tu choppes les freins à mort sans raison. Et une voiture grille le carrefour à donf deux secondes plus tard...).
- une que je contrôle mieux, et qui parfois me suggère de ne pas faire telle ou telle chose/action. Mélange de peur, d'experience mais aussi parfois de "sensations", j'essaye de l'écouter à chaque fois même si des fois il n'y a apparement rien. Ce qui fait que des fois je roule à 160km/h sur une route en ligne droite totalement dégagée, et que sur la même route, même condition, je roule parfois à un petit 80km/h. Pourquoi je ne sais pas mais c'est ainsi.

La question est plus complexe cependant si on cherche à répondre au titre du post mais dans le cas de la vie de tous les jours. Tel l'experience de la grenouille et de l'eau bouillante, à quel moment notre esprit va-t-il  dire stop à une situation ?
Savoir veut dire apprendre (sauf s'il est inné mais j'en doute dans ce cas-là), comment apprendre à dire stop à un patron qui vous emmerde, à une societé qui n'est plus en valeur avec votre morale, à une situation que vous ne pouvez plus supporter...
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

14 août 2007 à 09:23:18
Réponse #14

Mellyann


La survie rendrait-elle devin ?
Je n'ai jamais entendu cette petite voix, ou du moins n'y ai-je jamais fait attention. Par contre, je prête beaucoup d'interêt à ce qu'on peut appeller l'instinct. Ce qui revient au même d'ailleurs.
Je fais surtout appel à mes sens. En marchant lentement, tous les radars en action, je suis au courant de ce qui se passe et je prends les décisions qui s'imposent. Par exemple si j'entends au loin un moteur qui grimpe dans les tours, je ne vais pas traverser la route. Si je me balade dans la garrigue en plein été et que je renifle de la fumée, je vais faire demi-tour et appeller le 18. Si j'entends des coups de fusil, les chasseurs ne sont pas loin et je m'éloigne.
Etre attentif à son environnement, c'est important, et il faut prendre le temps de marcher, de regarder, entendre et sentir. Quand la petite voix parle, c'est que ça commence à être dans le boudin...

14 août 2007 à 09:30:51
Réponse #15

Maximil


Je n'ai jamais entendu cette petite voix[...] quand la petite voix parle, c'est que ça commence à être dans le boudin...
N'y aurait-il pas une très légère contradiction ? Comment sais-tu qu'une voix te parlera à ce moment là ?
(et la petite voix lui dit alors "ne bougez pas monsieur, on va vous sortir de là") :D
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
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Patines de chaussures de Maximil

14 août 2007 à 09:35:17
Réponse #16

mazzeru


Bzzzz.
Et le passager se réveille de son cauchemar et se trouve face au minois d'une superbe hotesse de l'air qui lui tend une coupe de campagne pour finir de le réveiller.
Vive les hotesses de l'air et leurs voix de rêve ;) :love: :love:

" Les passagers sont priés d'attacher leurs ceintures, de relever leurs siéges, de délacer leurs chaussures, d'enfiler leurs gilets de sauvetage et de se mettre en position de crash imminent. Nous leur souhaitons toutefois un bon voyage sur notre compagnie et espérons sincèrement pourvoir les revoir un jour sur d'autres vols... Bzzz"
« Modifié: 14 août 2007 à 09:41:09 par mazzeru »

14 août 2007 à 09:52:59
Réponse #17

Mellyann


Resalut !
Je voulais dire qu'être prudent et attentif permet d'éviter pas mal de situations à problêmes où la petite voix va se manifester. dans ce cas-là, elle va nous dire "Pauvre c**, c'est encore moi qui vais te sauver la mise ! Tu pouvais pas faire gaffe, non ?"
Après, les hotesses de l'air, j'ai pas le droit, ma copine est jalouse >:(

14 août 2007 à 09:56:10
Réponse #18

DavidManise


La survie ne rend pas du tout devin.  C'est juste qu'on entend et qu'on traite plein de choses avant que ça ne passe dans notre champ de conscience.  Tout le reste, c'est traité aussi, mais en arrière plan, dans le cerveau.  De temps en temps les infos se recoupent en arrière plan et le cerveau balance des sensations ou des "petites voix" qui sont le fruit de son travail d'analyse d'arrière plan, sub conscient ou inconscient.  Sans plus. 

