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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Soudain je suis SDF  (Lu 40340 fois)

02 juillet 2009 à 13:33:20
Réponse #75

Anke


Un exemple à la con :
J'ai vidé toutes les "merdes" qui trainaient dans l'atelier depuis 10 ans, ça a occupé tout le devant de la case. J'ai attendu une semaine que les gens se servent avant d'appeler la "ville" pour débarasser ce qui restait. Pendant cette semaine y'a des trucs qui ont disparu. Qui s'est servi, m'en fous, c'était à "dispo". Je ne me suis pas préoccupé de qui en avait réellement besoin ou pas.
Si j'étais restaurateur ou boulanger, ça serait la m^me chose. je mets à "dispo" proprement. Les mecs qui ont besoin se démerdent. Ma "salade" à moi, c'est de "proposer". Pas de trier celui qui "mérite" ou pas. Qui je suis pour décider de ça ?
Ne pas jeter ne me donne pas pour autant un rôle de censeur ou de redresseur de torts. Le gars qui veut "dealer" me guette à la sortie et m'en parle, je lui prépare un truc sympa, mais c'est une relation de "mano à mano".
Maintenant, les proprios qui jettent plutot que de donner, c'est juste parce que c'est emmerdant de donner : assurance, responsabilité, donc on jette en dépliant le parapluie parce qu'on ne veut pas d'ennuis ou être enquiquiné, et c'est là que "ça" ne va plus ! Eh ben oui, donner , ça a aussi sa part de risque, de responsabilité et ça fout un peu le bordel dans la "machine qui ronronne gentiment". Mais bon sang de bonsoir ! Faut savoir un peu ce qu'on veut dans la vie, m*rde à la fin !
Qu'est-ce qui pèse le plus lourd dans ma vie, laisser crever un mec de faim ou regarder "Qui veut gagner des rognons" à la tv !
Tous les matins, j'appréhende un peu avant de me raser. C'est juste une histoire de miroir. Le reste c'est des excuses à la con...


Ouh, très chère, me serais-je laissé un peu allé avec un trop d'emphase ? Un peu de lait dans votre thé ?

02 juillet 2009 à 13:50:13
Réponse #76

Humain


Le but d'un commerce c'est de vendre. S'il donne les invendus à une personne qui de toute façon n'aurait pas eu les moyens d'acheter, tous le monde est gagnant. Mais s'il donne à quelqu'un qui, grace à ce don, ne va pas acheter dans son commerce, le commerçant est perdant. Multiplie ça par X et je gage que le manque à gagner ne sera pas anodin.
À moins de connaitre la personne qui lui demande de faire ce don, le commerçant n'a aucun moyen de savoir s'il est sincère ou non.
Quand j'ai eu recours à ce système je proposais toujours du travail en échange. Je pense que ce gage de bonne volonté les mettait en confiance. Ça marchait assez bien (une fois sur trois environ).

  l'Humain

02 juillet 2009 à 14:04:16
Réponse #77

nemesys


lambda, tu prêches un convaincu...que veux tu que je te dises, moi aussi ça me fait gerber de voir qu'au jour d'aujourd'hui, on préfère jeter plutôt que de laisser profiter ceux qui en ont besoin...

Tu veux que je te dises, dans ma boite, quand j'y suis entrer, quelque jours après, mon boss m'a demander un coup de main pour mettre à la benne une machine.
Cette machine était neuve.
Seulement voila, elle était "dépassée", remplacée par un nouveau modèle.
Alors on l'a mis à la benne...
Quand j'ai demandé pourquoi (j'était jeune, naïf et innocent à l'époque...la vie s'est bien chargé de me changer...au moins un peut...)on m'a répondu parce que si on la donne, il faudrait assurer le service après vente ( je travaille dans un SAV! ) pendant 7 ans encore et que l'on avais déjà plus les pièces, de plus le donner empêchait une vente et aller nous couter de l'argent ( expédition, emballage...)Autant le benner, c'était plus simple.
Pourtant bien des labos en Afrique ( ou ailleurs au demeurant, même en France y aurait eu preneur...) aurait pleuré en recevant cette machine...

Cette machine, un outils de diagnostic médicale...prix public lorsqu'il était encore en vente: 350 000€
350000€ à la benne, comme ça, juste pour pas se faire chier...
quand t'a 21 ans, que t'es plein d'espoir, franchement ça te retourne...
Alors même si le parallèle avec 3 croissants de boulangerie peut faire sourire...m*rde...c'est le même combat...
En France, je pense qu'il y un problème de loi à ce sujet: au final, c'est celui qui donne qui risque de se faire emmerder.

Anke, dans ton exemple, un truc tout con: un gamin passe, s'esquinte avec un des truc qui était devant chez toi, la mère porte plainte: c'est toi qui est responsable. Et pourtant, ça partait du put**n de bon sentiment, non ?
Franchement j'ai peur pour les mentalités...

02 juillet 2009 à 14:07:39
Réponse #78

vagabond


D'abord, un truc tout con, croyez-vous sincèrement que l'agressivité des traines savates n'est pas un peu induite par le comportement de toutes ces personnes bien pensantes qui détruisent l'enfant de la terre.

Quand à croire que la générosité puisse foutre le bordel, et bien, si c'est un bordel la main tendue, qu'il soit, je vote pour.

Bien sur, il peut y avoir quelques profiteurs, et alors, 1 type qui triche pour 10 qui ont faim, même les chiffres désastreux que j'utilise sont parlant !


Tout ça pour dire que si on voulait vraiment éradiquer la pauvreté, ça ferait longtemps que cela serait fait...


Je n'ai jamais voulu éradiquer la pauvreté, mais je sais que lorsqu'on a faim, c'est pas la pauvreté qu'on risque d'éradiquer alors que juste à quelques metres, un sale con avec les meilleurs arguments du monde balance de la nourriture et fait ce qu'il faut pour que personne ne puisse y accéder.

Quand à l'argument de la perte de chiffre d'affaire, poubelle, un peu d'argent que l'on pourrait peut-être gagner contre un estomac vide, des frissons permanents, des nuits atroces et les forces qui manquent sans compter les "soucis" de santé à répétition. Désolé, je ne suis pas convaincu.

Celui qui pense qu'on peut tout justifier avec le billet vert ... Aie

Humain, je ne suis pas d'accord, bien sur que l'on peut tout justifier avec le chiffre d'affaire mais dis moi pourquoi les commerçants ne viennent jamais quand on inhumme un SDF qu'il ont refusé d'aider et qui crève comme un chien, roulé en boule dans un coin de rue, ou à nanterre.

Souffrir n'aide pas à la réflexion et encore moins à la compréhension.

