Salut, ma modeste compréhension du bouzin :
Alors, la peur peut elle justifier de ne pas se mettre entre l agresseur et la victime ? est elle vraiment fondée ?
Ce n'est pas principalement un problème de "peur", c'est un problème d'indécision dans le groupe et de dilution des responsabilités (leadership).
Un peu (un peu seulement) le même qui fait que des étudiants peuvent rester 30 minutes sous la pluie sans décider s'il vont au restau chinois ou à la pizerria. Pour s'en sortir, souvent le groupe désigne un "chef" et lui demande de choisir. Ce sera a lui d'assumer les responsabilités inhérentes à la décision.
La peur n'est pas toujours inhibitrice, elle te pousse même parfois à agir. C'est quand mon chien a peur (surprise) et qu'il ne peut fuir qu'il attaque (en dehors d'un comportement de prédation). S'il n'a pas peur, il reste indifférent (il croise souvent des coccinelles agressives mais ne les assimile pas à des menaces). Si l'attaque lui permet d'éliminer (réellement ou subjectivement) la menace, alors le comportement s'en trouve renforcé.
Les hommes sont toutefois plus complexes. Par exemple il sont soumis au phénomène de dissonance cognitive. Quand une situation ne correspond pas à une conduite souhaitable, ils peuvent réduire cette dissonance par l'action (fuite, combat...) ou bien encore modifier la perception de cette situation de façon à réduire la dissonance (par exemple en se disant que le type agressé l'avait peut être cherché, ou bien qu'il ne sont pas les plus forts du groupe, ou pas des policiers, ou licenciés à la fédération de ping pong et disciplines assimilées...). Reste aussi l'inhibition pure et simple empêchant d'agir malgré la volonté de le faire (peur). Les deux derniers cas entrainant une "non-action".
La peur n'est pas bonne ou mauvaise, c'est juste un signal et une régulation. A nous de savoir le gérer.
J'ai sûrement sauvé la vie à un africain poursuivit par une nuée de personnes à Libreville(Gabon)...
Ici aussi le contexte était différent. D'une part tu étais au Gabon mais SURTOUT tu étais en délégation d'autorité. Ton rôle (qui justifiais ta présence, ton entrainement, ton statut...) était d'agir. Ce faisant tu affirmais ton autorité (ce qui justifiais ta présence).
Il est bien argumenté que dans les situations de catastrophe/urgence les personnes en délégation d'autorité (hôtesse de l'air, policier, pompier...) sont souvent les seules à agir. Leur "rôle social/alter" prenant le dessus sur leur "ego".
Qui parle de soumission, je parle de démontrer ce qui est néfaste ou pas, pas de soumettre et ceci peut être inculquer sans pour cela soumettre.
Il me semble que nous sommes victime d'un quiproquo. Je ne prône pas la soumission à l'autorité (j'aurais du mal...), j'essaye d'expliquer seulement ses mécanismes et son utilité. La soumission n'est pas bonne ou mauvaise c'est juste un comportement adapté, ou non, selon les situations.
valeurs---> attitudes ----> comportements
Quoiqu'il en soit, quand on sort du dilemme, alors c'est le temps de l'action :
"..il n'était plus question de tirs de javelots ou de voltige, comme habituellement dans un combat de cavalerie, mais chacun faisait pression devant lui pour percer, considérant que c'était son seul moyen de salut ; ils donnaient et recevaient des coups sans compter, car ils ne combattaient plus pour la victoire d'un autre, mais pour sauver leur propre vie."
Flavius Arrien, passage de l'Anabase sur la bataille d'Issos