Rien de devin là dedans.  On le fait sans arrêt pour plein de trucs.  L'exemple tout con, tu mets des oeufs dans l'eau.  Tu continues à faire autre chose.  D'un coup l'eau bout, tu en prends note.  Tu regardes l'heure.  Tu repasses à autre chose.  Subitement, alors que tu bricoles et que tu coupes des oignons en pleurant et tout, d'un seul coup tu repenses aux oeufs.  Tu n'as pas passé ton temps les yeux rivés sur l'horloge.  Tu n'as pas passé ton temps à compter "un crocodile, deux crocodiles" jusqu'à "600 crocodiles"...  Malgré tout, subitement tu lèves la tête et tu penses aux oeufs et tu regardes l'heure.  9 minutes de passées...  faut s'occuper des oeufs. 

Tout ça pour illustrer le simple fait, parfaitement normal, que notre cerveau fait tout plein de travail en arrière plan, en dehors de notre champ de conscience.  On analyse tout, on voit tout, on entend tout...  mais seulement une petite partie des infos est jugée "utile pour la conscience" par le cerval.  Et juste le tri en lui-même, entre les infos d'arrière plan et les infos dont on juge avoir besoin, est déjà une fonction inconsciente du bordel cérébral. 

J'ai un pote qui a disparu, une fois.  J'étais chez lui.  Il était en bas.  J'étais en haut.  Je pars pour aller le voir en bas.

Mon souvenir conscient, c'est ceci : je descends pour aller le voir, il n'est pas en bas.  Bizarre.  Je vais voir dehors, je le cherche partout, je suis seul chez lui.  Il est parti où ce con ?  Tant pis je me pose dehors et je joue avec le chien.

En fait, quand je me creuse la tête et que j'essaie de revivre la scène simplement, et après explications de sa part...  il est monté.  Il s'était déguisé en blessé.  Un bandeau sur la tronche avec du rouge à la place de l'oeil.  On s'est croisés dans le couloir.  Il s'est simplement mis de côté, avec une expression parfaitement neutre sur le visage, en me fixant calmement.  Je lui ai demandé ce qu'il foutait là.  Plusieurs fois.  Il n'a pas répondu.  J'ai passé mon chemin parce que c'était trop bizarre.  Et quelques minutes après mon cerveau avait gommé cette anomalie.  J'ai retrouvé le chien, qui était décidément moins aré que mon pote, et je suis resté dehors tranquillement...  endroit où je me sentais bien.  Le truc, c'est que l'évènement était tellement bizarre que mon cerval a viré la scène du monde des possibles.  Je me suis dit "j'ai dû rêver"...  et je suis passé à la suite en niant le fait que ce machin état réellement arrivé.  C'était, en quelque sorte, un mécanisme de défense de mon univers mental.  Je n'avais pas envie d'être seul chez un pote que je croyais sain d'esprit et qui s'amuse à se déguiser en blessé et à ne plus répondre à mes questions... 

Résultat ?  Bah il a disparu :)

Le truc c'est que ça m'a tout de même troublé, cette histoire.  Et pas bien longtemps après, sans trop savoir pourquoi j'ai eu envie d'aller vérifier mes baggages, ranger mes trucs pour être prêt à partir... et j'ai commencé à me remémorer le chemin à faire à pied pour aller de chez lui à Montréal, etc.  Finalement il a cessé l'expérience, et il a repris le fil de la journée normale...  mais un malaise persistait chez moi. 

La petite voix, en survie, c'est un peu ça.  Ce petit malaise.  Ce petit truc qui nous fait dire, même si on n'a vraiment pas envie de voir la réalité qui se dessine, que ça sent la m*rde...  Pas longtemps après je suis rentré chez moi mais une sensation bizarre persistait.  Et ca n'est que bien plus tard que j'ai réussi à me rappeler cette scène...  et encore maintenant je me demande dans quelle mesure ça n'est pas lui qui, en m'expliquant le principe de la "disparition", m'a permis d'inventer ce souvenir... 

Faudrait que j'en parle avec lui, pour en avoir le coeur net, mais le problème avec les maîtres de l'illusion c'est qu'on ne sait jamais trop s'ils font eux-même la différence entre la réalité et la réalité :)

Ciao ;)

David
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14 août 2007 à 16:04:28
Réponse #19

elkar


La survie ne rend pas du tout devin.  C'est juste qu'on entend et qu'on traite plein de choses avant que ça ne passe dans notre champ de conscience.  Tout le reste, c'est traité aussi, mais en arrière plan, dans le cerveau.  De temps en temps les infos se recoupent en arrière plan et le cerveau balance des sensations ou des "petites voix" qui sont le fruit de son travail d'analyse d'arrière plan, sub conscient ou inconscient.  Sans plus.