Vagabond

02 juillet 2009 à 14:10:29
Réponse #79

nemesys


Problème:

Le but d'un commerce c'est de vendre. S'il donne les invendus à une personne qui de toute façon n'aurait pas eu les moyens d'acheter, tous le monde est gagnant. Mais s'il donne à quelqu'un qui, grace à ce don, ne va pas acheter dans son commerce, le commerçant est perdant. Multiplie ça par X et je gage que le manque à gagner ne sera pas anodin.

Solution: ou tout du moins une partie...
À moins de connaitre la personne qui lui demande de faire ce don, le commerçant n'a aucun moyen de savoir s'il est sincère ou non.
Quand j'ai eu recours à ce système je proposais toujours du travail en échange. Je pense que ce gage de bonne volonté les mettait en confiance. Ça marchait assez bien (une fois sur trois environ).

  l'Humain
en marge de ça, je pense que changer les mentalités est le plus important...

02 juillet 2009 à 14:14:23
Réponse #80

nemesys


...
 je ne suis pas d'accord, bien sur que l'on peut tout justifier avec le chiffre d'affaire mais dis moi pourquoi les commerçants ne viennent jamais quand on inhumme un SDF qu'il ont refusé d'aider et qui crève comme un chien, roulé en boule dans un coin de rue, ou à nanterre.

parce que la plus part s'en foutent..

et si le billet ( vert ou autre d'ailleurs ) ne justifie pas tout, il fait taire bien des consciences, élimine bien des scrupules...

02 juillet 2009 à 14:15:28
Réponse #81

lambda


on est sur la meme longueur d onde, Nemesys  :'(

y a un coté pervers chez nous, au niveau legal, en ce qui concerne cette relation existant entre le "donneur" et le "receveur"...
 :bheurk: :bheurk:

Maintenant pour en revenir a ton exemple de vecu, ton boss ou tes collegues disaient, a propos de cette machine que
si on la donne, il faudrait assurer le service après vente ( je travaille dans un SAV! ) pendant 7 ans encore

mais dans ce cas, je pinaille tu vas me dire  :-[, si elle est donnée, par définition elle est pas vendue? non? du coup, son argument de SAV est peut etre plus trop valable pour éviter de la donner, justement...

enfin c est une question sans souhait de polémique hein!

a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

02 juillet 2009 à 16:30:57
Réponse #82

treant2


Concernant le gaspillage des machines, je peut en parler...

Des HPLC qui fonctionnent encore, et balancées pour de nouveaux modèles plus chers, qui en plus sont plus fragiles, et je te dis pas le prix des pièces (2000 euros la pompe...). D'ailleurs il existe une sorte de marché pour les vieux appareils de laboratoire... C'est aussi l'occasion pour le particulier de récupérer du matos...

Pour la  récupération de bouffe, proposer un travail est semble-t-il une bonne idée (voir "la joye d'être SDF version USA"), mais une décharge, ça peur marcher aussi ?

Un reportage sur les gaspillages : we feed the world, le scandale du pain à Vienne, ou comment balancer le pain qui peut nourrir la deuxième ville du pays. >:(

02 juillet 2009 à 16:40:25
Réponse #83

Humain



Humain, je ne suis pas d'accord, bien sur que l'on peut tout justifier avec le chiffre d'affaire mais dis moi pourquoi les commerçants ne viennent jamais quand on inhumme un SDF qu'il ont refusé d'aider et qui crève comme un chien, roulé en boule dans un coin de rue, ou à nanterre.


Non, le chiffre d'affaire ne justifie pas tout. Refuser de donner ce qui de toute façon va être perdu à quelqu'un qui est de tout évidence dans le besoin, est tout simplement ignoble. En revanche ne pas vouloir prendre le risque de mettre en danger son affaire pour le profits de gens qui qui ont les moyens de se débrouiller autrement, ça me semble compréhensible.

Et de façon réaliste, qu'est ce que ça changera qu'on pleure sur une tombe de sdf (ou de qui que ce soit d'autres)? Sois tu compatis réellement à toute cette souffrance et tu te bouges pour changer les choses à ta petite échelle, soit tu n'en as rien à foutre et, au choix, tu n'y vas pas, ou tu y vas en versant de grosses larmes de crocodiles pour montrer à tout le monde combien tu es un homme sensible, et tout et tout alors que tu n'es qu'un coeur sec. Les bons sentiments bien affichés remplissent forts mal les estomacs.
Oui il y a des pourris qui jouissent de la misère d'autrui, oui il y a des indifférents qui ne se rendent tout simplement pas compte de ce que cela signifie d'être dans la misère. Mais il y a aussi des tas de gens sincères, qui ne pensent pas forcement aux meilleurs solutions ou qui ne peuvent pas les mettre en oeuvre sans que ça leur retombe sur la figure. Tout comme il y a des salauds chez les "traines savates", et des gens bien, et toutes les nuances qui existent entre ces extremes.
Citer
croyez-vous sincèrement que l'agressivité des traines savates n'est pas un peu induite par le comportement de toutes ces personnes bien pensantes qui détruisent l'enfant de la terre.
Je suis désolée Vaagabond, mais ça ça me met en rogne. OK si tu reçois de l'agressivité tu auras tendance toi même à l'être. Mais on est pas des machine. Notre agressivité, qu'on la sorte pour survivre quand c'est nécessaire, c'est normal, mais qu'on la projete autour de nous en permanence comme un cri vengeur, c'est un choix.

Citer
Quand à l'argument de la perte de chiffre d'affaire, poubelle, un peu d'argent que l'on pourrait peut-être gagner contre un estomac vide, des frissons permanents, des nuits atroces et les forces qui manquent sans compter les "soucis" de santé à répétition. Désolé, je ne suis pas convaincu.
C'est trop facile de tout voir de son point de vue. Tu pars du principe qu'il y a peu de profiteurs  demandeurs et beaucoup de "salauds" qui refusent de donner. Mais pour l'avoir vécu, je peux te dire qu si tu es trop bonne poire tu te fais sucer le sang jusqu'au bout. Et il y en a même qui viendront cracher sur ton cadavre desséché pour ne pas leur avoir donner une ultime goutte de ton sang. Et ceci même si à l'origine tu es bien plus misèreux qu'eux.

La pauvreté n'est pas une tare de l'espèce humaine, la misère si. La méchanceté, la bêtise, tout comme la bonté et l'intelligence, n'ont d'âge, de sexe, de couleur, ou de profondeur de porte-monnaie. Au jour le jour à côté de chez nous, tendre la main sans attendre de merci, sans même que ça se sache, n'est pas compliqué. C'est chacun à notre niveau qu'on peut agir, sans attendre que les pouvoirs publics, les commerçant ou le pape le fassent à notre place. C'est aussi prendre des risques, mais des risques mesurés: on ne doit pas donner plus que ce qu'on a en trop (temps, affection, écoute, légumes du potager, toit, argent, etc). C'est une question de survie pas d'égoïsme.

