Dans les régiments des forces (ceux du champ de bataille), on ne parle pas de survie mais plutôt de vie en campagne et de "rusticité" c'est à dire comment se débrouiller avec le matériel dont on dispose.
Un dicton militaire dit : "on vit avec son sac, on combat avec son brêlage, on survit avec ses poches".
Comme je l'ai lu dans un post précédent de ce sujet, il y a deux cas :
1- tout va bien et l'intendance pourvoit à nos besoins.
2- tout va mal : on est mort = plus de besoins, ou prisonnier = la "puissance détentrice" veille à notre bien-être.
Quelquefois il y a une position intermédiaire = rentre à pieds. Là, c'est la discrétion qui prime.
Mais ça, je ne l'ai joué qu'une fois : nous sommes là, nous nous retrouvons dans trois jours là-bas (100 km). Messieurs, bonne chance.
L'AMX30, qui a été ma monture pendant longtemps, nous plaçait dans une position enviable par rapport au fantassin qui doit faire un compromis cruel entre le poids et le confort. Pour le tankiste, c'est quasiment no limit. L'outillage comprend une pelle, une pioche, un hache et deux barres à mine. De quoi voir venir. Mais aussi et surtout une grande et forte bâche (environ 8X5 m) destinée à protéger l'engin mais que nous utilisions surtout pour monter un abri au sol, en la jettant par dessus le canon horizontal. Une baladeuse nous éclairait et quelques bougies suffisaient pour le chauffage.
Quand il faisait très froid, nous dormions sur la plage arrière pour profiter de la chaleur du moteur (le blindage horizontal au dessus du moteur).
En nous serrant un peu , nous tenions à quatre. Les hampes de nettoyage (c'est comme un baguette pour nettoyer le canon mais c'est en 6 éléments de 1,20 m chacun) nous servaient de montants sur lesquels nous installions la bâche. Il fallait se tenir à genoux sous l'abri mais par -25°, il m'est arrivé d'avoir trop chaud. Le soir, on plaçait un bidon d'eau dans le compartiment du moteur et au matin, elle était assez chaude pour la toilette.
Les pots d'échappement servaient à chauffer l'eau des gourdes (le bidon français est en alu) ou des conserves (à condition de les retirer avant qu'elles n'explosent

).
Plus tard, j'ai formé de futurs sous-officiers et là, c'était la maison sur le dos. L'outillage individuel comprenait une hachette, une espèce de petite scie égoïne, des pelles pliantes et des pinces à barbelés bien souvent marquées "US 44" et réparties par groupes de dix hommes. Je faisais acheter des bâches plastiques 3X2 m. Associées aux ponchos, elles permettaient de se passer des tentes individuelles.
En résumé, nous étions très forts pour tirer le meilleur parti du matériel réglementaire pour compenser les oublis de l'intendance (à comparer avec les moyens logistiques de l'armée des Etats-Unis), quitte à le détourner de son usage normal mais il n'y a jamais eu, dans les unités de combat, d'instruction spécifique à la survie.