En ce qui me concerne, je crois qu'il ne faut pas trop sous-estimer le stage en tant qu'exercice de gestion du stress.
Même si on est dans un environnement contrôlé, on est quand même en train de se peler les fesses à minuit assis sur du foin, avec encore un paquet d'heures à tirer.
Les instructeurs sont là pour donner des conseils mais pas pour "faire à la place". Donc on reste le principal acteur de sa survie et si l'on est dans le bon état d'esprit, on réalise bien le stress que ça implique.
J'en ai fait l'expérience au cours du stage où, après avoir galéré pour me faire une litière correcte, je me suis tapé un mini-effet chimpanzé en réalisant qu'il me restait à peine une demi-heure - 3/4 d'heure de jour pour préparer mon feu, que je n'avais absolument rien préparé à ce sujet.
J'ai réalisé que la tonne de bois coupée par mes camarades, qui me paraissait bien rassurante et avait calmé mon subconscient jusque là, et bien ce n'était pas la mienne et donc je n'avais aucun droit à espérer un "partage" de leur part. L'idée étant de pouvoir se débrouiller tout seul, si je voulais du bois pour le feu, je n'avais qu'à me débrouiller.
Résultat, je me suis trouvé à ramasser du bois à l'arrache, le bois commençant à être bien humide avec la fraîcheur de la nuit qui tombe.
Stressé, me voyant déjà passer la nuit sans feu, je me suis mis à faire 2/3 frisottis et à allumer à la va vite mon feu dans la pénombre. J'étais pressé par un sentiment d'urgence très puissant du fait du froid qui commençait à arriver, de la nuit tombante et du stade de préparation bien plus avancé des autres stagiaires. En gros, j'ai essayé de rattraper mon retard, de courir après le bus.
N'étant pas bien préparé, ce qui devait arriver arriva: j'ai réussi à faire prendre mon feu, mais n'ayant pas fendu assez de petit bois, j'ai dû me relever pour aller en rechercher. Le temps que je fasse ça, mon feu s'était éteint, j'avais cramé la majorité de mon allume feu, et la nuit était tombée. Bref, j'avais l'air d'un con.
Et ce d'autant plus que je me sentais très bête par rapport à mes trois camarades qui avaient chacun leur feu qui ronronnait tranquillement.
Rétrospectivement, je pense que tout seul j'aurais pu plus facilment me calmer, prendre les choses une par une, et bien préparer mon feu même dans le noir, mais là il y avait un sentiment d'urgence lié à la comparaison avec le stade d'avancement des autres et à la tombée de la nuit, qui m'a finalement pas mal coupé mes moyens (genre, "j'ai pas fait comme eux au même moment, je n'ai donc pas fait ce qu'il fallait pour survivre, donc je suis hyper dans la m*rde".
Je vous rassure, ils ont eu pitié de moi et m'ont laissé taper dans leur bois et étendre leur feu vers moi.
Mais enfin, la leçon est retenue: en cas de pépin, de ce genre, mon premeir réflexe sera de bien préparer de quoi faire un bon feu qui dure longtemps, en priorité même à la litière, car je passerai une nuit moins pourrie assis sur une buche auprès du feu que assis sur une bonne litière sans feu.
J'ajoute que même les plus aguerris ont pu confier qu'ils se faisaient au moins une fois la réflexion "mais pourquoi je suis venu me mettre dans cette galère?", preuve s'il en est que le stage demeure tout de même une situation assez stressante.