J'avais complètement zappé ce fil...
J'ai aussi une anecdote à raconter sur la petite voix. C'était il y a une vingtaine d'années. Je devais emmener un document important à Lyon avant vendredi 17H00 dernier délai. On était jeudi après-midi. Trop tard par la Poste et je n'avais pas confiance. J'aurais pu attendre le lendemain mais je préférais me débarrasser de cette obligation pour être tranquille. En plus, le lendemain, c'était un vendredi 13 !

C'était complètement débile mais je me disais pour plaisanter que c'était une raison de plus pour le faire le jour même. Et si j'avais un empêchement, au moins, il me restait une journée pour me retourner. Mais j'étais loin de me prendre la tête avec ça. À mes yeux, c'était une simple formalité.

Je descends au garage et j'ouvre la portière de ma voiture avec le précieux document pour m'installer à bord et là, brutalement, je me fige sur place et fais un pas en arrière. Je regarde la voiture, le siège et je ne bouge plus. Je ne suis pas paralysé mais il y a un truc dans ma tête qui m'empêche de monter à bord. Je réfléchis, me raisonne : "allons, allons, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu n'as pourtant rien oublié, tu connais le chemin par coeur, tu n'as pas peur de conduire, ta voiture est en bon état..." Mais quelque chose me dit qu'il va se passer quelque chose.

Mais bon, je dois y aller et je me dis que si je commence à reculer sur un simple pressentiment, je risque de ne plus rien faire et finir par douter pour tout et rien.
Et je pars.
Il commence à pleuvoir et dans une grande ligne droite sur la nationale, je suis bloqué derrière une voiture qui lambine un peu. Rétro-clignotant (comme à l'auto-école

), je déboite, je double et je me rabats. Et à cet instant, je vois avec stupeur mon essuie-glace gauche décrire une figure pas du tout académique et finir sa course en se posant sur mon rétroviseur gauche !

Celui de droite se met aussi en vrac et se fige au milieu du pare-brise !
En une fraction de seconde, je réagis. Je mets mes warning pour prévenir le conducteur que j'ai doublé que j'ai un problème, je lève le pieds en douceur pour ne pas risquer une collision, je profite d'avoir encore une certaine visibilité pour repérer une intersection toute proche où je m'engage et je m'arrête pour constater les dégats. En ouvrant le capot, je constate que l'écrou de fixation du moteur d'essuie-glace s'est désserré et que le moteur a quitté son logement, entrainant les balais dans une course inhabituelle en bloquant au final tout le bazar.
Les gouttes de pluie s'espaçant, et à une époque où les portables n'existaient pas, je décide de rentrer tout doucement jusqu'à la concession où je laisse ma voiture. Je téléphone à ma mère qui vient me chercher. Je la dépose chez elle et lui emprunte sa voiture pour repartir à Lyon, cette fois sans aucune difficulté.
Pourquoi cette petite voix ?
J'aurais (peut-être) une explication rationnelle : il est possible que, quelques temps auparavant, j'ai ouvert le capot de ma voiture et mon subconscient aurait enregistré sans que je n'y prête attention le fait que l'écrou du moteur d'essuie-glace commençait à se désserrer. Et ce jour là, il me l'aurait rappelé brutalement. Mais pourquoi ce jour-là spécialement alors que je prenais ma voiture tous les jours ?
Après, il y a aussi d'autres explications, moins rationnelles, mais le fait est là.