Ca me fait bizarre de vous entendre parler de ces petites voix. J'ai le souvenir de l'avoir entendue une seule fois, tout gamin, qui m'a dit alors que j'etais en voiture : "mets ta ceinture". Une petite voix assez aigue, feminine, chuchottante, qui me parlait directement comme si elle m'etait etrangere mais dans ma tete (elle me dit "tu" et pas "je"). J'ai longtemps cru que c'etait mon imagination de gosse, mais voyant des velus comme vous en parler, je me remets a y croire :)


En fait, quand je me creuse la tête et que j'essaie de revivre la scène simplement, et après explications de sa part...  il est monté.  Il s'était déguisé en blessé.  Un bandeau sur la tronche avec du rouge à la place de l'oeil.  On s'est croisés dans le couloir.  Il s'est simplement mis de côté, avec une expression parfaitement neutre sur le visage, en me fixant calmement.  Je lui ai demandé ce qu'il foutait là.  Plusieurs fois.  Il n'a pas répondu.  J'ai passé mon chemin parce que c'était trop bizarre.  Et quelques minutes après mon cerveau avait gommé cette anomalie.  J'ai retrouvé le chien, qui était décidément moins aré que mon pote, et je suis resté dehors tranquillement...  endroit où je me sentais bien.  Le truc, c'est que l'évènement était tellement bizarre que mon cerval a viré la scène du monde des possibles.

Trop fort ... j'ai vecu un truc un peu similaire ... un evennement qui etait vraiment trop derangeant pour moi, qui m'a fait "deconnecter" de la realite environ une minute. Il m'a fallu laisser passer plus d'un an pour pouvoir repenser a la scene et me souvenir de ce qui s'etait passé, de constater la confusion interieure dans laquelle j'etais. J'ai toujours cru que cela revelait chez moi une faiblesse (genre quand ca chauffe trop tu deconnectes : donc pas tres bon pour la capacite a faire face ...), alors qu'en fait, ca me semble a present etre un mecanisme un peu normal. Lorsque la realite est incomprehensible, elle n'est pas percue, et on n'y reagit donc pas, si j'ai bien compris ...

David, ce que tu decris sur le fonctionnement du cerveau me fait penser a certains mecanismes ... Les impressions de deja-vu : une partie du cerveau a deja analysé des infos, que d'autres parties, conscientes, n'ont pas encore percues ... Les informations subliminales : dans certaines circonstances, des infos peuvent nous influencer sans etre percues consciemment ... L'analyse des bruits : lorsqu'il y a un bruit continu auquel on ne prete plus attention, lorsqu'il s'arrete, on peut brievement continuer a l'ecouter et l'analyser (et se rendre compte qu'il etait genant).
D'ailleurs, un bon bouquin (plutot theorique) sur le fonctionnement du cerveau : "plus vaste que le ciel" de Edelman.

La petite voix qui dit STOP avant qu'on puisse consciement percevoir le danger, je pense qu'il n'y a effectivement pas besoin de metaphysique pour justifier son existance.


C'était, en quelque sorte, un mécanisme de défense de mon univers mental.
(...)
Et ca n'est que bien plus tard que j'ai réussi à me rappeler cette scène...  et encore maintenant je me demande dans quelle mesure ça n'est pas lui qui, en m'expliquant le principe de la "disparition", m'a permis d'inventer ce souvenir... 

C'est difficile de savoir si un souvenir est reel ou fabriqué. Le pire dans ce domaine, c'est les photos. Se souvient-on reellement du moment, ou de ce dont on s'est souvenu les dernieres fois ou on a regardé la photo ?
La difficulté a se souvenir du passé est abordée de maniere assez sympa dans les romans "Mars la rouge"

En tous cas, merci pour ce post, j'ai appris des trucs sur moi-meme :) Le forum devrait etre sponsorisé par la secu :)
J'ai aussi appris que j'ai peut etre une vie trop pepere, car la petite voix, ca fait un sacre bout de temps qu'elle est au chomage technique visiblement :)

14 août 2007 à 16:36:33
Réponse #20

DavidManise


Oui...  ça n'est pas une question de faiblesse du tout.  Simplement on a l'habitude de faire un tri sélectif et de laisser les données de l'inconscient à la porte...  On fait ça sans arrêt, sans s'en rendre compte.  Ce type de scène trop bizarre est donc tout simplement laissé dehors...  comme les rêves, en plein jour, ne remontent pas à la surface sauf si on est tellement fatigué que les barrières tombent, et là on a des hallucinations qui sont, tout simplement, des rêves éveillés... 

