Avertissement aux lecteurs : Il ne s'agit pas d'un duel de clavier jutsu, mais bel et bien de formation, de confrontation d'expériences de vies, d'éclairages différents qui doivent permettre à tous de "voir" l'objet dans sa globalité ( tout du moins on essaie).
Cette situation, devenir SDF, peut arriver à tous, même ceux qui se croient les plus blindés. C'est pour ça qu'on a tous raison, parce qu'on a des sensibilités différentes, des ages différents, des expériences différentes.
Fin de l'avertissement aux lecteurs ! 
Je n'avais pas vu l'importance de ce genre de précision, mais elle s'avère précieuse.
Dans l'ensemble, je suis assez d'accord avec ton raisonnement, mais j'ajouterai qu'aucune personne dans ce monde ne peut tout comprendre et si je prend mon cas, travailler pour un patron qui n'a que des documents faux et archi faux, et pourtant le bâtiment en général est bardé de garde fou, assurance en tout genre et autre camisole.
Du jour au lendemain, se retrouver devant un mur administratif qui campe sur ses positions, et je les comprends, je n'avais aucune preuve de ce que je leur disais et de surcroit, ils n'avaient pas touché un centime depuis des lustres. Comment anticiper ?
Je ne suis malheureusement pas le seul à ne pas avoir le temps de comprendre avant que les événements ne s'affolent, que tout parte en vrille et que la boite au lettre se remplisse de pli plus ou moins officiel, mais qui ont en commun d'être des avis de fortes perturbations à venir, voir d'être des avis de tempête.
A la vitesse ou ça va, il faudrait de sacré réflexe pour éviter les coups.
Une fois dans la m*rde, il faut du temps pour en sortir, et c'est notre pire enemi, c'est grace au temps qui passe qu'on laisse ses forces dans un combat quotidien, heures après heures, jour et nuit, sans jamais pouvoir jouir d'une seule vraie nuit, ou les monstres du présent et les fantômes du passé s'associent.
Personne n'a le droit d'exister, c'est pas un droit, c'est un combat. Je me fais écrabouiller mes avions et y'a une bande de skins qui sont là bas à 50 m, punaise, je plie et je me casse, les avions ça marche pas. Compter sur la pitié des gens c'est àmha la meilleure manière de se faire marcher sur la gueule et d'y laisser des plumes. Un de mes "grand-pères" ( que je soigne) dit : " Mes moyens ne me permettent pas de louper un repas."
Je suis désolé, mais je vois les choses autrement, c'est un droit, quand on passe en mode combat, c'est de la survie (mon humble avis).
Quand à mon collègue qui vendait ses petits avions en bois, il ne demandait pas la charité car en échange d'un petit moment et d'une pièce, il filait un objet artisanal, je ne vois vraiment pas comment on peut justifier qu'il s'en prenne plein la gueule par aussi bien les forces de l'ordre que les voyous. Ou alors, si tu trouve juste qu'il puisse, malgré son envie de ne pas devenir une épave, s'en prendre plein la gueule, que va tu penser de mon choix de devenir bénévole pour que tous ceux qui sont dans la muise sachent qu'il y a une main tendue.
Quand tu écris qu'on est seul dans la vie en fin de compte, je ne trouve pas ça pessimiste mais tout "simplement" réaliste.
D'ailleur, c'est une façon de voir que j'affectionne particulièrement, je trouve l'optimisme forcené un peu trop fleur bleue et hors des réalités, quand au pessimisme en vigueur chez un grand nombre de personne, beurk, pas bon pour le moral, c'est un bon début pour aller se pendre avant de venir au monde.
Ton amie a bien de la chance de vous avoir, car peu de gens accepte de s'impliquer et encore moins d'écouter, pourtant, c'est souvent le début de la fin des problèmes, quelques heures peuvent vraiment tout changer.
Une précision tout de même, je ne parle ici que des types que j'ai rencontré et qui ne voyait pas le macadam comme une fin, mais cherchait encore à avancer, à croire que ce n'est pas la dernière échéance.
Les autres, je les évitais, je n'avais pas envie de plonger avec eux, comme les pro du bitume d'ailleurs, trop violent et très souvent alcoolique, ce que je refusai et refuse toujours de devenir.
C'est un comportement très égoïste, mais ma peau d'abord.
Fin de compte, je ne peux que faire part de la période ou on tombe à l'eau et ou on commence à en ressortir ses narines à l'air libre. J'ai été flirté avec la limite, mais je ne l'ai jamais franchi et j'espère ne jamais connaitre l'enfer de désespoir qui se cache derrière parce que ça, c'est vraiment LA MISERE NOIRE.
Une petite étincelle pour que la nuit brille de mille feux.
Vagabond