Vagabond, mon but en écrivant cela n'est pas de te provoquer ou de nier ce que tu ressens. Dans mon propos il n'y à aucun mépris, aucun condescendance. Juste mon opinion.

  l'Humain


« Modifié: 02 juillet 2009 à 17:22:45 par Humain »

02 juillet 2009 à 17:12:35
Réponse #84

Anke


On est allé à Rouen la semaine dernière mes 4 nanas et moi-même ( mon épouse, ma fille ainée, la cadette et une copine) j'étais puni de soldes...
J'attends devant le magasin où ces dames farfouinent ( c'est looooooooooooooooong les soldes !) un gars m'aborde : "Bonjour Monsieur, voilà il faut que j'achète un médicament qui coute 1.5 euros mais je n'ai pas d'argent, pouvez vous me les donner ?"
Je lève le nez et du menton, je lui montre l'enseigne du pharmacien : " Ecoutez, je ne vous donne pas d'argent, mais je vous achète votre médicament, on y va ?" Le gars m'a regardé avec des yeux tout ronds et s'est barré. Il m'aurait dit " j'ai faim" on serait allé acheter un sandwich et boire un coup à la terrasse d'un troquet ( j'avais le temps en plus  :lol:)
Le pb, une fois de plus, c'est le mensonge, puis la méfiance qui va avec. Après c'est la spirale... C'est ça qu'il faut casser, cet engrenage là. Les pancartes qui disent " Pour manger siouplait", ça me gonfle. Autant aller gueuler au milieu de la rue : " J'ai faim bordel, vous allez me laisser crever bande de chiens, y'en aura pas un qui va me filer un bout de pain ?" Pour moi si le gars ne fait pas ça, c'est que le pognon qu'il demande n'est pas destiné à la nourriture.

Dernière alternative, aller pisser sur une bagnole de flic, se faire enchrister par n'importe quel moyen, quitte à prendre une beigne, le but : avoir un repas et un toit. On peut même aller jusqu'à coller une grande tarte au flic, histoire de passer en jugement. Pendant ce temps là... Et en rajouter une couche en correctionnelle avec insulte à magistrat (" J'encule les magistrats et les greffiers !" sur l'air de "J'emmerde les gendarmes et la marée-chaussée"). Casier judiciaire ? Rien à foutre de toutre façon j'ai pas de boulot en vue dans l'immédiat. Amende ? Vous plaisantez ? Travaux d'intérêt généraux ou taule ? Nickel, y'aura à bouffer, une douche et un toit et l'éducateur aide à la réinsertion qui va bien.
En attendant je mange et j'ai plus froid. ça c'est fait, c'est plus à faire...

02 juillet 2009 à 17:28:07
Réponse #85

nemesys


...
Maintenant pour en revenir a ton exemple de vecu, ton boss ou tes collegues disaient, a propos de cette machine que
mais dans ce cas, je pinaille tu vas me dire  :-[, si elle est donnée, par définition elle est pas vendue? non? du coup, son argument de SAV est peut etre plus trop valable pour éviter de la donner, justement...

c'est la qu'est le pb...il m'a assuré que ça n'avait rien à voir...
bref...du matos neuf ou presque à la benne ...


Concernant le gaspillage des machines, je peut en parler...

Des HPLC qui fonctionnent encore, et balancées pour de nouveaux modèles plus chers, qui en plus sont plus fragiles, et je te dis pas le prix des pièces (2000 euros la pompe...). D'ailleurs il existe une sorte de marché pour les vieux appareils de laboratoire... C'est aussi l'occasion pour le particulier de récupérer du matos...
...
Moaui ...on dirais ma boite ... ;D sauf que je suis plus dans la FPLC~scanner~imagerie moi (coté fournisseur, toi, t'es client? ) !

02 juillet 2009 à 18:24:52
Réponse #86

nemesys


...C'est trop facile de tout voir de son point de vue. Tu pars du principe qu'il y a peu de profiteurs  demandeurs et beaucoup de "salauds" qui refusent de donner. Mais pour l'avoir vécu, je peux te dire que si tu es trop bonne poire tu te fais sucer le sang jusqu'au bout. Et il y en a même qui viendront cracher sur ton cadavre desséché pour ne pas leur avoir donner une ultime goutte de ton sang. Et ceci même si à l'origine tu es bien plus miséreux qu'eux.
...
heu ...ouai...non, rien à rajouter ...
enfin, si comme on m'a déjà dis: trop bon, trop con ...
Et après y en a qui s'étonne de réaction plus ou moins disproportionnées, eux qui se croyaient à l'abri, en étant tes potes, mais qui ne l'étaient que par intérêt...

Bref...désolé pour mon coup de gueule et ma digression égoïste...

02 juillet 2009 à 21:32:03
Réponse #87

vagabond


Bonsoir,

Réponse en vrac, à vous tous en un  coup, si je n'oublie rien.

Dans l'ensemble, je sais que les salauds sont partout, mais croyez vous vraiment que c'est une bonne excuse pour cautionner les destructions volontaires de nourriture ?

Humain, je ne connais rien de ton expérience, mais des types costauds qui te raccompagnent avec délicatesse lorsque tu as la bonne idée de proposer tes services aux petites et moyennes entreprises de la distribution, j'en connais un paquet, dont moi-même, qui ont vécus l'expérience brutalement.

Quand on est dans un état de santé précaire, quelques bleus de plus ou de moins, qui ça peut bien intéressé ?

Alors, que l'indifférence et la violence des autres m'ai rendu agressif, je ne vois pas ou est l'illogisme.

Humain, ça te met en rogne, mais la violence appel la violence, c'est être le sac de frappe ou le boxeur, au crétin qui ramasse les coups de choisir. Ce n'est pas un cri vengeur mais de la survie de chaque minute.

Bien sur, c'est trop facile de voir la vie uniquement de son point de vue, mais qu'avais-je fais pour que ça me tombe sur la gueule à l'aube du demi siècle, être au mauvais endroit au mauvais moment ! Drole de monde.

Tu écris que tu as connu la descente en enfer, alors tu peux te souvenir des réveils douloureux, quand ton corps n'est qu'une courbature entretenue par le froid et les privations, jour après jour et en guise de réconfort : LA HAINE DES BIENS PENSANTS, ceux qui pensent qu'ils sont à l'abri.

Anke, tous les types qui sont dehors ne sont pas des anges et les mensonges, la violence, l'alcoolisme sont le quotidien, alors oui, on peut tout vivre mais il y a une autre raison à ce type de mensonge, le mauvais vin réchauffe quand on est frigorifié. Pour beaucoup, c'est une solution pour ne pas se foutre en l'air tout de suite.

Mais il existe aussi la violence gratuite, plus que partout ailleurs, certains deviennent de vrai bombe de haine, pas facile à gèrer chaque jour qui passe.

Fin de compte, la galère, c'est être pris au piège entre les pros de la rue et les socialement intégrés qui pensent tout savoir.

