C'est justement sur ce point que j'ai des doutes. Dans la partie qui concerne l'emploi des armes, ce types de simulations sert surtout à assurer un maximum de toucher. Ce qui en fait signifie dans l'absolu avoir 100% des soldats qui tirent pour tuer. Vu l'évolution des entrainements modernes qui augmentent nettement le ratio tir/touchés et parallèlement l'augmentation des cas de syndrome post-traumatiques, je me pose la question s'il n'y a pas une relation de cause à effet. On forme des soldats de plus en plus efficaces, mais est-ce qu'on les casse pas dès le moment ou l'entrainement est devenu réalité.
Je ne sais pas vraiment comment comprendre ton intervention.
Le tir à balle réelle, pas de problème tant que personne n'est mis en danger. Alors la mitr qui tire qqs mètres au-dessus de la tête, les propres fantassins qui tirent à côté (en respectant les intervalles), les mortiers qui pilonnent juste devant et l'artillerie plus loin, pas de soucis. Les normes de sécurités sont étudiées pour éviter les blessés et les morts.
Le mieux vaut 95% de sdts sur que 5% de pas sur, sous-entendus les 5% ont merdés et sont morts, c'est bien pour les speznats. Ce n'est pas acceptables dans nos contrées.
La surprise à balle réelle???
Si s'est une vraie surprise et que j'y crois, je vais répliquer et finalement le résultat final risque d'être assez sanglant. Dans le cas contraire on rentre de nouveau dans le schéma habituel. Le fait d'avoir des balles qui sifllent à 2 m de moi me stresse pas beaucoup, idem si une salve laboure la terre devant moi, mais ceci uniquement parce que je sais que je me trouve dans un dojo avec des copains qui maitrisent le problème.
En dehors de ce milieu protégé il y a des chances que pampers soit mon meilleurs ami.
Alors simuler vraiment la peur de crever, j'ai des doutes. Je pense que l'effort principal doit être fournit sur des bases et des drills de situation assez simple.
Le plastron (terminologie suisse) étant effectivement une clef essentielle, puisque c'est une cible intelligente. Mais c'est justement des personnes difficiles à trouver, car elle doivent connaitre parfaitement tout le maniement armes en individuel et collectifs, savoir utiliser des modes d'attaques non conventionels et finalement accepter de perdre. Car le but est d'apprendre et pas de savoir qu'on est nul.
Moléson
JL
Dans le combat à distance avoir 100 % des soldats qui tirent pour tuer est une belle utopie, même dans les unités les plus agressives cela ne dépasse pas 20 à 25 % et encore je me place bien au-dessus des études US sur le sujet . Depuis la dernière guerre mondiale l'armée US s'acharne à augmenter le chiffre, pour information lors du débarquement de Normandie les études ont montrés qu' en moyenne 1 soldat sur 5 avait tiré en direction de l' ennemi. Il est intéressent d'analyser les études la dessus, et surtout de rencontrer les personnes ayant participées, les récits "guerriers" faisant état de soldats tueurs par armes à feu permettent bien souvent de constater que ceux qui en parlent le plus, ne sont pas ceux qui le firent le plus, avec tout le respect que je dois aux anciens combattants. Je m' en était d'ailleurs rendu compte dans une étude sur la guerre de 14, j'avais interrogé longtemps des anciens et j'avais été très étonné de la différence d'appréciation du combat entre les spécialistes du corps à corps qu' était les "nettoyeurs de tranchées" et les combattants "ordinaires". Je pense que plus l'on va confronter le soldat à la réalité, plus son système nerveux va absorber et s'adapter, le SSPT concerne aussi bien les combattants que les autres, et d'après mes études et mes expériences, il va arriver plus facilement en cas de déficit informationnel ou de surplus informationnel dans des instants brefs de violences intenses.
Sur le deuxième point :
Tu as parfaitement raison, pour comprendre il faut se reporter 30 années en arrière, avec les techniques de l’époque, avec la mentalité de l’époque et les hommes de l’époque, il était donc stupide de ma part d’essayer d’expliquer cela sur un forum aujourd’hui .
Pour comprendre il faut savoir comment étaient préparées les opérations, car bien entendu je ne parle pas de champs de bataille mais d’opérations ponctuelles réalisées par du personnel isolé pendant le temps nécessaire pour un entraînement sur une cible particulière, et surtout des règles d’engagement très stricts, y compris dans l’utilisation des armes en cas de riposte. Je notais juste les efforts actuels pour revenir à un entraînement réaliste, mais le contexte et la mise en situation sont bien plus importants que le reste, il est des mises en situations d’entraînement qui sont tellement réalistes qu’elles sont réelles. Il y a des choses qu’il faut essayer voilà tout. Ensuite les spetsnaz ne sont pas plus stupides que les autres combattants, ils ont le même instinct de survie, car ils sont simplement humains.
Pour les plastrons tu as parfaitement raison en effet, pas facile de trouver un bon partenaire, et cela doit se passer en effet dans des situations simples et réalistes, il faut cependant faire attention car l’ habitude d’un plastron à des effets pervers, je m’en suis rendu compte, en mettant à l’ épreuve certains de mes étudiants habitués aux mises en situation « entre nous », change le contexte, le lieu, donne lui une réalité , change le plastron par un inconnu et les choses changent aussitôt. Il faut aussi être très prudent avec les entraînements comme celui-là, et j’ai tendance à penser que chaque situation n’est valable qu’une fois, il faut surprendre pour être efficace. De toute façon ceux qui sont confrontés à la réalité savent finalement, que rien ne remplace la réalité et que la réalité d’aujourd’ hui est pas forcement celle de demain, et se qui était valable pour moi il y a 20 ans ne l’ est plus actuellement, combien de trucs jugés stupides par les protocoles, les méthodes, les systèmes j’ai vu passés avec efficacité sur le terrain, combien de mecs qui n’ ont jamais fait de drill , de mise en situation , arrive malgré tout à faire un bon travail, combien de fois j’ai envié les mecs « qui ne savaient pas ».