Avec bien plus de mille nuits passées en hamac, sur quatre continents (
je n’avais pas de hamac en Australie, et je l’ai bien regretté !), j’ai quelques idées sur ce qui me convient ou non. Ce post est une copie d’un encart que j’ai fait dans le numéro 28 de « Carnets d’Aventure, dans lequel j’avais aussi pondu une chronique MUL sur la randonnée en jungle.
Parlons tout d’abord de hamacs qui ne sont pas évoqués souvent : les hamacs en coton, et les hamacs en filet. Pour les premiers, c’est simple, ils sont extrêmement confortables, et extrêmement lourds. En outre, ils sentent assez vite mauvais en milieu tropical, et mettent des jours à sécher si le temps est humide. On l’aura compris, les hamacs en coton sont en pratique réservés à un usage sédentaire.
Le cas des hamacs en filet est différent : ils sont parfois très légers, et solides (je ne parle pas des hamacs indigènes en fibres ou en lianes, souvent confortables, mais difficiles à transporter car fragiles et assez lourds). Mais ils n’offrent aucune protection contre les insectes et les courants d’air, et sont inconfortables, voire dangereux (
on peut se coincer un doigt, voire pire 
). On peut les envisager tout au plus pour une sieste, en plus du couchage proprement dit.
Restent les hamacs en nylon ou autre toile de parachute. Il faut savoir si vous aurez besoin d’une moustiquaire, et/ou d’un toit. Je n’aime pas les hamacs combinés, pour deux raisons : si le hamac est un tant soit peu mal monté, la moustiquaire se déchire une fois sur deux. Par ailleurs, dans pas mal d’endroits, elle n’est pas nécessaire. Les combinés hamac, moustiquaire et tente sont encore pires, en particulier les combinés « militaires », dont la « tente » est bien trop étroite pour abriter par forte pluie, surtout s’il y a un peu de vent, et qui sont vraiment inconfortables. Je mettrais un peu à part les Hennessy, mais leur prix est très élevé, et ils n’offrent pas non plus la modularité que je souhaite.
J’explique dans la chronique MUL évoquée plus haut : « un MUL en forêt tropicale » les types de montages et de combinaisons que j’utilise : hamac nylon à suspentes (
ou, si minimiser le poids est moins critique, hamac double type Ticket to the Moon), moustiquaire faite maison avec de la gaze à rideau ou de l'organza (
Cariacou donne un plan dans le forum expemag :
http://www.expemag.com/voyage/viewtopic.php?id=639), et enfin une tarp de 3m x 2.5 m au minimum, mieux 3x3 ou même 3x4. Dans les deux premiers cas, à monter en losange.
Un mot sur les cordes : j’utilise de la corde de drisse de bateau en 3 ou 4 mm, voire moins avec de la dyneema ; il faut quand même que la résistance soit d’au moins 300 kg (cf trigonométrie élémentaire

). On rencontre souvent le problème que les nœuds se souquent et sont pénibles à défaire : il y a un truc, à savoir de glisser dans le nœud en le faisant un petit tube ou bâton lisse, sur lequel le nœud se souque, mais qu’on peut ôter au démontage, ce qui permet de le défaire facilement. D’aucuns prônent de plus forts diamètres de corde pour ne pas marquer l’écorce : cela a un sens dans le cas d’une installation de longue durée (
on peut alors mettre une boucle en sangle pour une installation semi-fixe), mais pas pour un bivouac – c’est l’histoire de l’élastique de slip – la marque visible le soir est partie au matin

.
Tordons le coup au passage à un mythe qui traîne ici ou là : on ne peut pas raisonnablement monter un hamac sur des bâtons de marche. Même si avec beaucoup de patience on peut arriver à faire un montage qui tienne assez longtemps avec un gugusse dedans pour faire une photo, ce n’est pas du tout envisageable en pratique (
il faudrait ne jamais éternuer, ni se gratter, ni se retourner !). Si les arbres manquent, on peut parfois utiliser des rochers etc., mais ce n’est pas toujours possible : y penser à l’avance !
Enfin, une dernière remarque : à mon avis, le hamac n’est pas une solution par températures fraîches, et je ne l’utilise jamais quand la température est en dessous d’environ 10°C : en effet, la circulation d’air par en dessous est bien plus pénalisante que dans le couchage au sol avec un matelas même mince (
schématiquement, au sol, on crée un gradient de température qui se stabilise, avec une perte d’autant plus faible que le matelas est épais, alors qu’en hamac, la circulation d’air assure un refroidissement toujours aussi efficace). Et s’installer dans un hamac avec matelas et duvet fait perdre tout son charme à cette solution, charme qui relève beaucoup pour moi de l’impression de légèreté et de simplicité que l’on ressent.