Vous avez raison, être trop bon c'est être trop con

Vagabond

02 juillet 2009 à 23:42:25
Réponse #88

Anke


Mes propos n'étaient pas destinés à faire de la morale ni a juger et encore moins à froisser qui que ce soit. Juste à souligner que quand t'as rien que tu ne possède plus rien, ben tu n'as rien à perdre et quand tu n'as rien à perdre tu es libre.
Qu'est-ce qui va m'empêcher de dévaliser la boulangerie et de me gaver des patisseries devant tout le monde au grand jour ? Les flics, la prison, les juges ? Qu'ils viennent au contraire à part peut-être une ou deux baffes si je suis un teigneux, ils vont me coller au trou et alors ?
Mon pb aujourd'hui c'est que je caille et que j'ai faim, pas autre chose. Le reste sont des pbs aussi, mais la bouffe et la caille sont prioritaires.

Le mauvais vin qui réchauffe... solution pour ne pas se foutre en l'air tout de suite... ça prolonge la soufrance, c'est tout. Si c'est comme ça que "ça" doit finir, autant "y" aller de suite et ne pas perdre de temps.
Bon c'est peut-être ma formation qui veut ça : un mec qu'on pourra pas sauver ( catastrophe et beaucoup de victimes) il est déjà mort.
Si je veux mourir, put**n, j'y vais et j'attends pas.

Maintenant si je veux vivre et que j'ai le nez dans le ruisseau ( c'est la faute à Rousseau) je vais pisser sur un juge pour en prendre un max. La peine de mort et Cayenne c'est fini depuis belle lurette... Et puis pisser sur un juge, t'imagines ? ça doit être "grand" ! En plus il te nourrit ( résolution du pb N°1), il te met au chaud ( pb N°2) et il te met une assistance sociale au cul ( bon c'est plus chiant, mais on peut pas avoir le cul de la cremière non plus hein !), en attendant qu'ils te foutent dehors, tu as le temps de te remplumer et d'avoir un nouveau "vestiaire" ( un nouveau pantalon, godasses, manteau) et des soins médicaux gratos.
Foutre le bordel sur la voie publique et les insultes à la force publique( on peut ruiner la belle voiture toute neuve des policiers aussi )et aux magistrats sont des délits, mais mineurs, et ça peut permettre de passer un hiver rigoureux au chaud...

03 juillet 2009 à 03:22:04
Réponse #89

Humain


Dans l'ensemble, je sais que les salauds sont partout, mais croyez vous vraiment que c'est une bonne excuse pour cautionner les destructions volontaires de nourriture ?
Je ne cautionne pas le geste, mais je comprends sa logique.

Citer
Humain, je ne connais rien de ton expérience, mais des types costauds qui te raccompagnent avec délicatesse lorsque tu as la bonne idée de proposer tes services aux petites et moyennes entreprises de la distribution, j'en connais un paquet, dont moi-même, qui ont vécus l'expérience brutalement.
:-\ Certains ne se contentent pas que de te racompagner brutalement.

Citer
Quand on est dans un état de santé précaire, quelques bleus de plus ou de moins, qui ça peut bien intéressé ?
Pas grand monde.

Citer
Alors, que l'indifférence et la violence des autres m'ai rendu agressif, je ne vois pas ou est l'illogisme.
C'est au contraire très logique. Mais ce n'est pas une excuse, c'est une explication.

Citer
Humain, ça te met en rogne, mais la violence appel la violence, c'est être le sac de frappe ou le boxeur, au crétin qui ramasse les coups de choisir. Ce n'est pas un cri vengeur mais de la survie de chaque minute.
Je le sais  :-\ . Mais on peut choisir de laisser la violence au vestiaire lorsque elle n'est plus nécessaire. Le problème c'est qu'elle devient vite une seconde nature.

Citer
Bien sur, c'est trop facile de voir la vie uniquement de son point de vue, mais qu'avais-je fais pour que ça me tombe sur la gueule à l'aube du demi siècle, être au mauvais endroit au mauvais moment ! Drole de monde.
Rien. c'est totalement injuste, mais la Vie n'est pas juste. Pourtant c'est la notre alors autant faire de son mieux avec ce qu'on a plutôt que de se taper la poitrine en pleurant son désespoir.

Citer
Tu écris que tu as connu la descente en enfer, alors tu peux te souvenir des réveils douloureux, quand ton corps n'est qu'une courbature entretenue par le froid et les privations, jour après jour et en guise de réconfort : LA HAINE DES BIENS PENSANTS, ceux qui pensent qu'ils sont à l'abri.
Tu as raison quand tu dis qu'on oublie jamais (dans un prècedant post)  :'( . Et la Haine de  ceux qui te laisseraient mourir sans broncher est un puissant aiguillon de survie. Mais ça fini par t'empoisonner si tu la conserves indefiniment. Je prèfère y renoncer, quitte a passer pour une idiote. Ma vie est devant moi, pas dans mon passé (même si on n'oublie jamais, JAMAIS).

Salut Vagabond  ;)

  l'Humain

03 juillet 2009 à 07:20:49
Réponse #90

vagabond


Bonjour,

Je ne cautionne pas le geste, mais je comprends sa logique.

Je suis bénévole dans une oeuvre caritative, et aujourd'hui encore, ce sont les reflexes que j'ai acquis pendant ma vie de vagabond qui me sauvent souvent la mise quand je vais au contact des sans abris.

Avec ceux qui me connaissent, il y a un dialogue possible car ils savent que je ne vais pas leur expliquer la vie mais juste être là avec une poignée de main, deux oreilles et de la bouffe.

Pourtant c'est la notre alors autant faire de son mieux avec ce qu'on a plutôt que de se taper la poitrine en pleurant son désespoir.

J'en connais peu qui pleure leur désespoir, dehors il n'y a pas de place pour les faibles, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit, c'est un combat permanent pour quelques miettes de pain sec.

Quand à moi, mon engagement dans un combat contre toute forme de précarité est motivé par les actes qui peuvent aider. Je ne suis pas dupe, mais chaque fois qu'une de mes actions réconforte un peu une personne en détresse, je n'ai pas perdu mon temps pourtant j'ai chaque jour l'occasion de laisser tomber, d'abdiquer et de dire qu'ils aillent se faire voir.

SDF, ce sont des lettres porteuses de mauvaises nouvelles, mais croyez moi, il y a bien d'autre forme de détresse qui sont moins évidente.

Une mère de deux enfants en bas age, pas de revenus de solidarité parce que d'origine étrangère, abandonnée par son mari qui a disparu dans la nature sans laissé d'adresse ce qui lui assure le droit d'asile mais lui interdit tout travail rémunéré.

Bien sur, en mettant en branle les différents services sociaux, elle et ses enfants ne sont pas dehors mais je l'ai vu pleurer parce que nous lui avons apporter de la nourriture l'hiver dernier, mais le pire c'est qu'il faisait presque aussi froid chez elle que dehors parce que gaz de france veut quelques substanciel euro pour alimenter un compteur. Retour à la case départ, on doit refaire le tour pour trouver un financement pour qu'on ne les retrouve pas congeler chez eux.

