Tu as raison julicorg. Hélas !
C'est juste mon coté "naïf" ou Abbé Pierre qui prend le dessus. Je prends souvent mes désirs pour des réalités. Mais bon, y'a pas de mal à essayer de cultiver ce qui peut faire du bien à ses semblables.
Aujourd'hui, je pense que nous avons plus les moyens de nous rendre compte des situations ( médias, internet etc....), les infos circulent vite, et les réseaux se constituent tout aussi rapidement. Bref aujourd'hui, c'est peut-être plus facile d'être "réactif" devant une sitaution de précarité( ou autre), ceci étant, et c'est surement aussi bien, on ne peut plus trop dire : " je ne savais pas...".
Auquel cas, ne pouvant plus trop fermer les yeux sur ce genre de situation, ça nous renvoie vers nous-mêmes. Je pense à ce titre que nous sommes une génération charnière ( entre 30 et 50 balais) et qu'en même temps, cette crise ( et tout ce qui va graviter autour : précarité pour tous, peur du lendemain, difficultés à faire des projets d'avenir) va nous permettre de nous poser les vraies questions, tout du moins en terme de survie, d'avenir...
En effet aujourd'hui, quand je me lève ( pour l'instant tout va à peut près bien pour moi), je me fais le thé au lait, je rêvasse un brin, je mange une tartine. Je sais que demain, ça va etre pareil. Pas de pb, j'aurai à manger dans mon assiette et chaud au cul.
Si je suis SDF, je ne sais pas comment ça va être demain. Ce que je sais c'est juste que j'ai froid, que j'ai faim, que je ne veux pas me faire ramasser par les archers du Roy, que j'aimerais bien avoir des chaussettes propres et faire sècher mes affaires sans pour autant risquer qu'on me les vole. Il faut trois jours pour fabriquer un clochard. Descendre, ça va vite. Demain ça peut être nous. Alors peut-être qu'en commançant à travailler le regard sur l'autre ( rappeler vous la rencontre de l'Ours avec le "sdf" qui avait un truc dans le regard dans une gare), ça peut éventuellement changer pas mal de choses, pour nous aussi, nous qui sommes confortables.
Parce que franchement, et je ne crache pas dans la soupe hien, surtout pas. On a bonne mine avec nos couteaux, nos sacs à dos et tout le matos. On s'entraine, on teste des trucs et c'est vachement bien car ceci étant ça sauve des vies, c'est une évidence. Mais les "vrais" survivors, ce sont eux... leur vie à eux est vraiment dans la balance. Personnellement, je me sens un vrai pinguoin de temps en temps devant ces gars là ( avec la gorka sur le cul à faire le zouave dans les bois, si ça se met à chier trop, je rentre !), ça me fait redescendre sur terre et somme toute, ce n'est pas plus mal.
Bon, vous savez bien hein, je n'ai de "dent" contre personne évidemment. Mais comme on le dit souvent, la vraie vie, c'est pas pareil que ce que l'on pourrait penser ou imaginer. Soyons vigilants.
