Salut Nathan,

Bon, j'ai pas tout lu, un peu en travers, parce que ça me rappelle des souvenirs...

Mais je suis certains que les copains/copines ont su trouver les mots justes, comme d'hab, rien qu'à voir le nom des intervenants.
Juste une chose que je voudrais ajouter : le divorce, c'est un monde, des certitudes qui s'écroulent. On sait que ça existe, on le voit autour de nous, et un jour c'est pour ta gueule, que tu le subisses ou que ce soit ton choix. C'est malheureusement souvent l'occasion de faire du mal et/ou de se faire du mal. Les tensions sont exacerbées, l'entourage prend partie, les amis donnent de "bons" conseil et parfois ça part en live. Les repères moraux s'effondrent, ou du moins le pense-t-on et cela peut être prétexte à se laisser aller et faire tout et n'imorte quoi.
Alors, s'il te plaît, fais gaffe à toi. Pense à ta fille. Ne fais pas ce que tu ne ferais pas d'ordinaire, même si tu prends des coups. J'ai vu ou entendu parler de gens qui passaient des heures entières sur m**tic ou MSN le soir pour (re-)trouver l'âme soeur, en laissant les enfants livrés à eux-mêmes. Parfois, les parents encore sous le même toit (!) allaient déjà sur des sites de rencontre, juste pour montrer à l'autre qu'on n'a pas besoin de lui, qu'on peut trouver mieux et sans doute aussi parce que la nature a horreur du vide. Avec les pauvres gosses à côté qui ne comprennent plus rien à ce qui se passe.
Les mensonges, les bassesses, les coups parfois font du mal sur l'instant mais laissent aussi des cicatrices indélébiles avec lesquelles il faut vivre ensuite le reste de sa vie. Et quand on doute de tout le monde, quand on n'a plus confiance en personne, quand on s'imagine que chaque parole, chaque geste est une entourloupe possible, et ben, la vie n'est pas rose. On se blinde parfois un peu trop après pareille épreuve.
Je sais que c'est facile à dire derrière son clavier, mais ne fais rien que tu puisses regretter par la suite.
Garde ton honneur, préserve ta parole, fais en sorte de pouvoir te regarder encore dans une glace les années à venir sans te dire que t'es une m*rde ou un s*laud. Ça dérape vite et très bêtement parfois.
Juste une anecdote (et là, je mets ma dignité au fond de ma poche et je serre les poings pour refouler une larme) :
Quand j'étais en train de me séparer, un soir, on s'est disputé pour une broutille en faisant les devoirs de mon fils. La tension était à son maximum. Le ton a très vite monté. J'en ai eu marre et j'ai voulu sortir de la pièce. Elle s'est interposée en me provoquant. J'ai voulu passer. Elle a résisté. Je l'ai alors saisi par les épaules et je les repoussée contre le mur. Juste poussé, elle n'a pas tapé le mur. Mais en la saisissant, je lui ai fait un petit bleu sur chaque épaule. Elle a fait constater les "coups" par son médecin, a obtenu un jour d'arrêt de travail pour incapacité (!) et a porté plainte pour violence conjugale. J'ai été convoqué au commissariat. J'ai expliqué les choses le plus simplement et le plus calmement du monde (pas facile). Je bosse dans la sécurité et je risquais tout simplement de perdre mes jobs. Le lieutenant a pigé la situation et le procureur a renvoyé l'affaire au médiateur. Nouvelle convocation, confrontation. Il y avait violence conjugale : c'est une infraction de 5ème classe, plus grave qu'une bagarre avec le premier venu. Je me suis expliqué, j'ai reconnu mon erreur et ma responsabilité : juridiquement, comme je l'avais poussée, c'était bien une violence conjugale malgré les provocations de sa part. J'ai fait amende honorable. Sincèrement, je regrettais mon geste, pas simplement parce que j'étais dans la m*rde mais parce que je ne voulais pas m'en prendre à la mère de mes enfants, la personne que j'avais aimée. J'ai payé 300€ de dommages-intérêts. L'affaire n'a pas été inscrite sur mon casier mais toute nouvelle bagarre/altercation dans les 5 ans m'aurait valu d'être considéré comme récidiviste avec les conséquences que ça implique. Je précise que je suis un gars tranquille et sans histoire... en temps normal.
Je précise aussi que de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai avalé quelques couleuvres, elle aussi. Il y a un an et demi, elle a trouvé la solution pour faire construire et m'a demandé que je l'héberge pour faire l'économie de son loyer, le temps d'être dans ses murs. Pas facile en étant seul de convaincre les banques ! Sa maison est maintenant terminée. Elle a pris beaucoup de retard. J'ai fait les finitions (peintures, parquet, tapisserie, bricoles...). On m'a dit : t'es trop
con bon. Possible mais c'est mon choix. Elle va bientôt emménager... chez elle. Un an et demi de presque vie commune sous le même toit. On s'entend à peu près bien (mieux que certains couples !) mais certaines choses ne sont plus. La vie passe. Il ne faut pas désespérer de l'avenir.
Prends soin de toi, Nathan.

PS : p*tain, j'ai les boules, là... d'avoir brassé la m*rde