L'extrème pauvreté n'a pas de limite de territoire pour s'installer et croyez moi, elle est parfois la compagne de gens qui donne le change et sauve leur image.

Mais ça ne m'empèchera pas de pousser des coups de gueule pour que cesse l'indifférence, parce que ce jour là, si le miracle se produisait, l'être humain aurai gagné ses lettres de noblesse.

Il faut que je parte maintenant alors je finirai mes réponses en cour de journée mais je dois respecter mes engagements.

Vagabond

03 juillet 2009 à 08:58:23
Réponse #91

Humain



bonjour Anke  :)
Juste à souligner que quand t'as rien que tu ne possède plus rien, ben tu n'as rien à perdre et quand tu n'as rien à perdre tu es libre.

Sauf quand tes besoins les plus élémentaires (faim, froid, sécurité) ne sont pas souvent  comblés. Ton corps devient ta propre prison et ton bourreau. L'obsession remplace la reflexion. Le vernis de l'homme civilisé éclate, et ce qu'il y a en-dessous se fiche bien de la philosophie (fut-elle juste).
Quant à la solution prison, je doute que ce soit si simple. Mais je peux difficilement en parler car ce n'est pas un sujet que je connais. Ce qu'on m'en a dit ne donne pas envie d'y goûter même contre l'estomac plein et un toit. Mais je peux me tromper.

Citer
Le mauvais vin qui réchauffe... solution pour ne pas se foutre en l'air tout de suite... ça prolonge la soufrance, c'est tout. Si c'est comme ça que "ça" doit finir, autant "y" aller de suite et ne pas perdre de temps.
Effectivement, le vin nest pas une solution, au contraire ça t'enfonce encore plus, mais sur le coup tu ne souffre plus. Et quand c'est 24 heures sur 24 que tu souffres un peu d'apaisement pour pas cher, c'est très difficile d'y résister.
Mais je suis d'accord avec toi: le vrai apaisement n'ai pas dans l'alcool. 

  l'Humain


03 juillet 2009 à 13:04:23
Réponse #92

vagabond


Je finis mon intervention de ce matin.

Anke, je ne vois rien de provoquant dans tes propos, juste que les choses sont plus complexe et beaucoup moins lisse que l'on nous le dit.

La case prison, d'abord c'est sans passer par la casse départ, donc pas les 20 000 F, mais surtout c'est une solution que les pros du bitume connaissent bien, mais depuis quelques temps déjà, c'est un échapatoire plutôt dur à avoir.

Dans le cas d'insultes envers les représentants des forces de l'ordre, c'est tout au plus une nuit en dégrisement ou à nanterre.

La violence, c'est souvent se proposer de devenir une piste d'aterrisage pour tonfa en colère, qui peuvent enfin s'exprimer sans risque, au lieu du valium, un SDF qui la ramène c'est bien plus jouissif.

Il y en a certain qui ne s'en sorte pas vivant des conséquences de ce genre de vacances, parce qu'un type qui est déjà aux limites de tout et qui se prend une pluie de coups violents, je vous laisse imaginer les dégats.

Bien sur, quand on crève de faim, bouffer c'est tout mais de là à en vouloir au monde entier et attaquer une pauvre vendeuse qui fin de compte n'est pas si loin que ça de la pauvreté, il y a une marge et que personne ne se plaint que cette mince barrière morale existe encore car je n'ose pas imaginer ce qui se passerai si elle venait à tomber.


Le mauvais vin qui réchauffe... solution pour ne pas se foutre en l'air tout de suite... ça prolonge la soufrance, c'est tout. Si c'est comme ça que "ça" doit finir, autant "y" aller de suite et ne pas perdre de temps.
Bon c'est peut-être ma formation qui veut ça : un mec qu'on pourra pas sauver ( catastrophe et beaucoup de victimes) il est déjà mort.
Si je veux mourir, put**n, j'y vais et j'attends pas.



Je vais être dur, mais je suis bien sur un site qui parle de survie mais la survie ce n'est pas un beau couteau dans un bel étui pendant que l'on prend quelques heures de plaisir dans la verte.

La SURVIE, c'est chaque seconde gagnées sur la mort, c'est dur, ça fait mal et surtout ça fou en l'air n'importe quel vernis bien polisser des apparences.

Les quatres saisons sont dures, il fait trop froid pour dormir et on fini l'hiver dans un triste état, mais le printemps n'est guère mieux, les quelques maigres aides alimentaire d'hiver ferment le rideau, quand il fait meilleur, plus personne ne mange mais les nuits sont encore bien trop froides surtout qu'il est impossible de dormir tôt et de se lever tard. Quelques heures de somnolence pour se refaire une santé, c'est un peu court. L'été, les gens sont en vacances et ils ne veulent surtout pas être dérangés par ces marginaux qui leur rappel un peu trop que les prochaines vacances peuvent durer plus longtemps qu'ils ne le voudraient. Et  l'automne, superbe saison avec des couleurs à émouvoir les plus blasés, mais il recommence à faire froid mais personne pour filer un peu de pitance qui permet de supporter un peu mieux. Il pleut beaucoup aussi, et être trempé, ça n'aide pas à avancer quand derrière les couches de fringues se cache un corps souffrant et malade que trésaille toute la journée et la sainte nuit.

C'est un résumé très court de la survie quotidienne d'une frange de la population, rien d'autre que de la souffrance et du désespoir mais plus du tout d'espoir.

J'ai essayé de faire court et clair, alors dite moi si je suis trop prolixe et brouillon, je n'ai pas assez de recul sur ce que je tape.