De fait, les personnes qu'on considère culturellement comme "fortes", style les super héros, les gens solides, les battants et tout et tout...  sont souvent ceux qui vont bloquer le plus efficacement ce type de données de leur champ de conscience.  Souvent ce sont des gens qui ne rêvent pas ou peu, ou plus exactement qui ne se souviennent jamais de leurs rêves.  Ils sont très logiques, structurés, organisés, efficaces, et pas du tout intuitifs.  Ce sont de vrais mecs, quoi :)

Rien de mal à ça bien sûr.  C'est d'ailleurs une typologie très carricaturale que j'exprime là pour illustrer un principe, hein...  les gens sont plus complexes que ça, heureusement.

En attendant, notre intuition est là pour notre survie.  C'est une alliée précieuse.  Il faut l'écouter.

Pour chacun, elle se manifeste d'une manière différente...  d'une manière qui parle réellement à la personne.  Toi c'est une petite voix féminine.  Moi, ma "petite voix" n'est pas une petite voix.  C'est plutôt des sensations physiques de bien être, ou d'anxiété, ou de colère...  et parfois je "sens" un truc sur ma peau.  Comme une sensation électromagnétique associée à une couleur.  Cette sensation n'a rien de mystique selon moi.  Simplement, c'est un message de ma petite voix...  et la sensation est une sorte de code qui me permet de sentir d'où le danger (ou le plaisir, ou le miam, ou la flotte) se situe. C'est très bizarre...  mais c'est ma manière à moi.  et encore une fois, je le répète, ça n'a rien du tout de mystique.  C'est parfaitement explicable via des modèles théoriques qui sont en train d'être testés et re-testés et relativement bien validés en labo à l'heure actuelle... 

Les neuro-sciences et tout ça sont réellement un champ de recherche extrêmement prometteur...  je pense qu'on tient là l'explication à un paquet de phénomènes religieux, paranormaux et freudiens dont les explications plus ou moins enrichies d'idéologie ont foutu la m*rde sur terre depuis pas mal de siècles.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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14 août 2007 à 17:01:58
Réponse #21

Maximil


Oui, mais ne pas oublier que beaucoup de choses sont considerées paranormales, déclarées non existentes par les non-scientifiques,  et qui deviendront peut être plus tard des champs de la science à part entière...
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

14 août 2007 à 17:59:01
Réponse #22

elkar


Pour chacun, elle se manifeste d'une manière différente...  d'une manière qui parle réellement à la personne.  Toi c'est une petite voix féminine.  Moi, ma "petite voix" n'est pas une petite voix.  C'est plutôt des sensations physiques de bien être, ou d'anxiété, ou de colère...  et parfois je "sens" un truc sur ma peau.  Comme une sensation électromagnétique associée à une couleur.  Cette sensation n'a rien de mystique selon moi.  Simplement, c'est un message de ma petite voix...  et la sensation est une sorte de code qui me permet de sentir d'où le danger (ou le plaisir, ou le miam, ou la flotte) se situe. C'est très bizarre...  mais c'est ma manière à moi.  et encore une fois, je le répète, ça n'a rien du tout de mystique.  C'est parfaitement explicable via des modèles théoriques qui sont en train d'être testés et re-testés et relativement bien validés en labo à l'heure actuelle... 

Mmm, je crois que je comprends ce dont tu parles. Je ressens parfois en moto une sensation etrange, qui ressemble un peu a la peur, et qui arrive avant la sensation de peur. Et souvent c'est carrement justifié.
En fait la "petite voix" c'est un terme un peu generique pour designer diverses sensations, plus ou moins fortes, plus ou moins audibles, qui trahissent (ou signalent) la remontée d'infos vers la conscience ?
C'est ca que tu appelles le "sens du danger" ?

14 août 2007 à 18:41:53
Réponse #23

DavidManise


Oui.  Exactement.  Le sens du danger.

C'est pas "on/off".  C'est gradué, subtil.  On apprend à en décoder les signaux avec beaucoup de précision si on veut. 

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

14 août 2007 à 19:35:25
Réponse #24

cubitus


Il y a beaucoup d'allusions à cette "petite voix" dans des histoires traditionnelles d'arts martiaux asiatiques.

Cette petite voix n'est en fait que l'expression des 90% des capacités de notre cerveau que l'on n'utilise pas.

Le mec super rationnel organisé dont tu parles, David, utilises super bien ces 10%... Personnellement (et je crois que je ne suis pas le seul sur ce forum ) j'essaye plutôt de développer l'ulisation des 90% restant...
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
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