Se pose plutôt la question de la représentation de la violence : le développement phénoménal des moyens de communication et de représentation n'a-t-il pas débouché plutôt sur une spectacularisation de la violence plutôt que sur sa banalisation ?
Ce qui est intéressant dans ces jeux, c'est que l'acte violent, meurtre, destruction, soit récompensé ;
En temps normal, on sauve sa peau et si l'on est ""humain"", on ne pourra pas éviter un certain malaise face à la barbarie ;
Le jeux permet donc via un système de conditionnement de désinhiber le joueur...
Plus que de s'en prendre au jeu vidéo en lui-même - qui n'est qu'une simple simulation programmée, prenez-vous en au conditionnement qui est opéré...
Tout est question de conditionnement...
Si l'on envoyait une décharge électrique via la manette lorsque le joueur tue et qu'il n'était pas récompensé, le résultat serait bien différent...
Qu'est-ce qu'on souhaite récompenser aujourd'hui, dans une société de service, pacifiée ?
Comment les pulsions violentes peuvent-elles être exprimées/canalisées ?
Dans les sociétés primitives il y avait le sacrifice avec "le bouc émissaire"...
Aujourd'hui on a le cinéma d'action et les FPS...
@ Jiluc :

en fait je n'avais pas l'intention de faire une quelconque démonstration, mais je reconnais que mon propos peut porter à confusion ; peut-être ai-je été un peu vite en besogne...
Plus que sur le jeu en lui-même, ma réflexion portait sur le système de conditionnement en rapport avec le système de récompense : j'avais en tête une étude menée à
l'Institut des Sciences Cognitives par l'équipe
"Neuroimagerie Cognitive : Prise de décisions et récompenses" dirigée par
Jean-Claude DREHER.
- Petite présentation des objectifs de l'équipe "Neuroimagerie Cognitive : Prise de décisions et récompenses" :
"L’objectif de notre équipe est de mieux comprendre les mécanismes neuronaux de la prise de décisions et ses relations au système de récompense.
Le système de récompense permet l’évaluation et l'apprentissage de séquences d'actions sans la présence d'un renforcement immédiat, offrant un exemple important d'un système biologique impliqué à la fois dans la motivation du comportement et dans son organisation. L’équipe étudie l’organisation fonctionnelle du cortex préfrontal chez l’homme, l’influence de la modulation du système de récompense sur différentes fonctions cognitives, motivationnelles et émotionnelles, ainsi que les mécanismes neuronaux sous-jacents au dysfonctionnement du cortex préfrontal et du système dopaminergique (au cours du vieillissement normal, chez des patients schizophrènes et chez des patients souffrant de lésions du cortex frontal). Pour conduire ces trois axes de recherche étroitement liés, nous utilisons diverses techniques d’imagerie cérébrale, comme les Potentiels Evoqués, l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnel le (IRMf), la Tomographie par Emission de Positrons (TEP) ainsi que la modélisation de réseaux de neurones. Nous prévoyons également d’utiliser les enregistrements intracrâniens et la Magnétoencéphalographie (MEG)."
Et précisément cette publication :
Age-related changes in midbrain dopaminergic regulation of the human reward system[désolé pour les non-anglophones...

Pour résumer grossièrement : le "circuit de la récompense" est un ensemble d'aires cérébrales (structures "archaïques" + cortex préfrontal) qui s'activent sous l'effet de la sécrétion de la
dopamine ;
l'équipe de recherche que je cite a montré pour l'homme (on le savait déjà pour les rats et les primates) cette connexion entre dopamine et circuit de la récompense...
Grosso modo l'obtention d'une récompense augmente la sécrétion de dopamine dans le cerveau.
Ce neurotransmetteur agit à plusieurs niveaux et influe notamment au niveau des fonctions cognitives, émotionnelles et motivationnelles.
Par exemple, certains conditionnements ou certaines addictions se forment sur la base de ce circuit de récompense et sur la sécrétion de dopamine...
L'étude s'intéresse aux effets de la récompense en corrélation avec l'âge : deux constats : les effets de la récompense diminuent l'âge augmentant, et la corrélation entre activation du circuit de la récompense et sécrétion de dopamine va s'inversant avec l'âge (l'étude a porté sur 2 groupes tests : - jeunes adultes (âge moyen 25) - et séniors (âge moyen 66)) ;
Pour aller plus loin :
- le site web de l'équipe "Neuroimagerie Cognitive : Prise de décisions et récompenses" : (en anglais)
http://www.isc.cnrs.fr/dre/index.html- les autres publications de l'équipe "Neuroimagerie Cognitive : Prise de décisions et récompenses" : (en anglais)
http://www.isc.cnrs.fr/dre/uk/Publications.htm-
l'Institut des Sciences Cognitives - Centre de neurosciences cognitives (CNC) & Laboratoire Langage, Cerveau Cognition (L2C2) : (français & anglais)
http://www.isc.cnrs.fr/le plan du site :
http://www.isc.cnrs.fr/plan.htm- quelques articles intéressant en
open access régulièrement dans l'Oxford Journal
Cerebral CORTEX (en anglais) :
http://cercor.oxfordjournals.org/------------------------------------------------------
- Sur l'émergence du thème de l'insécurité :
La france a peur de Laurent Bonelli, La découverte, 2008 :
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_France_a_peur-9782707150844.html- Sur la vision subjective : au cinéma on a vu l'an passé plusieurs films - disons post-11septembre - utilisant la vision subjective, les plans sont filmés caméra à l'épaule comme en reportage et le point de vue de la caméra représente le point de vue d'un des personnages auquel on se trouve associé en tant que spectateur et qui finit par être notre point de vue comme si l'on était présent dans la scène...
Je pense notamment à
Cloverfield :
http://www.dailymotion.com/video/x32gfc_cloverfield-bande-annonce-vost Rien de neuf au niveau de l'intrigue, des acteurs de second plan pas forcément crédibles, bon : du gros blockbuster ricain qui ne marquera pas l'histoire du cinéma hein ;
ce qui est intéressant tout de même là-dedans c'est le résultat : on est forcé de reconnaître que le film est bien stressant et que l'on est embarqué littéralement dans cette course... (en dehors de ça, c'est le vide interstellaire...)
Mais cela témoigne de l'intérêt porté au mode de vision subjective, à une recherche de sensationnalisme, à une spectacularisation de la violence...
Il y a vraiment quelque chose qui se joue actuellement au niveau de la représentation de la violence dans les productions culturelles type entairtainment et edutainment...