Vagabond

04 juillet 2009 à 02:40:58
Réponse #93

Anke


"Je vais être dur, mais je suis bien sur un site qui parle de survie mais la survie ce n'est pas un beau couteau dans un bel étui pendant que l'on prend quelques heures de plaisir dans la verte."
T'es pas "dur", t'es en colère !  :lol: Normal.
Mais tout ce que tu dis ensuite, c'est (pour moi) le descriptif de quelqu'un qui accepte d'être une victime. Moi, ça, je peux pas... Je ne me "coucherais " jamais, faudra m'abattre et j'en emmènerais quelques uns avec moi dans ma chute si je dois tomber. ça ne veut pas dire pour autant que c'est la "bonne voie" hein, ça veut juste dire que je préfère voler plutot que mendier. Mendier, c'est encore compter sur les autres alors que je n'ai que moi sur qui compter.
"les pros du bitume" ( je suis un peu "provocateur", pardonnes moi) serait-ce un profil de carrière ? Le but est justement d'éviter à tout prix ça.
Humain dit : Sauf quand tes besoins les plus élémentaires (faim, froid, sécurité) ne sont pas souvent  comblés.
Le but est justement de se dégager le plus vite possible du "pas souvent" et pour se faire, amha tous les moyens sont bons, même une "toise".
Pour les avoir soignés, lavés, vètus autrefois, les sdf ne font pas exception à la règle de l'habitude. Chaque jour on a faim, chaque jour on va faire gaffe à ne pas se faire piquer ses affaires ( ça veut dire les transporter tout le temps, jamais les déposer quelque part en ayant un impression de repos, "ça" s'arrète jamais. Même quand on dort faut faire gaffe). D'autres ont des habitudes différentes, se lever pour aller bosser, faire à bouffer, faire "reluire" Moumoune le Samedi etc...Je ne dis pas que c'est pareil, je dis que l'habitude n'est pas une fatalité. On peut faire autrement en se sortant les doigts du cul parce qu'on est pas "maudits" ou "programmés". Je dis que le suicide est une "sortie" envisageable. Je dis que l'immobilité c'est la mort. Refuser le "système", ce peut être un option louable, mais dans ce cas là, inutile de continuer à compter dessus pour survivre, faire "autrement" est difficile, presque inhumain à supporter ( trois mois sans contacts sociaux, j'invente rien !), mais un mec qui tend la main pour l'aumone, ben c'est tout le contraire d'un mec associal ; il s'y accroche désespérement à la "société", il en a soif( au passage, donner l'aumone dans certaines cultures c'est un devoir  ;) tsjok !). Le mec associal, il est ermite et bouffe des champignons, car il rejète le système. C'est vachement différent.
Le pb aujourd'hui c'est que le sdf, je ne crois pas qu'il dérange qui que ce soit , on ne le voit même plus, il fait partie du paysage, il est même transparent.
En 2054 quand y'aura un curé qui appelera : " Au secours mes amis..." à la tv ou sur internet, combien seront nous à réagir ? Combien sommes nous ( avec du "pouvoir" ou sans) à nous émouvoir qu'un gars meure de froid en Octobre 2008 sur le banc d'un square ?
Le vrai pb, amha c'est celui-là et pas un autre. A un moment ou un autre, il faut bien que chacun se pose la question de savoir ce que coute une vie, et ce que l'on est capable de mettre en branle pour la sauver ou la conserver.



put**n l'Abbé, t'es où ?

04 juillet 2009 à 09:00:57
Réponse #94

vagabond


Bonjour Anke,

Mais tout ce que tu dis ensuite, c'est (pour moi) le descriptif de quelqu'un qui accepte d'être une victime. Moi, ça, je peux pas... Je ne me "coucherais " jamais, faudra m'abattre et j'en emmènerais quelques uns avec moi dans ma chute si je dois tomber.

J'espère que je me trompe, mais chacun d'entre nous a ses limites, le combat de trop, celui qu'on perd à vie, le dernier coup qui fait trop mal. Dans ces conditions, et avec mon vécu, je peux te dire qu'on ne sais jamais comment nous réagirons, demain. C'est comme ça que des héros naissent et que d'autre sont jugés veules et lâches alors que rien ne laissait présager qu'ils abdiqueraient.

"les pros du bitume" ( je suis un peu "provocateur", pardonnes moi) serait-ce un profil de carrière ? Le but est justement d'éviter à tout prix ça.

Ils existent et pour être juste, c'est en général ceux que tout un chacun peut voir partout, mais ce sont aussi des êtres humains qui ont compris énormément de choses, notamment, comment exploiter leurs concitoyens, ils sont sans scrupules et potentiellement dangereux. En clair, s'ils avaient été dans les castes supérieurs, ça aurait été de parfait esclavagistes.

Humain dit : Sauf quand tes besoins les plus élémentaires (faim, froid, sécurité) ne sont pas souvent  comblés.
Le but est justement de se dégager le plus vite possible du "pas souvent" et Pour les avoir soignés, lavés, vètus autrefois, les sdf ne font pas exception à la règle de l'habitude. Chaque jour on a faim, chaque jour on va faire gaffe à ne pas se faire piquer ses affaires ( ça veut dire les transporter tout le temps, jamais les déposer quelque part en ayant un impression de repos, "ça" s'arrète jamais. Même quand on dort faut faire gaffe).

Se faire piquer ses affaires, c"est la mort, par le froid.
Ne pas bouffer, c'est la mort.
Une agression, d'ou qu'elle vienne, et c'est des semaines de souffrance +, comme si ce n'est pas assez dur comme ça. Pour cerains, c'est la mort.

D'autres ont des habitudes différentes, se lever pour aller bosser, faire à bouffer, faire "reluire" Moumoune le Samedi etc...Je ne dis pas que c'est pareil, je dis que l'habitude n'est pas une fatalité.

C'est une question, mais l'homme n'a-t-il pas des habitudes pour se rassurer ? Une sorte de dénie de l'aléatoire ?

On peut faire autrement en se sortant les doigts du cul parce qu'on est pas "maudits" ou "programmés". Je dis que le suicide est une "sortie" envisageable.

C'est une sortie que certains choisissent ou subissent, je ne sais pas, mais c'est beaucoup plus courant que nous pourrions le penser, je n'ai pas de chiffre officiel et de statistique parfaitement encadrée, juste mes impressions.

Je dis que l'immobilité c'est la mort. Refuser le "système", ce peut être un option louable, mais dans ce cas là, inutile de continuer à compter dessus pour survivre, faire "autrement" est difficile, presque inhumain à supporter ( trois mois sans contacts sociaux, j'invente rien !), mais un mec qui tend la main pour l'aumone, ben c'est tout le contraire d'un mec associal ; il s'y accroche désespérement à la "société", il en a soif( au passage, donner l'aumone dans certaines cultures c'est un devoir  ;) tsjok !). Le mec associal, il est ermite et bouffe des champignons, car il rejète le système. C'est vachement différent.

C'est peut-être pour ça, qu'une fois sur le pavé, on ne s'arrète jamais. Etre associal par choix, c'est effectivement devenir ermite. Je n'ai jamais rencontré un SDF qui en avait fait le choix, il en existe peut-être, mais je ne les ai jamais rencontré. Pour tous, c'était un accident de vie, il faisait avec, mais qui peut donner des leçons, pas moi en tout cas. J'ai rencontré des gens avec des histoires d'une banalité banale, mais ils étaient quand même au tapi, et crois moi, se sortir les doigts du cul demande une énergie que peut on encore. Alors ils survivent, comme je l'ai fait avec eux, chaque minute qui passe et point barre.

J'ai connu un SDF, qui fabricait des modèles réduit d'avion, assis sur un bout de couverture avec un petit panneau sur lequel il avait gravé " MES AVIONS NE VOLENT PAS, MOI NON PLUS ". Je ne compte pas le nombre de fois ou ses avions on été réduit en allumettes par les forces de l'ordre parce qu'il faisait tache sur le trottoir, sans compter les skin machin, et les petits cons truc, au passage, ils lui grattifiait les cotes de carresses à coup de pompe. Des histoires comme ça, j'en ai des livres complets.

