La survie, jusqu’ici, n’a été qu’affaire de fulgurances. Très peu de temps pour ressentir, et presque rien pour agir. Juste de la douleur, intense. Refus mental, explosion d’adrénaline ? Après coup (on refait mieux le monde après), nait la conviction que la préparation (matérielle, gestes justes et précis) avait permis de faire l'infime différence entre arriver à la fin et pouvoir continuer.
Pourquoi alors apprendre à se préparer à survivre dans la durée ?
Je le vois comme un moyen de pratiquer et développer des compétences (ci-dessous) dans un environnement simplifié aux questions de bases, mais toujours essentielles. Afin de devenir plus autonome et de pouvoir ensuite défendre mon droit à l’autonomie et parfaire mon statut d’humanité. La préparation à la survie n’est certes pas l’unique moyen de progresser, mais c’est un moyen efficace parmi d’autres.
Contrôle et maîtrise
Vivre et ressentir un sentiment de prise sur les événements, identifier ses objectifs, exercer un contrôle sur son existence. Le contrôle permet la maîtrise de l’angoisse.
Autonomie
L’autonomie, liée à l’identité et à l’image de soi, c’est avant tout devoir exercer des choix. Devenir autonome, c’est sortir progressivement des limites qui ont balisé l’apprentissage, c’est tester, puis recentrer ses choix.
Pur être autonome, il faut d'abord le vouloir, se concevoir comme un être libre et se rebeller contre tout ou partie des normes et des directives dont on est l'objet. (Philippe Perrenoud)
Estime de soi
L’appréciation de sa propre valeur autorise la prise de responsabilité. Une image positive permet de se positionner, de défendre ses droits et de préserver ses besoins. Elle permet d’accéder à l’étape supérieure de la hiérarchie des besoins selon Maslow : grâce à une bonne estime de soi, l’apprentissage et les erreurs qui l’accompagnent sont un processus d’auto accomplissement et non plus d’échec.
Donner du sens
Donner du sens à sa vie, et garantir l’unité de sa personne. Le sens se manifeste à travers l’action : le bonheur vient d’avoir construit les éléments qui le constitue.
Limites
Penser en terme de survie, c’est envisager la mort. La perception des limites et le sentiment de mortalité participent au statut d’humain.
Se sentir vivant