Quand on a même plus le droit d'exister, c'est quoi se sortir les doigts du cul ?

Tout ça pour dire, que les accidentés de la vie ne sont pas des associaux mais des gens qui sont rejetés et n'ont d'autre système de défense que de jouer leur rôle.

Le pb aujourd'hui c'est que le sdf, je ne crois pas qu'il dérange qui que ce soit , on ne le voit même plus, il fait partie du paysage, il est même transparent.
En 2054 quand y'aura un curé qui appelera : " Au secours mes amis..." à la tv ou sur internet, combien seront nous à réagir ? Combien sommes nous ( avec du "pouvoir" ou sans) à nous émouvoir qu'un gars meure de froid en Octobre 2008 sur le banc d'un square ?
Le vrai pb, amha c'est celui-là et pas un autre. A un moment ou un autre, il faut bien que chacun se pose la question de savoir ce que coute une vie, et ce que l'on est capable de mettre en branle pour la sauver ou la conserver.

C'EST LA SEULE VERITE


put**n l'Abbé, t'es où ?


Parti pour un monde meilleur, mais il continue de briller comme une petite bougie qui réchauffe le coeur.

Je suis plus que long, désolé.

Vagabond

04 juillet 2009 à 11:31:01
Réponse #95

Anke


Avertissement aux lecteurs : Il ne s'agit pas d'un duel de clavier jutsu, mais bel et bien de formation, de confrontation d'expériences de vies, d'éclairages différents qui doivent permettre à tous de "voir" l'objet dans sa globalité ( tout du moins on essaie).

Cette situation, devenir SDF, peut arriver à tous, même ceux qui se croient les plus blindés. C'est pour ça qu'on a tous raison, parce qu'on a des sensibilités différentes, des ages différents, des expériences différentes.
Fin de l'avertissement aux lecteurs !  ;)

Je crois que tu te trompes ( ça va être dur d'expliquer sois indulgent !). Un accident de la vie, ça existe bien évidemment, mais n'est-il pas précédé de signes avant-coureurs. Le pb c'est peut-être justement le dénie ( ça va s'arranger, ça ne peut pas m'arriver etc...) et pendant ce temps là, la situation empire. Pour moi, c'est ça se "sortir les doigts du cul", se mettre en capacité de réagir car personne ne fera les "choses" à ma place. C'est à moi de savoir ce que vaut ma vie, c'est la mienne.
Une fois arrivé sur le pavé, là y'a "urgence vitale", les "pros" du bitume ne feront pas de cadeaux. Mais dans la vie "normale" c'est pareil. On pourrait presque dire qu'en définitive on est seul ( c'st mon coté pessimiste). Le pavé,  il faut très vite s'en barrer, à la limite faut pas en arriver là, bref anticiper pour ne pas avoir à livrer le "combat qui sera de trop" justement. Un peu comme si on passait en" code rouge" sans attendre que les petits trucs s'amoncellent, s'agglutinent les uns aux autres pour finir par un truc tellement gros qu'il en est ingérable.

Personne n'a le droit d'exister, c'est pas un droit, c'est un combat. Je me fais écrabouiller mes avions et y'a une bande de skins qui sont là bas à 50 m, punaise, je plie et je me casse, les avions ça marche pas. Compter sur la pitié des gens c'est àmha la meilleure manière de se faire marcher sur la gueule et d'y laisser des plumes. Un de mes "grand-pères" ( que je soigne) dit : " Mes moyens ne me permettent pas de louper un repas."
Checker ses moyens et les mettre en oeuvre en cherchant l'efficacité ( ou à sauver les meubles) est la seule démarche de survie valable à mes yeux.
A la maison, on en est là en ce moment. La difficulté c'est de ne pas se laisser aller à en" rajouter" en faisant des conneries ( pour moi la "tisane" par ex méfiotte !) ou de se laisser aller tout court.
C'est vrai que nos pbs nous obscèdent un brin, mais vont-ils se résoudre simplement en en parlant tout le temps à ceux qui nous entourent ? Certainement pas, on risque de lasser tout le monde au bout d'un moment ( oh titi de toute façon, ça va jamais !) c'est juste humain comme réaction..Nos pbs vont se résoudre en agissant. En ce qui nous concerne tant qu'on se bagarre, tout va bien, les mômes et les potes suivent. Se bagarrer c'est aussi s'obliger à penser à autre chose ( un peu comme des aires de repos sur la route).
Pour moi c'est binaire ( et brut de décoffrage) ou tu te bagarres ou tu crèves, y'a pas d'autres choix possibles, personne ne te fera de cadeaux, ni les gens, ni la nature. Il y aura des mains tendues, mais elles ne seront tendues qu'une fois. La vie c'est comme au restaurant, le plat il ne passe qu'une fois. Si tu loupes l'entrée, y'a encore le plat principal, si tu le loupes aussi, bon reste le dessert.. Si t'as pas compris avant que la table soit débarassée, tu manges pas !
On a une copine comme ça, qui nous a appelé pour se faire aider à sortir de l'alcoolisme, parce qu'elle n'y arrivait pas toutes seule. Superbe démarche ! On a été à l'écoute, on l'a aidé dans ses démarches, emmené ses gosses en vacances etc... Mais en lui disant : "Ok, on est là, mais bouge. Si tu bouges, on poussera un peu pour que ça aille plus vite, mais on bougera pas à ta place. T'as le droit de replonger, mais sache que nuos aussi on mettra des limites, on ne te suivra pas d'une manière inconditionnelle. En clair, tu m'appelles avant de te remettre à picoler et j'arrive, pas de soucis je serais là. Tu m'appelles après t'être remise à picoler, va chier ! Et va chercher quelqu'un d'autre pour te plaindre..."
Voilà une soluce pour elle par ex pour ne pas finir sur le pavé. Après c'est elle qui voit.
Je crois qu'on a toujours des choix à faire, même si ce sont des choix à la con. Rester acteur de sa vie. Sinon, aller se balancer au bassin ou à la falaise, ça va plus vite que de crever à petit feu.
Tout s'écroule ? Je reconstruis bordel ! Si j'ai pas le courage, je me tire une balle... Fin du film !

04 juillet 2009 à 13:24:02
Réponse #96

vagabond


Avertissement aux lecteurs : Il ne s'agit pas d'un duel de clavier jutsu, mais bel et bien de formation, de confrontation d'expériences de vies, d'éclairages différents qui doivent permettre à tous de "voir" l'objet dans sa globalité ( tout du moins on essaie).

Cette situation, devenir SDF, peut arriver à tous, même ceux qui se croient les plus blindés. C'est pour ça qu'on a tous raison, parce qu'on a des sensibilités différentes, des ages différents, des expériences différentes.
Fin de l'avertissement aux lecteurs !  ;)


Je n'avais pas vu l'importance de ce genre de précision, mais elle s'avère précieuse.

Dans l'ensemble, je suis assez d'accord avec ton raisonnement, mais j'ajouterai qu'aucune personne dans ce monde ne peut tout comprendre et si je prend mon cas, travailler pour un patron qui n'a que des documents faux et archi faux, et pourtant le bâtiment en général est bardé de garde fou, assurance en tout genre et autre camisole.

Du jour au lendemain, se retrouver devant un mur administratif qui campe sur ses positions, et je les comprends, je n'avais aucune preuve de ce que je leur disais et de surcroit, ils n'avaient pas touché un centime depuis des lustres. Comment anticiper ?

Je ne suis malheureusement pas le seul à ne pas avoir le temps de comprendre avant que les événements ne s'affolent, que tout parte en vrille et que la boite au lettre se remplisse de pli plus ou moins officiel, mais qui ont en commun d'être des avis de fortes perturbations à venir, voir d'être des avis de tempête.

A la vitesse ou ça va, il faudrait de sacré réflexe pour éviter les coups.

Une fois dans la m*rde, il faut du temps pour en sortir, et c'est notre pire enemi, c'est grace au temps qui passe qu'on laisse ses forces dans un combat quotidien, heures après heures, jour et nuit, sans jamais pouvoir jouir d'une seule vraie nuit, ou les monstres du présent et les fantômes du passé s'associent.

Personne n'a le droit d'exister, c'est pas un droit, c'est un combat. Je me fais écrabouiller mes avions et y'a une bande de skins qui sont là bas à 50 m, punaise, je plie et je me casse, les avions ça marche pas. Compter sur la pitié des gens c'est àmha la meilleure manière de se faire marcher sur la gueule et d'y laisser des plumes. Un de mes "grand-pères" ( que je soigne) dit : " Mes moyens ne me permettent pas de louper un repas."


Je suis désolé, mais je vois les choses autrement, c'est un droit, quand on passe en mode combat, c'est de la survie (mon humble avis).

Quand à mon collègue qui vendait ses petits avions en bois, il ne demandait pas la charité car en échange d'un petit moment et d'une pièce, il filait un objet artisanal, je ne vois vraiment pas comment on peut justifier qu'il s'en prenne plein la gueule par aussi bien les forces de l'ordre que les voyous. Ou alors, si tu trouve juste qu'il puisse, malgré son envie de ne pas devenir une épave, s'en prendre plein la gueule, que va tu penser de mon choix de devenir bénévole pour que tous ceux qui sont dans la muise sachent qu'il y a une main tendue.

Quand tu écris qu'on est seul dans la vie en fin de compte, je ne trouve pas ça pessimiste mais tout "simplement" réaliste.

D'ailleur, c'est une façon de voir que j'affectionne particulièrement, je trouve l'optimisme forcené un peu trop fleur bleue et hors des réalités, quand au pessimisme en vigueur chez un grand nombre de personne, beurk, pas bon pour le moral, c'est un bon début pour aller se pendre avant de venir au monde.

Ton amie a bien de la chance de vous avoir, car peu de gens accepte de s'impliquer et encore moins d'écouter, pourtant, c'est souvent le début de la fin des problèmes, quelques heures peuvent vraiment tout changer.

Une précision tout de même, je ne parle ici que des types que j'ai rencontré et qui ne voyait pas le macadam comme une fin, mais cherchait encore à avancer, à croire que ce n'est pas la dernière échéance.

Les autres, je les évitais, je n'avais pas envie de plonger avec eux, comme les pro du bitume d'ailleurs, trop violent et très souvent alcoolique, ce que je refusai et refuse toujours de devenir.

C'est un comportement très égoïste, mais ma peau d'abord.

Fin de compte, je ne peux que faire part de la période ou on tombe à l'eau et ou on commence à en ressortir ses narines à l'air libre. J'ai été flirté avec la limite, mais je ne l'ai jamais franchi et j'espère ne jamais connaitre l'enfer de désespoir qui se cache derrière parce que ça, c'est vraiment LA MISERE NOIRE.

Une petite étincelle pour que la nuit brille de mille feux.

Vagabond


04 juillet 2009 à 13:59:19
Réponse #97

Anke


Citer
si tu trouve juste qu'il puisse, malgré son envie de ne pas devenir une épave, s'en prendre plein la gueule, que va tu penser de mon choix de devenir bénévole pour que tous ceux qui sont dans la muise sachent qu'il y a une main tendue.
Je n'ai pas dit que c'était juste camarade ! C'est la jungle, tous les jours, partout. Les "règles" établies ne sont que des simulacres...
Alors on a deux choix, pas trois juste deux. On se bat comme tu le fais pour "en sauver autant qu'on peut", et nous sommes animés tous ici de cette maxime je pense, soit on fait la "put**n" et on piétine la gueule des plus faibles pour respirer à leur place et leur piquer leur" air". Dans tous les cas, on a intérêt à être efficaces...( Dans le second cas, les retour de manivelles peuvent être terrible, mais de toutes façon, Vae Victis qui disait l'autre...) et ne pas être "victis" autant que faire se peut, découdre soi-même l'étoile jaune...
Mes respects Vagabond, tu es un "Juste" au sens fort du terme ( bon on va pas se rouler une "pelle" non plus hein, y'a du monde !  :lol:) !

04 juillet 2009 à 15:01:32
Réponse #98

vagabond


Je sais que tu as raison, mais ça me fou en rogne que les êtres humains en soient encore à cet esprit venu d'un autre age, et dire qu'il en y a qui prétendent que nous évoluons et que nous avons en plus l'intelligence en dotation !!!!!  :o

Mes respects Vagabond, tu es un "Juste" au sens fort du terme ( bon on va pas se rouler une "pelle" non plus hein, y'a du monde !  :lol:) !

Je te renvoie le compliment, c'est un échange constructif qui me permet d'appréhender les choses autrement et qui relativise ma vision un peu trop égoïste de la vie. Tu es un grand homme .

Pour apprendre à planter des clous, il faut se taper sur les doigts alors pour apprécier la vie il faut peut-être connaitre ce qu'elle est capable de nous réserver de pire.

A vous tous qui nous lisez, je tiens à préciser que je ne regrette rien de ma vie, ni le bon ni le reste et encore moins le macadam, parce que maintenant ne sais, pas grand chose à vrai dire, mais je sais combien l'homme est un loup pour l'homme, mais parmi eux, il reste quelques enfants rieur qui chante l'espoir avec leurs yeux.

Vagabond

04 juillet 2009 à 15:25:50
Réponse #99

Anke


Euh juste 1.80 m c'est pas très grand...

L'homme est un loup pour l'homme si il veut, seulement si il veut...

On peut faire d'autres choix que celui-là...

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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